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dossier Bains urbains Les cours d’eau sont des espaces publics comme les autres résultats de concours Concours d’idées pour l’aménagement de la rade de Genève Rencontre entre les CFF et la SIA 143e année / 19 mai 2017 Bulletin technique de la Suisse romande

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Bains urbains Les cours d’eau sont des espaces publics comme les autres. 6 Cultures et idéologies du bain en ville et en eaux libres Stéphanie Sonnette 12 Plaisir des bains, une tradition suisse Stéphanie Sonnette 18 Carnet de baignades Jean-Baptiste Lestra résultats de concours 20 pRADEmatique genevoise Cedric van der Poel et Yony Santos territoire 24 Rawabi, la ville du premier âge d’un Etat palestinien? Hacène Belmessous Paraissent chez le même éditeur : TEC21 Nr. 20–21 (19.05.2017) Innenräume: same same, but different Anwalt des Hauses | Geschichte weiterschreiben TEC21 Nr. 19 (12.05.2017) Linth-Limmern: Die Drachen erwachen Veredeltes Elixier | Auf Bohren, Biegen und Brechen durch den Berg ARCHI Nr. 2/2017 (04.2017) Progettare in sezione La sezione sotto lo skyline | Sezioni di strade, sezioni di edifici | La sezione come strumento di progettazione Trois nageurs dans le canal de la Spree à Berlin lors de la Flussbad Pokal, une compé- tition de natation ouverte à tous, en juillet 2015. (© Annette Hauschild/Ostkreuz) 5 éDITORIAL 28 actualités 30 Livres 32 l’architecture à l’écran 33 pages SIA 36 Concours 37 offres d’emploi 38 Agenda 39 Nouveaux produits espazium.ch Learning from the Front 40 étudiants européens au finissage de la Biennale de Venise 2016. Un carnet de route filmé en 5 épisodes. http://bit.ly/learningfromfront En ligne : 10 DESAX AG Ch. Mont-de-Faux 2 1023 Crissier T 021 635 95 55 DESAX AG Felsenaustr. 17 3004 Bern T 031 552 04 55 DESAX AG Ernetschwilerstr. 25 8737 Gommiswald T 055 285 30 85 Protection anti-graffiti Protection du béton Cosmétique du béton Décoration du béton Nettoyage du béton Maison de l’écriture, Montricher VD PRO- TECTION DU BÉTON www.desax.ch

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5 Tracés 10/2017 éditorial A l’eau! e nage à présent au ras d’un vertigineux quai de pierre de taille, une paroi sans faille, haute, ancienne, lisse, humide, où plongent de rares escaliers. De part en part, de gros anneaux de fer, des cercles vieillis de rouille s’accrochent à la cloison ) Des murs de façades dressées comme des falaises aux angles durs: le courant me conduit vers des ponts de métal et de pierre, des arches basses en travers de la Seine, où glissent des autobus». Ce texte de Pierre Patrolin, extrait de La traversée de la France à la nage, pourrait faire office de légende à la photographie de couverture de ce nouveau Tracés. Tout au long de ces 859 pages de dérive aquatique parues en 2012, le narrateur parcourt la France à la nage, comme d’autres le font à pied, de fleuves en rivières, nous donnant à voir le territoire sous un angle inédit, par en-dessous, au ras de l’eau. La baignade en eaux vives alimente les imaginaires et un certain nombre de fantasmes. Dans les villes, des collectifs revendiquent aujourd’hui un «droit à la baignade», celui de se baigner dans les cours d’eau, qui sont après tout des espaces publics comme les autres. Les trois nageurs de la couverture par exemple se baignent dans le Kupfergraben, le canal de la Spree qui délimite l’île aux Musées à Berlin, au pied de l’imposante façade du Bode Museum. Ils participent à la première édition de la Flussbad Berlin Cup, une compétition de natation initiée en juillet 2015. L’association Flussbad Berlin, qui l’organise, entend sensibiliser les Berlinois à l’intérêt d’assainir les eaux de la Spree pour intensifier les usages sur la rivière. Le bain, plaisir simple et festif, gratuit, dont certains citadins se voient privés par des règlements sanitaires, devient un acte militant dont les motivations sont diverses: retour à la «nature», libération des corps bridés par les codes et les pratiques d’un monde trop policé, trop confortable, trop climatisé, réappropriation de l’espace urbain ou simple aspiration à une activité saine, sociale, sportive et rafraîchissante... La Suisse, où la pratique de la baignade en ville est courante et facilitée par la pro- preté des cours d’eau, est regardée avec envie dans toute l’Europe. Tracés vous invite à un tour d’horizon des pratiques et des cultures de la baignade en eaux libres dans quelques villes d’Europe, entre plaisir simple et revendication citoyenne, et revient sur les résultats tous frais du concours d’idées pour l’aména- gement de la rade de Genève, où la baignade figure en bonne place.

Stéphanie Sonnette

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urbanisme 6 Tracés 10/2017 Cultures et idéologies du bain en ville et en eaux libres Se baigner en ville, dans les rivières, les fleuves, les lacs, est à la mode. Alors que dans certains pays comme la Suisse, la culture du bain perdure depuis le 19e siècle, dans d’autres elle s’est tarie sous l’effet de réglementations contraignantes, si bien qu’aujourd’hui, des baigneurs revendiquent un «droit à la baignade» dans les cours d’eaux des grandes villes.

Stéphanie Sonnette A Bâle, la 37e édition de la Rheinschwimmen aura lieu en août 2017. Comme tous les ans, des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants se jetteront à l’eau pour descendre le Rhin sur deux kilomètres, portés par le courant. A Paris, le 28 août 2016, bravant l’interdiction de la Préfecture de police, des centaines de Parisiens ont barboté dans le bassin de la Villette. A Copenhague, une nouvelle génération de bains publics construits par la jeune garde de l’architecture contemporaine fleurissent depuis les années 2000 dans le port industriel reconverti en quartier résidentiel et tertiaire. Tradition ou renouveau, la baignade en ville et en eaux libres semble s’accorder aujourd’hui avec les aspi- rations de nombreux urbains européens, entre retour à la nature et «réappropriation citoyenne» de la ville et de ses «biens communs» que sont les cours d’eau et les lacs. Le réchauffement climatique confirmé chaque année par des épisodes caniculaires agrémente le discours des adeptes des bains urbains d’une tonalité écologique, à laquelle s’ajoute une couche festive et transgressive. La baignade serait-elle devenue, bien plus qu’un plaisir épicurien simple et gratuit, un acte politique de résis- tance vis-à-vis d’un espace urbain jugé trop normé et normatif, voire un énième avatar de la privatisation et de la marchandisation de l’espace public?

Brève histoire des bains «De tout temps on a reconnu que les bains froids ont une influence précieuse et incontestable pour guérir, et surtout prévenir les maladies nerveuses. L’impression de froid sur la peau, les mouvements de la natation, la respiration d’un air pur, la gaîté même qui préside toujours à cet exercice, tout contribue 2 1 1 Cité par Isabelle Duhau dans son article «Les baignades en rivière d’Ile- de-France, des premiers aménagements à la piscine parisienne Joséphine Baker», publié dans la revue Livraisons d’Histoire de l’Architecture, n°14 / 2e semestre 2007.

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Bains urbains 7 Tracés 10/2017 3 à donner du ton à nos tissus, à faciliter les fonctions, à rendre la circulation du sang et des humeurs plus rapide, la digestion plus complète, la respiration plus large. Et cette dispersion puissante de l’activité vitale dans toutes les parties du corps contrebalance pour quelque temps la concentration intellectuelle dans laquelle la civilisation moderne nous fait vivre.» Voici ce que l’on pouvait lire en 1876 dans la 3e édition de La natation naturelle à l’homme et l’art de nager, suivi de considérations sur les traitements hydrothérapiques et sur l’effet hygiénique des bains froids ou des bains chauds1 . La propagande hygiéniste va alors bon train. A Paris, dès le 18e siècle, les bains en rivière sont considérés comme bénéfiques pour la santé des urbains et les établissements de bains, flottants, temporaires ou non, souvent en bois, se multiplient sur la Seine. En 1805, on y dénombre 19 bains froids et 4 bains chauds et 2 écoles de natation. En plus du plaisir de la baignade, ils offrent divers services et attractions: cafés, salons, cabines personnelles, plongeoirs… La pratique des bains connaît de nouveaux déve- loppements au début du 20e , toujours dans les cours d’eau, mais cette fois en dehors des centres urbains. De grands établissements de bains en béton, vastes ensembles de loisirs très populaires, voient le jour partout en Europe au bord des fleuves et des rivières comme sur le Rhin, la Marne ou le Wannsee à Berlin. La pollution des cours d’eau, les préoccupations liées à la sécurité des baigneurs et l’apparition des premières piscines artificielles sonnent le glas de la baignade en eaux vives dans un certain nombre de pays d’Europe à partir des années 1930. En France par exemple, un arrêté préfectoral de 1923 interdit de se baigner dans la Seine. S’il n’a été appliqué que dans les années 1950, il est toujours en vigueur aujourd’hui. Dans d’autres pays, comme en Allemagne, dans les pays du Nord ou en Suisse, la qualité des eaux et le cadre légal de la responsa- bilité expliquent peut-être que la tradition des bains ne se soit jamais perdue. La construction récente de nouvelles infrastructures, la rénovation ou la recons- truction des plus anciennes témoignent d’un goût toujours actuel pour la baignade en milieu naturel, qui s’étend aujourd’hui toute l’année, grâce aux saunas, hammams, massages… qui viennent souvent compléter l’offre.

A Copenhague, une politique publique de la baignade Comme souvent, Copenhague donne le ton en matière de pratiques sociales, environnementales et citoyennes. Il en va de la baignade en ville comme du reste. Dans l’ancien port industriel, aujourd’hui en cours de reconversion en quartier résidentiel et tertiaire, les habitants se baignent depuis 2002 dans quatre nouveaux bains, dont l’emblématique Islands Brygge, signé Bjarke Ingels Group (BIG), et d’autres sont en cours de construction. Les activités portuaires et industrielles abandonnées dans les années 1980 avaient pourtant laissé des traces peu propices à la baignade: pollution aux hydrocarbures et déchets industriels, sans compte un système d’égouts déficient qui débordait dans le port en cas de fortes pluies. Pour améliorer la qualité de l’eau, dans le cadre des objectifs de la politique environnementale municipale, la Ville de Copenhague a investi 135 millions d’euros dans l’extension de ses stations d’épuration et la moderni- sation de son système d’assainissement. Elle a notam- ment construit des bassins de rétention des eaux pluviales qui limitent les effets de débordement des eaux usées dans le port. En cas de très forte pluie, un système d’alerte en ligne permet de fermer immédiate- ment les installations de bains2 .

L’exemple de Copenhague montre que, au-delà du caractère parfois anecdotique de la baignade en ville, la reconquête des cours d’eaux urbains relève d’une politique publique volontariste, qui touche autant à l’environnement qu’au développement urbain et à l’image de la ville et nécessite des investissements publics importants. Ici, la baignade est considérée comme un facteur d’attractivité du nouveau quar- tier et les bains comme des équipements publics de premier plan, dont l’accès est gratuit. A Londres et à Berlin, des projets participatifs et citoyens A Londres, la baignade est interdite dans la Tamise entre Putney Bridge et la barrière de la Tamise depuis 2012, du fait du trafic fluvial et des marées. Cette interdiction n’a pas suffit à décourager les architectes du Studio Octopi, à l’initiative d’un projet de «lido» flottant, les Thames Baths. Cette piscine de 25 mètres alimentée par l’eau de la Tamise légèrement chauffée 1 Les bains sur le Wannsee à Berlin construits dans les années 1920-1930 sur les plans de l’architecte Richard Ermisch et classés monument historique. (Photo Jean- Baptiste Lestra) 2 Les bains Rheinstrandbad Rappenwört à Karlsruhe, construits dans les années 1920 au bord du Rhin (à gauche). On se baignait à l’origine dans un bassin naturel (à droite), avant la construction des piscines à partir des années 60. (Photo Jean-Baptiste Lestra) 3 Les bains Islands Brygge, publics, gratuits et surveillés, dans le port de Copenhague. (Photo BIG)

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urbanisme 8 Tracés 10/2017 et filtrée naturellement pourrait voir le jour grâce à une campagne de crowdfunding sur Kickstarter (qui a pour l’instant rapporté 142000 livres). L’un des fondateurs du Studio explique que c’est à la suite d’un voyage en famille à Zurich en 2013 qu’il a eu l’idée des Thames Baths. Pour vanter les mérites de leur proposi- tion, les initiateurs du projet ont écrit un «manifeste» qui débute ainsi: «C’est notre droit le plus élémen- taire que d’avoir accès à la Tamise . Le plus vaste espace public de Londres a été entouré de routes et d’immeubles qui ont restreint l’accès au fleuve. Nous imaginons le futur grand espace public londonien qui permettra de nager en toute sécurité en plein centre- ville et offrira à tous un espace accueillant où passer du temps.» A Berlin, on se souvient du succès immédiat du complexe de bains Badeschiff Berlin, ouvert en 2004 sur la Spree. Alors que la rivière était interdite à la baignade pour des raisons d’hygiène, il devenait possible de se baigner, non pas dans, mais au milieu de la Spree, dans une péniche des années 1960 trans- formée en bassin de nage de 32 mètres, accessible par des pontons. Une plage, un sauna, un bar, des concerts, ont rapidement consacré l’endroit comme un haut lieu de la jeunesse berlinoise branchée. Ce projet situé dans un secteur industrialo-portuaire reconverti en espace culturel, l’Arena complex, a bénéficié de fonds publics. Il fait suite à un concours lancé en 2002 par le Stadtkunstprojekte e.V., une association publique de production culturelle, et remporté par l’artiste Susanne Lorenz en collabo- ration avec AMP Arquitectos et Gil Wilk. Il est aujourd’hui géré par la société Arena Berlin qui gère l’ensemble de l’Arena complex.

