PANORAMA DE PRESSE - Préfecture de Paris 30/03/2020 09h09 - Panorama réalisé avec Tagaday - Driea
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SOMMAIRE
PRÉFECTURE
(4 articles)
Le préfet de Paris / Région Michel Cadot fait ouvrir plus de 128
000 places pour les personnes sans-abri en Île-de-France
dimanche 29 mars au Page 6
(1056 mots)
samedi 4 avril 2020
Depuis le début de la crise sanitaire, les services de l'Etat en ÎIDF ont engagé, en
liaison avec les collectivités locales…
Multiplication des lieux pour les sans-abri (149 mots)
Quatre centres destinés aux sans-abri contaminés ont déjà ouvert. Les … Page 7
lundi 30 mars au
dimanche 5 avril 2020
Violences intra familiales : Appel au 3430 (405 mots)
La Maire de Paris, le Préfet de police, le Préfet de Région, le Président et le Page 8
samedi 28 mars au Procureur de la République du Tribunal judi…
vendredi 3 avril 2020
Des centres de desserrement pour les sans-abri contaminés
vendredi 27 mars 2020 (1127 mots)
Page 9
« Je suis bien entouré mais il n' y a pas un chat, tout est fermé, les bars, les
restau…
RÉGION
(1 article)
Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France « Le
dimanche 29 mars au passe Navigo d’avril sera remboursé » (663 mots) Page 12
samedi 4 avril 2020 TRANSPORTS À la tête de l’autorité organisatrice des transports publics (IDFM),
l’élue annonce de nouvel…
TRANSPORTS - MOBILITÉ
(1 article)
« Grâce à ces TGV, on sauve des vies » (590 mots)
Par Frédéric Choulet Hier, 5 h 30 du matin. En gare de Nancy (Meurthe-et- Page 15
lundi 30 mars 2020 Moselle), les équipes médic…ECONOMIE
(2 articles)
13 000 Franciliens volontaires pour aider les agriculteurs
(512 mots)
Page 18
dimanche 29 mars 2020 Par Pauline Darvey Etfaustine Léo Claire, 32 ans, se souvient d’avoir participé à
des vendanges il y a une dizain…
« Il faut donner la parole aux salariés, sinon tout s’écroule »
(1016 mots)
Page 19
lundi 30 mars au Par Jacques Poncet Face au coronavirus, continuer ou arrêter ? « L’industrie
dimanche 5 avril 2020 française doit contribu…
PRÉCARITÉ
(2 articles)
« Parents, vous n’êtes pas seuls » (463 mots)
Propos recueillis par Marc Payet Alors que l’épidémie de Covid-19 progresse Page 22
samedi 28 mars 2020 rapidement, Sophie Cluze…
Paris : les toxicomanes affluent dans le quartier de la salle de
shoot (617 mots) Page 23
dimanche 29 mars 2020 « Nous avons touché le fond du fond ». Les revendications, portées depuis des
18:04 années par les riverains de la salle de consommation de drogue, ru…
SÉCURITÉ
(1 article)
« IL FAUT MULTIPLIER LES MOYENS D’appeler à l’aide »
(1141 mots)
Page 26
dimanche 29 mars 2020 Propos recueillis par Christine Mateus Elle l’a dit : le confinement est un terreau
propice aux violences conjuga…SANTÉ
(4 articles)
Paris offre 40 000 masques (278 mots)
épidémie Par Thomas Poupeau En pleine épidémie de Covid-19, la solidarité Page 29
samedi 28 mars 2020 territoriale joue…
Comment gérer les morts du Covid-19 (685 mots)
Par Carole Sterlé, Victor Tassel, Christine Henry, Marie-Anne Gairaud et Les Page 30
samedi 28 mars 2020 Éditions Une morgue mob…
Olivier Véran, ministre de la Santé « Il n’y a eu aucun retard »
dimanche 29 mars au (1710 mots)
Page 32
samedi 4 avril 2020 COURSE Le ministre se défend face aux critiques et détaille les commandes de
matériel par l’État …
Les Régions à la chasse aux masques (911 mots)
IMPORTATION Pour épauler l’État, plus de 53 millions d’exemplaires ont été Page 35
dimanche 29 mars au
samedi 4 avril 2020 commandés cette semaine par l…N° 2706
dimanche 29 mars au samedi 4 avril 2020
Page 2
1056 mots - 4 min
PÄRIS / ILE DE FRANCE
Le préfet de Paris / Région Michel Cadot fait ouvrir plus de 128 000 places pour
les personnes sans-abri en Île-de-France
D
epuis le début de la crise dont l'état de santé ne nécessiterait été renforcée : 150 usagers y sont ac-
sanitaire, les services de l'Etat pas une hospitalisation. Ainsi, les 4 tuellement hébergés et y bénéficient
en ÎIDF ont engagé, en liaison avec 989 places hivernales sont mainte- d'un accompagnement médicosocial.
