PIERRE MANGERS - ASSOCIÉ ET LEADER SECTEUR PUBLIC EY LUXEMBOURG

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MARS 2017 N°196 WWW.GEMENGEN.LU PIERRE MANGERS ASSOCIÉ ET LEADER SECTEUR PUBLIC EY LUXEMBOURG GHISLAINE SOISSON UN PEU DE LUXEMBOURG DANS NOS ASSIETTES «BANKING DAY» MUTATIONS BANCAIRES LÉA LINSTER UNE FEMME DE GOÛTS GUY YELDA AU SERVICE D’UNE AMITIÉ

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IMPRIMERIE CENTRALE SOCIÉTÉ ANONYME • 15, RUE DU COMMERCE • L-1351 LUXEMBOURG T +352 48 00 22-1 • F +352 49 59 63 • BOÎTE POSTALE 2477 • L-1024 LUXEMBOURG • WWW.IC.LU • MESSAGE@IC.LU

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LETZEBUERGER GEMENGEN Publication éditée par Euro-Editions S.A. www.gemengen.lu Société éditrice Euro-Editions S.A.

24, rue Michel Rodange • L-4660 Differdange Régie publicitaire Julien Malherbe marketing@euroeditions.lu • Tél. 58 45 46 30 Administration Lucia Ori Tél. 58 45 46-29 • Fax 58 49 19 admin@euroeditions.lu Conception et réalisation graphique Sophie Glibert sophie@euroeditions.lu • Tél. 58 45 46-25 Rédaction Sophie Marenne sophiem@euroeditions.lu • Tél. 621 391 322 Julien Brun julien@euroeditions.lu • Tél. 58 45 46 26 Martina Cappuccio livinggreen@euroeditions.lu • Tél. 58 45 46 24 Photographie Marie De Decker, Rodolphe Lebois Vincent Remy, Eric Devillet Impression Imprimerie Centrale © Euro-Editions Tous droits de reproduction réservés pour tous pays.

Tous manuscrits, photos et documents envoyés à la rédaction ne peuvent être exploités qu’avec l’accord de leurs auteurs. Publiés ou non, ils ne seront pas restitués. Les reportages signés n’engagent que leurs auteurs. Les prix figurant dans cette revue sont indicatifs et peuvent être sujets à des variations dont l’éditeur ne pourrait nullement être tenu pour responsable. EY Luxembourg 30 Chaque année la même rengaine à la venue du 8 mars: les slogans mièvres s’affichent, clamant «Pour la Journée de la femme, offrez une rose à la vôtre», ou encore «Prouvez-lui sa valeur avec des fleurs». La Saint Valentin, c’était le mois passé, merci.

Aux oubliettes, «la Journée de la femme». C’est la Journée internationale des droits des femmes, un jour de manifestations officialisé par l’ONU depuis 1977. Ses racines, plus anciennes, sont ancrées dans le terreau historique des revendications du début du 20 e : luttes pour le droit de vote, pour de meilleures conditions de travail et pour l’égalité de statut avec les hommes. Loin d’être commercial, c’est un événement politique et engagé où des personnes du monde entier fêtent les acquis et font résonner les revendications. Malgré l’espoir de ne plus avoir besoin de célébrer cette date prochainement, le 8 mars est encore brulant d’actualité.

Au Grand-Duché également...

Depuis presque un an, la campagne du ministère de l’Égalité des chances «votezegalite.lu», affiche son slogan sur les sites web les plus consultés au Luxembourg et dans des publicités audiovisuelles. «Une femme en politique, ce n’est pas un effet de mode»: par cette devise, la mobilisation fait résonner son appel à candidates pour augmenter l’équilibre entre les sexes sur les listes électorales communales 2017. Pourquoi? Parce que 13 bourgmestres sur 105 sont des femmes. Et 45 échevins sur 231. Un score pas incroyable, si vous permettez l’euphémisme. En outre, elles représentent moins du tiers de la Chambre des députés, au niveau national.

En économie, l’écart salarial reste encore un fossé trop large puisque les femmes sont en moyenne payées 4,9% de moins que leurs collègues masculins. Le score du Grand-Duché est loin d’être le plus honteux puisque le “pay gap” moyen dans les pays de l’OCDE est de 16%. L’étude “Women in Work Index 2017”, d’où sont tirés ces chiffres, prévoit l’égalité salariale au Luxembourg pour 2022, soit dans 1.760 jours! A titre de comparaison, il faudra attendre l’an 2028 pour la Belgique, 2084 en France et 2297 pour l’Allemagne. Aïe. «Offrir des fleurs à vos salariées, afin de marquer cette date symbolique dans la lutte pour l’égalité des femmes».

Chers patrons, avant de suivre ce conseil, interrogez-vous: vos employées ont-elles un salaire équivalent à celui de leur collègue? Autant d’opportunités de carrière? Bénéficient-elles d’un respect égal? Si non, pensez plutôt à régler cela avant de poser un bouquet sur leur bureau. SoM EDITO De toute façon, les fleurs c’est périssable