Aujourd’hui, un autre projet, d’initiative privée cette fois, comme les Thames Baths, pourrait voir le jour: Flussbad Berlin. Porté depuis 1998 par deux architectes, Jan et Tim Edler (realities:united studio), il propose de nettoyer le canal de la Spree entre Schlossplatz et l’île des Musées grâce à un système de filtration par les plantes pour le rendre propice à la baignade. Le projet, qui s’étend sur 1,8 km, comporte trois sections: une aire écologique pour la flore et la faune, une zone de filtrage et une zone de baignade naturelle de 840 mètres.

Là encore, le discours va bien au-delà de la promotion des bienfaits de la baignade («The Flussbad is about much more than just swimming in the Spree», nous dit le site internet flussbad-berlin.de). Le projet s’inscrit pour ses auteurs dans un «mouvement international qui tend à revaloriser les fleuves et les rivières urbains en tant que ressources». Ecologique, citoyen, partici- patif, il contribuerait au développement durable et à l’attractivité du centre-ville de Berlin, délaissé par les habitants. Ce canal «inutilisé pendant plus de 100 ans sera reconquis par les résidents de Berlin et deviendra un espace de loisirs public et non commercial pour les habitants et les visiteurs». L’association à but non 2 Source: Denmark.dk, the official website of Denmark. 5 6 7 4 4 Le projet des Thames Baths à Londres, d’initiative privée, pourrait permettre de se baigner dans l’eau chauffée et filtrée de la Tamise, en plein centre-ville. (Studio Octopi + Picture Plane) 5 La piscine Badeschiff Berlin sur la Spree, ouverte en 2004, haut lieu de la jeunesse branchée avec sa plage, son sauna, ses bars et ses concerts. (Photo Jean-Baptiste Lestra) 6-8 Le projet Flussbad Berlin d’assainissement écologique du canal de la Spree: 6) Le projet global d’assainissement du canal 7) La zone de filtrage sur Friedrichsgracht 8) La baignade à hauteur du Lustgarten (© 2015 realties:united, Berlin, avec l’aimable autorisation de Flussbad Berlin e.V.)

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Bains urbains 9 Tracés 10/2017 lucratif fondée en novembre 2012 pour gérer le projet a récolté des fonds importants depuis 2014, notamment 4 millions d’euros accordés par le gouvernement fédéral allemand et l’Etat de Berlin pour le développement et la promotion du projet dans le cadre de son programme «Projets de développement urbain national». La filtra- tion écologique des cours d’eau a un coût… A Paris, de la baignade sauvage au projet métro­ politain?

Jacques Chirac, briguant un troisième mandat de maire de Paris, l’avait promis en novembre 1988: «Dans cinq ans, on pourra à nouveau se baigner dans la Seine. Et je serai le premier à le faire.» Promesse non tenue qui pourrait trouver aujourd’hui un écho favorable à la faveur de la candidature de Paris aux Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Anne Hidalgo, l’actuelle maire de la capitale, a en effet confirmé son souhait d’organiser le triathlon et les 10 km de nage en eau libre dans la Seine. Dans cette pers- pective, elle a confié une mission d’études à l’APUR3 , 8 Sécurité incendie Protection phonique Préservation du bois Dérivés du bois Systèm es constructifs Durabilité Q ualité de l’air Cycle de vie M aintenance Prégrisaillem ent Préfabrication Conception Lignum | Economie suisse du bois | En Budron H6 | 1052 Le Mont-sur-Lausanne Lignum, votre référence pour le bois 021 652 62 22 | www.lignum.ch RZ_1845_LIG_Inserat_200x63mm_tec21_d+f.indd 1 10.01.17 13:46 qui a dressé en novembre 2016 un premier inventaire de 49 sites possibles de baignade dans la Métropole du Grand Paris. La question n’étant finalement pas tant de savoir où se baigner que dans quelle eau, un plan d’actions a été engagé sous l’égide de l’Etat et de la Ville de Paris afin d’atteindre une qualité des eaux de la Marne et de la Seine compatible avec la baignade.

Moins soucieux de ces préoccupations hygiénistes, des mouvements de baignades «sauvages» ou «pirates», comme le Laboratoire des baignades urbaines expéri- mentales, qui s’est fait remarquer pour avoir organisé en août 2016 une baignade non autorisée dans le bassin de la Villette, revendiquent une approche plus festive et militent pour une réappropriation des cours d’eau en ville. Pierre Mallet, cofondateur du collectif LBUE, explique: «A l’échelle internationale, on assiste à une double dynamique: la réinvention du rapport à l’eau en ville et l’émergence de collectifs citoyens qui se mobi- lisent pour offrir un meilleur accès aux cours d’eau urbains et militent pour un droit à la baignade en ville. Ils partagent un état d’esprit festif et la conviction selon

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urbanisme 10 Tracés 10/2017 laquelle l’eau urbaine est un bien commun dont on devrait pouvoir jouir collectivement de façon plus systématique. La baignade, c’est aussi une porte d’en- trée pour défendre une certaine vision de l’espace urbain, moins normé et moins normatif qu’il ne l’est actuellement.»4 Réappropriation citoyenne? On le voit, le «droit à la baignade» en ville revêt diverses formes et se pare de discours plus ou moins marqués idéologiquement selon les villes et les pays, en fonction de leur culture, de leur rapport au risque, de la qualité de leurs eaux. Du simple bain rafraîchissant après une journée de travail à l’acte collectif militant, de la plage en famille au kilomètre de nage quotidien, de la baignade gratuite au complexe nautique payant, privé ou public… Derrière ces multiples déclinaisons de la baignade urbaine, on voit poindre l’idée que les cours d’eau en ville sont une ressource inexploitée, des espaces vides dans des centres anciens trop étri- qués et finalement, au-delà des bonnes intentions, des territoires à conquérir, dont le potentiel, d’usages dans le meilleur des cas, mais aussi marchand, est sous exploité. Une forme de réappropriation, très peu citoyenne. Il faut dire que le fantastique poten- tiel communicant que recèlent les bains en ville peut avoir de quoi attirer des investisseurs de tous bords. A l’image de Copenhague, toute ville européenne qui se revendique jeune, attractive, festive et dynamique, 9 3 L’Atelier parisien d’urbanisme (APUR), association régie par la loi 1901, a été créé le 3 juillet 1967 par le Conseil de Paris. Il a pour missions de documenter, analyser et développer des stratégies prospectives concernant les évolutions urbaines et sociétales.

4 Pierre Mallet interrogé par Margot Baldassi, pop-up urbain, cabinet de conseil en prospective urbaine le 21 septembre 2016 www.pop-up-urbain. com/histoire-deaux-entretien-avec-le-laboratoire-des-baignades-urbaines- experimentales se doit de développer ses concepts de bains, au même titre que ses bars à la mode, ses restaurants bio et ses concept stores. L’exploitation des cours d’eau comme «ressource» ne risque-t-elle pas d’attiser encore le mouvement général de privatisation de l’espace public auquel on assiste depuis plusieurs années dans diffé- rents pays d’Europe? En France par exemple, sous prétexte de renflouer des finances publiques en berne, les collectivités n’hésitent pas à rentabiliser leurs espaces publics, qu’elles louent pour divers événe- ments ou qu’elles font exploiter et entretenir par des sociétés privées. Il suffit de jeter un œil à certaines plages de la Méditerranée où les portions de sable réel- lement publiques et gratuites sont réduites à quelques mètres carrés entre deux plages privées. 9 Baignade non autorisée dans le bassin de la Villette à Paris le 28 août 2016, à l’initiative du collectif Labora- toire des Baignades Urbaines Expérimentales. (Photo Nicolas Rochette)

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urbanisme 12 Tracés 10/2017 Plaisir des bains, une tradition suisse Panorama de quelques infrastructures de bains sur les lacs et les cours d’eaux. Rénovées, reconverties, reconstruites, elles entretiennent et renouvellent une culture du bain en eaux libres toujours vive en Suisse. Stéphanie Sonnette D epuis les maisons de bains en bois du 19e siècle jusqu’aux constructions en béton du 20e et aux reconversions et rénovations contemporaines, les bains suisses ont toujours pris place dans le paysage des villes et leur succès populaire ne s’est jamais démenti. Cette culture des bains, qui s’est aussi transformée et enrichie de nouvelles pratiques au fil du temps, est plus que jamais vivante et inspire aujourd’hui de nombreux militants de la baignade en ville en Europe, là où elle est parfois encore interdite, tant pour des raisons de sécurité que d’hygiène. En Suisse, cette dernière question ne se pose pas: une étude de la Commission européenne et de l’Agence européenne pour l’environnement publiée en 2016 montre que la qualité de l’eau est généralement «excellente» dans les lacs et les rivières de Suisse, «en particulier dans les lacs de Zurich, Hallwil (AG) et Aegeri (ZG)».

Si les infrastructures de bains sur les lacs et les cours d’eau n’ont longtemps été ouvertes que pendant la saison d’été, pour la baignade et les bains de soleil, elles voient de plus en plus leur fonctionnement s’étendre à l’année grâce au développement d’autres activités: sauna, hammam, massages, cafés, événe- ments festifs... La baignade en eaux vives, familiale et populaire en été, se transforme en hiver en une pratique plus sophistiquée, hybride entre des tradi- tions nordiques (sauna) et orientales (hammam, bains turcs , et mâtinée de naturisme. Un certain «savoir» des bains, une culture des usages et des gestes, le silence plus ou moins imposé, attirent un public diffé- rent, dans lequel on compte une bonne proportion d’urbains actifs en quête d’espaces de sociabilité et de détente après le travail.

L’introduction dans les bains de ces nouvelles pratiques, qui appelle des reconfigurations de l’exis- tant et/ou de nouveaux espaces, comme la nécessité de rénover ces installations qui se sont dégradées au fil du temps, ouvrent des champs de réflexion passionnants pour les architectes. Les structures de bains, qu’elles soient très anciennes ou plus récentes, en bois ou en béton, ont en commun leur architecture rustique, fonctionnelle et souvent peu démonstrative qui va de pair avec la simplicité de la baignade en eaux vives. Dans les exemples de rénovations, recon- versions ou reconstructions présentés ici, les archi- tectes et les ingénieurs se sont attachés à retrouver l’esprit originel de ces bains – sobriété esthétique, économie de moyens, flexibilité des installations –, souvent mis à mal par les rénovations successives. Une attitude attentive au caractère patrimonial de ces structures et soucieuse de mettre en valeur, au-delà de l’esthétique ou du confort, tout ce qui fait le charme des bains: la magie de la baignade en pleine ville, au cœur et en dehors du rythme effréné de la vie urbaine.

Pour aller plus loin dans l’exploration de la baignade en eaux libres à travers le temps: Exposition «Plouf, une histoire de la baignade dans le Léman», Musée du Léman à Nyon, à voir jusqu’en septembre 2018, www.museeduleman.ch Catalogue co-édité avec Glénat Suisse, 2017, 128 p. / CHF 23.–

Bains urbains 13 Tracés 10/2017 Les Bains des Pâquis à Genève, rénovation 1989-1996, extension sur la jetée 2002-2005 Maîtres d’ouvrage: AUBP (Association d’usagers des Bains des Pâquis) et Ville de Genève Maîtres d’œuvre: Collectif d’architectes (Marcellin Barthassat, Claude Butty, Gabriele Curonici, Jacques Menoud), avec Jean-Pierre Cêtre ingénieur et, pour l’extension, Carmen Perrin, artiste et Mantegani & Wysseier, ingénieurs Les Bains tels qu’on les connaît depuis le milieu des années 1990 sont le fruit d’une aventure de longue haleine qui a débuté dans les années 1960. L’histoire commence en 1872, lorsque sont construits les premiers bains privés: un carré de 22 mètres de côté, fermé par des planches en bois, partiellement ouvert sur la ville. Devenus plus tard publics, les bains sont reconstruits en 1890, puis de nouveau en 1932, cette fois en béton armé. 448 pieux en béton préfabriqués, longs de 9 à 13 mètres, sont plantés au fond du lac. Deux bassins de taille égale accueillent d’un côté les hommes, de l’autre les femmes. Le succès est tel que les bains sont agrandis dès 1934. Dans les années 1960, la Ville veut construire une piscine chauffée à la place de la structure en béton d’origine, rongée par la carbonatation1 . En réaction, les habitués et amoureux des Bains, qui se mobilisent contre la démolition et militent pour la restauration, créent l’Association d’usagers des Bains des Pâquis (AUBP). A l’issue d’un référendum municipal en 1987, puis d’une votation qui leur donnent raison, la Ville leur confie la restauration et la gestion des bains. Le Conseil administratif de la Ville s’est alors mis d’accord avec l’AUBP pour mandater le Collectif d’architectes (Marcellin Barthassat, Claude Butty, Gabriele Curonici, Jacques Menoud) et l’ingénieur Jean-Pierre Cêtre sur le projet de sauvegarde. En contrepartie, l’exécutif de la Ville à proposé à l’AUBP de devenir gestionnaire des lieux.

