Le moment du Brexit approche. Où en sommes-nous ? - RBC Wealth Management

 
Le moment du Brexit approche. Où en sommes-nous ? - RBC Wealth Management
Septembre 2018

                                   RBC GESTION DE PATRIMOINE

 Perspectives                                                              mondiales
 Pe rsp ec t ives du Co m ité des Ser vices-conseils en gestion mondiale de por te fe u ille

                                                                     Le moment du Brexit
                                                                         approche. Où en
                                                                          sommes-nous ?
                                                                             Alors que le compte à rebours du Brexit
                                                                             s’accélère, que se passe-t-il et comment
                                                                               les investisseurs devraient-ils aborder
                                                                                      ce contexte incertain et volatil ?
                                                                                                Frédérique Carrier | Page 4

  Article de fond                Actions mondiales              Titres mondiaux à revenu fixe      Marchandises
  Le « stade avancé »            Confiance à l’égard            Une pause rafraîchissante          Sommet des prix
  du cycle a-t-il une            des bénéfices                                                     du bois d’œuvre
  date d’expiration ?
Voir les déclarations importantes et obligatoires sur les analystes qui ne sont pas américains à la page 32.
Le moment du Brexit approche. Où en sommes-nous ? - RBC Wealth Management
Perspectives mondiales
      Septembre 2018

                                             Table des matières
                                             4       Le moment du Brexit approche. Où en sommes-nous ?
                                             La date limite du Brexit étant imminente, nous prenons le pouls des négociations
                                             et évaluons le large éventail de risques politiques et leur incidence potentielle
                                             sur l’économie. Nous répondons aux principales questions des investisseurs et
                                             soulignons les occasions et les stratégies dans ce contexte incertain et volatil.

                                             13 Le « stade avancé » du cycle a-t-il une date d’expiration ?
                                             Certes, l’expansion économique aux États-Unis n’est plus toute jeune, mais
                                             « stade avancé » ne signifie pas forcément « fin de cycle ». En fait, l’économie
                                             affiche encore certaines caractéristiques d’un milieu de cycle. Bien qu’il soit
                                             toujours approprié de se préparer à un inévitable repli, nous sommes d’avis
                                             qu’il reste du temps à l’expansion.

                                             19 Actions mondiales : confiance à l’égard des bénéfices
                                             Tant que les données économiques continueront de soutenir la confiance à l’égard
                                             des prévisions de bénéfices pour l’an prochain et l’idée selon laquelle le prochain
                                             repli ou la prochaine récession surviendra en 2020 ou plus tard, les portefeuilles
                                             d’actions mondiales devraient être en mesure de dégager des rendements globaux
                                             intéressants au cours des 12 prochains mois.

                                             23 Titres mondiaux à revenu fixe : une pause rafraîchissante
                                             Tout comme elle avait lancé le cycle de relèvement des taux, ouvrant la voie
                                             à une normalisation de la politique monétaire par d’autres banques centrales,
                                             la Réserve fédérale pourrait mettre fin à son cycle de resserrement plus tôt que
                                             prévu, amenant les autres banques à suivre son exemple et à prendre une pause
                                             plus tôt que prévu.

                                             Les coulisses des marchés
                                             3      Position de RBC en matière de placements

                                             19     Actions mondiales

                                             23     Titres mondiaux à revenu fixe

                                             27     Marchandises

                                             28     Devises

                                             29     Principales prévisions

                                             30     Feuille de pointage du marché

                                             Toutes les valeurs sont en dollars américains et établies au 31 août 2018, à la clôture du marché
                                             (sauf indication contraire).

     2 Perspectives mondiales | Septembre 2018
Le moment du Brexit approche. Où en sommes-nous ? - RBC Wealth Management
Aperçu mondial
des catégories d’actif

                                               Position de RBC
                                               en matière de placements
                                               Actions
Opinions sur les                               • La vigueur persistante de l’économie américaine et les tendances relativement
actifs mondiaux                                  stables en Europe et au Japon nous incitent à rester optimistes à l’égard des
                                                 actions mondiales. Qui plus est, nos principaux indicateurs économiques
Catégorie Opinion
                                                 avancés annoncent un essor économique jusqu’à l’an prochain, au moins, et
d’actif
                                                 les risques d’une récession imminente dans les grandes économies semblent
               —             =          +        faibles. En raison de ces facteurs, il est probable que les bénéfices des sociétés
Actions                                          continueront de croître en 2019 à un rythme équivalent ou supérieur à la
                                                 moyenne, selon le marché.
Titres                                         • L’économie de la Chine n’a pas encore achevé son cycle de désendettement,
à revenu                                         mais le processus devrait être gérable. Les risques liés aux tarifs douaniers
fixe                                             pourraient persister, en particulier entre les États-Unis et la Chine, mais la
                                                 probabilité d’une guerre commerciale mondiale de grande ampleur a diminué.
               Rendement         Rendement
               anticipé          anticipé
                                                 Nous conservons une surpondération modérée des actions mondiales.
               inférieur à       supérieur à
               la moyenne        la moyenne
                                               Titres à revenu fixe
                                               • Les interventions des banques centrales mondiales continuent de retenir
Voir la section « Explication des                l’attention, surtout au moment où ces dernières aident leurs économies
opinions » pour plus de détails                  respectives à surmonter de multiples défis, comme les litiges commerciaux,
Source : RBC Gestion de patrimoine               les risques géopolitiques et l’aplatissement des courbes des taux. Ces difficultés
                                                 pourraient influer sur les marchés d’ici la fin de l’année, mais pas au point de
                                                 compromettre les plans de relèvement graduel des taux de la Réserve fédérale
                                                 et de la Banque du Canada. À notre avis, la lenteur du resserrement des taux
                                                 devrait contribuer à limiter les pressions haussières sur les taux d’intérêt
                                                 à l’échelle mondiale.
                                               • Nous continuons de sous-pondérer les titres à revenu fixe, mais les titres de
                                                 créance de sociétés demeurent notre secteur préféré dans la catégorie d’actif.
                                                 Une approche axée sur la qualité demeure primordiale, et les titres notés A
                                                 nous paraissent encore offrir les occasions les plus intéressantes. Compte tenu
                                                 du manque de relief actuel des courbes des taux, nous pensons qu’il est prudent
                                                 de diminuer la duration des portefeuilles.