les collectivités locales et les associa- nues ouvertes dans toute la région, Afin d'assurer la protection sanitaire
tions, des actions massives afin de dont 2 252 situées à Paris. Pour com- des populations les plus précaires et
permettre à chaque personne sans- pléter ce dispositif de protection, 2 les plus démunies face à l'épidémie,
abri de pouvoir bénéficier d'un hé- 962 places d'hôtel supplémentaires la préfecture de région a distribué 50
bergement. A ce titre, 8 600 places ont été ouvertes depuis le 9 mars en 000 masques aux structures d'héber-
d'hébergement supplémentaires ont ÎDF. 5 gymnases mis à disposition par gement franciliennes le weekend
été ouvertes, venant s'ajouter aux la ville de Paris ont permis d'ac- dernier. Conformément aux recom-
120 000 places déjà ouvertes toute cueillir 663 personnes supplémen- mandations de l'ARS, ces masques
l'année. Au cours d'un échange avec taires en hébergement d'urgence. sont à destination des personnes ma-
les représentants de la Fédération «Cette mesure a notamment permis lades et des personnels en contact
des acteurs de la solidarité AS-IDF, de desserrer les sites sur lesquels les avec celles-ci. Une étude est actuelle-
d'Emmaüs Solidarité, de France Hori- gestes barrières, en particulier les ment en cours pour répondre le mo-
zon, d'Aurore, et du Centre d'action règles de distanciation sociale, sont ment venu aux besoins des associa-
sociale protestant et des principales difficiles à mettre en œuvre». Des tions. Des centres dédiés aux per-
associations sociales, afin de tra- structures médicales identifiées par sonnes hébergées ou personnes sans-
vailler à l'amélioration du dispositif l'ARS apporteront un appui complé- abri ayant développé le COVID-19
de protection des personnes sans- mentaire en diagnostiquant les cas sans signes cliniques graves ont été
abri, le préfet Michel Cadot a annon- avérés et en envoyant des équipes sa- ouverts la semaine dernière afin d'y
cé 8 600 places supplémentaires ou- nitaires mobiles sur place. isoler les malades et d'éviter la pro-
vertes pour les personnes sans-abri. pagation du virus dans les autres
Dans le cadre des orientations arrê- Par ailleurs, une opération conduite structures d'hébergement. 4 struc-
tées par le gouvernement et annon- par la préfecture de la Seine-Saint- tures de ce type sont déjà opération-
cées par Julien Denormandie, mi- Denis, appuyée par la préfecture de nelles dans le 14ème, La Rochefou-
nistre de Ville et du Logement, le Région s'est également déroulée à cauld, avec 73 places pour adultes, le
préfet de région a rappelé que la pro- Aubervilliers (93) le 24 mars dernier 18ème, le centre boulevard Ney offre
tection de tous les franciliens, y com- et a permis à 732 migrants de bénéfi- 70 places, à Argenteuil (95) avec 40
pris des personnes sans-abri, est la cier d'un hébergement d'urgence ain- places à Nanterre (92) avec 48 places.
priorité. Nous travaillons en ce sens si que d'un accompagnement social L'accompagnement social et sani-
avec nos partenaires associatifs afin et sanitaire.L'Etat porte également taire de ces personnes vulnérables
de travailler à l'amé-lioration toute son attention au public usager est assuré par les professionnels de
constante des dispositifs de protec- de drogues et veille à ce que les France Horizon, de la Croix Rouge
tion mis en place, et d'apporter les conditions de prise en charge res- Française, d'Aurore et du CASH de
réponses les plus adaptées compte- pectent les gestes barrières recom- Nanterre. Afin de compléter ce dis-
tenu du contexte actuel» Le Pré- mandées. Les principales structures positif, 4 autres structures ont été
sident de la République a annoncé le de prise en charge (CSAPA, CAARUD, identifiées et ouvriront dans les pro-
prolongement de la trêve hivernale Salle de consommation à moindres chains jours en Essonne (Athis-
de deux mois, la réquisition de places risques, espace de repos et bus mé- Mons), dans les Yvelines (Jouy-en-
d'hôtels pour héberger les sans-abri thadone) ont pu être maintenues ou Josas) et en Seine-et-Marne. ■
et la mise en place de centres pour les rouvertes. L'orientation des usagers à
sans-abri contaminées au Covid-19 la rue vers des chambres hôtelières a
Parution : Hebdomadaire Tous droits réservés 2020 Première Heure
↑ 0d7755756f40d70e72d619c77b02a1533990130364c00a5cc28ac7 6N° 258
lundi 30 mars au dimanche 5 avril 2020
Page 2
149 mots - 1 min
LA SEMAINE —HÉBERGEMENT
Multiplication des lieux pour les sans-abri
Quatre centres destinés aux sans- tribuent plus de 8 200 repas par jour Paris, Nanterre (Hauts-de-Seine) et
abri contaminés ont déjà ouvert. ainsi que des tickets-restaurants. Le Argenteuil (Val d'Oise) et trois de-
parc annuel de 120 000 places d'hé- vraient prochainement ouvrir. Leur
Les sans-abri sont particulièrement bergement est mobilisé, auquel capacité d'accueil est de 231 adultes
vulnérables durant le confinement. s'ajoutent les 4 989 places hivernales et 26 personnes ont été orientées
Mais une chaîne de solidarité se met – dont 2 252 à Paris – qui vont rester dans ces centres à ce jour. ¦ T.L ■
en place. La préfecture d'Ile-de- ouvertes durant la prolongation de la
France multiplie les ouvertures de trêve hivernale. Pour ceux qui sont par T.l
centres d'hébergement d'urgence, atteints du Covid-19, quatre centres
avec le soutien d'associations qui dis- de desserrement sont mis en place à
Parution : Hebdomadaire Tous droits réservés 2020 Le Journal du Grand Paris
↑ 6a7aa53e6980600d42aa1217390de1893030c40cf46637652b4e49 7N° 2705
samedi 28 mars au vendredi 3 avril 2020
Page 5
405 mots - 2 min
TERRITOIRES
Violences intra familiales : Appel au 3430
L
a Maire de Paris, le Préfet de tout moment afin de signaler une si- Femmes), le 119 (Enfance en danger)
police, le Préfet de Région, le tuation de violences. En cette pé- et le 39 75, numéro d'accueil parisien
Président et le Procureur de la Répu- riode de confinement, le déplace- sont à votre disposition afin de vous
blique du Tribunal judiciaire de Paris ment hors de son domicile afin de dé- apporter conseil et de vous accom-
tiennent à rappeler que même en poser plainte dans un commissariat pagner.Une permanence est assurée
cette période de confinement, la de police est l'une des exceptions à deux fois par semaine au Tribunal ju-
lutte contre les violences conjugales l'obligation de confinement. En cas diciaire de Paris pour permettre le
et les violences intra familiales est d'urgence, les victimes pourront se traitement à bref délai des demandes
une priorité. L'ensemble des services rendre sans délai dans le commissa- d'ordonnances de protection et les
de la Ville, de la Préfecture de police, riat le plus proche ou se signaler au- services du parquet de Paris peuvent
de la Préfecture d'Ile de France, du près de n'importe quel fonctionnaire également décider du déferrement
Tribunal judiciaire de Paris et les as- de police présent dans l'espace public des personnes mises en cause afin
sociations partenaires restent entiè- qui les orientera vers un lieu de dépôt d'apporter une réponse pénale ra-
rement mobilisés.Les commissariats de plainte en contactant par télé- pide, le cas échéant par un jugement
de police restent ouverts pour dépo- phone le 3430. L e 39 19, (Violences en comparution immédiate. ■
ser plainte et le 17 est joignable à Femmes), le 0800059595 (Viols
Parution : Hebdomadaire Tous droits réservés 2020 Première Heure
↑ e27db5b26cb0440932351377fc0481b13010270a9450aa948b02ac 8N° 87
vendredi 27 mars 2020
Pages 18-20
1127 mots - 5 min
Des centres de desserrement pour les sans-abri contaminés
directeur général Europe Franck Ger-
Paris : la préfecture de
vais, a annoncé cette semaine la mise
Région ouvre de à disposition de chambres pour les
sans-abri. « Plus de 40 hôtels en
nouvelles places dans
France proposent entre 1 000 et 2 000
quatre structures chambres dont la moitié sont en ré-
gion parisienne », précise l'hôtelier.