Des travaux techniques de rénovation lourde de la structure sont effectués en saison hivernale pour tirer profit des basses eaux: traitement des pilotis et des sommiers, changement de toutes les canalisations, dragage des bassins, nouvelle dalle de liaison entre la jetée et les bâtiments... Les travaux sont aussi liés aux nouveaux usages des bains (ouverture toute l’année, sauna, hammam, bains turcs, buvette, mixité...). Sensibles à l’«architecture raisonnée» des Pâquis, «encore intelligible malgré les nombreuses transformations subies depuis 1932», les architectes et l’ingénieur ont souhaité «retrouver l’esprit de clarté et de rationalité originel, considérer le souci d’économie des auteurs du projet, la simplicité et la relative pauvreté de l’établissement comme un exemple à suivre du bon usage des ressources humaines et matérielles».2 1 La carbonatation est un phénomène de vieillissement naturel des matériaux à base de liant minéral qui conduit à la formation de carbonates de calcium par réaction entre les composés des ciments et le dioxyde de carbone atmosphérique (CO2 ). Elle entraîne la mise à nu des armatures en acier et des problèmes de résistance des structures. 2 Rénovation des bains des Pâquis : le témoignage des architectes, Philippe Beuchat, Heimatschutz 4/95 1 Le plan du projet définitif de restauration-transformation (1993) (Collectif d’architectes bbcm) 2 Les Bains rénovés (1997) (Photo M. Barthassat / Collectif d’architectes) 3 L’extension en bois en aval de la jetée (2002) et en dalles calcaires côté amont (2005) (Photo M.Barthassat / Collectif d’architectes) 2 1 3

urbanisme 14 Tracés 10/2017 Seebad Enge à Zurich, reconversion en sauna 2004 Maître d’ouvrage: Tonttu GmbH Zürich Maîtres d’œuvre: Marius Hug architectes Situé sur le lac de Zurich, à hauteur de l’arboretum, le Seebad Enge constitue un autre exemple d’adaptation des structures de bains à de nouveaux usages. Ici, on accède par un ponton à deux bâtiments construits en 1960 par Robert Landolt, réinterprétation «moderne» des maisons de bains en bois du 19e siècle. A gauche sur le plan, les bains des hommes, à droite, les bains des femmes, chaque bâtiment donnant accès à un bassin entouré d’un large deck en bois. En 2004, le bâtiment de droite a été reconverti en sauna pour la saison d’hiver, permettant ainsi aux bains de fonctionner toute l’année. 1 Caisse/café 2 Espace repos 3 Douches froides 4 Petit sauna chaud 5 Grand sauna 6 Sauna femmes 7 Espace détente 8 Pédiluve Bain des hommes Bain des femmes Photos Roman Keller, Zurich

Bains urbains 15 Tracés 10/2017 Oberer Letten Zurich, rénovation 2012 Maître d’ouvrage: Ville de Zurich Maîtres d’œuvre: Gut&Schoep architectes Sur la Limmat, les bains de l’Oberer Letten, construits en 1953 par les architectes Elsa et Ernst Burkhardt-Blum et classés au patrimoine, ont fait l’objet en 2012 d’une rénovation respectueuse de l’esprit du lieu. Remis aux normes et adaptés à de nouveaux usages, ils ont conservé leur rationalité initiale, notamment grâce à la mise en valeur de la sobriété des matériaux d’origine: acier, pierre calcaire, bois et béton. La réorganisation des programmes au sein des différents bâtiments a permis d’exploiter de nouvelles configurations spatiales qui ajoutent encore au charme de ces bains très populaires à Zurich. L’ancien bâtiment des vestiaires hommes a été aménagé en vestiaire mixte, libérant ainsi la partie réservée aux femmes, transformée en café ouvert sur la Limmat. La terrasse réservée traditionnellement aux femmes pendant la journée est désormais ouverte à tous le soir, après la fermeture des bains, comme une extension du café. Photos Walter Mair, Bâle Demandez une offre: 0848 820 820 Moins de tracas pour les indépendants. L’assurance des chefs d’entreprise de la Suva offre une pro- tection financière unique en son genre aux personnes exerçant une activité lucrative indépendante en cas de maladies pro- fessionnelles et d’accidents du travail ou durant les loisirs. Les membres de la famille travaillant dans l’entreprise sans perce- voir de salaire soumis à l’AVS peuvent également en bénéficier. Infos complémentaires: le site www.suva.ch/afc.

urbanisme 16 Tracés 10/2017 Seebad à Lucerne, reconstruction 2009-2010 Maître d’ouvrage: Seebad AG Luzern Maîtres d’œuvre: Bosshard + Luchsinger architectes Construits en 1885, sur les plans de l’architecte Heinrich Victor von Segesser, les bains en bois sur pilotis de Lucerne étaient typiques des maisons de bains publics du 19e siècle, offrant à la vue des passants leurs façades en bois opaques pour préserver l’intimité des baigneurs et révélant à l’intérieur un bassin entouré de cabines individuelles. Rénovés dans les années 1960, puis à nouveau en 1984-1985, ils ont finalement été démantelés dans les années 2000 pour être reconstruits à l’identique, à partir de certains éléments du bâtiment d’origine recyclés et de nouveaux éléments en bois préfabriqués. Photos Jean-Pierre Grüter, Lucerne

urbanisme 18 Tracés 10/2017 Carnet de baignades Du Rhin à la Méditerranée, baignades d’un rêveur solitaire (et peu frileux). Jean-Baptiste Lestra Vendredi 25 octobre 2013 Lieu: Plittersdorf (DE) Température de l’eau: 12 °C Le Rhin ne rigole pas près de Karlsruhe, large et noble. Sa surface rapide annonce des courants puissants. Les blocs du perré sont coupants, parsemés de ronces. Une fois dans l’eau, le fond se dérobe rapidement et je nage près du bord, attentif à éviter le cadavre flottant d’un animal non identifié.

Vendredi 1er novembre 2013 Lieu: Fribourg-en-Brisgau (DE) Température de l’eau: 13 °C Dans le quartier Vauban, la rivière coule derrière l’école. Des gamins du Kinderabenteuerhof en arpentent le lit en bottes avec leurs animateurs. L’aventureenbasdechezsoi.Jem’ycouleàleursuite. Dimanche 3 novembre 2013 Lieu: Bâle (CH) Température de l’eau: 11 °C Les fontaines du vieux Bâle s’offrent à moi la nuit. Fond clair, eau limpide.

Le tour du bassin est d’un calcaire dur et poli, facile à enjamber. Malgré la fraîcheur, j’y suis comme dans mon bain. Mercredi 13 novembre 2013 Lieu: Bâle (CH) Température de l’eau: 9 °C Etrange structure métallique accrochée au quai haut et plantée dans le Rhin, à mi-chemin entre un échafaudage et un bateau-lavoir. Sous la plate-forme, un escalier me guide jusqu’à la berge sale et l’eau épaisse du fleuve. Seul dans la nuit, je patauge en me tenant à l’écart du courant.

Il suffit d’une seconde, mais l’immersion doit être totale, à un moment. Vendredi 22 novembre 2013 Lieu: Zurich (CH) Température de l’eau: 28 °C Hallenbad City réconcilie avec les piscines municipales. Bâtiment années 1930, grandes verrières, réhabili- tation impeccable. Pour nageurs réguliers. La journée ne fait que com- mencer, il est 7 h. Un architecte qui fait entrer le soleil du matin jusque dans les douches a toute ma sympathie. Vendredi 29 novembre 2013 Lieu: Lausanne (CH) Température de l’eau: 8 °C A Bellerive-Plage, les épis rocheux scandent la pro- menade du lac, pseudo-récifs et petites criques qui lui donnent des airs marins.

L’horizon se fond dans le ciel, blanc baveux nimbé de bleu. La piscine est hivernée, les colverts sont de sortie, quelques promeneurs saluent ma baignade. Impossible de sécher ni de se réchauffer au soleil de novembre. Dimanche 1er décembre 2013 Lieu: Genève (CH) Température de l’eau: 3° C Ô Pâquis! Havre des nageurs de toutes saisons! Des stalactites pendent de la main courante de la passerelle. Seule une bonne sudation permet d’endurer l’eau à 3° C. Brasse à contre-courant, nuque paralysée, contact tétanisant avec la lisse galvanisée qui m’arrache à l’eau.

Lundi 23 décembre 2013 Lieu: Bellegarde-sur-Valserine (FR) Fantasme d’une baignade dans la Valserine, gorges aperçues depuis le train. Escale balnéaire à programmer bientôt...

Bains urbains 19 Tracés 10/2017 Jeudi 2 janvier 2014 Lieu: Miribel-Jonage (FR) Température de l’eau: 11 °C Le lac de Miribel, dernière divagation du Rhône avant son entrée dans Lyon. La plage, ravagée l’été par l’affluence métropolitaine, s’offre à moi tout seul en ce mois de janvier. Petit tas de vêtements posé sur les chaussures, et hop! Se griser à nager quelques brasses vers le large, le plan d’eau à 180° au niveau des yeux. Mardi 14 janvier 2014 Lieu: Lyon (FR) Température de l’eau: 12 °C En pleine ville, une plage dans la lône, au bout des hautes herbes.

Niche heureuse dérobée au regard des promeneurs mais offerte à celui des passants du pont, et des habitants de la colline d’en face. Jeudi 16 janvier 2014 Lieu: Vernaison (FR) Température de l’eau: 11 °C Ces longues prairies alluviales que j’ai souvent pra- tiquées n’offrent jamais le même faciès, le niveau d’eau variable en transforme les usages. En me laissant dériver le long de la berge inondée, je sens sous mes pieds les grèves où l’autre fois je lisais.

Projet de descendre le Rhône porté par le flot, sur quelques kilomètres. Samedi 18 janvier 2014 Lieu: Fontaines-sur-Saône (FR) Température de l’eau: 13 °C Les rives érodées de la Saône présentent des recoins aussi singuliers que familiers. Elles découpent des loges sur mesure, l’île- ponton et son saule font office de plongeoir, les pelouses grasses mitoyennes accueillent le baigneur repu. Dimanche 19 janvier 2014 Lieu: Cruas (FR) Température de l’eau: 13 °C Au pied de la centrale nucléaire passe la Crema, vieille lône du Rhône enfermée dans les digues, qui sert aujourd’hui d’exutoire au réseau pluvial et aux torrents qui dévalent de la Montagne ardéchoise. Ca ne se refuse pas, je m’y jette!

Jeudi 30 janvier 2014 Lieu: Cavaillon (FR) La Durance traversée depuis le TGV: tant de lieux où le bain serait propice... Irruption à 300 km/h dans des replis inaccessibles du territoire, larges rives inviolées. Samedi 1er février 2014 Lieu: Marseille (FR) Température de l’eau: 13 °C C’est peut-être un spot aux beaux jours, mais aujourd’hui il n’y a personne sur les chicots cal- caires de la Fausse Monnaie. Sous la route de la Corniche, les escaliers se dérobent pour me faire passer sous le viaduc et trouver la mer.

Le bord recrache du menu déchet, mais à vingt mètres, c’est déjà la grande bleue, durcie et rendue rêche par le vent. J’ai beau étudier la mise à l’eau, j’en ressors en sang, méchante houle qui me rabat sur le bord. Mardi 4 février 2014 Lieu: Ensuès la Redonne (FR) Température de l’eau: 13 °C Le travelling du train de la Côte Bleue fournit des rêves de baignade pour longtemps, criques entr’aperçues qui s’impriment dans les yeux à la faveur d’un tunnel.

L’arrêt est improbable, la crique ne semble reliée au monde que par le train. Ici, le bain est au bout du chemin qui grimpe au-dessus du village et longe la falaise: calanque des Anthénors. Mardi 18 février 2014 Lieu: Port de Bouc (FR) Température de l’eau: 14° C Celui qui ne craint pas de se baigner dans les parages de l’industrie a ici l’embarras du choix, les plages sont nombreuses: le Bottaï, la Baumasse, le Cap d’Aiguade. J’irai au sud, au revers de Lavera, calanque de Ponteau. Site parfaitement grec au pied de la cen- trale thermique.

Vendredi 28 février 2014 Lieu: Port Saint Louis du Rhône (FR) Température de l’eau: 14° C De l’autre côté du golfe de Fos se termine le Rhône et mon voyage. La plage Napoléon et ses kilomètres de sable fraî- chement déposé, protection naturelle stratégique pour l’accès aux darses XXL du Port. C’est là que la baignade sera la plus longue, l’une des dernières de la saison avant l’arrivée du printemps.

Jean-Baptiste Lestra est paysagiste DPLG.

20 Tracés 10/2017 pRADEmatique genevoise Lancé en novembre 2016, le concours d’idées pour l’aménagement de la rade de Genève a rendu son verdict: un palmarès stratégique et un projet lauréat pragmatique. Yony Santos et Cedric van der Poel I nitiative du maire de Genève Guillaume Barrazzone (lire l’entretien sur www.espazium.ch), ce concours d’idées proposait aux participants d’ima­ giner de nouveaux principes d’aména- gements pour la rade de Genève sur un périmètre s’étendant du pont du Mont-Blanc jusqu’à la future plage publique des Eaux- Vives sur la rive gauche, et au parc de La Perle du Lac sur la rive droite. Les objectifs étaient de faire émerger des visions alternatives, novatrices et différenciées, de susciter le débat et de stimuler la réflexion, et enfin d’élaborer une image directrice sur la base de laquelle serait lancée une grande consultation publique.

Le jury international a eu la lourde tâche d’évaluer et de choisir les projets lauréats parmi 70 propositions conçues par des architectes, des architectes-paysa- gistes et des étudiants en master. A ce jeu, le jury a choisi de récompenser un nombre restreint de projets (quatre), qui proposent des stratégies différentes et des aires d’intervention distinctes. Le projet évidence Si les deux premiers prix s’appuient sur la même charpente patrimoniale: le mur du quai qui file tout le long de la rade, le premier s’attache à réinventer l’espace et la friche urbaine, située entre ce mur et le lac, alors que le second développe des straté- gies de relation et de cohésion entre la ville et le lac.

