Employabilité des diplômés issus du Bachelor en Gestion de l'Université du Luxembourg - FORMATION CONTINUE RECHERCHE APPLIQUÉE OUTILS ...
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• FORMATION CONTINUE • RECHERCHE APPLIQUÉE • OUTILS PÉDAGOGIQUES
Employabilité
des diplômés issus du
Bachelor en Gestion
de l’Université du
Luxembourg
1TABLE DES MATIÈRES
PRÉAMBULE ....................................................................................................................................................................................... 4
PREMIÈRE PARTIE :
ÉTUDE QUANTITATIVE ................................................................................................................................................... 9
1. OBJECTIFS ........................................................................................................................................................................... 9
2. MÉTHODE ............................................................................................................................................................................ 9
2.1 POPULATION ...................................................................................................................................................................... 9
2.2 OUTIL .................................................................................................................................................................................... 9
2.3 PROTOCOLE ...................................................................................................................................................................... 10
3. RÉSULTATS ........................................................................................................................................................................ 10
3.1 TAUX DE PARTICIPATION ........................................................................................................................................... 10
3.2 CARACTÉRISTIQUES SOCIO-DÉMOGRAPHIQUES .......................................................................................... 11
3.3 PARCOURS ANTÉRIEUR AUX ÉTUDES DE BACHELOR PROFESSIONNEL EN GESTION .................... 12
3.4 EXPÉRIENCE DES ÉTUDES DE BACHELOR PROFESSIONNEL EN GESTION ........................................... 14
3.5 PREMIER EMPLOI APRÈS L’OBTENTION DU BACHELOR PROFESSIONNEL EN GESTION .............. 18
4. LIMITES ............................................................................................................................................................................ 23
SECONDE PARTIE :
ÉTUDE QUALITATIVE .................................................................................................................................................... 42
1.1. RAPPEL DU CONTEXTE ET DES OBJECTIFS DU PROJET ............................................................................... 25
1.2. MÉTHODOLOGIE APPLIQUÉE ................................................................................................................................... 25
2. RÉSULTATS DES ENTRETIENS QUALITATIFS ...................................................................................................... 28
2.1. ENTRETIENS RÉALISÉS AUPRÈS DES EMPLOYEURS ....................................................................................... 28
2.2. ENTRETIENS RÉALISÉS AUPRÈS DES DIPLÔMÉS ............................................................................................. 31
2.3. BACHELOR PROFESSIONNEL EN GESTION ET FORMATION CONTINUE .............................................. 35
3. CONCLUSIONS ............................................................................................................................................................... 38
3.1. PRINCIPALES PISTES DE RÉFLEXION .................................................................................................................... 38
3.2. PISTEDERÉFLEXIONCOMPLÉMENTAIRES........................................................................................................40
TROISIÈME PARTIE :
POUR ALLER PLUS LOIN ............................................................................................................................................... 42
ANNEXE : QUESTIONNAIRE DE L’ÉTUDE QUANTITATIVE ........................................................................................ 46
CONTACT : ...................................................................................................................................................................................... 54
3PRÉAMBULE
Ce rapport rend compte des travaux menés dans le cadre de l'étude de l'employabilité des diplômés
issus du Bachelor en Gestion (professionnel) de l'Université du Luxembourg réalisé en 2012/2013.
L’étude est le fruit d'un partenariat entre l'Université du Luxembourg (UL) et l'Institut Universitaire
International Luxembourg (IUIL) et a été rendue possible grâce au soutien du Fonds Social Européen
et du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche. Une collaboration avec Deloitte
Luxembourg pour l’étude qualitative s’est mise en œuvre.
Rappel du contexte
Pour l’ensemble des curricula de formations qu’elle propose, l’Université du Luxembourg souhaite
davantage connaître l’employabilité de ses diplômés, la notoriété de ses formations auprès des
recruteurs (cabinets de recrutement et employeurs), l’adéquation entre les contenus des cours, les
besoins du marché, les attentes sociétales en matière de citoyenneté, le degré de satisfaction des
diplômés et le niveau de recrutement auquel ils accèdent (salaire, degré de responsabilité, niveau
hiérarchique, etc.).
De plus, l’Université du Luxembourg a déjà entrepris des démarches visant à intégrer le degré
d’employabilité de ses diplômés dans la réalisation de ses objectifs et un certain nombre d’actions
concrètes ont déjà été mises en place.
L’Université du Luxembourg a inscrit ce projet dans son plan quadriennal 2010-2013. Il fait partie
du système d’indicateurs de performance et reflète à part entière la volonté politique « d’accroître
le pourcentage des diplômés de l’enseignement supérieur et d’impliquer davantage les milieux
professionnels dans la définition des objectifs de formation, permettant ainsi d’élargir et d’étoffer
l’offre » de formation initiale et continue.
L'Université du Luxembourg et l'Institut International Luxembourg Universitaire ont convenu de mettre
en commun leurs ressources et leurs compétences dans une convention de coopération afin de réaliser
des études portant sur l'employabilité des diplômés de l'UL.
L’IUIL a déposé une demande en tant que promoteur et a reçu le soutien financier du FSE pour la
conduite de cette étude.
Les objectifs de l'étude
Les travaux poursuivaient une double finalité. D'une part, l’évaluation du taux d’employabilité des
diplômés de l’Université du Luxembourg et leur parcours professionnel dans les entreprises et les
administrations. D'autre part, la recherche des forces et des faiblesses de la formation au regard de son
positionnement sur le marché du travail en lien avec l’estimation de son degré d’employabilité.