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Nico Binsfeld 18 Léa Linster 22 Ghislaine Soisson 26 SOMMAIRE EMPLOI 10 Rik Hülser – jobs.lu 10 ans pour l’emploi 14 Nicolas Schmit, ministre du Travail Augmentations salariales pour l’Europe 16 Fabrice Poncé – The Adecco Group Repositionnement stratégique FORMATION PROFESSIONNELLE 18 Nico Binsfeld – House of Training La fabrique de compétences 20 Michèle Pisani – Chambre des salariés Retour sur les bancs de l’université WOMEN OF LUXEMBOURG 22 Léa Linster Une femme de goûts TERROIR 26 Ghislaine Soisson – Chambre d’Agriculture Un peu de Luxembourg dans nos assiettes COVERSTORY 30 Pierre Mangers – EY Les métamorphoses de Rifkin ECONOMIE DURABLE 34 Frank Wiseler et Marko Koerner – KPMG Le modèle circulaire à votre portée 36 Annemarie Arens – LuxFLAG Impact Inversting, faire face aux enjeux globaux 38 Chambre des Métiers Klimabank an nohaltegt Wunnen

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GEMENGEWAHLEN 2017: A WANN DIR DE POLITESCHE KOSTÜM GÉIFT PROBÉIEREN, MADAME? ENG FRA AN DER POLITIK ASS KENG MOUDEFRO HOTLINE: 8002 7722

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Yves Reding 54 Etienne Schneider 60 Guy Yelda 80 SOMMAIRE ECONOMIE & FINANCE 44 «Banking Day» – PwC Luxembourg Mutations bancaires 48 Jean-François Terminaux, Yves Reding et Gérard Hoffmann Un enjeu stratégique ICT 52 Gilles Emeringer – POST Votre commune connectée 54 Yves Reding – EBRC Une alliance de synergies positives STARTUP DU MOIS 56 Danielle Kuhn et Holly Flocker – PingPong Connecter les e-commerçants chinois au marché européen INNOVATION & ENTREPRENEURIAT 60 Etienne Schneider, ministre de l’Economie Aux jeunes pousses 62 Pierre Kihn – Office Freylinger La protection du génie 64 Serge Quazzotti – IPIL La propriété intellectuelle des entrepreneurs 66 Luca Polverari – Marks&Clerk Le défenseur des compétences 78 Gilles Welter – HolzWelten Au service des particuliers LA RENCONTRE DIPLOMATIQUE 80 Guy Yelda, ambassadeur de France au Luxembourg Au service d’une amitié

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© SNCI / Photo Christof Weber / rosedeclaire

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Index - Décideurs politiques & économiques Gilles Emeringer 52 Presales IoT Post Luxembourg © Olivier Minaire Photography Michèle Pisani 20 Conseillère de direction Luxembourg Lifelong Learning Center Centre de formation pour adultes de la Chambre des salariés 13, rue de Bragance L-1255 Luxembourg Sebastian Dettmers 10 Directeur StepStone Continental Europe Luca Polverari 66 Gérant et partenaire Marks&Clerk Luxembourg 44, rue de la Vallée L-1017 Luxembourg Pierre Mangers 30 Associé intervenant dans le conseil auprès des PME et leader du secteur public chez EY Luxembourg 35E, Avenue John F.

Kennedy L-1855 Luxembourg Gilles Welter 78 Entrepreneur-menuisier HolzWelten Zone Industrielle Rolach Hall nr 4 L-5280 Sandweiler Ghislaine Soisson 26 Chef de projet “Sou schmaacht Lëtzebuerg” Chambre d’Agriculture 261, route d’Arlon L-8001 Strassen Danielle Kuhn 56 Chief Operating Officer PingPong Source photo: EBRC Holly Flocker 56 Chief Risk Officer & Head of Legal PingPong Source photo: EBRC Fabrice Poncé 16 Directeur général Adecco Luxembourg 5, rue des Mérovingiens ZAI Bourmicht L-8070 Bertange Nico Binsfeld 18 CEO House of Training customer@houseoftraining.lu 7, rue Alcide de Gasperi L-2014 Luxembourg Jean-François Terminaux 48 Vice-président Finance & Technology Luxembourg info@financeandtechnology.lu Yves Reding 48 & 54 Président Cloud Community Europe – Luxembourg 7, rue Alcide de Gasperi L-1615 Luxembourg Gérard Hoffmann 48 Président FEDIL-ICT 7, rue Alcide de Gasperi L-1615 Luxembourg Frank Wiseler 34 Senior Advisor KPMG Luxembourg info@kpmg.lu 39, Avenue John F.

Kennedy L-1855 Luxembourg Rik Hülser 10 Directeur jobs.lu 5, rue des Mérovingiens L-8070 Bertrange Pierre Kihn 62 Directeur général Office Freylinger 234, route d’Arlon L-8001 Strassen Guy Yelda 80 Ambassadeur de France au Luxembourg Étienne Schneider 60 Vice-Premier ministre, ministre de l'Économie, de la Sécurité intérieure et de la Défense Léa Linster 22 Chef cuisinier 17, route de Luxembourg L-5752 Frisange Serge Quazzotti 64 Directeur Institut de la Propriété Intellectuelle Luxembourg GIE (IPIL) 134, route d’Arlon L-8008 Strassen Mike Reiffers 68 Cofondateur et dirigeant-partenaire Skeeled Source photo: Skeeled Marko Koerner 34 Senior Manager KPMG Luxembourg info@kpmg.lu 39, Avenue John F.

Kennedy L-1855 Luxembourg Annemarie Arens 36 Directrice générale LuxFLAG info@luxflag.org 12, rue Erasme L-1468 Luxembourg Source photo: LuxFLAG Nicolas Schmit 14 Ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Économie sociale et solidaire

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LG - Mars 2017 Jobs.lu, c’est une audience de plus de 350.000 visites par mois, venant de 160.000 visiteurs uniques, avec plus de 2,2 millions de pages vues et une moyenne de 36 candida- tures par annonce diffusée.