Œuvre du bureau genevois Pierre- Alain Dupraz Architecte, Au ras de l’eau s’impose par sa simplicité et une certaine forme d’évidence. Il propose une pro- menade «à fleur de l’eau» organisée en séquences distinctes. Sur la rive droite, les empierrements du quai Wilson, entre La Perle du Lac et les Bains des Pâquis, laissent la place à des emmarchements et des plages de galets. Le quai du Mont- Blanc est revalorisé par une «plateforme lacustre de détente», à l’image du Seebad Enge à Zurich, et par un nouveau débar- cadère pour les bateaux de la Compagnie générale de navigation (CGN). La pro- menade se prolonge sur la rive gauche, accessible par la future passerelle pié- tonne également remportée par Pierre- Alain Dupraz Architecte en 2012. Le quai de la rive gauche se déploie en une grande esplanade bordée en partie par un épais mur habité qui abrite les différents résultats de concours

21 Tracés 10/2017 concours d’idées pour l’aménagement de la rade de Genève Pierre-Alain Dupraz Architecte, Genève Maxime Lecuyer et Ljirim Seljimi, Petit-Lancy 1 AU RAS DE L’EAU (n° 665) 2 convergence (n° 626)

22 Tracés 10/2017 Palmarès 1er rang/1er prix (100000.–) «AU RAS DE L’EAU» Pierre-Alain Dupraz Architecte, Genève 2e rang/2e prix (90000.–) «CONVERGENCE» Maxime Lecuyer et Ljirim Seljimi, Petit-Lancy 3e rang/3e prix (50000.–) «JEAN-JACQUES» TRIBU Architecture SA, Lausanne 4e rang/4e prix (10000.–) «LA RADE PUBLIQUE» Dürig AG, Zurich Membres du jury (professionnels) Patrick Devanthéry, architecte, Genève (président) Isabelle Charollais, Ville de Genève Christelle Pally, Ville de Genève Francesco Della Casa, Canton de Genève Alexandre Wisard, Canton de Genève François de Marignac, architecte, Genève François Chaslin, critique d’architecture, Paris Suzannah Drake, architecte, New-York Jan Ammundsen, architecte, Copenhague David Zahle, architecte, Copenhague Elmar Lederberger, historien et économiste, ancien maire de la Ville de Zurich Pia Durisch architecte, Lugano Marie-Claude Bétrix, architecte, Zurich Jean-Pierre Stefani, architecte, Genève Thomas Lebedinsky, Ville de Genève (suppléant) Bénédicte Montant, architecte, Genève (suppléante) Pierre Bonnet, architecte, Genève (suppléant) programmes (guinguettes, toilettes, han- gars, locations de pédalos, etc.). Le projet met en valeur les qualités de l’architecture de Pierre-Alain Dupraz: une sobriété précise, une «architecture topo- graphique» (lire l’article «Une topogra- phie ludique», Tracés n° 18/2016) que soulignent le travail sur les seuils très fine- ment pensés entre la rue et le quai et entre le quai et l’eau. Le réalisme de ce projet permet aux autorités d’imaginer une suite concrète et rapide à ce concours d’idées. Le projet cohésion Développé par Maxime Lecuyer et Ljirim Seljimi, deux étudiants de la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’archi- tecture de Genève (hepia), Convergences se déploie au-delà des limites de la rade, entre le mur historique et la ville. Dans une représentation graphique de l’espace public, les auteurs du projet se sont appli- qués à repenser tout particulièrement le lien entre la ville et l’eau. Ce travail de confluences se base sur un concept de mail- lage d’une grande force conceptuelle. Par leur situation unique vis-à-vis de la rade, neuf rues sont réorganisées selon une série d’interventions, dont la suppression de la circulation motorisée et du station- nement, et un travail d’unification par le revêtement du sol et les matériaux. Ces rues menant à la rade deviennent ainsi des «lieux d’animation, de représentation, d’échanges et de dialogues». Le projet symbole Le troisième prix, Jean-Jacques, du bureau lausannois Tribu Architecture, propose comme élément phare de son intervention une nouvelle attraction sur le lac, un nouveau symbole pour la rade. Un immense anneau relié directement à la future passerelle du Mont-Blanc vient com- pléter le chapelet des îles situées en aval du pont et donne une interprétation contem- poraine et désenclavée de l’Ile Rousseau. Au-delà du «geste spectaculaire mais respectueux», pour reprendre les termes du président du jury Patrick Devanthéry, Jean-Jacques imagine une nouvelle appropriation de la rade et une relation à l’eau inédite.

Le projet manifeste Appliquant à la lettre l’une des données du programme – l’encombrement du site par les bateaux – le bureau zurichois Dürig répond par un projet radical, aux limites du sarcasme et de l’ironie. Un immense port situé au centre de la rade et reposant sur un système complexe d’écluses fait dispa- raître les bateaux. Comme le souligne le rapport du jury, la dimension utopique de ce projet «rappelle les critiques émises par Superstudio dans les années 1970». Elle confère à la rade, par un nettoyage en règle des quais et du lac, soutenu par une série d’espaces publics plantés, une identité dia- métralement opposée à celle – chaotique – d’aujourd’hui, basée sur un mélange de loisirs et d’activités artisanales.

Une vision pragmatique pour l’avenir de la rade En couronnant un projet et non des idées – comme le soulignait l’intitulé du concours – le jury s’inscrit dans un pragmatisme qui caractérise ces der- nières années la production architectu- rale et urbaine à Genève. En choisissant de récompenser des projets intensément complémentaires et non concurrentiels, notamment pour les deux premiers prix, le jury a préféré la faisabilité et le consen- sus au débat. Isabelle Charollais, directrice du Département des constructions et de l’aménagement de la Ville de Genève l’a souligné lors de la conférence de presse: «le concours d’idées a l’avantage de pou- voir construire sur la base de plusieurs projets». Au ras de l’eau et Convergences, dont on imagine aisément qu’ils puissent être réalisés conjointement, proposent des aménagements rassurants et réalistes. Ce choix confirme une politique de la ville qui, si elle peut parfois sembler austère, se veut surtout pragmatique, continuiste et d’une grande exigence formelle, et dont l’architecture de Pierre-Alain Dupraz, lauréat des deux projets les plus embléma- tiques de Genève – le quartier de l’Etoile du grand projet urbain Praille Accacias Vernets et le réaménagement de la rade – semble être la digne représentation. EXPOSITIONS Les projets lauréats sont exposés jusqu’au 28 juin 2017 sur les quais Gustave Ador, Général-Guisan et Wilson. L’ensemble des projets est également à découvrir au Forum Faubourg, jusqu’au 19 mai 2017 (du lundi au samedi, de 11:00–18:00).

APPLICATION MOBILE « LA RADE » Disponible gratuitement sur l’App Store (iOS) et Google play (Android), l’application «La rade» vous invite à faire une visite 360° de la rade et des projets lauréats. Cette application a été réalisée en partenariat avec le studio genevois Apelab. Espazium.ch Les autres projets retenus au troisième tour sont visibles sur www.espazium.ch résultats de concours

23 Tracés 10/2017 TRIBU Architecture SA, Lausanne Dürig AG, Zurich 3 jean-jacques (n° 602) 4 la rade publique (n° 603) concours d’idées pour l’aménagement de la rade de Genève

24 Tracés 10/2017 territoire Rawabi, la ville du premier âge d’un Etat palestinien? En zone C, sous contrôle israélien, en attendant un Etat qui peine à émerger, un projet palestinien parie sur la nouvelle classe moyenne, consumériste et pacifiée. Hacène Belmessous A l’issue d’un séjour d’un mois en Cisjordanie durant l’automne 2016, je rentrais circonspect après les observations que j’y avais faites. On le sait: si la fabrication d’une ville matérialise une destinée collective – ce processus par lequel les individus agissent de concert pour produire un espace commun et émancipateur –, l’occupation civile et militaire israélienne ainsi que l’état de guerre permanent qui règne depuis 1948 neutralisent, voire effacent, toute idée de ville palestinienne. Peuplée de plus de 230000 habitants, Ramallah, la principale commune de Cisjordanie, présente ainsi tous les traits d’une ville dynamique sur le plan urbain – les chantiers financésparl’aideextérieureysontnombreux–etactive sur le plan socio-économique. Elle forme le poumon du «territoire» palestinien depuis l’encagement de Gaza. Or, la capitale de l’Autorité palestinienne est sous l’emprise totale de l’armée israélienne. De nombreux check-points militaires l’enserrent; aussi, la mobilité des individus tient du leurre. Ainsi, lorsqu’un policier palestinien blessa des soldats israéliens à la fin du mois d’octobre, l’Etat hébreu ferma sur-le-champ la presque totalité de ses barrages, une mesure qui occasionna des jours durant des embouteillages interminables pour accéder à l’unique point de passage resté «ouvert», et contraignit nombre de Palestiniens qui travaillent à Ramallah, mais qui n’y habitent pas, à solliciter leur entourage familial ou les réseaux d’amis pour les héberger afin de se soustraire à ces contraintes discriminatoires. En outre, depuis les «accords» d’Oslo de septembre 1993, les Israéliens contrôlent l’accès en territoire palestinien à l’eau et à l’électricité, de sorte que lorsqu’on parvient pour la première fois aux abords de ces villes et de ces villages, on reste intrigué par ces taches noires qui écrasent les toits des maisons et des immeubles. La raison en est toute simple: les coupures d’eau étant fréquentes et imprévisibles, chaque famille a compris la nécessité d’acheter ces citernes d’eau de couleur noire afin d’anticiper ce type de préjudices. Logiquement, ce contrôle total des existences sociales palestiniennes, conjugué au grignotage continu des terres de Cisjordanie par l’intensification des colonies israéliennes, devrait restreindre toutes les tentatives de production d’un urbanisme souverain, du moins dissident, mais il n’en est rien. Deux expériences notoires ont en effet retenu notre attention. Real estate à Jéricho A Jéricho, tout d’abord, où le milliardaire améri- cano-palestinien, Bashar Al Masri, à la tête de Massar International, envisage de bâtir un complexe immo- bilier dense. Il sera en effet constitué de maisons touristiques, d’hôtels, de commerces, de restaurants, d’un parc urbain, d’un parc aquatique, d’une piste de karting, de cinémas, d’immeubles de bureaux et de services. Cette enceinte privée, appelée Jericho Gate, dont le coût de construction est estimé à 1,5 milliard de dollars, ciblera exclusivement les classes aisées: les touristes du Proche et du Moyen-Orient, les familles riches qui vivent à Jérusalem, Ramallah, Naplouse et Bethléem. La position géographique de Jéricho (Amman est à 55 kilomètres, Jérusalem à 33 kilomètres et la mer Morte à 10 kilomètres) et son climat chaud huit mois par an – cette ville se trouve à quatre cents mètres sous le niveau de la mer – sont les atouts sur lesquels comptent ces promoteurs pour valoriser leur dessein marchand. «Nous voulons construire une ville neuve, moderne, avec un nouveau style de vie urbaine», nous a déclaré Ahmad Al-Sayed Ahmad, le manager général du projet. Le propos est emphatique, excessif

25 Tracés 10/2017 rawabi 1-6 Vues du chantier 7-8 Images promotionnelles (Les images ont été fournies par l’auteur.) 1 3 5 7 2 4 6 8

26 Tracés 10/2017 même, tant Jericho Gate tiendra davantage de l’enclo- sure urbaine, une gated community dédiée au tourisme de luxe en territoire de Palestine, que d’une ville neuve en formation. Le deuxième projet, la construction de Rawabi City, initié par le même Bashar Al Masri, s’ins- crit plus justement dans cette expérimentation d’une ville nouvelle en Palestine. La colline palestinienne Rawabi est située à une dizaine de kilomètres de Ramallah et à moins de cinq kilomètres de Bir Zeit. Pour y accéder, il n’y a qu’une seule route, au revê- tement inégal, et dont une partie se trouve en zone C, soumise donc au contrôle israélien qui a concédé un usufruit à renouveler chaque année aux investis- seurs du projet. Lorsque mon taxi me dépose, c’est le ballet des camions de chantier qui attira d’emblée mon regard. Les voies d’accès à la future ville sont quasiment terminées de ce côté-ci, propres et aux trottoirs réguliers, comme pour signifier au visiteur qu’il ne met pas les pieds dans une ville palestinienne ordinaire. Je prenais des photographies du lieu quand un véhicule s’arrêta à ma hauteur, un vigile en sortit pour me demander qui j’étais et ce que je faisais. Quelques minutes plus tard, je me trouvais au sommet de la colline – Rawabi signifie «colline» en arabe – dans un bâtiment qui reçoit les visiteurs du lieu: hommes d’affaires, diplomates, représentants d’ins- titutions étrangères, étudiants en architecture, ache- teurs potentiels d’un logement, etc. Avant d’y péné- trer, j’avais remarqué ces drapeaux palestiniens qui flottent aux abords du bâtiment, comme pour souli- gner que Rawabi City est plus qu’un projet de ville, sa genèse s’accomplissant dans un processus ancré dans une démarche identitaire et nationaliste. Passé l’accueil, j’accédais à une immense pièce qui expose des maquettes du projet global. D’autres maquettes, de taille plus modeste, rendent compte des équipe- ments bientôt construits. Des tirages photographiques de grand format fixés sur les murs révèlent la famille idéale à laquelle le site est destiné: un couple jeune, la femme n’est pas voilée, parents d’un ou deux enfants en bas âge. Ces clichés sont semblables à ceux qui figurent dans les catalogues des promoteurs immo- biliers des grandes métropoles occidentales et asia- tiques, comme si ce projet urbain était hors-sol, un objet qui s’émancipe de l’environnement sociopoli- tique dans lequel il s’insère. Quand l’hôtesse m’invita à visionner une installation numérique qui met en scène des individus «vivant» dans les futurs appar- tements de Rawabi City, ce sentiment d’une ville qui voudrait s’arracher au contexte de l’occupation se renforça. Ce qui est vendu aux futurs acquéreurs d’un logement, c’est une vision heureuse de l’avenir, c’est-à-dire apaisée des préoccupations qui minent quotidiennement l’existence sociale des Palestiniens. Les habitants de Rawabi City seront les pionniers du bonheur d’être Palestiniens dans une sphère moderne bâtie selon des critères écologiques – des panneaux photovoltaïques ont été installés sur les toits dans ce qui formera «la première ville verte palestinienne». Ainsi s’expriment les communicants, qui vantent par ailleurs la propreté de Rawabi, sous-entendant que les autres villes palestiniennes débordent de déchets. La ville mettra enfin à leur disposition des enseignes commerciales introuvables en Cisjordanie, comme les marques Zara et Mango qui agissent comme des talis- mans dans la bouche de mon interlocuteur. Selon mon guide, l’architecte et designer Ibrahim Natour, mille appartements étaient construits en cette fin octobre 2016, et trois cents sont en cours de construction. Leurs superficies vont de 94 à 200 m2 . «On veut du mélange social, c’est pourquoi les petites surfaces sont moins chères qu’à Ramallah, c’est-à-dire qu’on vend nos logements à 70000 dollars contre 100000 là-bas» confie-t-il. Dans une aire géographique où le taux de chômage dépasse les 20% de la population active et où le salaire moyen est d’environ 307 dollars, cet argu- mentaire d’un habitat accessible à tous peine à dissi- muler la réalité: ces petits appartements sont inabor- dables pour les familles modestes ou la petite classe moyenne. Au reste, la construction de logements sociaux, inexistants en Palestine, avait initialement été envisagée dans une première programmation mais, faute de financement – les promoteurs de Rawabi sont des businessmen, pas des philanthropes –, cette inten- tion défendue par une Autorité palestinienne démunie a été écartée.