Afin de permettre aux personnes sans-
120 chambres sont pour le moment
« Je suis bien entouré mais il n' y a pas abri de pouvoir être hébergées pendant
un chat, tout est fermé, les bars, les
proposées par Accor en Ile-de-
la période de confinement, le préfet de
restaurants, c'est super triste », ex- France, indique la préfecture. Côté
plique FAT. © Jgp Photo : © Jgp la région Michel Cadot a, en outre, ou-
Etat, le parc annuel de 120 000 places
vert de nouvelles places au sein de
d'hébergement est mobilisé aux-
quatre structures parisiennes :
quelles s'ajoutent les 4 989 places hi-
vernales, dont 2 252 à Paris, qui vont
le centre Kellerman, géré par l'opé-
rester ouvertes durant la prolonga-
rateur Coallia : 398 places ouvertes
tion de la trêve.
dont 182 occupées au 24 mars pour
un public hommes/femmes/familles.
Eric Constantin, directeur régional
le gymnase Pyrénées, géré par l'opé-
Ile-de-France de la fondation Ab-
Beaucoup de sans-abri n'ont pas en- rateur France horizon : 60 places ou-
bé Pierre qui a également lancé un
core trouvé de centre d'hébergement. vertes dont 55 occupées au 24 mars,
© Photo : Jgp appel aux dons pour financer la
pour un public de familles. le gym-
distribution alimentaire :
P
our les sans-abri atteints du nase Marie Paradis, géré par l'opéra-
covid-19, plusieurs centres de « teur CASVP : 60 places ouvertes dont
– Quelle est la situation des sans-
desserrement » sont mis en place 31 occupées au 24 mars, pour un pu-
abri depuis le début du confine-
dans chaque département de la ré- blic d'hommes isolés. le gymnase
ment et quels problèmes ren-
gion. Ces centres sont destinés à ac- Courcelles, géré par l'opérateur Ado-
contrent-ils?
cueillir un public sans solution d'hé- ma : 80 places qui devraient être oc-
bergement, diagnostiqué ou sympto- cupées dans la journée.
En cette période de confinement, la
matique au covid-19, mais dont l'état
consigne est de « Restez chez vous »,
ne nécessite pas une hospitalisation. Tickets restaurants et places d'hé-
mais comment fait-on quand on n'a
Une aide sanitaire et médicale leur y bergement Les appels à la solidarité
pas de chez soi ? Les personnes sans
est apportée. A l'heure actuelle, se multiplient avec notamment un
abri sont donc confrontées à des dif-
quatre centres appel au don pour les tickets restau-
ficultés supplémentaires face à l'épi-
rants lancé la semaine dernière par
démie : où se confiner bien sûr mais
franciliens ont été ouverts : à Paris, le Samu social : « 46 000 personnes
aussi comment se nourrir ? Pour ces
dans le 14 pour les familles et le 18 sont hébergées dans des hôtels so-
personnes dont la santé est souvent
pour les hommes isolés, à Nanterre ciaux en Ile-de-France, souvent des
déjà abîmée par de dures conditions
(Hauts-de-Seine) et à Argenteuil (Val familles. Par ailleurs, un effort finan-
de vie, la situation est dramatique.
d'Oise). e e cier de 1,7 million d'euros à distri-
Comment se nourrir quand les es-
buer sous forme de tickets services
paces publics, les transports se
Leur capacité d'accueil est de 231 a été effectué, permettant aux per-
vident de donneurs de monnaie ou de
adultes et 26 personnes ont été sonnes hébergées à l'hôtel de pouvoir
tickets restos ? Que faire si on tombe
orientées dans ces centres à ce jour. acheter de la nourriture », indique les
malade ? Au-delà des personnes sans
Trois nouvelles structures devraient services de l'Etat.
abri, il y a les personnes hébergées
ouvrir d'ici à la fin de la semaine.
chez des tiers, hébergées à plusieurs
Le groupe Accor, par la voix de son
par chambre dans des foyers, en si-
↑ 9tuation de surpeuplement dans leur se confinent, ou qui sont aussi tou- virus va alors être massive si on ne
logement privé parfois dangereux chés par l'épidémie. La réduction voir fait rien ou si on agit trop tard. L'ou-
pour leur santé ou leur sécurité. Pour l'absence de distribution alimentaire verture de gymnases n'est pas la
toutes ces personnes, cette période restent un problème majeur pour meilleure solution, dans ces lieux
de confinement posent des difficul- l'Ile-de-France (moins pour Paris). Il sommairement aménagés, le simple
tés supplémentaires. est aussi à souligner que, sur certains respect des gestes barrière (comme
territoires, les gens à la rue té- les mesures de distanciation sociale)
– Les maraudes peuvent-elles se moignent d'une solidarité accrue du pour la protection de tous est diffi-
dérouler dans de bonnes condi- voisinage. cile.
tions malgré la diminution des
– Les capacités d'accueil sont-elles – Existe-il une coordination entre
effectifs comme s'en est alerté le suffisantes entre les centres d'hé- les associations, les services de
directeur général de la fondation bergement, les hôtels et les gym- l'Etat, les collectivités locales et
? Après un temps de flottement sur nases de la Ville de Paris? peut-être les entreprises sur ce su-
la veille sociale (arrêt de nombreuses jet?