On peut donc dire que jobs.lu est un acteur incontournable en matière de recrutement en ligne au Grand-Duché qui participe à la fois à la réduction du taux de chômage et au dyna- misme des compétences. Jobs.lu peut pour cela se reposer sur le réseau du groupe StepStone, explications de Rik Hülser et de Sebastian Dettmers, directeurs respectifs de jobs.lu et de StepStone Continental Europe. Quelle est la grande évolution dans le recrutement de ces dix dernières années?

Rik Hülser: J’ai débuté en 2002, lorsqu’inter- net commençait à s’immiscer dans les entre- prises qui n’étaient alors pas encore dotées d’adresses électroniques. Je pense que le net s’est réellement imposé en 2006, juste avant la crise des subprimes quand les entreprises se sont préoccupées de leurs dépenses. La grande évolution du recrutement a eu lieu lorsqu’internet a pris l’ascendant sur les médias classiques. Le digital est en effet moins cher que le papier et offre plus de pos- sibilités et donc plus d’efficacité. Quelles sont les spécificités du marché luxembourgeois?

RH: La grande différence avec les marchés européens, c’est que notre marché du travail est international, et ce, avec 180.000 frontaliers qui traversent la frontière quotidiennement.

Une autre particularité est que le nombre total des personnes employées au Luxembourg dépasse celui des personnes résidentes acti- ves; le Luxembourg a donc besoin des talents internationaux. Un autre phénomène distinctif est la trans- formation de la place luxembourgeoise considérée jusqu’à peu comme étant unique- ment financière. L’ambition nationale de se développer dans d’autres secteurs économi- ques comme l’informatique, la logistique, le secteur industriel et même l’exploitation 10 ans pour l’emploi!

Lancé en janvier 2007, jobs.lu fête ses 10 ans d’activités, et par là même, sa fulgurante ascension pour devenir le leader du recrutement en ligne sur le marché luxembourgeois. La soirée d’anniversaire s’est déroulée le 2 février dans le très beau Cercle Cité de Luxembourg-Ville sur la Place d’Armes. S’étaient déplacés pour l’occasion, clients, partenaires et collaborateurs du groupe StepStone mais aussi le ministre du Travail Nicolas Schmit, la directrice de l’ADEM Isabelle Schlesser, le directeur de Care Luxembourg Frédéric Haupert et le directeur de StepStone Continental Europe Sebastian Dettmers.

LG y était pour vous. 10 Le Luxembourg a besoin des talents internationaux “ ” Emploi

LG - Mars 2017 minière des astéroïdes, montre bien la moti- vation des acteurs du pays. En plus de ce dynamisme économique, le Luxembourg s’est doté d’une législation favorable au tra- vail qui avec des préavis plus courts que ses voisins européens, lui donne une flexibilité attractive tant pour les employés que pour les employeurs. Quels sont les secteurs les plus demandeurs? RH: Je dirais la gestion, l’administration, la finance, la comptabilité et l’informatique. Il reste une prédominance du secteur finan- cier, des fonds d’investissements et des servi- ces attachés comme les fiduciaires, les entre- prises de conseils mais nous constatons une réelle demande dans le secteur informatique, et ce, à la fois par le secteur financier avec les FinTech mais aussi par l’implantation de plus en plus d’expertises et de compétences informatiques au Luxembourg.

Justement, est-ce que les hauts profils passent aussi via jobs.lu? RH: Absolument, car ce sont des talents qui se font rares et qui ne sont que très peu présents dans la Grande-Région. C’est pourquoi nous pouvons profiter de notre appartenance au groupe StepStone, et donc à son réseau international afin de trouver les profils dans quelques 130 pays du monde. Jobs.lu est composé d’une équipe locale de onze personnes qui assure la proximité nécessaire au marché luxembourgeois mais nous pouvons aussi profiter de la force de StepStone qui est aujourd’hui le plus grand groupe de média en ligne en Europe.

11 Rik Hülser et Sebastian Dettmers

LG - Mars 2017 Comment peut-on définir StepStone? Sebastian Dettmers: C’est une société de plus de 2.000 employés qui opèrent princi- palement en Europe (Allemagne, Autriche, Suisse, France, Irlande, Grande-Bretagne et Benelux) et avec quelques encrages en Afrique et en Amérique Centrale. Nous som- mes une entreprise de recrutement qui ras- semble employeurs et candidats. Qui sont vos clients et quelle est votre relation avec jobs.lu? SD: Nos clients peuvent être de petites entre- prises comme les startups ou les entreprises familiales de moins de dix employés mais aussi de grandes sociétés cotées en bourse.

StepStone et jobs.lu se sont trouvés en 2013, lorsque StepStone a fait l’acquisition du groupe Saongroup auquel appartient jobs.lu. jobs.lu est le cerveau avec lequel nous opérons au Luxembourg et cette collaboration est une belle opportunité pour nos activités dans le pays. Comment se porte le marché euro- péen?