Sur un plan plus pratique, les objectifs étaient :
• d’évaluer les bénéfices immédiats de la formation au niveau du recrutement des diplômés et de
mesurer le degré d’insertion sur le marché du travail (par exemple le délai moyen pour trouver un
emploi, le salaire à l’embauche, le nombre de diplômés recrutés, etc.) ;
• de mesurer la valeur ajoutée de la formation pour les diplômés et leurs entreprises respectives dans le
travail quotidien et par rapport au potentiel de développement des diplômés de l’UL à moyen terme
et à long terme ;
4• de connaître l’éventail de perspectives de carrière offertes par la formation ;
• de sonder l’indice de notoriété spécifique de la formation au niveau national, Grande Région et
européen.
La méthodologie et la répartition des rôles
Une double approche méthodologique a été retenue : quantitative et qualitative.
L’approche quantitative avait pour objectifs d’identifier le taux d’employabilité et de récolter des
informations chiffrées sur le parcours professionnel des diplômés et le degré d’insertion des alumnis.
Cette partie quantitative a été pilotée par l’UL, plus particulièrement par le biais de l’unité de recherche
«Integrative Research Unit: Social and Individual Development (INSIDE).
Le Service des Études et de la Vie Étudiante (SEVE) de l’Université du Luxembourg a permis la
constitution des populations d’étudiants à sonder dans le cadre de cette étude. Le questionnaire a
été réalisé conjointement entre les chercheurs d’INSIDE, le SEVE, la direction des études du Bachelor
Professionnel en Gestion et les collaborateurs de l’IUIL. Le traitement des données ainsi que le rapport
de synthèse ont été réalisés par les chercheurs d’INSIDE.
Parallèlement, une enquête qualitative a été réalisée. Une trentaine d’interviews d’anciens étudiants
et d’employeurs a été réalisée. Par le biais d’un appel d’offre, ces entretiens ont été confiés à Deloitte
Luxembourg. L’IUIL s’est chargé de l’appel d’offre, de la sélection du prestataire et de l’attribution
du marché, puis de l’accompagnement du prestataire sélectionné. En cours de réalisation de l’étude
qualitative, plusieurs réunions de travail ont rassemblé les collaborateurs de Deloitte Luxembourg, de
l’UL et de l’IUIL dans le but de fournir aux consultants toutes les informations nécessaires. Les résultats
de ce travail et le rapport qui en résulte constituent la seconde partie de ce document.
Par la suite, un workshop de restitution auquel participaient l’UL, l’IUIL et des représentants
d’entreprises du secteur à savoir Foyer Assurances, Banque Raiffeisen, BGL BNP Paribas, Banque et
Caisse d’Épargne de l’État, et GT Fiduciaires a été organisé. Les principales conclusions de ce workshop
ont directement été incluses dans le rapport de Deloitte.
Les points qui ont suscités le plus d’intérêt lors de ce workshop concernaient :
• l’évaluation des prérequis et le niveau d’exigence du diplôme comme sources d’amélioration.
Lors de la sélection, certains prérequis pourraient être d’emblée évalués en vue d’augmenter la
conscience des étudiants de leurs pistes de développement personnelles. De plus, le niveau du
diplôme pourrait être élevé en évaluant plus la capacité à mettre en pratique les connaissances
acquises ;
• les stages comme source d’acquisition de connaissances pratiques et de terrain. Préciser les objectifs
du stage permettrait de mettre en évidence ses particularités et de les distinguer des stages de
niveau « master » qui recueillent la préférence des employeurs;
• le rapprochement entre les entreprises et le monde académique comme possibilité d’augmenter
les connaissances en actualité économique et comme source de nouvelles initiatives. Par exemple,
des journées en entreprise pourraient être organisées dans le but d’améliorer la connaissance
des métiers et de conscientiser les étudiants de la panoplie existante de débouchés au sein des
différentes entreprises;
• des opportunités de formations complémentaires et continues pour les diplômés du Bachelor
en gestion ont été envisagées comme une réelle nécessité notamment pour des spécialisations
complémentaires ou par la possibilité de parcours individualisés en combinaison avec la VAE.
5Le Bachelor Professionnel en Gestion
Les origines du Bachelor Professionnel en Gestion remontent aux années 80 où un diplôme universitaire
de technologie (DUT) a été créé en matière de gestion. Ce DUT, sous forme de cycle court de deux ans,
qui bénéficiait d’une large reconnaissance dans le monde professionnel, a été remplacé en 2007 par le
Bachelor Professionnel en Gestion positionné dans le cadre de la réforme de Bologne.
Il s’agit maintenant de six semestres à 30 crédits ECTS, comprenant un semestre de mobilité ainsi
qu’un stage. Suite au tronc commun de trois semestres, les étudiants peuvent choisir parmi trois options,
à savoir « entreprises », « banques » ou « assurances ». Environ 80% des cours sont données par des
intervenants externes/professionnels (et 20 % par des intervenants universitaires/académiques).
Le Bachelor Professionnel en Gestion a pour vocation de former des cadres moyens capables de s'insérer
opérationnellement dans les secteurs clés de l'économie luxembourgeoise.
Suite aux données du Centre de Documentation et d’Information sur l’Enseignement Supérieur
(CEDIES) sur les étudiants qui ont obtenu un prêt et une bourse d’études, l’IUIL a réalisé un ranking des
vingt premiers établissements supérieurs fréquentés par les résidents luxembourgeois. Dans le domaine
de l’économie et de la gestion, l’Université se trouve en tête avec 23,2% de résidents luxembourgeois
bénéficiaires d’un soutien financier qui font leurs études de bachelor dans ce domaine à l’Université du
Luxembourg. Cependant, pour les études de Master en économie ou gestion, ce pourcentage diminue de
moitié pour l’UL.
Répartition des étudiants luxembourgeois selon le pays de l’établissement supérieur fréquenté pour
différents domaines d’études.