distributions alimentaires, fermeture Pour l'hébergement d'urgence le
de tous les WC Decaux parisiens…) et gouvernement prévoit 3 000 places Là encore, tout dépend des départe-
des pouvoirs publics qui se taisaient supplémentaires, principalement en ments et des territoires mais nous
faute de savoir quoi dire en début de hôtels, partout en France dont la devons souligner la très grande mo-
semaine dernière, les maraudes (pro- moitié en Ile de France. C'est bien bilisation de l'ensemble des associa-
fessionnelles, bénévoles et institu- mais on sait que ce ne sera malheu- tions pour prendre en compte les be-
tionnelles) ont petit à petit repris. reusement pas suffisant. Quelques soins criants des personnes en situa-
Néanmoins, la situation reste com- semaines avant l'épidémie, le 30 jan- tion de fragilité et/ou d'exclusion.
pliquée car on constate que les vier dernier, plus de 3 500 personnes Mais il est sûr que pour agir efficace-
équipes sur le pont chaque jour pour avaient été recensées dans les rues de ment, la crise doit se gérer selon une
les assurer travaillent avec très peu la capitale lors de la nuit de la solida- logique de santé publique pour dé-
de matériels de protection adaptés, rité. Plus de 5 000 personnes vivent passer les cloisonnements entre les
comme bien d'autres professionnels aujourd'hui dans des bidonvilles en autorités compétentes et le traite-
d'ailleurs. En plus, les associations, Ile-de-France, sur plusieurs terri- ment différencié selon les structures
qui assurent la veille sociale et les toires, aucune aide ne leur est encore ou les publics touchés. ■
distributions alimentaires font aussi arrivée. Quand on sait que 77% des
face au manque d'effectifs, salariés et bidonvilles sont totalement privés
bénévoles, qui gardent leurs enfants, d'un accès à l'eau, la propagation du
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7074656c6e207f0882291267df08c1d13820c803a44fffb1817eaeRÉGION ↑ 11
N° 3820
dimanche 29 mars au samedi 4 avril 2020
Page 20
663 mots - 3 min
FACE AU CORONAVIRUS
INTERVIEW
Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France « Le passe Navigo d’avril
sera remboursé »
TRANSPORTS À la tête de l’autorité organisatrice des transports publics (IDFM), l’élue annonce
de nouvelles mesures pour les usagers
bien ceux qui achèteront un abonne- Il leur suffira de se connecter à la pla-
ment mensuel pour aller travailler teforme dédiée, comme pour le rem-
aux fonctions essentielles du pays boursement après les grèves. Fin
que ceux qui sont confinés chez eux mars, nous n’avons pu utiliser la pro-
et avaient acheté un abonnement an- cédure normale de suspension des
nuel. Nous ouvrirons une plateforme abonnements annuels, car elle né-
début mai qui permettra de deman- cessitait d’aller en gare avant le 20 du
der le remboursement de 75,20 euros mois précédent : nous ne pouvions
pour le passe Navigo mensuel ou an- pas envoyer 1 million de personnes
nuel (37,60 euros pour le passe senior aux guichets en plein confinement.
et pour Imagine R). Sachant que le Les opérateurs ne peuvent pas ré-
passe est remboursé à 50 % par l’em- soudre cette contrainte technique à
ployeur dans notre Région, ce sera un court terme.
Valérie Pé- coup de pouce au pouvoir d’achat de
cresse. Pho-
to : ISA HARSIN/ tous les Franciliens qui doivent se Pourquoi ne pas proposer la gra-
SIPA déplacer pour l’intérêt de tous. Par tuité des transports pendant la
D
epuis le confinement, le ailleurs, le remboursement sera in- crise ?
nombre de voyageurs a chuté tégral pour les télétravailleurs, pour
de 90 % dans les transports en com- les salariés en chômage partiel ou to- La gratuité serait une incitation à se
mun de la région parisienne. Mais tal, ainsi que pour les indépendants déplacer totalement contraire à l’es-
500 000 personnes les utilisent en- qui ont dû fermer leur activité. C’est prit du confinement. Il est hors de
core chaque jour. La patronne de la un geste de solidarité significatif, question de laisser les portillons ou-
Région, qui préside aussi Île-de- compte tenu de la situation finan- verts à ceux qui, dans certains quar-
France Mobilités, dévoile son inten- cière d’IDFM. tiers, ne respectent pas le confine-
tion de rembourser intégralement le ment. Je pense aux bandes de jeunes
passe Navigo en avril, soit 75,20 eu- Quel est le coût de cette mesure ? qui se croient à l’abri et ne se rendent
ros. pas compte qu’ils peuvent propager
Plus de 100 millions d’euros! La fré- le virus.
En tant que responsable des trans- quentation des transports franciliens
ports en commun en Île-de- se situe à 10 % du trafic habituel, qui Pourquoi ne pas rembourser aussi
France, quelles annonces pouvez- s’établit en temps normal à 5 mil- le mois de mars ?
vous faire aujourd’hui ? lions de voyageurs par jour. Il y a en-
core 500 000 personnes assurant des J’ignore la durée du confinement,
Je vais proposer au conseil d’admi- fonctions essentielles au pays qui ont mais le remboursement d’un mois
nistration d’Île-de-France Mobilités besoin des transports en commun. complet est un geste fort à la hauteur
(IDFM), que je préside, le rembourse- des contraintes que vivent les Franci-
ment intégral du passe Navigo mais Comment les usagers devront-ils liens.
aussi du Navigo senior et de la carte procéder pour se faire rembourser
Imagine R à tous les abonnés, pour ? Cette mesure est-elle reconduc-
le mois d’avril. Ça concernera aussi tible ?