Doutes de la dernière heure Pour l’heure, Rawabi City est une ville fantôme. Le jour de ma visite, je n’y ai croisé que des ouvriers et des contremaîtres. Deux mille personnes y vivent, soulignait plusieurs fois Ibrahim Natour alors que nous déambulions d’un quartier à un autre. Où sont-elles alors? «La grande majorité des résidents ne vient que les week-ends et les jours fériés, explique-t-il. Ils ont investi leur argent parce qu’ils croient en Rawabi. Mais quand la ville sera terminée, ils s’y installeront défi- nitivement.» L’état de chantier permanent, l’absence d’offre commerciale (une seule épicerie était ouverte l’automne dernier), les incertitudes sur l’avancée du projet liées à l’occupation israélienne et donc les diffi- cultés à commercialiser une ville encore artificielle altèrent sérieusement le discours volontariste de ses promoteurs. «C’est un projet construit contre le bon sens, regrette un urbaniste qui a travaillé sur le master plan de Rawabi. Rendez-vous compte que 45% de l’es- pace résidentiel est situé en sous-sol, et la densité y est très importante. Or, les Palestiniens veulent de l’espace et de la lumière, ce qu’ils ne trouvent pas partout ici. C’est ce qui explique que son développement soit un échec pour le moment.» Pour espérer faire de Rawabi City une ville moderne de 40000 habitants, l’objectif affiché dans ses plaquettes publicitaires, Bashar Al Masri communique beaucoup. Son ambition: démon- trer que cette ville neuve n’est pas un projet immo- bilier ordinaire mais un acte de résistance passive à l’occupation israélienne. La stratégie est habile car elle est en résonance avec l’évolution des mentalités territoire

27 Tracés 10/2017 dans la société palestinienne. Depuis l’échec des deux Intifada et l’avènement d’une jeune génération qui a fait ses études supérieures à l’étranger et qui, rentrée «au pays», souhaite combattre avec d’autres moyens l’occupation civile et militaire israélienne, l’utilisation du capitalisme et de son idéologie conquérante comme une issue pour se faire entendre de la communauté internationale est en train de bouleverser le corps social palestinien. «Il faut qu’on sorte du misérabilisme de notre condition, estime le fondateur d’une start-up située à Ramallah, c’est-à-dire donner une autre image des Palestiniens à l’étranger. C’est pour ça que Rawabi est intéressante. En montrant qu’on peut construire une ville, on fait la preuve qu’on peut bâtir un Etat.» L’ancien secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, a visité le lieu en juin 2016. L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, émissaire du Quartet pour le Proche-Orient jusqu’en juin 2015, était inter- venu auprès du gouvernement israélien pour obtenir une autorisation de raccordement du pipeline qui alimente Rawabi City en eau depuis la source d’Um Safa, une partie des conduits passant en effet en zone C. Dans le même temps, les promoteurs de la ville nouvelle multiplient les événements culturels, comme pour suggérer que ce lieu est une œuvre commune à tous les Palestiniens. Les concerts de masse organisés dans un amphithéâtre, une sorte de réplique kitch des théâtres romains, participent de cette construc- tion sociale. Ouvert sur la vallée, il tourne le dos à la ville. Dominé par d’immenses portraits de stars de la culture orientale (Oum Kalthoum, Farid El Atrache, etc.) et occidentale (Marylin Monroe, Elvis Presley, etc.), cet équipement monumental de 12000 places assises concentre toutes les ressources symboliques du marketing nationaliste, manifestant l’idée que Rawabi City n’est pas une ville privée pour les riches Palestiniens mais l’expression crédible d’une nouvelle forme d’action politique contre l’occupation. Ce prin- cipe d’unification du peuple palestinien autour d’un urbanisme de l’indifférenciation sociale n’oublie cepen- dant pas sa qualité spécifique, ce champ économique qui transforme l’espace social palestinien. Avant de rejoindre l’amphithéâtre depuis la ville en construc- tion, on doit en effet passer par une piazza bordée de six restaurants.

Hacène Belmessous est chercheur indépendant et journaliste. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur les questions urbaines. rawabi Imbattable sur le marché Suisse des camions aspirateurs Etraxa Romandie SA facebook.com/ etraxa Avec une flotte de 16 camions, Etraxa est le leader incontesté. Dégagement de réseaux, aspiration à distance est notre quotidien. Activité: génie civil, aspiration industrielle, de cendres et plaquettes forestières etc. Diverses interventions du PowerEtraxer™ sur facebook.com/etraxa 365 jours, 24h/24. Hotline 0840 701 701

28 Tracés 10/2017 Distinction décernée depuis les années 1960 par la SIA, le Prix SIA Master Architecture récompense chaque année des travaux de fin d’étude soutenus dans l’une des trois hautes écoles universi- taires que sont l’Academia di architettura di Mendrisio (AAM), l’Ecole polytech- nique fédérale de Lausanne (EPFL) et la Eidgenössische Technische Hochschule Zürich (ETHZ). Entre 80 et 130 projets de master sont soutenus annuellement1 .

Pour chaque session d’examens, le jury est formé de six architectes: le président de la société spécialisée «architecture et culture» (A&C), un représentant de chacune des régions linguistiques de cette même société, un représentant du groupe professionnel architecture de la SIA et un représentant de la section locale de la SIA du canton où se trouve la haute école universitaire (lire encadré ci-contre). Incertitudes et nouveaux équilibres Un survol des dernières nominations aux prix internationaux d’architec- ture, qui ont valorisé des pratiques aussi diverses et opposées que celles exercées par Alejandro Aravena, RCR Arquitectes, BIG, Rudy Ricciotti ou encore Grafton Architects, dévoile le déséquilibre et les incertitudes dans lesquels l’architecture est plongée. Incertitudes face à la digi- talisation de l’architecture ou face aux nouvelles exigences environnementales imposées par les changements clima- tiques; déséquilibres occasionnés par l’augmentation des inégalités économiques et les crises géopolitiques qui poussent sur la route des millions de déracinés; désé- quilibre face à la fragilité de référents stables soumis en permanence à la vora- cité d’une société consumériste où les biens et les idées sont rapidement épuisés; ou, encore, déséquilibre engendré par les luttes constantes entre l’illusion globale du «tout est possible» et le renoncement local du «tout est déjà fait». Cette situation influence plus ou moins directement la façon de conce- voir mais aussi d’enseigner l’architecture. Le rapport entre pratique académique et réalité professionnelle n’est plus aussi direct et immédiat qu’auparavant et il se présente sous des formes inhabituelles et encore inconnues. Face à ces nouvelles perspectives, quels sont les instruments à proposer aux futurs architectes pour faire face à des réalités jusqu’à présent étrangères à la profession? Quelle métho- dologie transmettre aux étudiants qui devront aussi bien maîtriser les notions architecturales classiques d’ordre, de cohérence et de beauté que des concepts issus des sciences sociales, économiques et encore politiques?

Culte du paysage, métamorphose urbaine et maîtrise technique Tout comme les lauréats des grands prix d’architecture, les projets récompensés par le jury pour la session 2016 du Prix SIA Master Architecture sont représen- tatifs des différents courants soutenus dans les trois institutions universitaires vouées à l’enseignement de l’architecture. Des tendances contrastées qui semblent réagir aux tensions contemporaines dans lesquelles sont plongés les praticiens. En effet, les 12 projets lauréats soulignent, d’une part, la cohérence du choix du jury et illustrent, d’autre part, les réponses données par les institutions aux incerti- tudes et déséquilibres évoqués. A l’AAM et sous la houlette de l’ancien directeur Valentin Bearth, les étudiants se sont penchés sur la station grisonne de St. Moritz. De l’observatoire du territoire qui propose une promenade thématique verticale (St. Moritz Bad, osservatorio sul territorio) au geste fort d’une infrastruc- ture publique et paysagère qui reconnecte le village à son lac (St. Moritz, un’unica città), en passant par un hôtel-école (St. Moritz Bad, Hotel and cooking school between the city and the forest) dont la typo- logie et la répartition des espaces publics et privés proposent un jeu subversif entre le village et la forêt, les trois projets de master primés sont des objets manifestes, sortes de références dans le paysage qui actualités Ambitions et réalités Prix SIA Master Architecture 2016: un baromètre de l’enseignement de l’architecture en Suisse 1 Deux sessions d’examens pour l’EPFZ, une seule pour l’EPFL et l’AAM). 1 2

29 Tracés 10/2017 actualités 1 EPFZ: Manufaktur und Lehrwerkstätte, un projet de Michael Pöckl soutenu à l’EPFZ sous la direction de la professeure Annette Spiro 2 EPFL: Composition profane, un projet de Sophie Didis- heim et Marco Ievoli, soutenu à l’EPFL sous la direction des professeurs Dieter Dietz, Yves Pedrazzini, Charlotte Erckrath, Patrick Mestelan 3 Mendrisio: St. Moritz, un’unica città, un projet de Giuseppe Fontana, soutenu à l’AAM sous la direction de l’atelier Joao Nunes + Joao Gomes da Silva ont pour objectif de le sublimer. Le terri- toire grison est perçu comme le point de départ vers un élargissement et un renou- veau des cadres de vie mis à disposition des habitants. De ce fait, et en continuité de la tradition constructive tessinoise, la structure et le paysage se présentent comme les éléments principaux de compo- sition d’un nouveau type architectural. A l’EPFL, et suite à un premier semestre dédié entièrement à l’élaboration d’un projet théorique sous forme de mémoire, les étudiants choisissent librement la thématique à traiter dans leur projet de fin d’étude. Au-delà des réponses et des propo- sitions formelles, la cohérence du thème interpelle. Des lieux de culte désertés et reconvertis en centre pour migrants, un cimetière reconfiguré pour répondre à sa nouvelle condition urbaine issue de la croissance de la métropole et la possible évolution et reconversion de l’abbaye Saint- André-Le-Haut, à Vienne, en France, posent chacun à leur manière la question de la recomposition de l’existant face aux changements sociopolitiques actuels de la ville. Ainsi l’architecture se plie aux besoins contemporains urgents et s’oriente à travers de nouveaux mécanismes d’adap- tation-transformation-reconversion, vers un nouveau regard sur l’ordinaire, lié aux inquiétudes de la société. Enfin les six projets de l’EPFZ – les étudiants ont le choix entre plusieurs thématiques différentes par semestre – révèlent l’importance et le soin que la haute école zurichoise porte à la maîtrise technique et opératoire de ses étudiants. Les thématiques classiques proposées aux étudiants – l’extension de l’école d’archi- tecture, un centre d’exposition, un nouveau quartier de logement ou encore des ateliers de formation et manufacturiers – leur permettent de s’inscrire dans un véritable processus de concours. La clarté et la tech- nicité des propositions priment sur l’expéri- mentation et l’apport conceptuel. Des résul- tats révélateurs de l’ambition zurichoise, pour qui l’enseignement est une authen- tique reproduction de la complexité et de l’intégrité manifeste du métier d’architecte. Face à cette période d’hésitations théo- riques et pratiques, l’environnement académique s’érige à la fois en bastion et en laboratoire d’un savoir en pleine muta- tion. Un exercice d’équilibriste dans lequel se trouvent actuellement immergés les trois centres de référence, dont l’ensei- gnement doit rester favorable à la trans- mission d’une méthodologie stable tout en acceptant une perméabilité aux nouveaux courants et influences propices à l’innova- tion et au cheminement vers de nouveaux types d’enseignements. Car, si l’architec- ture semble être un art stationnaire, elle se prête parfaitement à l’idée que le meilleur enseignement est celui qui peut s’étaler sur toute une vie.

Cedric van der Poel et Yony Santos Lauréats Academia Mendrisio - - Francesca Facchinii, St. Moritz Bad, osservatorio sul ter- ritorio, atelier Frédéric Bonnet - - Giuseppe Fontana, St. Moritz, un’unica città, atelier Joao Nunes + Joao Gomes da Silva - - Lajdi Sulaj, St. Moritz Bad, Hotel and cooking school between the city and the forest, atelier Valerio Olgiati EPFL - - Sophie Didisheim, Marco Ievoli, Composition profane, professeurs Dieter Dietz, Yves Pedrazzini, Charlotte Erckrath, Patrick Mestelan - - Fanny Vuagniaux, Mort et rituel. Le cimetière de Pérolles, Fribourg, professeurs Marco Bakker, Yves Pedrazzini, Rui Filipe Gonçalves Pinto, Tim Kammasch - - Rémy Cottin, Elias Rama, Saint-André-le-Haut, continuité et rupture, professeurs Nicola Braghieri, Yves Pedrazzini, Sibylle Kössler, Bernard Gachet EPFZ Semestre de printemps: - - Anouchka Kaczmarek, die Brücke, der Reiter, das Quartier – Nahtstellen in Basel, professeur Andrea Deplazes - - Edwart Jewitt, An Architecture School for Zurich, ­ professeur Tom Emerson - - Sandro Elmer, Ausstellungshaus für Architektur und Städtebau am See, professeur Andrea Deplazes Semestre d’automne: - - Lia Giuliano, Zürich Altstetten – Wohnen in einem ­ Quartier am Stadtrand, professeur Dietmar Eberle - - Nathalie Ender, Manufaktur und Lehrwerkstätte, ­ professeurs Annette Gigon et Mike Guyer - - Michael Pöckl, Manufaktur und Lehrwerkstätte, ­ professeur Annette Spiro Membres du jury Academia Mendrisio Thomas Meyer-Wieser, Astrid Dettling, Paolo Canevascini, Eloisa Vacchini, Laurent Francey, Franz Bamert EPFL Astrid Dettling (excusée), Amélie Poncéty, Thomas Meyer-Wieser, Eloisa Vacchini, Laurent Francey, Franz Bamert EPFZ Semestre de printemps: Patrick Blarer (remplaçant de Thomas Meyer-Wieser), Michael Schmid (excusé), Dani Ménard, Eloisa Vacchini, Laurent Francey, Franz Bamert Semestre d’automne: Michael Schmid, Dani Ménard, Patrick Blarer, Katia ­ Accossato (excusée), Laurent Francey, Franz Bamert espazium.ch Tous les projets primés peuvent être consultés à l’adresse: www.espazium.ch/prix-sia-master-architecture-2016 3

30 Tracés 10/2017 livres Depuis sa découverte en 1940 par trois enfants qui se sont introduits dans l’ori- fice d’une racine d’arbre arrachée, jusqu’à l’ouverture du Centre International de l’Art Pariétal en décembre 2016, la grotte de Lascaux semble prise dans un jeu de conti- nuels revirements quant à son authenti- cité. Aux doutes initiaux sur son ancienneté ont succédé l’inévitable fermeture du site en 1964, trop vulnérable pour endurer les affronts de sa renommée mondiale, et surtout l’ouverture du premier fac-similé en 1983. Si l’ouvrage des architectes norvégiens Snøhetta est la troisième variante de la série de reconstitutions qui ont décliné le site original, il semble pourtant capable d’ins- crire Lascaux dans une réalité toute autre que celle offerte par la vaine quête d’authen- ticité. Snøhetta touche le vrai en livrant un ensemble dialectique tiraillé entre les deux contradictions fondamentales qui en consti- tuent l’identité: celle du rapport à l’œuvre initiale et celle du rapport au paysage.