Sciences
Économie/ Économie/
sociales/ Psychologie
Commerce Commerce Droit (MA)
éducatives (MA)
(BA) (MA)
(BA)
UL 23,2% 19,5% 12,3% 27,9% 8,8%
Luxembourg 23,6% 19,5% 15,7% 30,7% 8,8%
France 16,4% 0% 32,8% 40,7% 13,5%
Belgique 18,0% 68% 14,0% 12,4% 30,8%
Allemagne 11,6% 10,7% 9,7% 5,3% 12,2%
Autres 30,4% 1,8% 27,8% 10,9% 34,7%
Nb de pays 21 5 21 14 12
6Établissements supérieurs fréquentés par les résidents luxembourgeois pour faire un bachelor en
économie ou en gestion. (1543 étudiants / 285 établissements)
Rang Établissement Effectif Effectif % Effectif cumulé
1 Université de Luxembourg 358 23,20% 23,20%
2 Université de Strasbourg 72 4,67% 27,87%
3 Université Libre de Bruxelles 67 4,34% 32,21%
4 Universität Trier 54 3,50% 35,71%
5 Université Catholique de Louvain - UCL 37 2,40% 38,11%
Haute Ecole Catholique du
6 36 2,33% 40,44%
Luxembourg Blaise Pascal ISAT
7 Universität Innsbruck 35 2,27% 42,71%
8 Universität Wien 30 1,94% 44,65%
9 Université de Lausanne 29 1,88% 46,53%
10 Université Montpellier 1 27 1,75% 48,28%
11 Haute Ecole EPHEC-ISAT 26 1,69% 49,97%
Université Robert Schumann -
12 23 1,49% 51,46%
Strasbourg 3
13 Université Nancy 2 22 1,43% 52,88%
14 Université de Lorraine 20 1,30% 54,18%
15 Universiteit Maastricht 19 1,23% 55,41%
16 Wirtschaftsuniversität Wien 18 1,17% 56,68%
Institut Catholique des Hautes Etudes
17 17 1,10% 57,68%
Commerciales
18 Université de Liege 16 1,04% 58,72%
Albert-Ludwigs-Universität Freiburg im
19 13 0,84% 59,56%
Breisgau
29 Universität zu Köln 13 0.84% 60,40%
7PREMIÈRE PARTIE :
ÉTUDE QUANTITATIVE
8PREMIÈRE PARTIE :
ÉTUDE QUANTITATIVE
1. OBJECTIFS
Le volet quantitatif de l’étude employabilité vise quatre objectifs principaux :
• recueillir des données objectives concernant la population des diplômés et leur(s) emploi(s) depuis
l’obtention du diplôme ;
• évaluer la perception des diplômés concernant leurs compétences relatives à l’employabilité et les
acquis universitaires dans ce domaine ;
• obtenir leurs coordonnées et consentement pour un entretien ;
• établir une liste des employeurs (représentative des débouchés effectifs des diplômés du Bachelor en
Gestion) en vue des entretiens du volet qualitatif.
2. MÉTHODE
2.1 Population
La population de l’étude est l’ensemble des personnes ayant obtenu un Bachelor Professionnel en
Gestion (BPG) à l’Université du Luxembourg entre 2008 et 2012.
2.2 Outil
Les données concernant les diplômés ont été recueillies grâce un questionnaire1 en ligne, proposé en
français et en anglais. Ce questionnaire comporte 30 items.
Il est divisé en quatre parties et recueille des informations concernant :
• le parcours personnel (études, diplômes obtenus, expérience professionnelle) ;
• leur expérience du BPG en matière d’employabilité (formation reçue, attitude personnelle) ;
• leur premier emploi après l’obtention du BPG (dans quel délai, type de contrat…) ;
• l’emploi actuel (type de contrat, fonction, tâches, compétences nécessaires, compétences améliorées
durant le BPG…).
Pour chaque question, le participant est invité à choisir parmi les réponses proposées ou si aucune ne
convient à compléter un champ libre.
Les items concernant le vécu de la formation, l’attitude personnelle durant le BPG et les compétences
relatives à l’employabilité se présentent sous forme d’échelle de Likert à 4 modalités de réponse allant
de « pas du tout d’accord » à « tout à fait d’accord » ou de « pas important du tout » à « très important »
auxquelles ont été associés des scores de 1 à 4.
Pour chaque item, un score moyen a été calculé.
1
Cf. annexe
9À l’issue du questionnaire, chaque participant était convié à développer son point de vue sur
l’employabilité des diplômés du Bachelor en Gestion lors d’un entretien qualitatif. Les volontaires
laissaient leurs nom et coordonnées téléphoniques afin que la société Deloitte, chargée de réaliser ce
volet de l’étude, puisse les recontacter.
2.3 Protocole
La liste des diplômés, leurs e-mails personnels ainsi les données relatives à leurs études ont été fournis
par le SEVE (Service des Études et de la Vie Étudiante) sur la base des informations contenues dans
l’ACMÉ (Application Centralisée pour le Management des Étudiants)
Les diplômés ont été informés par mail de l’objet de l’étude et des modalités de participation. Le
message contenait un lien vers le questionnaire et un mot de passe individuel permettant d’accéder aux
questions.
Afin d’améliorer le taux de participation, trois relances ont été effectuées.
3. RÉSULTATS
3.1 Taux de participation
Sur les 429 diplômés entre 2008 et 2012, 387 ont pu être contactés par e-mail (adresse valide) et 51 ont
complété le questionnaire (Tableau 1), soit un taux de participation d’environ 13%. Dix personnes ont
accepté de participer à un entretien qualitatif.