↑ 12Nous verrons comment évolue l’épi- Je tiens absolument à ce que les de transport est de 30 % sur l’en-
démie. J’espère qu’elle s’arrêtera transports restent ouverts. Ils sont semble du réseau francilien – je ne
dans les semaines qui viennent. indispensables à tous ceux qui veux pas descendre en dessous !
doivent se rendre au travail : les soi-
Comment gérez-vous au quotidien gnants mais aussi les agents de ser- PROPOS RECUEILLIS PAR BER-
cette crise sanitaire sans précé- vice public, les travailleurs qui conti- TRAND GRÉCO
dent ? nuent à faire tourner le pays. Je re-
fuse toute fermeture de ligne. L’offre
ENCADRÉS DE L'ARTICLE
“
« Une mesure estimée à plus de 100 millions d’euros ! »
Parution : Hebdomadaire Tous droits réservés 2020 Le Journal du Dimanche
Diffusion : 149 843 ex. (Diff. payée Fr.) - © OJD PV 2d7ff5606490c300f22118d7fd04718336b0ef0384886e5a568345
2018-2019
↑ 13
Audience : 1 197 000 lect. (LDP) - © AudiPresse One 2017TRANSPORTS - MOBILITÉ ↑ 14
lundi 30 mars 2020
Édition(s) : Edition Principale, Paris, Oise, Seine-et-Marne, Yvelines…
Pages 11-12
590 mots - 2 min
_SOCIÉTÉ—ILE-DE-FRANCE
« Grâce à ces TGV, on sauve des vies »
Le troisième train de l’opération Résilience destiné à transférer des malades du
Covid-19 est parti hier matin de Nancy vers Bordeaux. A son bord, le Dr Lionel Lamhaut,
qui coordonnait l’opération.
P
ar Frédéric Choulet « Le choix des patients se fait sur cri- adapté s’il y a le moindre problème.
tères médicaux, en coordination avec Ça n’est pas le cas. Le voyage se dé-
Hier, 5 h 30 du matin. En gare de les médecins réanimateurs locaux, roule sans souci. Les médecins pré-
Nancy (Meurthe-et-Moselle), les précise le docteur Lamhaut. Ce sont sents sont même étonnés de ne res-
équipes médicales sont sur le pied de des cas lourds mais ils doivent pou- sentir aucune vibration ni décéléra-
guerre. Des équipes arrivées la veille voir supporter le transport. On re- tion. Le conducteur du TGV a été
depuis les zones de destination — tient plutôt des patients qui ont déjà sensibilisé pour ça. » A l’arrivée à
Bordeaux, Libourne, Pau et Bayonne passé la phase la plus aiguë. » Agés 17 heures, il faut à nouveau deux
— auxquelles s’ajoutent des soi- en moyenne d’une soixantaine d’an- heures pour débarquer les malades et
gnants de Metz et Nancy, secteurs nées, tous ou presque présentent des les acheminer vers les hôpitaux d’ac-
dont sont issus les patients. Une facteurs de risque comme l’hyperten- cueil.
équipe d’Ile-de-France est également sion ou le diabète.
présente, composée de personnels de « Avec ces TGV, on sauve des vies,
l’Essonne, des Yvelines, du Val-de- A bord du TGV, les six voitures sont souligne Lionel Lamhaut. On ne
Marne et des Hauts-de-Seine. Parmi équipées comme de vrais services de pourrait pas transporter autant de
eux, Lionel Lamhaut. Médecin ur- réanimation. Quatre infirmières, un patients avec un tel niveau de sécu-
gentiste du Samu à l’hôpital Necker médecin senior et un interne plus un rité autrement. » Et c’est loin d’être
de Paris et formateur, il participe au logisticien prennent place dans cha- fini. « Cette semaine, certainement
voyage en tant que chef coordonna- cune des voitures avec la charge de mercredi, un TGV partira de Paris où
teur. Son expérience l’a mené à su- quatre patients. la situation devient très difficile,
perviser le premier TGV de l’opéra- pour la Bretagne », souffle l’urgen-
tion Résilience il y a trois jours, puis tiste.
Bientôt des départs de
celui-ci.
Paris pour la Bretagne A 19 heures, hier soir, Lionel Lam-
haut et les autres Franciliens étaient
Tous les patients sont L’embarquement des malades débute
déjà dans le train du retour. « Je
vers 8 heures. Tous sont endormis et
endormis pense que je serai chez moi vers
sous respiration artificielle. Il faudra
22 h 30 », souligne le médecin. « L’un
Dès 6 heures, les patients atteints du plus de deux heures pour les instal-
des intérêts de ces transferts par le
Covid-19 sont préparés pour ce ler. « C’est un délai relativement
train est que les ressources sont ré-
voyage pas comme les autres. Leur court », explique le médecin coor-
injectées dès le lendemain dans les
départ est destiné à soulager les hô- donnateur. Tout est même prêt avec
services. Pour ma part j’entame de-
pitaux du Grand-Est, région parmi les un peu d’avance, à 10 h 45.
main (NDLR : aujourd’hui) une garde
plus touchées. Pour cela, deux nou-
de vingt-quatre heures, en réanima-
veaux TGV ont été aménagés et af- Le train met quatre heures pour at-
tion au Samu à Necker. On ne peut
frétés. L’un part de Mulhouse avec teindre Bordeaux. « Pendant tout le
pas se permettre d’arrêter. » ■
12 malades à bord. L’autre est celui trajet, les malades restent sous une
de Nancy. Il transporte 24 malades, surveillance constante, insiste Lionel
la moitié hospitalisée dans cette Lamhaut. Nous sommes en contact
ville, les 12 autres venant de Metz. permanent avec les hôpitaux de des-
Destination la Nouvelle-Aquitaine. tination pour orienter tel ou tel pa-
tient vers l’établissement le plus
↑ 15Nancy, hier. A bord de chaque voiture,
équipée comme un vrai service de réani-
mation, quatre infirmières, un médecin,
un interne et un logisticien encadrent
quatre patients.
afp/ALEXANDRE MARCHI
Parution : Quotidienne Tous droits réservés Le Parisien 2020
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2018-2019
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Audience : 1 507 000 lect. (LNM) - © AudiPresse One 2017ECONOMIE ↑ 17
dimanche 29 mars 2020
Édition(s) : Paris
Pages 14-15
512 mots - 2 min
GRAND PARIS_—ESSONNE
13 000 Franciliens volontaires pour aider les agriculteurs
Pour compenser la pénurie de main-d’œuvre due au coronavirus, la plate-forme « Des bras
pour ton assiette » permet aux particuliers d’entrer en contact avec les cultivateurs. Une
fausse bonne idée ?