Une expérience plus vraie qu’authentique Questionné sur la problématique de l’au- thenticité et du caractère reconstitué de la nouvelle grotte, Kjetil Trædal Thorsen, membre fondateur de Snøhetta, livre une réponse sans ambiguïté. Le centre vise une expérience critique et sensorielle totale qui se situe au delà d’une quelconque rivalité entre vrai et faux. Certes le fac-similé n’est pas la chose en soi. Il se pourrait même que l’aura de cet ensemble de peintures que George Bataille décrivait peu après sa découverte comme «l’aube de l’humanité», décline au fil des reconstitutions successives.

Mais cette condition de copie n’empêche pas une expérience sensorielle et cognitive entière, dont la filiation serait plus ciné- matographique que picturale. On visite le fac-similé comme on assiste à un film, sans questionner l’authenticité et le statut aura- tique de la séance. Le cinéma offre en effet une clé pour percevoir l’expérience du fac-similé autre- ment que comme un substitut à l’ouvrage original, dicté par les impératifs de conser- vation. Des premières découvertes à la lumière de lampes torches au récent film 3D de Werner Herzog, l’art pariétal a long- temps entretenu un lien privilégié avec le principe d’images projetées. Au-delà de cette évidence, la grotte peinte, reconstruite et déconstruite par Snøhetta, accède au statut générique de document, ignorant ainsi sa condition de copie pour être éprouvée en tant qu’expé- rience documentaire d’une œuvre reconsti- tuée en trois dimensions.

Le fac-similé serait donc à la grotte origi- nelle ce qu’un document analysé et repro- duit est à l’œuvre: un stade supérieur de lecture et de compréhension. Cette interprétation est au cœur de l’amé- nagement de Snøhetta: dans le parcours de l’exposition, le fac-similé est suivi d’un espace ouvert dans lequel des pans entiers de la grotte reconstituée sont suspendus au plafond comme autant de fragments d’un volume explosé à des fins analytiques. Appelée l’atelier, cette salle est la clé de voûte de ce travail autour des peintures de Lascaux. D’une grande théâtralité, la salle se vit comme la déconstruction architectu- rale tant de la grotte originale que de son Centre International de l’Art Pariétal en Dordogne, par Snøhetta Un musée immersif pour un chef-d’œuvre inaccessible: la grotte de Lascaux fac-similé. Elle rétablit le centre de gravité de la visite, loin d’un quelconque objectif illusionniste, au plus près de sa véritable mission pédagogique.

Une dissimulation monumentale Un hiatus similaire, sorte d’incohérence fondamentale résolue par le traitement architectural, semble prévaloir aussi pour la question paysagère. L’édifice présente tous les aspects d’une mégastructure muséale, tout en se voulant contextuel, discret et parfaitement intégré. Si le traitement de la façade joue avec le signifiant de la faille tellurique dans laquelle vient discrètement se loger le programme, l’intérieur adopte un langage monumental, jouant avec les hauteurs pour donner la sensation d’évoluer sous terre. C’est ainsi que l’accès et la sortie du fac-similé font l’objet d’un subtil effet d’enfouissement par augmentation progressive de la hauteur des parois latérales.

Un édifice qui exhibe son caractère chtonien Partiellement enfoui comme peut l’être le musée gallo-romain de Zehrfuss à Lyon, l’ouvrage se situe à l’endroit où vient s’éteindre le flanc de la colline qui abrite la grotte. La topographie permet à Snøhetta de développer un des attributs essentiels qui caractérise sa conception de l’espace public. Le principe de l’oblique, présent dans de nombreux autres projets, prend ici la forme d’une rampe qui surplombe l’entrée du bâti- ment et permet au visiteur de prendre de la hauteur avant d’entrer dans l’édifice. Libre d’accès, ce belvédère est un point d’observa- tion du site ouvert sans restrictions.

L’autre élément caractéristique d’une prise en compte de la topographie concerne le travail des parois inclinées en béton. Rythmées par un traitement qui évoque la sédimentation, elles expriment la monu- mentalité sur un mode certes discret mais qui n’est pourtant pas dépourvu de symbo- lique. C’est peut-être là le troisième para- doxe dissous par cette architecture: être capable de générer du symbolisme avec le langage formel du minimalisme.

Dialectique du paysage Mais revenons au paysage: cette étrange synthèse entre une volonté de discrétion et un déploiement monumental pourrait préfigurer la réponse à une autre © Luc Boegly & Sergio Grazia photographers

31 Tracés 10/2017 livres équation insoluble qui trouve sa solution dans le projet: comment faire émerger l’univers spéléologique dans la dimension paysagère? Comment faire coexister ce qui par définition se soustrait au paysage avec un environnement paysager d’une grande complexité, probablement à l’ori- gine de l’existence de ces fresques. Car il faut s’en rappeler: si la grotte existe, c’est parce que la transhumance naturelle avait fait de cette vallée un passage pour les troupeaux sauvages.

Cette apparente incompatibilité entre ce qui gît enfoui et ce qui resplendit sous la forme d’un relief, semble trouver des éléments de réponse dans l’architecture du centre conçu par les Norvégiens. Le principe de failles lumineuses dans le grand couloir axial qui structure l’en- semble, ainsi que dans l’atelier, combiné à l’écrasante monumentalité des parois semble raconter cette rencontre impro- bable entre la dimension paysagère, celle de la lumière sur un relief et la dimension spéléologique, celle de ce qui se soustrait au regard.

En cela le Centre International de l’Art Pariétal est une synthèse, un plan sur lequel se rencontrent et se conjuguent le relief et la lumière d’un côté, l’ombre et l’invisible de l’autre. Christophe Catsaros Lascaux IV. SnØhetta Christophe Catsaros, Editions Archibooks (Collection L’esprit du lieu), Paris, 2017 / € 12.90 Organisateur Partenaires de patronage Nouveau: parc de démonstration Kommunale Infrastruktur Infrastructures communales Infrastrutture comunali Billet combiné RailAway CFF à tarif réduit. Juni Exposition professionnelle suisse pour les collectivités publiques et les grandes entreprises juin Obtenez maintenant votre billet d‘entrée à tarif réduit: www.suissepublic.ch/billeterie Code personnel: sp17m3mb83 © Luc Boegly & Sergio Grazia photographers

32 Tracés 10/2017 A Bigger Splash The Swimmer, Frank Perry et Sydney Pollack, 1968 Tourné en 1968, adapté d’une nouvelle de John Cheever publiée quelques années plus tôt, The Swimmer a pour décor le Connecticut. Le film décrit avec une acidité rare les modes de vie mélancoliques, alcoo- lisés et repus d’argent de l’upper class américaine – artistes, hommes d’affaires, intellectuels – dont il s’empare en les désha- billant. Par une après-midi ensoleillée, Ned Merrill surgit à l’écran, de dos, en maillot de bain. Il remonte un sentier à travers les arbres et atterrit sans préambule chez un couple d’amis qui boivent un verre au bord de leur piscine. L’opulence est immé- diatement perceptible, ainsi que l’ennui ou la langueur d’un lendemain de fête. Donnant le sentiment de vouloir échapper à l’un comme à l’autre, Ned a cette idée de rentrer chez lui à la nage. Il ira de piscine en piscine, de voisins en voisins, d’amis en amante. Chacun est interloqué, la déci- sion est énigmatique, mais Ned démarre sa traversée.

Le film raconte, en jouant avec le temps réel, cette remontée sportive d’un fleuve imaginaire, incarné par une succession de piscines, objet-totem du film. Motif archi- tectural formellement imposant, la piscine souligne la réussite sociale autant que l’enjeu hygiéniste, physique que convoque la figure du nageur. Mais le film insiste sur l’envers de ces clichés. La chaleur, les corps à moitié nus, la rencontre avec une jeune nymphette, leur promenade sous les arbres autant que leur improbable course d’obstacles: autour de la piscine s’accumule tout un registre plastique clairement anti- moderniste – que la transpiration incarne au mieux. Une sensualité assez brutale qui répond au calme plat de ces constructions autour desquelles on se tient sans vrai- ment savoir quoi y faire. Burt Lancaster, qui ne quitte jamais son maillot de bain, incarne le cinquantenaire en pleine santé qui répond avec bonhomie aux questions les plus banales que lui posent les personnes L|’|A|r|c|h|i|t|e|c|t|u|r|e| |à| |L|’|é|c|r|a|N qu’il croise sur sa route. Son sourire crispé indique cependant un vrai malaise: cette célébration du corps autant que la vacuité des rapports d’amitié et de voisinage révèlent progressivement une fêlure qui finit par s’imposer à la toute fin du film. Impossible de regarder The Swimmer sans penser à la toile de David Hockney, A Bigger Splash, qui date de 1967. Les «personnages» en sont connus: devant deux imperturbables palmiers, une maison aux lignes épurées, une piscine, un plon- geoir, et un plongeon dont il ne reste que la trace – quelques éclaboussures blanches qui viennent altérer l’intensité turquoise de l’eau. Faisant clairement référence à la côte Ouest, au ciel et au soleil, A Bigger Splash explicite des questions soulevées par le film de Frank Perry: comment rompre le flegme et la sérénité, tout artificiels, qui font mine de planer sur les piscines américaines?

Autrement dit: comment perturber l’ame- rican way of life, son architecture moder- niste, son chariot de boissons alcoolisées et ses couleurs acidulées? En plongeant. Clara Schulmann, critique d’art, école d’enseignement supérieur d’art de Bordeaux Une collaboration the Swimmer Frank Perry et Sydney Pollack, USA, 1968, 95’ A Lausanne, le 7 juin à 21h au Casino de Montbenon A Genève, le 6 juin à 20h45 aux Cinémas du Grütli

Bains urbains 33 Tracés 10/2017 33 Tracés 10/2017 Pages d’information de la SIA – Société suisse des ingénieurs et des architectes Sur les rails du dialogue: Rencontre entre les CFF et la SIA Depuis 2014, les CFF et la SIA se réu- nissent deux fois par an pour échanger dans un esprit d’ouverture et de dialogue. A cette occasion, la SIA défend les intérêts de ses membres – sans chercher à imposer ses exigences.

Propriétaires de terrains situés sur des sites de développement stratégiques à l’échelle suisse, les CFF sont attachés à une culture du bâti de qualité et partagent de ce fait un engagement essentiel de la SIA. Depuis 2014, la compagnie ferroviaire et la SIAseréunissentdeuxfoisparanàl’occasion d’un échange auquel participent, du côté des CFF,AlexanderMuhm(responsabledel’uni- té Développement, CFF Immobilier), Alexis Leuthold (responsable Droit, compliance et acquisitions, CFF Immobilier) et Rahel Minder (assistante de direction rattachée au responsable de l’unité Développement, CFF Immobilier), et, du côté de la SIA, son pré- sident Stefan Cadosch ainsi que son direc- teur, Hans-Georg Bächtold. Cette rencontre doitpermettrededégagerunebasedediscus- sion commune et favoriser la transparence. L’objectif n’est pas de mener des négocia- tionssurdesprojetsconcrets,maisdeprendre lepoulsdesconcepteursetdesCFF.Lebureau delaSIAinformelessections,lesgroupespro- fessionnels et les commissions concernées sur les dates de rencontre, et relève dans le même temps leurs suggestions thématiques. Ces retours sont portés à l’ordre du jour de la rencontre, y sont discutés et les conclusions afférentessontcompiléesdansunprocès-ver- bal qui leur est communiqué. Parmi les sujets fréquemment abordés, l’on compte: - la procédure de concours standardisée des CFF; - les normes sur la protection incendie; - le BIM (netzwerk digital NwD); - le règlement SIA 101 concernant les pres- tations du maître de l’ouvrage; - la mise en consultation SIA de la révision de l’AIMP et de la LMP; - le projet «La Suisse 2050 – Territoires et Ouvrages».

Cet échange bisannuel a suscité des attentes chez certains membres de la SIA. Ceux-cisouhaitent,entreautres,qu’ellemène des négociations avec les CFF, par exemple sur les questions ayant trait aux honoraires. Et des voix critiques s’élèvent, qui déplorent un manque d’engagement: la SIA ne s’inves- tirait pas suffisamment pour défendre les intérêts de ses membres lors de ces réunions au sommet. Manifestement, cette perception s’explique par une formule que les CFF uti- lisent dans certains documents de concours, précisant que la teneur en est, dans les grandes lignes, établie en concertation avec la SIA. Cela signifie qu’un dialogue sur les règles et positionnements a été mené, que les avantages et inconvénients ont été exposés et traitésconjointement,maisquelaSIAnes’est pas prononcée de manière contraignante. Il nous tient à cœur – de même qu’aux CFF – que les membres de la SIA com- prennent l’objectif et l’intérêt de cet échange. Par cet article, j’entends donc en clarifier les tenants et aboutissants.