Tableau 1 : répartition des diplômés et des participants par promotion
Promotion Diplômés N = 429 Participants N = 51
2008 37 6
2009 56 8
2010 121 13
2011 95 13
2012 120 11
103.2 Caractéristiques socio-démographiques
Comme l’ensemble des diplômés, les participants sont en grande majorité luxembourgeois (88.2%) et
ont fait leur études secondaires au Luxembourg (70.6%).
Les hommes (61.8%) et les diplômés ayant complété leur cursus en 5 semestres2 sont surreprésentés par
rapport à la population de référence (Tableau 2).
Tableau 2 : comparaison ensemble des diplômés – participants
Diplômés N = 49 Participants N = 51
Sexe :
hommes 217 50,6% 31 61,8%
femmes 212 49,4% 20 39,2%
Nationalité :
luxembourgeoise 378 88,1% 45 88,2%
française 36 8,1% 4 7,8%
belge 8 1,9% 2 3,9%
allemande 7 1,6% 0 0%
dipl. secondaire :
luxembourgeois 311 72,5% 36 70,6%
autres 118 27,5% 15 29,4%
année diplôme :
2008 38 8,8% 6 11,8%
2009 57 13,3% 8 15,7%
2010 121 28,2% 13 25,5%
2011 95 22,1% 13 25,5%
2012 119 27,7% 11 21,6%
Semestres
5 21 4,9% 6 11,8%
6 408 95,1% 45 88,2%
L’âge moyen des participants est de 26.0 ans (min. 21; max. 64; SD 7.0) contre 24.8 ans (min. 20; max.
64; SD 4.3) pour l’ensemble des diplômés, mais la différence n’est pas statistiquement significative.
2
Dispense en raison d’une expérience professionnelle dans le domaine du Bachelor
113.3 Parcours antérieur aux études de Bachelor Professionnel en Gestion
Près d’un tiers des enquêtés (18/51) étaient titulaires d’un diplôme universitaire lors de l’inscription dans
ce Bachelor (Tableau 3). La moitié d’entre eux a obtenu ce diplôme à l’Université du Luxembourg.
Le domaine des études universitaires est majoritairement gestion ou management (15/18). Le BPG
apparaît alors comme complémentaire d’une formation académique (5/18) ou encore comme la
validation d’un diplôme reconnu dans le cadre du processus de Bologne (7/18)3.
Près de 40% des participants (20/51) déclarent avoir interrompu un cursus universitaire avant
l’obtention du diplôme visé (Tableau 4).
La plupart étaient inscrits dans des formations touchant à l’économie (12/20), le plus souvent de type
académique.
Tableau 3 : domaines des diplômes obtenus avant l’inscription en BPG
Domaine ou intitulé
Université Effectif N = 18
du diplôme obtenu
Bachelor en sciences
économiques et de gestion Université de Luxembourg 5
(académique)
DUT gestion des entreprises Université du Luxembourg 5
Management Nancy 1 1
Business administration American college 1
Business management 1
DUT gestion des entreprises
Metz 2
Administrations
Ingénierie Agroparistech 1
Technique IUT Cergy-Pontoise 1
Lettres Paris 3 1
3
Dans la classification européenne, les diplômes niveau bac+2 (type DUT) ne sont plus répertoriés.
12Tableau 4 : formations universitaires interrompues par les enquêtés
Domaine ou intitulé
Université Effectif N = 20
du diplôme obtenu
Bachelor académique en économie Université de Luxembourg 4
Administration Économique et Sociale Metz, Strasbourg, Reims 3
Ulg (Liège), centre universitaire
Économie / Sciences économiques 3
du Luxembourg
ICHEC (Brussels Management
Gestion d’entreprises 1
School, Bruxelles)
IAE (Institut d’Administration
Marketing 1
des Entreprises, Metz)
Droit Université du Luxembourg 1
Informatique Ulg (Liège) 1
Bachelier en mathématiques Université Libre de Bruxelles 1
Sciences pharmaceutiques Université Libre de Bruxelles 1
HEBP (Haute École Blaise Pascal,
Pédagogie 2
Belgique)
Éducatrice graduée Université du Luxembourg 1
Un enquêté sur cinq (10/51) avait exercé une activité professionnelle avant d’engager le BPG, et ce
pendant une période allant de 2 à 20 ans. Par ailleurs, un quart (12/51) des diplômés interrogés disent
avoir travaillé durant leurs études alors que, selon les enseignants, aucune disposition n’est prévue à cet
effet.
La formation semble donc autoriser une grande liberté dans l’organisation de son parcours
d’apprentissage et ainsi encourager l’autonomie.
Le choix du BPG (Figure 1) a été guidé par l’intérêt pour le sujet ou l’intitulé des études (respectivement
76% (39/51) et 24% (12/51) des enquêtés), ou encore en vue d’obtenir un emploi précis (37% - 19/51).
La volonté d’obtenir un diplôme qui permet d’envisager un emploi « bien payé » (18% - 9/51),
l’opportunité de venir ou de rester au Luxembourg sont également des déterminants de cette décision
(20% - 10/51). Certains participants soulignent en outre qu’un DUT « n’a plus de valeur » et qu’ils
désiraient « avoir un diplôme selon les critères de Bologne ».
D’autres voulaient valider les compétences acquises au long de leur expérience professionnelle.