P
ar Pauline Darvey Etfaustine de Roumanie ou encore du Maroc. avec des saisonniers que je connais. »
Léo entre avril et novembre.En Ile-de-
France, environ 1 000 personnes Un besoin que partage également Ro-
Claire, 32 ans, se souvient d’avoir viennent d’ordinaire grossir les rangs bert Français, agriculteur installé à
participé à des vendanges il y a une des exploitations Montesson (Yvelines). « On ne peut
dizaine d’années. « J’avais dû faire ça pas changer nos équipes d’une année
pendant deux jours en Suisse », ra- Pour combler ces besoins, la plate- sur l’autre », abonde ce professionnel
conte cette Parisienne d’adoption, forme « Des bras pour ton assiette » qui cultive salades, radis et fines
instructrice du droit des sols, confi- a, notamment, été mise en ligne dans herbes sur une cinquantaine d’hec-
née dans son appart du XIII e. De- la semaine pour mettre en contact tares.
puis, cette fonctionnaire dans une agriculteurs et particuliers. Vendre-
mairie des Hauts-de-Seine n’a pas di, plus de 1 000 cultivateurs avaient D’ici début mai, Robert Français aura
remis les pieds dans les champs. déjà franchi le pas. Et 13 000 Franci- pourtant besoin de 38 personnes
« Pas pour y travailler en tout cas », liens s’étaient d’ores et déjà portés dans ses champs. Mais pas question
sourit-elle. volontaires. pour le moment de s’inscrire sur la
plate-forme en ligne. « Je n’ai pas
D’ici quelques jours, elle pourrait Claire, sans activité depuis le début l’encadrement nécessaire pour for-
pourtant se retrouver à ramasser des du confinement, attend d’avoir l’aval mer des gens, tranche-t-il. C’est une
radis ou des oignons dans une ferme de sa direction avant de s’y inscrire. bonne idée sur le papier mais elle me
d’Ile-de-France. Car Claire envisage « Ça me ferait du bien de bouger. paraît très compliquée à mettre en
de répondre à l’appel lancé par le mi- Même si c’est dur, c’est pour la bonne œuvre. »
nistre de l’Agriculture. Mardi matin, cause ! »
Didier Guillaume avait enjoint les Lui compte plutôt sur des initiatives
Français qui « n’ont plus d’activités » Pas sûr pour autant que son CV locales. « Un ancien agriculteur qui
en ce moment à « rejoindre la grande convainque Romain Douville. Cet s’est reconverti m’a par exemple pro-
armée de l’agriculture », actuelle- agriculteur de Chailly-en-Bière posé de me filer un coup de main
ment en pénurie de main-d’œuvre. (Seine-et-Marne), qui produit dix pendant un ou deux mois. » ■
millions de salades par an sur 120 ha,
se méfie de l’appel du grand air res-
« Même si c’est dur,
senti par certains. « Ramasser des lé-
c’est pour la bonne gumes, c’est un vrai métier. Je sais
par expérience que les locaux
cause »
tiennent deux jours au maximum. »
« Ce sont entre 70 000 et 80 000 em-
plois en contrats courts qui manque- Sur la vingtaine de Polonais, de Por-
ront jusqu’en mai », indique la FN- tugais et d’Ukrainiens que Romain
SEA, principal syndicat agricole. Un Douville emploie habituellement,
Romain Douville produit 10 millions de
manque lié en partie à l’absence de seule une dizaine est déjà arrivée. « Il
salades dans la plaine de Chailly. Il es-
travailleurs saisonniers, bloqués aux faut pour cela un laissez-passer pour père que sa main-d’œuvre étrangère
frontières, qui sont nombreux à venir que les autres viennent en France, pourra bénéficier de laissez-passer pour
venir participer à la récolte.
du Portugal, d’Espagne, de Pologne, prévient-il. J’ai besoin de travailler
Parution : Quotidienne Tous droits réservés Le Parisien 2020
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Édition(s) : Edition principale
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1016 mots - 4 min
DEV_SE—TOUTES RUBRIQUES
« Il faut donner la parole aux salariés, sinon tout s’écroule »
Industrie Prévenir les risques au travail fait partie des obligations des entreprises. Une
disposition encore plus contraignante à l’heure du coronavirus.
P
ar Jacques Poncet mentaire, la haute technologie, le nuel Macron, l’UIMM publie un épais
BTP, les transports, la grande distri- document à destination des indus-
Face au coronavirus, continuer ou ar- bution… triels. Il précise les mesures barrières
rêter ? « L’industrie française doit imposées par les autorités, notam-
contribuer à l’effort de guerre ! ». ment celles applicables dans les lo-
Les obligations du
Yves Laqueille, directeur général du caux professionnels ou dans les
Groupe des industries métallurgiques patron moyens de transport, lorsqu’il est ab-
(GIM), martèle son nouveau slogan. solument nécessaire de travailler en
Comment cadrer au plus près la pré-
Pas question d’arrêter totalement la présentiel.
vention des risques sur site en ces
machine malgré la déflagration pro-
temps de pandémie ? La loi générale
voquée par le coronavirus, même si Il ajoute la possibilité de prévoir une
est plus que jamais inflexible.
évidemment la santé des salariés désinfection des chaussures, un
« L’employeur met en œuvre la dé-
« reste la priorité absolue des em- changement de souliers ou des sur-
marche de prévention dans son en-
ployeurs ». C’est bien là une équation chaussures. Chaque employeur doit
treprise. Il est responsable de la santé
difficile à résoudre pour beaucoup de « décliner » et adapter les mesures au
et de la sécurité de ses salariés », ex-
patrons qui vivent sur le « fil du ra- terrain. « Une entreprise qui dispose
plique Aurélie Thevenin, avocate
soir ». Comment concilier les impéra- d’un hangar de 2 000 m 2, où les em-
spécialisée.
tifs économiques et la santé des per- ployés sont tous à 15 m de distance,
sonnels en temps de crise sanitaire ? aura plus de facilités que d’autres à
Durant la pandémie de coronavirus,
appliquer les règles… » note Yves La-
c’est lui qui doit fournir le matériel
Le 18 mars, alors que le bruit courait queille.