SD: Je dirais que nous sommes dans une position ambivalente depuis maintenant cinq ans. L’Europe se trouve à la fois dans les incertitudes de la sortie de crises (bancaire et de la zone euro), du Brexit, ou encore de l’élection de Donald Trump; et de l’autre, elle retrouve (pour la plupart de ses pays), le che- min de la croissance. Son chômage reste néanmoins encore trop élevé et cela est notamment dû au manque de formations et de qualifications. Il existe aujourd’hui une différence entre les pays du nord de l’Europe et ceux du sud: les pays nordiques sont à la recherche de talents et ceux du sud recher- chent de la création d’emplois.

jobs.lu 5, rue des Mérovingiens L-8070 Bertrange Tél.: +352 27 99 27 98 Fax: +352 27 99 27 98 50 info@jobs.lu 12 Une entreprise de recrutement qui rassemble employeurs et candidats “ ” Emploi

1 2 4 3 1. Nicolas Schmit, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire 2. L’équipe de Jobs.lu 3. Le Cercle Cité de la Place d’Armes © Olivier Dessy © Olivier Dessy © Olivier Dessy © Olivier Dessy © Olivier Dessy © Olivier Dessy © Olivier Dessy Une soirée d’anniversaire pour l’emploi

Ces deux derniers jours, les syndicalistes européens ont débattu de la nécessité d’aug- mentations salariales avec des représentants des employeurs et des gouvernements lors d’une conférence qui s’est tenue à Bruxelles. «L’Europe doit mettre la question des aug- mentations salariales sur la table», a déclaré le secrétaire général de la CES Luca Visentini.

«En améliorant le pouvoir d’achat, les aug- mentations salariales sont un moteur pour la demande économique, la croissance et l’em- ploi. Elles sont essentielles pour sortir l’Europe d’une croissance très faible voire nulle». «Les travailleurs sont les grands perdants de ces dernières années. Depuis des décennies, les salaires ne suivent plus l’évolution de la produc- tivité. Les salaires ont chuté si on les compare aux bénéfices, aux actions et aux revenus du capital. Le pourcentage de travailleurs à bas salaire est un scandale. L’embarrassant pro- blème de l’écart salarial persistant entre hom- mes et femmes n’a que trop duré et les diffé- rences de salaires entre États membres de l’UE n’est pas acceptable.

Dans certains pays, le salaire minimum est intolérablement bas et ne s’applique même pas à tous les travailleurs». «La meilleure façon d’obtenir des augmenta- tions salariales raisonnables passe par la négocia- tion collective entre syndicats et employeurs», ajoute Esther Lynch, secrétaire confédérale de la CES. «Employeurs et syndicats doivent entamer une nouvelle série de négociations salariales tan- dis que l’UE et les politiques économiques natio- nales doivent encourager la négociation collec- tive et les augmentations salariales». «Pour la première fois depuis la crise finan- cière, les syndicats européens sont détermi- nés à remettre ces questions à l’agenda».

Les secrétaires d’État à l’emploi du Portugal et de Slovaquie se sont exprimés avec force en faveur d’augmentations salariales pour les travailleurs. Le ministre de l’emploi du Luxembourg, Nicolas Schmit, qui avait fait le déplacement a déclaré que: «Les politiques économiques basées sur l'austérité, la baisse des salaires et le démantèle- ment des droits sociaux ont clairement échoué. Afin de réduire les inégalités et de solidifier la relance économique, l’Union européenne a besoin d’une hausse de salaire». Les uns après les autres, des représentants syn- dicaux de partout en Europe ont soutenu que: les salaires sont à la traîne par rapport à la productivité; les bénéfices ne sont pas équitablement par- tagés avec les travailleurs par le biais d’aug- mentations salariales; la négociation collective doit être renforcée; l’UE et les politiques économiques nationales doivent refléter les effets positifs des aug- mentations salariales sur la justice sociale et la croissance économique.

Les syndicalistes qui sont intervenus étaient des dirigeants élus de Belgique, de Bulgarie, d’Espagne, de France, d’Italie, de Pologne, de République tchèque et de Slovaquie. CES/LG Augmentations salariales pour l’Europe Les politiques économiques basées sur l'austérité, la baisse des salaires et le démantèle- ment des droits sociaux ont clairement échoué “ ” Emploi La Confédération européenne des syndicats (CES) lance une campagne en faveur d’une augmentation salariale pour les travailleurs partout en Europe afin de stimuler la crois- sance économique et de s’attaquer aux inégalités. Le ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Économie sociale et solidaire, Nicolas Schmit a assisté à la conférence "L’Europe a besoin d’une hausse salariale – le temps de notre relance est venu!"

Nicolas Schmit

LG - Mars 2017 «Nous avons pris une belle ampleur au Luxembourg ce qui nécessitait de nous réorganiser un peu», explique le directeur. Au 1 er janvier, le groupe a dévoilé la refonte de sa structure entière, symbolisée par un nou- veau logo pour The Adecco Group. Noir et vert turquoise, élégant et bien distinct de ceux des trois entités filiales - Adecco, Ajilon et Badenoch & Clark - le sigle The Adecco Group évite toute confusion avec l’une de ses mar- ques. «Ainsi, plus d’amalgame possible avec Adecco, spécialisée en travail temporaire, qui conserve sa couleur rouge», dit-il.

Optimiser le recrutement Le principal changement touche le recrute- ment, auparavant une tâche partagée par deux organes différents, selon le secteur d’ac- tivité. «Il y avait une marque de trop: nos clients et candidats n’arrivaient pas à s’y retrouver. Nous avons donc fait glisser l’équipe d’Ajilon Permanent Placement vers Badenoch & Clark», commente Fabrice Poncé. Badenoch & Clark est ainsi devenu l’unique cabinet de recrutement permanent, que ce soit pour des profils, cadres ou dirigeants, tout secteur d’activité confondu. Par ce geste, le groupe renforce l’identité Badenoch & Clark, à l’image de ce qui se fait à travers le monde car cette marque grandit rapidement et est déjà bien implantée dans les pays scandina- ves, la Belgique et les Pays-Bas notamment.