13Figure 1 : déterminants du choix du Bachelor Professionnel en Gestion
Parce que je n’ai pas pu m’inscrire dans l’université/la formation qui était mon premier choix
Pour venir au Luxembourg
Un enseignant/un conseiller d’orientation m’a conseillé cette formation
Sur les conseils de ma famille ou de mes amis
Cette formation a une bonne réputation
Parce que je voulais faire un master
Je voulais un emploi bien payé
Pour rester au Luxembourg
J’ai été attiré par l’intitulé du diplôme
Je voulais un emploi précis en lien avec le diplôme
J’étais intéressé par le sujet
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
3.4 Expérience des études de Bachelor Professionnel en Gestion
Parmi les trois options proposées (Figure 2), c’est gestion des entreprises qui remporte le plus de
suffrages (30/51), suivi gestion des banques (19/51), le choix de gestion des assurances restant
confidentiel (2/51).
Figure 2 : choix de l’option dans le cadre du Bachelor en Gestion
35
30
25
20
15
10
5
0
gestion des entreprises gestion des banques gestion des assurances
Globalement les enquêtés ont une vision positive de la manière dont la formation les prépare à la vie
active (Figure 3 – Tableau 5).
Durant les études, ils estiment avoir acquis des compétences utiles dans leur vie professionnelle (3.16/4).
Les enseignants accordent de l’attention aux étudiants (2.8/4) et développent des méthodes de travail
qui encouragent la participation des étudiants (2.94). Le seul bémol réside dans les échanges au sujet
des opportunités d’emploi à l’issue du BPG (Tableau 5).
14Le stage est l’élément évalué le plus positivement (3.53/4) ; il permet d’explorer un domaine d’activité
précis, de mettre en application les connaissances acquises à l’Université, permet de faire ses premiers
pas sur le marché du travail et d’intégrer un réseau professionnel (Figure 4).
D’ailleurs 16 diplômés ont trouvé leur premier emploi sur le lieu de leur stage.
Seules 2 personnes sur 51 affirment avoir eu des difficultés à trouver un stage.
Invités à décrire leur attitude en tant qu’étudiant, les participants affirment qu’ils assistaient
régulièrement au cours (47/51), n’avaient pas de difficultés à organiser leur travail universitaire (44/51)
et respectaient les échéances prévues (42/51).
Ils étaient sûrs qu’ils allaient finir leurs études de BPG (48/51) et qu’ils possédaient les compétences
et aptitudes pour réussir dans ce domaine. Enfin, ils déclarent qu’ils se sentaient intégrés à l’Université
(41/51) et correspondent toujours avec certains de leurs camarades (38/51).
Figure 3 : classement des assertions concernant les études de BPG - en fonction des scores moyens (sur 4)
Les enseignants parlent avec les étudiants des possibilités d'emploi avec ce bachelor
Les enseignants m'accordaient de l'attention
La méthode d'enseignement est interactive (permet la participation des étudiants)
Les études m'ont aidé à avoir une meilleure idée de mes projets d'avenir
Les enseignements sont en lien avec les besoins du marché du travail
Les études m'ont donné des compétences qui m'ont aidé sur le marché du travail
Ce bachelor offre de bons débouchés sur le marché du travail
Le stage est une porte ouverte vers le marché du travail
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4
15Tableau 5 : point de vue des étudiants concernant les études de BPG
pas du tout
d’accord - tout à
d’accord - pas
fait d’accord
d’accord
Le stage est une porte ouverte vers le marché du travail 2 49
Ce bachelor offre de bons
4 47
débouchés sur le marché du travail
Les enseignements sont en lien
5 46
avec les besoins du marché du travail
Les études m’ont donné des compétences
5 46
qui m’ont aidé sur le marché du travail
La méthode d’enseignement est interactive
8 43
(permet la perception des étudiants)
Les études m’ont aidé à avoir une meilleure
11 40
idée de mes projets d’avenir
Les enseignants m’accordaient de l’attention 14 37
Les enseignants parlent avec les étudiants
32 19
des possibilités d’emploi avec le bachelor
16Figure 4 : intérêt du stage professionnel
le stage permet : VERBATIM
« Je pouvais vraiment voir
comment c’est de travailler »
de faire ses premiers pas
« C’est une première expérience
sur le marché du travail
sur le marché du travail »
« J’ai eu une première notion du travail quotidien »
« C’est un bon aperçu de la vie réelle, avoir une
notion en quoi consiste le travail sur le terrain, pas
juste la notion théorique »
« Il permet d’imaginer si oui ou non on souhaiterait
travailler dans ce domaine / lieu de travail tous les
jours »
« J’ai découvert le domaine dans lequel je voulais
travailler plus tard »
d’explorer un domaine d’activité précis
« Il m’a permis de découvrir un métier et m’a aidé
dans mon choix »
« Le stage m’a permis de confirmer mon choix de
travailler dans une banque »
« J’ai effectué mon stage dans le domaine dans
lequel je voulais travailler »
(Le stage) « m’a permis de mettre en pratique mes
connaissance théoriques acquises à l’université »
de mettre en application les compétences
acquises durant la formation de BG
« C’était un approfondissment, une mise en pratique
des connaissances apprises »
« Ce stage m’a ouvert les portes, j’ai pu connaître
d’autres gens »
d’intégrer un réseau professionnel
« Maintenant j’ai des relations pour le travail »
« Le stage a favorisé mon insertion professionnelle »
17Tableau 6 : déclarations des étudiants sur leur attitude durant les études de BPG
pas du tout
d’accord - tout à
d’accord - pas
fait d’accord
d’accord
J’étais sûr que j’allais finir mes études 3 48
J’étais sûr que j’avais des compétences et
2 49
des aptitudes pour réussir dans ce domaine
Je n’ai jamais dépassé les délais
4 47
(ex. : remise d’un travail)
J’ai fait la connaissance d’étudiants
13 38
avec qui je corresponds toujours
Je me sentais bien intégré à l’UL 10 41
J’étais sûr du type de travail
26 25
que je voulais avoir plus tard
J’avais des difficultés à organiser
44 7
mon travail universitaire
J’étais souvent absent aux cours 42 9
Plus d’un tiers des enquêtés (18/51) a poursuivi des études après l’obtention du BPG (Tableau 7),
essentiellement dans le domaine de l’économie / finance (10/18). Une seule personne a choisi un
domaine sans lien direct avec le Bachelor obtenu (psychologie).