Programmes de concours standardisés des CFF Pour tous les mandats d’étude paral- lèles et concours qu’ils organisent en Suisse, les CFF s’appuient sur des modèles de programmes. Ceux-ci définissent des prescriptions pour tous les types de pro- cédures, concernant (a) la composition du jury, (b) le calcul de la somme des prix et (c) les modalités relatives aux honoraires. Ces programmes de concours standardi- sés (concours de projets et mandats d’étude parallèles) ont fait l’objet d’intenses discus- sions dans le cadre de la rencontre entre la SIA et les CFF. Ces derniers se sont confor- més aux recommandations de la SIA sur de nombreux points, adaptant leurs modèles en conséquence. Concernant le contenu, CFF Immobilier respecte donc, dans une large mesure, les règlements SIA afférents. Si l’on peut regretter qu’elle s’en écarte volontaire- ment sur certains aspects, il faut également soulignerquelaconformitéSIAnerelèvepas de l’obligation.

Voici les écarts les plus notables: 1. Etablissement des conditions des hono- raires - Les facteurs (n) degré de difficulté, (r) facteur d’ajustement, (i) facteur de groupe, (s) facteur pour prestations spé- ciales, sont consignés dans le programme de concours en accord avec le jury. - Dépendant du marché, le taux horaire est proposé par les concepteurs. - La mission globale de coordination assu- rée par le planificateur général est rému- nérée séparément. La rémunération se monte à 3% de l’honoraire perçu par l’ar- chitecte.

2. Réduction des coûts d’ouvrage détermi- nant le temps nécessaire Les coûts d’ouvrage déterminant le temps nécessaire sont réduits lorsque la respon- sabilitéestpartiellementassuméeparunspé- cialiste. Ces coûts sont imputés comme suit: - 100% si la responsabilité pour les études, les délais et les coûts est intégrale- ment endossée par l’architecte, sans le concoursd’unconcepteurspécialisé(sauf ingénieur civil); - 67% si la responsabilité pour les études, les délais et les coûts est endossée par l’architecte avec le concours d’un concep- teur spécialisé; - 33% si la responsabilité pour les études, Un projet de longue haleine alliant modernité et durabilité: la gare de Zurich Oerlikon, primée dans le cadre de la distinction Umsicht – Regards – Sguardi 2017. (Photo René Dürr)

urbanisme 34 Tracés 10/2017 Pages SIA 34 Tracés 10/2017 les délais et les coûts est endossée par le concepteur spécialisé, la coordination étant assurée par l’architecte; - 0 % si la responsabilité pour les études, les délais et les coûts est endossée par le concepteur spécialisé ou en l’absence de ce type de tâches. 3. Cession des droits d’auteur Le droit moral de l’auteur appartient aux concepteurs. Au demeurant, l’ensemble des droits sur les résultats du mandat d’étude parallèle ou du concours est cédé aux CFF. S’il n’est pas donné suite au projet sélec- tionné–ousiuntelmandatestdissousavant l’achèvement de l’avant-projet – l’équipe de concepteursrecommandéepourlapoursuite des études (les exceptions sont mentionnées dans la documentation afférente) perçoit en général un dédommagement pour les droits ayant déjà été cédés conformément à l’art. 27 SIA 142, dans la mesure où le projet de l’équipe de concepteurs concernée est pour- suivi avec des tiers.

4. Levée de l’anonymat dans la deuxième phase de concours Enfonctionduprojet,lesCFFchoisissent l’une de leurs procédures de concours stan- dardisées. Outre les concours de projets anonymes à un degré et les concours por- tant sur les études et la réalisation, les CFF organisent fréquemment des concours de projets à deux degrés. Une fois la déci- sion du jury prononcée à l’issue du premier degré, les enveloppes sont ouvertes et l’iden- tité des concepteurs dévoilée. La levée de l’anonymat au second degré doit permettre d’engager un dialogue en vue d’identifier les solutions présentant le meilleur équilibre entre contraintes économiques et qualité architecturale.

Cet échange très constructif avec les CFF est appelé à être poursuivi. Depuis mai 2017, lesrésultatsdecedialogueserontpubliésdans leblog«Coupdepioche»surwww.cff-immobi- lier.ch/blog. N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques et suggestions! Hans-Georg Bächtold, ing. for. dipl. EPF/SIA – urbaniste-aménagiste EPF/NDS, directeur de la SIA; hans-georg.baechtold@sia.ch Message du Conseil fédéral concernant le droit des marchés publics LaSIAsoutientleprojetderévisiondelaloi fédérale sur les marchés publics (P-LMP): au final, les avantages l’emportent.

Dans le cadre de la lutte contre la cor- ruption, l’Organisation mondiale du com- merce (OMC) a adopté, le 30 mars 2012, le texte révisé de l’Accord plurilatéral sur les marchés publics. La Suisse en transpose actuellement les modifications dans sa législation et le message du Conseil fédéral daté du 15 février dernier a lancé la procé- dure parlementaire nécessaire à cette fin. A la suite de la tentative de révision avortée en 2009, l’occasion se présente donc à nouveau de moderniser les lois régissant la passa- tion des marchés et de mettre un terme à la diversité réglementaire en vigueur. Si les voix critiques à propos du message du Conseil fédéral ne manquent pas, une majorité reconnaît toutefois le bien-fondé d’une harmonisation longtemps espérée des disparités entre régulations canto- nales et fédérale, ainsi que certains progrès réels, telles les précisions légales encadrant l’organisation de concours portant sur les études et la réalisation ou les règles appli- cables aux registres et contrats-cadres.

De même, la question de la légitimité du dialogue – et donc du statut légal du man- dat d’études parallèles, très apprécié dans la pratique – trouve une réponse univoque dans le nouvel article 24 de la P-LMP. L’«offre économiquement la plus avanta- geuse» l’emporte Les professionnels des études pour la construction déploreront en revanche que l’on manque une occasion importante de favoriser l’économie publique en ne donnant pas la préséance à la concurrence qualita- tive sur celle fondée sur le prix. Le P-LMP ne réalise en effet pas ce changement de perspective, comme le confirme indiscu- tablement l’article 41 « Adjudication » : le marché est adjugé à l’offre « économique- ment la plus avantageuse» et non, selon le vœu expressément émis par tous les profes- sionnels concernés, à la plus «profitable ». Les autorités ne semblent donc toujours pas réaliser que le concepteur le meilleur marché représente rarement le choix le plus rentable à long terme. De même, dans les prescriptions encadrant la récusation, la SIA regrette toujours l’absence d’une disposition opérationnelle en lien avec le concours de projets.

Inutile de le nier : on chercherait en vain dans le projet de loi fédérale sur les marchés publics (P-LMP) les traces du triple accord porté par la branche des études, selon lequel les prestations de nature intellectuelle appellent des procédures d’acquisition particulières, qui impliquent à leur tour les règlements de la SIA sur les concours d’études, sur les mandats d’études parallèles et sur les appels d’offres de prestations.

Prédominance d’intérêts particuliers Face à un texte foisonnant, la déception est également de mise chez les partisans de la règle anglo-saxonne du « One-In and Two-Out », voulant que pour toute nouvelle réglementation, on en abolisse deux autres. Or, on ne saurait négliger les craintes liées à une nouvelle augmentation des coûts de régulation. Le risque existe en effet, qu’après l’épi- sode de 2005, un tir de barrage nourri par des intérêts particuliers ne fasse une nou- velle fois capoter la révision. De concert avec l’Alliance pour des marchés publics progressistes (www.afoeb-ampp.ch) ainsi que constructionsuisse, la SIA soutiendra donc fermement le projet de loi. Mais non sans avoir dûment attiré l’attention des commissions parlementaires préparatoires sur le fort potentiel d’améliorations encore en jeu : il ne s’agit en l’occurrence nullement d’assurer les prébendes de nos membres, mais un environnement bâti dans lequel nous aurons encore plaisir à vivre en 2050. Et même si les efforts de la SIA portent leurs fruits, il ne faut pas oublier que la pas- sation des marchés est, à côté du cadre légal, régie par la culture et les habitudes locales en la matière. Or, là aussi, il reste beaucoup à faire et, après la révision, la SIA devra continuer à batailler pour les ordonnances correspondantes et leur mise en pratique. Denis Raschpichler, arch. dipl. EPF, chargé de la passation des marchés au sein de la SIA; denis.raschpichler@sia.ch Sion rejoint Swiss Squares Depuis fin mars, l’application Swiss Squares de la SIA inclut Sion, première ville romande représentée par 15 places. Au travers de l’application, il est possible de suivre l’évolution urbaine de Sion, qui « se transforme chaque jour en une nouvelle réalité, un nouveau rêve », selon les propos de l’urbaniste Lionel Tudisco à l’occasion du lancement de cette version étendue. Pour en savoir plus : www.sia.ch/fr/actuel/swiss- squares (SIA)

Bains urbains 35 Tracés 10/2017 Pages SIA 35 Tracés 10/2017 Arbitrage et construction: la nouvelle SIA 150 12 juin 2017, Lausanne, 16h00 – 19h00 Informations et inscription: www.sia.ch/form/AEC01-17 Finance pour les architectes et les ingénieurs 15 juin 2017, Lausanne, 13h00 – 17h00 Informations et inscription: www.sia.ch/form/FF16-17 Eco-bau: Optimisation de la planification selon les critères eco-bau (travail pratique) 22 juin 2017, Lausanne, 9h00 – 17h00 Informations et inscription: www.sia.ch/form/ecobau17-17 sia online form nouveau contrat de travail individuel disponible et proposition d’Un congé paternité de dix jours La Suisse continue à bénéficier d’un droit du travail libéral et un contrat de travail n’exigepasobligatoirementlaformeécrite. On n’en recommande pas moins vivement le nouveau modèle de contrat individuel de travail qui ménage encore une marge de manœuvre appréciable. Seuls les contrats d’apprentissage ou les contratsavecdestravailleursdepassage,ainsi que ceux fixant des conditions spéciales telles que la prolongation du temps d’essai, le renon- cement au salaire en cas d’heures supplémen- taires ou des prohibitions de concurrence sont soumis à la forme écrite. L’art. 330b du code desobligations(CO)exigeuniquementdel’em- ployeurqu’ilinformeparécritletravailleursur certains éléments du contrat individuel de tra- vail,notammentlenomdesparties,lafonction du travailleur, le salaire et la durée hebdoma- daire du travail. Il n’en est pas moins recom- mandé de conclure les contrats de travail par écrit,carlelégislateurlaisseunegrandemarge demanœuvreauxpartiesetlaloinecouvrepas tous les cas. La précédente version du contrat individuel de travail SIA et le document expli- catifcorrespondantdataientde2007.Avecl’in- troduction du code de procédure civile suisse en2011etlesmodificationsdurégimedesallo- cationspourpertedegain,lemodèledecontrat de la SIA nécessitait diverses adaptations afin de rétablir la cohérence avec les dispositions légales en vigueur. On a en outre profité de la révision pour moderniser la formulation du contrat et éliminer des ambiguïtés fréquem- ment signalées.

Nouveautésetadaptationsessentiellesdu document contractuel SIA 1031: - la structuration s’aligne sur la systéma- tique adoptée par la loi; - le montant des allocations pour perte de gain en cas de service militaire ne dis- tingueplusentreastreintscélibatairesou mariés, avec ou sans charges d’entretien; - lesdélaisderésiliationsontprécisésdans le texte avec les délais maximaux autori- sés par la loi; - la clause de règlement des litiges suit les règles du nouveau code de procédure civile suisse; - la réglementation des indemnités de départ selon les articles 339 b-d CO a pu être abandonnée; - lesdispositionssurlesabsencesdecourte durée (article 12) selon l’article 329 CO ont été adaptées sur deux points. D’une part, la recommandation concernant le congé à accorder en cas de décès dans la famille a été portée de « jusqu’à deux » à « jusqu’à trois » jours et, d’autre part, la durée du congé pour la naissance d’un enfant de l’épouse passe de « un jour » à « jusqu’à dix jours ». L’employeur peut aussi accorder ces jours de congé à un employé non marié - mais ce n’est pas une disposition automatique. De même, l’em- ployeur demeure libre de fixer d’autres durées, également plus courtes. Cette prolongation du congé lors d’une naissance a été adoptée après examen des dispositifs aujourd’hui répandus. Ceux-ci vont de un à trente jours ; l’administration fédérale accorde par exemple dix jours. La décision de prévoir également jusqu’à dix jours dans le modèle de contrat a encore été motivée par le fait que, conformément à l’article2al.4desstatutsSIA100,laSIAveut affûter la perception de l’égalité des sexes, afin de modifier les représentations cultu- relles en vigueur dans le monde du travail et dans les établissements de formation, et s’engager pour l’égalité des chances dans les domaines économique et scientifique, ainsi quepourlacompatibilitéentreparcourspro- fessionnel et vie familiale.

Les explications SIA 1030 ont été retra- vaillées et plus clairement formulées. Le texte va sciemment au-delà des dispositions particulières au contrat individuel de travail SIA 1031 en répondant également à des ques- tionsrelevantducontratindividueldetravail selon le code des obligations. Les deux docu- ments sont harmonisés et applicables depuis le 1er janvier 2017. Beat Flach, juriste MLaw, SIA-Droit; beat.flach@ sia.ch Congrès UIA 2017 à Séoul Depuis 1948, des architectes du monde entier se réunissent à l’occasion du congrès triennal de l’Union internationale des archi- tectes (UIA). En 2017, il se tiendra du 3 au 7 septembre à Séoul, la capitale sud-coréenne. Au travers de son thème directeur, «L’âme d’une ville», l’accent sera mis sur les espaces urbains en tant que lieux de vie et d’habitation. La Suisse est représentée par la CSA (Conférence suisse des architectes) au seindel’UIAetdétientunsiègeàl’Assemblée générale pour le triennat 2014-2017.