nécessaire (gel, masques), garantir
déjà d’un prolongement de plusieurs
l’hygiène (renforcement du net-
semaines de la durée du confine- Le guide prévoit aussi les mesures à
toyage, aération des locaux, zones de
ment, l’union des industries et mé- prendre en cas de contamination
sécurité et de courtoisie) et mettre en
tiers de la métallurgie (UIMM) pu- d’un salarié, une procédure formali-
place une nouvelle organisation du
bliait un long guide détaillé des sée de nettoyage des locaux, l’orga-
travail. « Le patron doit évaluer le
bonnes pratiques en matière de pré- nisation de rotations et des horaires
risque de contamination dans son
vention des risques. Le préambule du aménagés, mais ne recommande pas
entreprise en fonction des directives
document est clair : « Il est crucial les masques FFP2 réservés aux per-
officielles, et le consigner dans le do-
que certaines activités industrielles sonnels de santé.
cument unique d’évaluation des
restent opérationnelles… Elles sont
risques professionnels (DUERP). Il
d’importance vitale pour la nation.
doit former, informer et équiper par- Le plan de continuité de
Les activités de santé évidemment,
faitement les salariés au risque de
mais aussi les transports, la gestion l’activité en question
poursuites judiciaires », précise en-
de l’eau, la production de l’énergie,
core l’avocate parisienne. Il prévoit, lui, de maintenir au maxi-
ainsi que la sécurisation des sites Se-
mum l’activité essentielle et, en cas
veso et des centrales nucléaires. » Et
de besoin, une activité minimale ou
tout cela en protégeant les salariés Comment gérer les
un arrêt temporaire. L’obsession
qui partent parfois le matin la boule
risques ? reste la sécurité des salariés et la
au ventre. D’autres secteurs, qui ne
« sécurisation psychologique » des
relèvent pas de l’UIMM, sont face au A la suite d’une consigne générale du
chefs d’entreprise en responsabilités.
même dilemme : l’industrie agroali- président de la République, Emma-
Jean-Yves Lambert, le patron d’Elbi,
↑ 19une PME de douze salariés implantée lariés peuvent faire jouer leur droit société Otis, alors qu’elle s’occupe de
en région parisienne et spécialisée de retrait. L’Italie a quinze jours la maintenance des ascenseurs ? La
dans la mécanique de précision, d’avance sur nous et vient de décider PME Elbi permet indirectement de
poursuit sa production. « Pour des la fermeture de toute activité qui fabriquer des satellites. Est-elle es-
raisons de sécurité sanitaire, on tra- n’est pas absolument essentielle. sentielle ou pas ? » Et de conclure
vaille avec deux demi-équipes et une Suivons son exemple ! », conclut le avec un nouveau slogan : « L’indus-
partie de chômage partiel. Cela règle syndicaliste. A Belfort, la direction de trie est très souvent impliquée dans
les éventuels problèmes de promis- General Electric a suspendu la pro- des processus vitaux de l’économie
cuité. » duction jusqu’à nouvel ordre, après française ». ■
que 250 salariés ont exercé leur droit
Pour lui, la sécurité passe aussi par la de retrait. Et les droits d’alerte se
communication permanente avec les multiplient dans les entreprises tou-
salariés. « L’État oscille entre des an- jours en activité.
nonces plus ou moins alarmistes, le
patron est là pour informer au quo- Cependant, dans un avis communi-
tidien ses salariés afin de ne pas cé- qué par Jérôme Guitton, le préfet de
der à la panique ou à la psychose. Il Saône-et-Loire, on peut lire : « Il y a
faut donner la parole aux employés parfois une surinterprétation des
et maintenir le lien social, je le fais consignes de sécurité au point de
chaque matin, sinon tout s’écroule. » compromettre des pans essentiels de
notre activité économique ». Il n’em-
Dans le monde économique, certains pêche, le coronavirus a déjà mis à Dans les ateliers, les distances de sécurité
exigent pourtant la cessation globale l’arrêt l’industrie automobile en Eu- entre les salariés doivent être respectées.
d’activité. C’est le cas dans le BTP rope… Yves Laqueille s’interroge
qui emploie plus de deux millions de d’ailleurs sur les contours de la no-
personnes en France. « Travailler col- tion « d’entreprises vitales à la na- La 10 e édition de la Semaine de
lés les uns aux autres dans une tran- tion » : « Quand le gouvernement l’industrie a été annulée en raison
chée de chantier met en péril les tra- parle de la continuité des activités du Covid-19. Initialement prévue
vailleurs et il y a beaucoup de sec- essentielles, il parle de quoi précisé- du 30 mars au 5 avril, elle est re-
teurs où ils sont en danger, faute ment, existe-t-il une liste ? Un chan- portée à l’automne, du 16 au
d’équipements et de masques, re- tier naval qui construit des yachts 22 novembre 2020.
grette Serge Legagnoa, secrétaire mais fournit par ailleurs des pièces
confédéral à FO en charge de la pro- pour les navires de guerre, faut-il ar-
tection sociale. En attendant, les sa- rêter son activité ? Faut-il fermer la
Parution : Hebdomadaire Tous droits réservés Le Parisien éco 2020
↑ fa7be51c67804b0cb2231a37660a419f3c20f601e48aa1c7bf0620 20PRÉCARITÉ ↑ 21
samedi 28 mars 2020
Édition(s) : Paris, Oise, Seine-et-Marne, Essonne, Val d'Oise…
Page 13
463 mots - 2 min
_SOCIÉTÉ—SOCIETE
« Parents, vous n’êtes pas seuls »
Sophie Cluzel, la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, alerte sur
leur fragilité face au virus. Elle lance en exclusivité un appel à la solidarité et
s’adresse aux familles en détresse.