3.5 Premier emploi après l’obtention du Bachelor Professionnel en Gestion
Parmi les enquêtés,
• 6 personnes ont poursuivi leurs études immédiatement après le BPG, une a créé son entreprise et 2
jeunes diplômés (2012) n’avaient jamais eu d’emploi ;
• les autres (42/51) ont trouvé un emploi ou repris leur ancien emploi dans un délai maximum de 6
mois (Figure 5) ;
• 33 étaient employés du secteur privé ;
• 8 fonctionnaires et un est gérant (non salarié) d’une Sàrl. La majorité (40/43) travaillait à plein
temps ;
• 3 avaient un temps partiel.
Parmi les salariés, la plupart (32/42) a signé un contrat à durée indéterminée ; un était intérimaire ; 8
avaient un contrat à durée déterminée dont 5 bénéficiaires d’un CIE (Contrat d’Initiation à l’Emploi)
ou d’un CIE - EP (Contrat d’Initiation à l’Emploi – Expérience Pratique). Depuis l’obtention du BPG, les
enquêtés ont eu au maximum 2 emplois (14/49) ; 35 sont restés à la même place.
18Tableau 7 : domaines dans lesquels les diplômés ont poursuivi leurs études
Effectif
Domaine ou intitulé de la formation Université
N = 18
Master en Économie et Finance Université de Luxembourg 2
IAE (Institut d’Administration des
Master en Finance Internationale 1
Entreprises, Metz)
Master en Finance Université d’Aix-Marseille 1
Finance Institut universitaire professionnel, Nancy 1
Finance internationale IFA (Institut Français des Affaires), Metz 1
Finance et management Heriot-Watt, Edinbourg 1
Économie Université Catholique de Louvain 1
Économie Université de Hagen 1
Sciences Économiques Luxembourg Lifelong Learning Center 1
Sciences de gestion HEC, université de Louvain 1
Assurances École supérieure d’assurance, Paris 1
Institut Supérieur d’Administration et de
Master RH 1
Management (ISAM-IAE), Nancy
Master audit and accounting Université de Luxembourg 1
Master École de management de Strasbourg 1
IAE (Institut d’Administration des
Marketing 1
Entreprises, Metz)
Cours complémentaire afin de préparer
l’examen d’aptitude de l’Ordre des Université de Luxembourg 1
Experts-Comptables (OEC)
Psychologie Université de Luxembourg 1
19Figure 5 : délai pour trouver un emploi
Emploi actuel
Au moment de l’enquête, 3 participants ont déclaré être sans emploi, 2 sont auto-entrepreneurs, 2
employés non-salariés (gérants d’une sàrl), 10 fonctionnaires ou assimilés (employé paraétatique) et 32
salariés du secteur privé. Deux sont encore en formation dont un en alternance (Figure 6).
Parmi les salariés, 36 ont signé un contrat à durée indéterminée et 8 un contrat à durée déterminée dont
3 un contrat aidé (CIE ou CIE EP) ; 5 travaillent à temps partiel.
Figure 6 : situation actuelle des diplômés
20Le salaire net de la majorité des personnes (32 au total) qui ont accepté de révéler cette information se
situe dans la tranche [2000 ; 3000] euros (Figure 7).
Figure 7 : salaire net déclaré
Si la grande majorité des enquêtés (40/46) déclare que les tâches effectuées correspondent à l’intitulé
de l’emploi occupé (Tableau 8), les réponses sont beaucoup plus mitigées concernant la correspondance
avec le niveau de bachelor (26/46), le domaine d’études (34/46), le salaire perçu (36/46).
Tableau 8 : adéquation des tâches avec les études et les attentes des diplômés
pas du tout
d’accord - tout à
d’accord - pas
fait d’accord
d’accord
vos tâches actuelles correspondent au niveau Bachelor 20 43,4% 26 56,5%
vos tâches actuelles correspondent
12 26,0% 34 74,0%
à votre domaine d’études
vos tâches actuelles correspondent
6 13,0% 40 87,0%
à l’intitulé de votre poste
vos tâches actuelles correspondent
15 32,6% 31 67,4%
au salaire que vous percevez
vos tâches actuelles correspondent
10 21,7% 36 78,3%
à ce que vous souhaitez
21Les compétences jugées les plus importantes dans l’activité actuelle (Tableau 9) des participants sont
dans l’ordre : la détermination de priorités pour l’action, la gestion du temps, le travail en autonomie, la
communication orale et la gestion de problèmes.
Si les 3 premières figurent parmi celles qu’ils ont le plus amélioré durant leur formation de BPG, la
communication orale fait partie des 5 compétences dans lesquelles ils disent avoir fait le moins de
progrès. A l’inverse, la compréhension des graphiques et des tableaux qu’ils estiment moins utile est
classée parmi les 5 compétences dans lesquelles ils ont le plus progressé. Interrogés sur leurs projets
dans les prochaines années, 33 (65%) des enquêtés souhaitent conserver le même travail, 9 (18%)
aimeraient créer leur propre entreprise au Luxembourg (7) ou dans leur pays d’origine (2), 6 poursuivre
leurs études par un master (économie, finance, ressources humaines, psychologie) ou un MBA. Une seule
personne désire « changer de poste » et 2 espèrent avoir une promotion.