Le directeur ajoute: «En parallèle, nous avons créé une structure dédicacée au recrutement Junior, nommée Adecco Permanent Placement. Nous avons rassemblé les consul- tants spécialisés dans ces profils jeunes dans une entité unique qui se concentre exclusive- ment sur ce type de recrutement». Résultat: le recrutement s’effectue sur deux niveaux distincts, ce qui est plus clair pour les candi- dats et les clients. Les besoins des postulants sont en effet très différents en fonction de leur âge et expérience, et grâce à cette dou- ble structure, The Adecco Group peut ainsi les servir au mieux.

Des solutions RH sur-mesure Deuxième étape dans cette réorganisation: repositionner Ajilon sur les métiers en Change Mangement et Leadership.

La marque est spécialisée en solutions de res- sources humaines sur-mesure, axées sur la gestion des compétences. Elle poursuit sa croissance en gestion de transition de car- rière, en accompagnement des entreprises pour le développement de talents, ainsi qu’en Outsourcing et Outplacement de personnel. Fabrice Poncé déclare d’ailleurs que la collaboration avec Lee Hecht Harrison est prolifique: «Nous utilisons des outils créés par et pour le groupe, aucune- ment comparable à ceux de nos concur- rents».

L’intérim toujours au top L’entité Adecco se compose quant-à-elle de huit agences réparties sur le territoire qui emploient environ 70 personnes. Outre le recrutement Junior, avec Adecco Permanent Placement, Adecco reste l’enseigne spéciali- sée du travail temporaire. Preuve de son succès, au cours de 2016, plus de 700 collè- gues intérimaires ont trouvé un poste en CDD ou CDI. De plus, les agences font tra- vailler près de 6.000 intérimaires chaque année. «Un nombre important pour la taille de notre pays», développe le directeur. Un avenir digital et Onsite «Notre fer de lance est d’investir dans les outils digitaux et la dématérialisation.

C’est notre grand projet pour 2017 et 2018».

Cette modernisation touchera le groupe entier mais impactera d’abord la filiale Adecco pour une raison simple: «Dans l’in- térim, le papier est omniprésent et chrono- phage. Nous imprimons environ 300.000 documents par an. Il est temps que cela change», sourit Fabrice Poncé. Alors que les fiches de paies des travailleurs temporaires sont déjà dématérialisées, la prochaine phase concernera les contrats. Chaque inté- rimaire sera ainsi équipé du système LuxTrust pour effectuer des signatures élec- troniques, pour plus d’efficacité du procédé Repositionnement stratégique The Adecco Group pèse aujourd’hui 120 personnes au Luxembourg.

A travers ses cabinets spécialisés, ses huit agences intérim et son siège, cet organisme couvre l’ensemble des services en ressources humaines auxquels une entreprise a recours: recrutement, intérim, outsourcing de personnel... Rencontre avec son directeur général, Fabrice Poncé. 16 Emploi

LG - Mars 2017 mais aussi une meilleure conservation des contrats. En parallèle, The Adecco Group accroît la formation digitale de son person- nel et le dote d’outils adaptés à l’ère numé- rique: «Par exemple, nous équipons tous nos consultants de smartphones pour déve- lopper leur mobilité et leur donner accès aux dernières technologies. Il ne nous faut pas négliger les nouveaux médias». L’autre volonté pour le futur est la poursuite du développement des métiers plus spéciali- sés tels l’Outsourcing et le Recruitment Process Outsourcing (RPO). La structure cherche à accroître la part de ses activités directement délocalisée chez le client.

«Premièrement», dit Fabrice Poncé, «nous proposons l’externalisation totale de l’ensem- ble des services RH. Via notre marque Pontoon, nous répondons aux demandes de très grandes compagnies. Avec cette solution, tout juste arrivée sur le marché grand-ducal, nous prenons tout en charge, du personnel au logiciel, pour le client». Il ajoute: «Nous offrons aussi une proximité accrue avec notre nouvelle solution Onsite, pour l’intérim. Un consultant est délocalisé au sein des infra- structures du client et y gère l’activité tempo- raire grâce au programme myAdecco. Les permanents que nous détachons ont des pro- fils hautement spécialisés dans les secteurs ciblés.

Ces hommes et femmes de terrain connaissent l’environnement externe dans lequel ils sont envoyés car ils en sont issus». Le regard du n°1 mondial sur le Grand- Duché The Adecco Group, basée à Zurich, est la première compagnie mondiale dans le domaine RH et le leader incontesté, avec une présence dans 70 pays du globe. L’organisme réalise en collaboration avec l’INSEAD (France) et le Human Capital Leadership Institute of Singapore (HCLI) le «Global Talent Competitiveness Index» (GTCI), une étude qui mesure pour chaque pays à travers le monde sa capacité à attirer, développer et conserver les talents.

«Cela nous donne une meilleure compréhension du marché et des formations à mettre sur pied pour mieux accompagner nos candi- dats et nos clients». Selon le directeur géné- ral, «il faut combiner le recrutement avec des formations adéquates». Pour cela, le groupe travaille main dans la main avec l’ADEM. «Nous accompagnons le gouver- nement dans sa quête de diminution du chômage.».