En sa qualité de co-directrice de la com- mission des concours internationaux de l’UIA, l’architecte bernoise Regina Gonthier présentera l’histoire des concours UIA et le nouveau guide UIA des concours. Interviendront également les architectes Dominique Perrault, professeur à Lausanne, WinyMaas(MVRDV)etl’architectejaponais Kengo Kuma. La date limite de participation auconcoursd’idéesinternationalpourlesétu- diantsendesignetarchitectureestfixéeau31 mai 2017.

Vous trouverez de plus amples informa- tions sur le programme du congrès sur www. uia2017seoul.org/default_f.asp ainsi que sur le site de l’UIA www.uia-architectes.org. (SIA) Consultation projet de norme prSIA 281 La SIA met en consultation le projet de norme prSIA 281 Lés d’étanchéité – Lés d’étanchéité en matière synthétique, ben- tonitique et bitume. Le projet de norme est disponible sur le site internet de la SIA www.sia.ch/consulta- tions. Nous vous prions de nous transmettre vos prises de position jusqu’au 9 juin 2017 à l’adresse VL281@sia.ch au moyen du formu- laire électronique, disponible à cette même adresse, car nous ne pouvons malheureu- sement pas prendre en considération celles nous parvenant sous une autre forme (lettre, documents pdf).

Giuseppe Martino, responsable du service Normes de la SIA; giuseppe.martino@sia.ch Le contrat individuel de travail SIA et les explications correspondantes sont en vente sur la boutique en ligne de la SIA. Le contrat n’est disponible que sous forme papier (20 francs) et les explications en version impri- mée ou numérique (35 francs). www.shop.sia.ch

urbanisme 36 Tracés 10/2017 Cette rubrique est destinée à informer nos lecteurs des concours orga- nisés selon le règlement SIA 142 ou UIA. Les informations qu’elle contient ne font pas foi sur le plan juridique. Pour tout renseignement, prière de consulter les sites www.konkurado.ch et www.sia.ch/142i. Les résultats des concours importants sont présentés sur www.espazium.ch. concours 36 Tracés 10/2017 Date reddition Sujet Organisateur et renseignements Procédure 19.06.2017 (inscription) 30.06.2017 (rendu) Europan 14, Kriens Europan Suisse Concours d’idées 19.06.2017 (rendu) Nouveau bâtiment pour le siège de l’UIT à Genève Baron et Chevalley Architectes Sàrl Rue de la Gare 38 CH – 1260 Nyon itucompetition@bc-a.ch Concours de projets Procédure ouverte 05.07.2017 (rendu) Nouveau Riqualificazione del Centro Piacentiniano Comune di Bergamo Piazza Matteotti 27 IT – 24122 Bergamo www.concorsobergamo.it Concours de projets Procédure ouverte 07.07.2017 (plans) 21.07.2017 (maquette) Bâtiment de restauration et de conférence Agroscope, Posieux Office fédéral des constructions et de la logistique Fellerstrasse 21 CH – 3003 Berne Concours de projets Procédure ouverte 20.07.2017 (plans) 09.08.2017 (maquette) Morges, complexe scolaire et culturel de Beausobre: nouvel espace polyvalent (B-V) et aménagements extérieurs Irbis Consulting SA Rue des Vignerons 1A CH – 1110 Morges beausobre@irbisconsulting.ch Concours de projets Procédure ouverte 04.08.2017 (plans) 18.08.2017 (maquette) Nouveau Téléphérique Chalais-Vercorin Bureau d’ingénieurs Simon Crettaz SA Av. du Rothorn 11 CH – 3960 Sierre simon.crettaz@ingsc.ch Concours de projets Procédure ouverte 01.09.2017 (rendu) Nouveau cycle d’orientation à Vernier sur le site de Balexert en remplacement du cycle du Renard Serafin Architectes Associés Rue de Genève 122 CH – 1226 Thônex info@serafinarchitectes.ch Concours de projets Procédure ouverte 02.10.2017 (plans) 16.10.2017 (maquette) Concours Museum d’histoire naturelle (M199TIC) mandat d’architecte Département de l’aménagement et des constructions – Unité Soumissions Rue de l’Hôtel-de-Ville 4, CP 3983 CH – 1211 Genève concours.dca@ville-ge.ch Concours de projets Procédure ouverte

37 Tracés 10/2017 offres d’emploi Master of Advanced Studies MAS EDD-BAT Energie et développement durable dans l’environnement bâti Août 2017 Nouvelle édition du MAS EDD-BAT CAS NB Introduction à l’énergie et au développement durable dans l’environnement bâti : Notions de base Informations et inscription www.mas-eddbat.ch Tél. 024 557 73 57 Injections simples et rapides: Surélévation de bâtiments / Relèvement de bâtiments / Stabilisation des fondations / Consolidation du sous-sol Fissures? Tassements? URETEK offre une solution durable Offre gratuite: URETEK Schweiz AG 6052 Hergiswil Tél. 041 676 00 80 www.uretek.ch - uretek@uretek.ch Route Sainte-Thérèse 2, 1700 Fribourg Dernière surface commerciale ~257 m² Idéale pour des bureaux, cabinet médical etc. Aménagée, avec possibilité de modifications A proximité du centre, transports publics et autoroute A12 Parkings privé et public Libre dès le 01.09.2017 Wincasa SA, Fribourg 026 404 62 01 justine.richard@wincasa.ch www.wincasa.ch

38 TRAcés Bulletin technique de la Suisse romande Revue fondée en 1875, paraît tous les quinze jours. Rédaction Rue de Bassenges 4, 1024 Ecublens, tél. 021 693 20 98, CCP 80-6110-6, www.espazium.ch Editeur espazium – Les éditions de la culture du bâti, Staffelstrasse 12, 8045 Zurich, tél. 044 380 21 55, verlag@espazium.ch Martin Heller, président ; Katharina Schober, directrice ; Hedi Knöpfel, assistante de direction Régie des annonces Zürichsee Werbe AG, Seestrasse 86, 8712 Stäfa, tél. 044 928 56 11 | Régie des annonces en Suisse romande : Inédit ­ P ublications SA, Avenue Edouard Dapples 7, 1006 Lausanne. Serge Bornand, tél. 021 695 95 95 Organe de la sia Société suisse des ingénieurs et des architectes www.sia.ch Associations partenaires Fondation ACUBE, Association des diplômés de l’EPFL www.epflalumni.ch/fr/pretws-dhonneur ; ETH Alumni, Anciens élèves de l’EPFZ www.alumni.ethz.ch ; USIC, Union suisse des ingénieurs-conseils www.usic-engineers.ch ; FAS, Fédération des architectes suisses www.architekten-bsa.ch Rédaction et édition Rédacteur en chef : Christophe Catsaros, mas.

phil. Paris X | Rédactrice en chef adjointe : Stéphanie Sonnette, urbaniste Paris XII | Rédacteurs : Mounir Ayoub, architecte | Marc Frochaux, Lic. Phil. UNIL ; M.Sc. Arch. ETH | Philippe Morel, lic. ès sciences UNINE | Directeur et responsable éditorial espazium.ch : Cedric van der Poel, lic. phil. UNINE, MAS urbanisme UNIL | Tous les rédacteurs peuvent être atteints par email : prénom.nom de famille@revue-traces.ch Mise en page / design graphique : Valérie Bovay, bachelor of arts HES-SO en communication visuelle Rédacteur web : Yony Santos, architecte Rédaction des pages SIA : Rahel Uster, rahel.uster@sia.ch et Barbara Ehrensperger, barbara.ehrensperger@sia.ch Conseil éditorial Eugen Brühwiler, dr ing. civil, prof. EPFL ; Lorette Coen, essayiste, journaliste, Le Temps ; Elena Cogato Lanza, arch, prof. EPFL ; Daniel de Roulet, romancier ; Blaise Fleury, ing.

civil dipl. EPFL ; Eric Frei, architecte ; Christophe Guignard, architecte EPF, prof. ECAL ; Nikola Jankovic, architecte, directeur des éditions B2 ; Cyril Veillon, directeur d’Archi- zoom ; Pierre Veya, rédacteur en chef adjoint en charge de l’économie Le Matin Dimanche. Maquette Atelier Poisson www.atelierpoisson.ch | Lettrines et illustrations Bruno Souêtre www.brunosouetre.net Adaptation de la maquette Valérie Bovay Impression Stämpfli Publikationen AG, cp 8326, 3001 Berne, www.staempfli.com Paraîssent chez le même éditeur TEC21, Staffelstrasse 12, cp 1267, 8021 Zurich, www.espazium.ch ARCHI, Via Cantonale 15, 6900 Lugano, www.espazium.ch. TRACÉS, Archi et TEC21 sont les organes officiels de la SIA. Abonnements www.espazium.ch/traces/sabonner Vente numéros isolés Fr.

12.– (port en sus), Stämpfli Publikationen AG, tél. 031 300 62 54 En librairie Lausanne : La Fontaine (EPFL) ; Genève : Archigraphy ; Paris : Librairie Archibooks Changement d’adresse pour membres SIA SIA-SG, Selnaustrasse 16, cp 1884, 8027 Zurich, tél. 044 283 15 15, fax 044 283 15 16, mutationen@sia.ch Tirage REMP Tirage diffusé : 3690 dont 102 gratuits (ISSN 0251-0979) Toute reproduction du texte et des illustrations n’est autorisée qu’avec l’accord de la rédaction et l’indication de la source. agenda 22.05 / 19:00 conférence Peter Märkli Architecte, Zurich Centre Pompidou, Paris www.ccsparis.com 10.06 / 10:00-17:00 Journée portes ouvertes SOLAR DECATHLON NeighborHub prêt à partir aux USA smart living lab, Halle bleue site de blueFACTORY, Fribourg www.swiss-living-challenge.ch 30.05 / 18:30 conférence Esch Sintzel Architecte, Zurich Forum d’architecture, Fribourg www.fri-archi.ch 22.05 / 18:00 conférence Trouble with Classicists Leon Krier, architecte Archizoom, EPFL www.archizoom.epfl.ch 12.06 / 17:30-19:00 conférence LUCA SELVA HEIA-FR, Fribourg www.heia-fr.ch 23.05 / 12:15 conférence IVAN VUARAMBON Architecte, Genève hepia, Genève hepia.hesge.ch En mai et juin VISITES ARCHITECTURALES SIA Genève et Vaud www.ge.sia.ch www.vd.sia.ch Jusqu’au 03.06 EXPOSITION DISCREET VIOLENCE Architecture and the French War in Algeria gta Ausstellungen, ETH Zurich www.gta.arch.ethz.ch Jusqu’au 20.08 EXPOSITION Mudun Urban Cultures in Transit Vitra Design Museum, Weil am Rhein www.design-museum.de Jusqu’au 18.06 EXPOSITION LIGNES DE FORCES, CARMEN PERRIN Pavillon Sicli, Genève www.pavillonsicli.ch 31.05–01.10 EXPOSITION MIROIR MIROIR mudac, Lausanne www.mudac.ch Jusqu’au 08.06 EXPOSITION Junzô Sakakura – Une architecture pour l’homme Maison de la Culture du Japon à Paris www.mcjp.fr Jusqu’au 01.10 EXPOSITION SHELTER IS NOT ENOUGH Heimatschutz Zentrum, Zurich www.heimatschutzzentrum.ch © Markus Elblaus Jusqu’au 20.08 EXPOSITION MUSÉES DU XXIe SIÈCLE.

VISIONS, AMBITIONS, DÉFIS Musée d’art et d’histoire, Genève www.institutions.ville-geneve.ch/ fr/mah Jusqu’au 06.08 EXPOSITION RÉPARATIONS Frac Centre, Orléans www.frac-centre.fr 02-03.06 CONFéRENCES ARCHITECTURE & WARS GTA Institut – ETH Zurich www.gta.arch.ethz.ch Jusqu’au 30.09 2018 EXPOSITION PLOUF ! UNE HISTOIRE DE LA BAIGNADE DANS LE LÉMAN Musée du Léman, Nyon www.museeduleman.ch

39 Tracés 10/2017 Fischer Rista AG Logiciel de poinçonnement FIDECA® Le calcul et la vérification de l’action de poinçon- nement sont très complexes, les planificateurs dépendent donc des logiciels de mesure effi- caces. Le logiciel de poinçonnement FIDECA® de Fischer Rista AG fournit une solution pratique pour le système de poinçonnement de paniers FIDECA®. Dans les zones de dalles plates et de fondations, le logiciel convivial permet un dimensionnement des paniers et des têtes en acier. Pour les sup- ports intérieurs, même des charges très élevées sont transférées en toute sécurité par le choix de l’article d’écart SIA-04. Le calcul de la capa- cité de charge accrue est basé sur un récent rapport publié en décembre 2016 par le profes- seur Muttoni/EPFL. Outre les piliers intérieurs, les têtes en acier sont accessibles même à partir de colonnes de bords, de poteaux d’angle et/ou d’ex- trémités de murs. Le logiciel peut être téléchargé sous www.fischer-rista.ch.

Fischer Rista AG www.fischer-rista.ch Bürli ag Aire de jeux innovante: la rencontre entre l’acier et le robinier Le bois de robinier confère aux équipements des aires de jeux leur individualité et les rend chaleureux. L’acier possède d’excellentes pro- priétés statiques et séduit par son incroyable résistance. Pour la première fois sur le salon de la construction Swissbau 2016, Bürli présentait une installation de jeux composée à la fois de parties en bois de robinier et de poteaux en acier. Les possibilités de combiner escalade, équilibre, glissade et découverte sont illimitées. Il s’agit d’une aire de jeux non seulement intéressante et variée, mais également naturelle et unique en son genre. Longue durée de vie garantie avec un entretien minime.

Bürli ag www.buerliag.com BG Ingénieurs Conseils SA Une expertise réputée au service de tous les bâtisseurs Croissance de la population. Urbanisation. Besoins en énergie et en mobilité. Pressions sur les res- sources naturelles et le territoire. Croissance des risques naturels et anthropiques. Obsolescence des infrastructures. Le développement de nos sociétés pose des problèmes de plus en plus vastes. Leur apporter des réponses claires néces- site une approche systémique, des compétences multidisciplinaires, de la créativité et une grande maîtrise de la complexité – autant d’atouts qui font la réputation de BG.

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