P
ropos recueillis par Marc Payet à l’école ordinaire qui ont eux aussi qu’ils trouvent des repères.
rejoint leur foyer. Nous avons aussi
Alors que l’épidémie de Covid-19 près de 30 000 adultes dont les ac- Mais les parents ne peuvent pas
progresse rapidement, Sophie Cluzel, cueils de jour ont fermé. Dans les tout faire…
secrétaire d’Etat chargée des per- établissements d’hébergement, il y a
sonnes handicapées appelle à la vigi- environ 270 000 personnes adultes. Bien sûr. Les professionnels des éta-
lance de tous. Les règles sont strictes : aucune vi- blissements doivent continuer à
site n’est autorisée, sauf cas de parti- suivre les familles et à maintenir le
sophie cluzel culière urgence. Si un cas se déclare, lien. Nous sommes aussi en train de
une organisation de confinement nous organiser avec les associations
On entend beaucoup parler du doit être mise en place. Il faut, même pour rendre plus visible toute l’offre
risque du Covid-19 pour les per- si c’est parfois difficile pour tous, de soutien et d’appui qu’elles
sonnes âgées dans les Ehpad. continuer à appliquer les gestes bar- mettent en place partout au nom de
Qu’en est-il pour les personnes rière. la solidarité (aide aux aidants, etc.).
handicapées ? La plate-forme Grandir ensemble,
Le retour dans les familles ne par exemple, permet de leur apporter
Ceux qui souffrent de handicap, et pose-t-il pas des difficultés pour des réponses : comment avoir droit à
notamment les plus lourdement at- les parents ? un mode de garde, comment se faire
teints et ceux qui cumulent aussi des aider pour faire ses courses. Nous
problèmes respiratoires, doivent être Nous sommes conscients que des dif- lançons aussi un appel à la solidarité,
protégés face au virus. Nous devons ficultés peuvent se poser dans les fa- vis-à-vis des personnes handicapées
tous être particulièrement vigilants, milles, notamment lorsqu’elles s’oc- isolées : n’hésitez pas à aller cher-
notamment dans les établissements cupent de personnes autistes ou avec cher des médicaments pour elles ou à
qui les accueillent, où il peut y avoir des troubles sévères du comporte- prendre de leurs nouvelles. ■
des cas groupés et où certains sont ment, qui supportent très difficile-
confinés. ment le confinement et qui s’accom-
modent mal de changements bru-
Combien sont rentrés dans leur fa- taux. Mon message est clair : vous
mille depuis le début du confine- n’êtes pas seuls. On est à vos côtés.
ment ? Nous avons levé la barrière d’âge, au-
paravant fixée à 16 ans, pour que les
Aujourd’hui, sur les près de parents puissent demander un arrêt
100 000 enfants et adolescents ac- de travail automatique s’ils ont la né-
Pour Sophie Cluzel, « les professionnels
cueillis en instituts médico-éduca- cessité de garder leur proche handi- des établissements doivent garder le lien
tifs, environ 60 000 sont chez eux capé. Nous avons, avec l’aide des avec les familles ».
compte tenu de l’arrêt des externats. professionnels, de santé notamment,
Sans compter les enfants scolarisés publié des fiches pratiques pour
Parution : Quotidienne Tous droits réservés Le Parisien 2020
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2018-2019
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617 mots - 2 min
ESSENTIEL 75
Paris : les toxicomanes affluent dans le quartier de la salle de shoot
« Nous avons touché le fond du fond ». Les revendications, portées depuis des
années par les riverains de la salle de consommation de drogue, rue Am-
broise-Paré (Xe), installée en 2016 dans l’enceinte de l’hôpital Lariboisière, se
sont muées en cri d’alarme, depuis le début du confinement.
L’épidémie, et ses conséquences, éclaire désormais d’une lumière crue les
scènes quotidiennes qui se déroulent sous les fenêtres des habitants, où les
circonstances ont attiré, sur les trottoirs du quartier une foule de toxico-
manes supplémentaires, en errance.
Des attroupements permanents
« Nous dénonçons sans relâche depuis plus d’une semaine, ce qui se passe,
sans obtenir la moindre réponse, s’indigne un habitant du quartier », membre
du collectif Riverains Lariboisière-Gare du Nord. « Les attroupements de toxi-
comanes sont permanents, ils négocient avec les dealers, s’embrassent, font
des check… à 20 mètres de l’entrée du personnel soignant de Lariboisière,
poursuit-il, et cela en plein état d’urgence sanitaire. Les passants sont
contraints de slalomer entre les groupes. »
« Les gens se passent des kits d’injection, piquent dans la rue au pied de nos
immeubles. Et nous, nous sommes là, abandonnés à notre sort devant un
nombre toujours plus important de toxicomanes : il y a beaucoup de gens que
je n’avais jamais vus jusqu’à présent : maintenant tout le monde se donne
rendez-vous ici… Et pas dans la salle : dans la rue ! »
Tous l’ont constaté, de nouveaux toxicomanes, auxquels se mêlent également
les mineurs isolés marocains qui ont élu domicile à la Goutte-d’Or (XVIIIe),
ont fait leur apparition.
Des toxicomanes venus aussi de banlieue
La raison ? « Depuis l’arrivée de l’épidémie, de nombreux espaces d’accueil et
de soins pour les toxicomanes avaient fermé, faute de personnel et de
masques, donc beaucoup ont convergé depuis différents secteurs de Paris et
de banlieue, vers le seul site identifié : la salle de consommation à moindre
risque et ses abords. Et c’était dramatique », reconnaît Anne Souyris, l’ad-
jointe d’Anne Hidalgo en charge de la Santé, qui l’assure : les choses sont en
train de s’arranger.
Et d’élue parisienne de poursuivre : « plusieurs Carrud, Centres d’Accueil et
d’Accompagnement à la Réduction des risques pour les Usagers de Drogues,
et Cappa, centres ambulatoires pluridisciplinaires de psychiatrie et d’addicto-
logie, ont rouvert leurs portes. Comme la salle de repos pour les consomma-
teurs de crack, porte de la Chapelle. Tout s’était arrêté, faute de masques, et
la Ville en a fourni.L’Etat, enfin, a formellement donné son accord pour l’ou-
verture de nouvelles chambres d’hôtels où seront hébergés les toxicomanes.
Mais, bien sûr, il faut également un accompagnement sanitaire et social. Les
choses se mettent en place… ».
Les riverains désemparés
Mais, vu de la rue Ambroise-Paré, l’optimisme est en berne. Face à l’hôpital,
la sanisette Decaux, qualifiée de « salle de shoot bis » dans le quartier, s’est
métamorphosée en véritable déchetterie, où s’accumulent détritus, seringues
et excréments : « Une ignominie totale, s’étrangle un riverain. Personne n’a la
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