The Adecco Group Luxembourg 5, rue des Mérovingiens ZAI Bourmicht L-8070 Bertrange Tél.: +352 48 25 511 Fax: +352 40 65 36 www.adeccogroup.lu 17 Il ne nous faut pas négliger les nouveaux médias “ ” Julie Noirhomme, directeur Ajilon Luxembourg & Adecco Permanent Placement Luxembourg; Andrew Notter, directeur Badenoch & Clark Luxembourg; Marie Pierre Hommez, Finance Manager The Adecco Group; Fabrice Poncé, directeur général The Adecco Group et directeur Adecco Luxembourg

LG - Mars 2017 Définissez la House of Training en quelques mots… Notre organisme est né en 2015 de la fusion de deux entités, à savoir l’IFBL (Institut de formation bancaire, Luxembourg) et la LSC (Luxembourg School for Commerce).

Résultat, la House of Training est l’organisme de formation professionnelle continue du patronat. Le Luxembourg n’a plus les avan- tages réglementaires du passé et dispose de peu de ressources naturelles: notre compéti- tivité se retrouve donc dans nos expertises. Notre mission est de développer les compé- tences dont les entreprises - surtout celles affiliées à la Chambre de Commerce et à l’ABBL - ont besoin.

Pour atteindre cet objectif, nous cherchons à structurer l’offre de formation grand-ducale afin que les individus trouvent tout ce qu’ils cherchent auprès d’un seul interlocuteur. En tant que fondation, nous n’avons pas de vocation commerciale. Nous sommes juste animés par la volonté de servir l’économie du pays en offrant un catalogue qui se marie aux tendances qui évoluent si vite… Vu ces mutations économiques rapi- des, comment faites-vous pour éviter de proposer des formations obsolètes? Notre équipe de 35 collaborateurs travaille dynamiquement car nous devons sans cesse analyser les besoins du marché pour y répondre au mieux.

En parallèle, nous fonctionnons avec une cinquantaine de partenaires spécialisés. Grâce à eux, nous sommes avertis des man- ques en compétence dans tous les secteurs: ils identifient les besoins en formation et nous nous occupons de les concrétiser. Quelques exemples: energieagence nous a indiqué qu’il était nécessaire de travailler en efficacité énergétique; Security Made in Lëtzebuerg nous expose le besoin de sensibi- liser les entrepreneurs à la cybersécurité; l’OAI nous fait part des demandes en modé- lisation numérique; Horesca étudie les besoins de formation pour les cafetiers; et encore tant d’autres! Nous agissons constamment en relation avec cet écosys- tème d’institutions, organismes et écoles.

Cette méthode nous permet de fédérer les attentes du terrain et de les convertir en offre lifelong learning. Dans une simplification extrême, la House of Training est une machine à fabriquer les formations. Une fois le besoin identifié, nous gérons tous les aspects logistiques: le suivi administratif, le support de cours, l’enseignant, la réservation des salles,… Notre capacité à mettre rapide- ment un nouveau cours sur pied et notre flexibilité: voilà nos atouts! La preuve de notre vivacité d’adaptation est que sur les 650 sessions de formation aujourd’hui en ligne sur notre site, 120 sont des nouveautés de 2017.

Au final, notre catalogue présente près de 800 modules de formation, un nombre qui évolue en fonction des demandes. De plus, nous organisons des variantes sur-mesure pour les entreprises qui le souhaitent, 100% adaptées à leurs besoins et en leurs locaux. Bien entendu, les tendances que nous identifions ne sont pas uniquement utiles en formation professionnelle continue. La House of Training est en collaboration étroite avec l’ISEC ou Institut Supérieur de l’Economie-Hochschule der Wirtschaft de la Chambre de Commerce et la Chambre des Métiers. Nous souhaitons participer à quelques-uns de leur Bachelor et Master.

Nous avons un certain know-how et eux un grand savoir académique: pourquoi ne pas en bénéficier mutuellement? A quels domaines principaux ont-elles trait?

Le volet financier, légué par l’IFBL, est très éla- boré avec des secteurs comme Assurances, Banques & Finance, Fonds d’investissement et Digital Banking & FinTech Innovation. Nous avons développé cette dernière branche récemment, sous l’impulsion des nouveautés qui bouleversent le monde financier. Les autres domaines, plutôt hérités de la LSC, sont relatifs aux sociétés avec des classes telles que Entrepreneuriat & Gestion d’entreprise, Capital humain, Comptabilité, Droit, Fiscalité,… Au total, nous couvrons 18 domaines différents. Quelles sont les tendances pour l’avenir? Au niveau bancaire, c’est bien entendu la FinTech qui occupera le devant de la scène.

Mais le cadre réglementaire ne doit pas être omis: d’une part, c’est une thématique qui La fabrique de compétences Ancrée dans le paysage formatif grand-ducal grâce à un véritable tissu de partenariats qu’elle a su mettre en place, la House of Training surveille les évolutions et bouleversements économiques pour proposer une offre en formation professionnelle continue qui se marie aux tendances du marché. Interview de Nico Binsfeld, CEO de cet organe créé par la Chambre de Commerce et l’ABBL.

18 Formation professionnelle

LG - Mars 2017 évolue très vite; d’autre part, les besoins croîtront sans doute avec le Brexit. En effet, la Place espère attirer des activités depuis Londres et, pour cela, il faudra offrir des for- mations adaptées aux personnes en prove- nance du Royaume-Uni qui ne connaissent pas nos règlementations. Les accompagner sera une priorité. Le Digital Marketing est un autre domaine sur lequel nous nous concentrons. Nous avons dernièrement conçu un ensemble de formations à destination des PME car les entrepreneurs ne voient pas toujours en quoi la communication digitale les concerne.

J’y suis moi-même inscrit car la House of Training ne doit pas rater ce palier! Grâce à ces formations, des entrepreneurs et CEO, tellement pris dans leur quotidien de terrain, ne seront pas dépassés par les nouvelles technologies, éviteront que leurs concurrents ne les distancent grâce à des moyens qu’ils n’auraient pas vu venir et obtiendront de nouvelles opportunités en communiquant professionnellement sur le web.