Tableau 9 : compétences utiles dans l’activité actuelle (en vert, scores les plus élevés – en rouge, les plus
faibles)
Importance d’une activité
amélioration à l’université
actuelle
importante /
important /
score sur 4 score sur 4 très
très important
importante
Détermination de priorités pour l’action 3,57 49 2,64 30
Gestion du temps 3,53 49 2,78 32
Travail en autonomie 3,53 49 2,80 36
Communication orale 3,51 48 2,30 16
Résolution de problèmes 3,49 49 2,46 23
Adaptabilité face auc changements 3,47 46 2,51 25
Capacité d’écoute 3,47 46 2,56 27
Esprit critique 3,39 46 2,63 30
Compétences linguistiques en français 3,39 46 2,62 30
Prise de décision 3,33 46 2,52 22
Travail en équipe 3,31 44 2,94 35
Capacité à apprendre et à utiliser de nouvelles
technologies
3,25 44 2,52 25
Écriture / rédaction 3,18 44 2,40 22
Techniques de présentation 3,08 42 2,58 28
Techniques de négociation / argumentation 3,06 35 2,50 23
Compréhension de graphiques / de tableaux 2,94 35 2,72 32
Compétences linguistiques en anglais 2,94 32 2,42 24
Direction / supervision d’autres personnes 2,82 35 2,19 15
Compétences linguistiques en luxembourgeois 2,79 30 1,49 1
Compétences linguistiques en allemand 2,59 26 1,55 3
224. LIMITES
Une difficulté majeure de cette enquête a été de motiver les diplômés à y participer. Malgré trois
relances, le taux de participation demeure faible, ce qui limite les conclusions pouvant être tirées des
résultats obtenus.
Par ailleurs, malgré les efforts faits par le SEVE pour garder le contact avec les « anciens », beaucoup sont
perdus de vue. Ainsi, faute d’e-mail valide, un dixième environ de la population a été écarté de l’enquête.
Marie-Emmanuelle AMARA & Arthur LIMBACH-REICH
Université du Luxembourg
16/06/2013
23SECONDE PARTIE :
ÉTUDE QUALITATIVE
Étude relative à l’employabilité des diplômés issus du
« Bachelor Professionnel en Gestion » de l’Université du
Luxembourg
241. INTRODUCTION
1.1. Rappel du contexte et des objectifs du projet
Dans une perspective d’amélioration continue, l’Université du Luxembourg (ci-après dénommée « UL »)
a demandé à l’Institut Universitaire International Luxembourg (ci-après dénommé « IUIL ») de conduire
un projet commun dont l’objectif est d’évaluer les principaux éléments suivants :
• L’employabilité des diplômés issus du « Bachelor Professionnel en Gestion » (ci-après « BPG ») délivré
par l’UL ;
• La notoriété de cette formation auprès des employeurs du Grand-Duché ;
• L’adéquation entre le contenu des cours et (i) les besoins du marché du travail de même que (ii) les
attentes des employeurs ;
• Le niveau de recrutement auquel accèdent les diplômés, incluant notamment la nature des
responsabilités et le niveau hiérarchique.
Ce projet s’inscrit dans le plan quadriennal 2010-2013 de l’UL et fait partie intégrante du système
d’indicateurs de performance en cours de conception. Il reflète également la volonté politique
« d’accroître le pourcentage de diplômés de l’enseignement supérieur et d’impliquer davantage les
milieux professionnels dans la définition des objectifs de formation, permettant ainsi d’élargir et
d’étoffer l’offre de formation initiale et continue ».
1.2. Méthodologie appliquée
Ce rapport présente les résultats du projet.
Des entretiens qualitatifs ont été menés de manière à collecter l’ensemble des données nécessaires à
l’évaluation de l’employabilité des diplômés du BPG. Ces entretiens ont été menés avec un échantillon
de parties prenantes parmi (i) les diplômés du BPG et (ii) les employeurs actuels des étudiants diplômés,
toutes promotions confondues.
Au total, 35 entretiens ont été menés auprès d’employeurs et de diplômés. Le profil des personnes
interrogées est présenté ci-après.
Employeurs
Nous avons réalisé 20 entretiens auprès d’employeurs, dont 16 appartenant à des entreprises
différentes. Les personnes interrogées occupent des postes opérationnels (responsables d’une équipe ou
ligne de métier) ou en ressources humaines (direction RH, chargés de recrutement, business partners).
Le secteur financier regroupe 50% des employeurs interrogés. Les autres professions représentées sont
les fiduciaires, cabinets d’audit, assurances et cabinets d’avocat.
Diplômés du BPG
L’échantillon des diplômés du BPG a été établi sur base des réponses à l’enquête quantitative menée
en parallèle par l’Université du Luxembourg. En répondant au questionnaire en ligne, les sondés avaient
la possibilité de notifier leur intérêt pour la participation à l’enquête qualitative. Afin de compléter cet
échantillon, Deloitte a contacté des stagiaires et diplômés par le biais de son réseau.
25Au total, 13 diplômés et 2 étudiants stagiaires ont été interrogés. Nous présentons ci-dessous diverses
caractéristiques de l’échantillon des diplômés interrogés :
• Si les diplômés interrogés sont principalement de nationalité luxembourgeoise, la formation attire
également des étudiants de France et de Belgique.
• Environ 75% des diplômés interrogés ont suivi des études préalables au BPG et la majorité d’entre
eux souhaite également poursuivre ses études par un Master.
• Les diplômés ont suivi la formation selon différents formats (2, 4, 6 semestres ou « formation
continue »). En particulier, certains diplômés ont obtenu leur diplôme en parallèle de leur activité
professionnelle, bien que la formation ne soit pas offerte en mode formation continue.
• Plus de la moitié des étudiants ont choisi la spécialisation « Entreprise », environ un tiers la
spécialisation « Banque » et une personne la spécialisation « Assurance ».