Dans la même lignée, nous travaillons beau- coup sur la cybersécurité. Combien de petites sociétés ont-elles un firewall jamais mis à jour, les mêmes mots pas passe depuis une décennie, et bien trop peu de sauvegardes? Le risque de perte est important et l’éduca- tion à ce sujet devient indispensable. Et puis notre catalogue s’étoffera probablement avec les thèmes soulevés par l’étude Troisième Révolution Industrielle de Jeremy Rifkin. Le pro- jet du Space Mining nous donnera aussi une impulsion pour générer certaines activités. Nous proposons d’ailleurs déjà un nouveau module sur les satellites, à l’état de test pour cet été, nous verrons si le public y répond présent.

Dans une autre optique, nous sommes égale- ment actifs en matière de développement des compétences pédagogiques et d’évolution des moyens liés. D’abord, notre module Train the trainer est un levier en matière de qualité de formation au Grand-Duché, pour la House of Training mais aussi pour les innombrables autres organes de formation du pays. Ensuite, nous souhaitons nous concentrer sur l’évolu- tion des moyens pédagogiques, sur l’e-learning en particulier. Optimiser le temps passé en classe en préparant les leçons avec des moyens numériques est l’avenir de la forma- tion, mais c’est un avenir difficile à financer à l’heure actuelle.

Nous espérons pouvoir lancer un projet pilote cette année et nous sommes en contact avec d’autres entités de formation qui partagent notre volonté. Nous pourrions bientôt lancer ensemble une plateforme e-learning spécifique au Luxembourg, c’est un projet à suivre… A qui sont destinées vos activités? Ce sont avant tout les sociétés présentes au Grand-Duché qui inscrivent des participants. Mais nos formations sont ouvertes à chacun, accessibles souvent via une simple inscription en ligne. En effet, le lifelong learning est essentiel pour tous, que l’on provienne d’une grande entreprise ou d’une PME! La majorité des formations est en français mais nous en proposons de plus en plus en anglais, alle- mand ou luxembourgeois.

House of Training 7, rue Alcide de Gasperi L-2014 Luxembourg Tél.: 46 50 16 – 1 customer@houseoftraining.lu www.houseoftraining.lu 19 Nico Binsfeld

LG - Mars 2017 Quelle place occupe la formation au sein des missions de la Chambre des salariés? La Chambre des salariés a pour fonction pre- mière de soutenir les intérêts des salariés du Luxembourg qu’ils soient résidents, fronta- liers ou retraités. Le Luxembourg Lifelong Learning Center, la formation continue de la Chambre des salariés, est impliqué à la fois dans la formation initiale et dans la forma- tion continue pour laquelle des formations diplômantes sont mises en place sous la forme de bachelors et de masters qui sont organisés en collaboration avec des universi- tés françaises, belges et luxembourgeoises.

Nous organisons par ailleurs des cours du soir, qui ont en général une durée d’un semestre, et des séminaires qui peuvent s’étaler sur une ou plusieurs journées. Si nous nous occupons régulièrement de mettre en place des séminaires inter-entreprises, nous assurons également des séminaires intra- entreprises sur demande et avec des interve- nants sélectionnés par nos soins. Enfin, nous assurons aussi des certifications dans diffé- rents domaines en collaboration avec Pearson VUE, Kryterion et la European Computer Driving Licence (ECDL). Quels sont les domaines visés par vos formations universitaires?

Aujourd’hui, nos formations couvrent tout un ensemble de sujets. Nous possédons par exemple un large panel de formations dans le milieu de la finance comme le master en «Banque, Finance et Assurance» géré en col- laboration avec l’Université Paris-Nanterre. Très demandé au Luxembourg, un nouveau cycle de cette formation débutera en automne. Depuis quelques années, nous proposons le master «Financial Analysis and Strategy» en collaboration avec l’Université de Rennes, dispensé en langue anglaise. Une nouvelle promotion pour ce master débutera le 23 mars 2017.

Nous avons également un master en Gestion des Ressources Humaines que nous avons lancé en 2011 en collaboration avec l’Université Panthéon-Assas et dont la pro- chaine promotion débutera en avril.

Nous collaborons aussi avec l’ICHEC- Entreprises de Bruxelles dans le cadre de diplômes d’études spécialisées (DES) qui s’adresse à des diplômés souhaitant se spé- cialiser dans un domaine pointu. Depuis peu, nous avons débuté une collabo- ration avec l’Université du Luxembourg pour laquelle une première promotion du bachelor en Informatique est en cours et dont le pro- chain cycle de formation débutera sous peu. Le 18 septembre, nous lancerons le premier bachelor en Sciences Sociales et Educatives donné en allemand et en français et pour lequel nous clôturerons les inscriptions le 25 avril prochain.

Quelle est la particularité de ces formations? La plupart d’entre-elles s’adressent à des personnes bénéficiant déjà d’une expérience professionnelle et souhaitant se réorienter ou encore évoluer dans leur carrière. Nous n’ac- ceptons pas plus de 20 personnes par groupe de travail afin de favoriser un échange plus grand entre les professeurs et les étudiants. Nos formateurs proviennent des universités partenaires et des spécialistes luxembour- geois interviennent pour certains cours dont le contenu est spécifique au pays. La matière étudiée et le mode d’évaluation sont identiques aux formations initiales.