• La plupart des diplômés occupent des emplois à durée indéterminée. Les principaux secteurs
d’activité représentés sont le secteur financier (42%), l’assurance (25%) et l’industrie (17%).
Les tableaux présentant les caractéristiques détaillées de l’échantillon des employeurs et des diplômés
interrogés sont présentés ci-dessous. Il est important de noter que l’étude qualitative n’a pas pour
objectif et ne permet pas d’établir une analyse statistique significative de l’échantillon. Les données
chiffrées sont donc présentées à titre informatif et ne doivent pas être interprétées dans le but de définir
des tendances ou valider des hypothèses.
Profil des diplômés interrogés
26Aperçu des diplômés et du secteur
Aperçu des entreprises et du secteur
272. RÉSULTATS DES ENTRETIENS QUALITATIFS
2.1. Entretiens réalisés auprès des Employeurs
Cette partie présente les résultats des entretiens réalisés auprès des employeurs, selon les thématiques
suivantes :
• Notoriété du diplôme
• Critères d’employabilité
• Forces et limites du BPG
Notoriété du diplôme
Le BPG bénéficie d’une notoriété plutôt bonne, principalement auprès des grandes entreprises et des
services RH. Cette notoriété peut cependant être encore améliorée.
• Parmi les 16 employeurs différents interrogés, 10 connaissent le BPG soit parce qu’ils recrutent
régulièrement des diplômés, soit parce qu’ils en emploient au moins un dans leur équipe.
• Certains employeurs indiquent cependant que la notoriété pourrait être améliorée, notamment en
renforçant les partenariats entre les services RH et l’Université.
• Pour la majorité des employeurs interrogés, le BPG n’est pas un élément différentiateur dans la
décision de recrutement par rapport aux autres formations en gestion. Ce sont les compétences et
qualités démontrées par le diplômé en entretien qui restent déterminantes dans la décision.
Critères d’employabilité
Les critères d’employabilité évalués par les entreprises au moment du recrutement sont les suivants:
• Le diplôme (niveau et domaine de qualification), qui représente une «porte d’entrée» pour la
sélection sur CV en permettant de remplir un critère de base du profil requis.
• Les compétences et qualités personnelles démontrées lors de l’entretien de recrutement
constituent un réel différentiateur pour des profils généralistes tels que les diplômés du BPG. Les
employeurs portent une attention particulière à la personnalité et la motivation des candidats.
Les capacités analytiques sont également évaluées par certains employeurs par le biais de tests
d’aptitude et de logique.
• Au Luxembourg, les compétences linguistiques sont également importantes, l’anglais et le français
en particulier. Les exigences en langues dépendent du métier exercé ainsi que de l’entreprise. Des
tests écrits et oraux sont effectués lors du recrutement afin de s’assurer que les candidats possèdent
les compétences linguistiques requises.
• Dans certaines entreprises, les compétences techniques sont également évaluées lors
du recrutement de jeunes diplômés. Par exemple, des tests de comptabilité sont réalisés
systématiquement par les fiduciaires et les cabinets d’audit.
• L’expérience professionnelle constitue une valeur ajoutée lors du recrutement, même pour des
profils peu expérimentés du fait d’un marché du travail compétitif. Dans ce contexte, le stage est
un élément déterminant pour la sélection des candidats pour un CDI. Dans une moindre mesure, les
emplois étudiants peuvent constituer une valeur ajoutée pour les candidats à un stage.
28• Enfin, des questionnaires de personnalité sont parfois réalisés afin d’orienter le candidat vers le poste
approprié mais ne constituent pas un critère de sélection.
Les déterminants de l’employabilité à long terme cités par les employeurs sont les suivants :
• La capacité d’apprentissage, c’est-à-dire à la fois (i) la rapidité de compréhension et
d’apprentissage sur le terrain et la (ii) la volonté de continuer à se former par le biais de recherches
personnelles, formations internes et formations externes.
• L’engagement, la motivation et l’intérêt démontrés pour le poste.
• La performance dans le poste qui est liée à la maîtrise du métier et l’atteinte des objectifs fixés.
• La volonté d’évolution et la capacité à exprimer ses objectifs de carrière.
• La force de proposition permettant une contribution active aux changements/amélioration et à
l’innovation.
• Une vision globale permettant une compréhension des interactions au sein de l’organisation et la
capacité à aller au-delà de ses tâches.
• Des compétences managériales pour une évolution vers des postes incluant une responsabilité de
gestion d’équipe.
Les employeurs constatent une grande variabilité d’employabilité entre les diplômés issus du BPG.
Selon eux, ces différences s’expliquent en partie par la personnalité du diplômé, son attitude et son
comportement. Cependant, certains employeurs soulignent que le parcours individuel du diplômé
préalablement à l’obtention du diplôme peut également influencer l’employabilité. En particulier, les
étudiants ayant suivi l’ensemble de la formation ont tendance à démontrer une meilleure capacité
d’apprentissage que d’autres étudiants ayant rejoint la formation en cours de cursus (notamment les
diplômés titulaires d’un BTS).
Forces et limites du BPG
Les entretiens montrent que la formation prépare bien les diplômés au marché du travail
luxembourgeois et répond aux attentes des employeurs. Cependant, la formation reste très générale ce
qui nécessite de la part de l’employeur un effort de formation important, que ce soit sur le terrain ou par
le biais de formations plus formelles. Si le diplôme est important, la personnalité du diplômé influence
fortement également son employabilité immédiate et à long terme.
Les résultats des entretiens menés auprès des employeurs montrent que ces derniers perçoivent les
principales forces et limites du BPG présentées ci-après.
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