Retour sur les bancs de l’université Collaborant depuis peu avec l’Université du Luxembourg, la Chambre des salariés propose un panel de formations universitaires assez large aux salariés, et ce, sous la forme de formation continue, dans les domaines les plus demandés sur la place luxembourgeoise. Michèle Pisani, conseillère de direction au Luxembourg Lifelong Learning Center, le centre de formation pour adultes de la Chambre des salariés, nous parle des nouvelles formations organisées par l’institution. 20 Formation professionnelle

LG - Mars 2017 D’ailleurs, le diplôme délivré en fin de parcours est le même que pour les étu- diants ayant suivi ces cours au sein de l’uni- versité d’origine.

La seule différence au niveau de l’évaluation est que les examens sont dispersés au cours de l’année pour permettre aux inscrits d’avoir le temps d’étudier en parallèle de leur activité pro- fessionnelle. Le taux de réussite en formation conti- nue universitaire est en général très élevé car les promotions sont constituées d’adultes animés d’une réelle volonté d’apprendre et d’évoluer dans leur car- rière, si bien que l’on s’approche des 100% de réussite.

Quelles sont les modalités mises en place pour permettre aux travailleurs d’accéder aux formations? Tout d’abord, nous organisons des horaires aménagés pour permettre aux personnes travaillant à temps plein de les suivre. Il leur est également possible de prendre un congé individuel de formation; ce dispositif légal de l’Etat autorise les travailleurs à disposer de 20 jours de congés de formation, en plus de leurs congés annuels, pouvant être pris sur une période de deux ans. Au cours de sa car- rière, un travailleur ne pourra toutefois pas prendre plus de 80 jours de congés forma- tion.

Par ailleurs, les cours sont dispensés dans la ville de Luxembourg et parfois dans d’au- tres villes, en fonction de la demande.

Ils sont généralement donnés en français, par- fois en anglais et les cours du soir sont quant à eux accessibles en français, alle- mand et anglais. Les frais d’inscription pour ces formations sont moindres que dans d’autres organismes et il existe des aides au financement fournies par le ministère de l’Education nationale sous la forme d’un système de bourses et de prêts étudiant dont l’importance varie en fonction du revenu de l’étudiant. Les frais d’inscription peuvent être déduits des impôts si l’étudiant prouve qu’il suit une for- mation pour maintenir son emploi ou évo- luer dans sa carrière.

Enfin, les entreprises souhaitant organiser des formations collecti- ves peuvent recevoir des aides pour la for- mation continue.

Luxembourg Lifelong Learning Center Centre de formation pour adultes de la Chambre des salariés 13, rue de Bragance L-1255 Luxembourg Tél.: 27 494 600 Fax: 27 494 650 21 Notre objectif est de permettre à un public plus large d’obtenir un diplôme universitaire “ ” Michèle Pisani

Au palais des délices Les saveurs impriment les mémoires pour l’éternité et marquent les âmes comme d’im- menses édifices du souvenir. Les odeurs uni- ques aux petits matins de la boulangerie familiale, le son du pain qui crépite encore dans la camionnette du grand-père et les couleurs or des viennoiseries étalées sur le présentoir sont autant de tendres reliques de son enfance.

Sans ambition aucune, si ce n’est celle de la poursuite du bonheur, la fil- lette éduque innocemment son palais dans «un processus naturel». Les plaisirs, fruits de sa joyeuse curiosité la guident aux travers de milles saveurs, parfois des plus simples: «du beurre luxembourgeois ou de la Cancoillotte* sur une baguette française», se souvient-elle dans un sourire gourmand.

Un jour, alors que sa mère est alitée, la jeune fille de quatorze ans la remplace derrière les fourneaux du café-restaurant familial. Léa cuisine un coq-au-vin et une tarte aux quetsches ornée d’une chantilly légère et «c’est parce que la crème de mon enfance était sublime et que je l’avais très peu battue que ma chantilly était peu grasse et pleine de goût». À sa sortie du lycée, elle suit des études de droit avant de se raviser, le cœur léger. Léa écoute ses émotions et telle une évidence, elle reprend l’affaire familiale.

Excellence et authenticité Bien plus au rythme d’un jazz frénétique que d’une douce sérénade, le Chef répète inlassablement ses gammes afin de trouver les harmonies.

Obstinée à servir son art, Léa traverse les difficultés et les obstacles sans s’y attarder et le restaurant familial devient parallèlement, un haut lieu de la gastronomie. Elle obtient son brevet de maîtrise en 1987 et la même année, sa première étoile au guide Michelin. Elle est primée en 1989 du Bocuse d’Or et reste à ce jour, l’unique femme à l’avoir reçu. En cette fin des années 80, la cuisine gastro- nomique d’une femme luxembourgeoise reconnue à l’échelle internationale, était uni- que. Elle trouve reconnaissance auprès de mentors tels que Frédy Girardet, Joël Robuchon, Paul Bocuse et la famille Troisgros.

Alors bien sûr, le tablier du Chef Linster endure quelques jalousies et critiques Une femme de goûts Il est 16 heures lorsque je pénètre dans le restaurant où travaillait jadis maman. Fidèle aux parfums indemnes de mes souvenirs, elle se tient là, m’embrasse chaleureusement et me tend une madeleine… la même que celles de mon enfance. Bonjour Léa.

22 Si faire venir les clients à Frisange est déjà un compliment en soi, quel bonheur de voir leur visage s’émerveiller “ ” Women of Luxembourg *Ou «Kachkéis» qui signifie «fromage cuit», est un fromage luxembourgeois et lorrain

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