                                               Explication des opinions
                                               (+/=/–) représente l’opinion du Comité des Services-conseils en gestion mondiale
                                               de portefeuille pour un horizon de placement de 12 mois.

                                               + Surpondération laisse entendre un potentiel de rendement supérieur à la moyenne
                                               pour la catégorie d’actif ou la région par rapport aux autres catégories d’actif ou régions.

                                               = Pondération neutre laisse entendre un potentiel de rendement moyen pour la
                                               catégorie d’actif ou la région par rapport aux autres catégories d’actif ou régions.

                                               – Sous-pondération laisse entendre un potentiel de rendement inférieur à la moyenne
                                               pour la catégorie d’actif ou la région par rapport aux autres catégories d’actif ou régions.

      3 Perspectives mondiales | Septembre 2018
Le moment du Brexit approche. Où en sommes-nous ? - RBC Wealth Management
Article
            de fond

                                        Le moment du Brexit approche.
                                        Où en sommes‑nous ?
                                        La date limite du Brexit étant imminente, nous prenons le pouls
                                        des négociations et évaluons le large éventail de risques politiques
                                        et leur incidence potentielle sur l’économie. Nous répondons aux
                                        principales questions des investisseurs et soulignons les occasions
                                        et les stratégies dans ce contexte incertain et volatil.
             Frédérique Carrier
          Londres, Royaume-Uni
     frederique.carrier@rbc.com
                                        Q. Quel est l’état d’avancement des négociations ?
                                        R. Les discussions se déroulent selon une approche à deux volets. L’un d’eux
                                        concerne les modalités du divorce, ou de l’accord de retrait, et couvre trois
                                        enjeux : le règlement financier que le Royaume-Uni (R.-U.) versera à l’Union
                                        européenne (UE), les droits des citoyens de l’UE qui demeurent au R.-U., et
                                        les options pour éviter l’établissement d’une frontière physique entre l’Irlande
                                        et l’Irlande du Nord. Ce volet inclut aussi la conclusion d’une entente sur une
                                        période de transition (qui garantira un statu quo pendant 21 mois après le
                                        retrait le 29 mars 2019) afin que le R.-U. se prépare à la vie hors de l’UE.

                                        Les modalités de l’accord de retrait ont déjà été en grande partie négociées,
                                        à l’exception de la question de la frontière irlandaise. La résolution de
                                        ce problème dépend de l’entente qui sera conclue entre le R.-U. et l’UE,
                                        en particulier en ce qui a trait au commerce de biens.

                                        Theresa May assouplit ses « lignes rouges »
                                             « Lignes rouges » de                          Proposition                         Objections
                                             la première ministre                         du livre blanc                        de l’UE
                                                 Theresa May
                                             après le référendum              Réglementation commune pour les biens

                                                                                  Adhésion au marché unique             Considéré comme un
                                            Non au marché unique                       pour les biens régis             « picorage » inacceptable –
                                            Non à la Cour de                     par les règles existantes de l’UE      le marché unique de l’UE
                                            justice européenne                                                          n’offre pas d’options
                                                                              Ouverture du commerce des services        « à la carte »
                                                                              grâce à une reconnaissance mutuelle

                                                                                        Entente douanière               Considéré comme un
                                                                                                                        système à l’efficacité non
                                            Non à une
                                                                                    Plan complexe prévoyant             prouvée qui dépend d’une
                                            union douanière
                                                                               la perception par le R.-U. des droits    technologie qui n’est pas
                                                                              appliqués par l’UE sur les importations   encore disponible

                                                                                     Liberté de mouvement               Le marché unique exige
                                            Non à la liberté                                                            une liberté de mouvement ;
                                            de mouvement                              Limitée aux touristes,            la position du R.-U. est plus
                                                                                    travailleurs et étudiants           permissive que prévu

                                        Source : RBC Gestion de patrimoine

4 Perspectives mondiales | Septembre 2018
Le moment du Brexit approche. Où en sommes-nous ? - RBC Wealth Management
Le moment du
Brexit approche
                                                                     L’autre volet des négociations concerne le schéma de la relation future entre
                                                                     le R.‑U. et l’UE. En juillet, la première ministre Theresa May a exposé sa stratégie
                                                                     dans un livre blanc, qui est la première proposition détaillée du gouvernement
                                                                     à ce sujet depuis le référendum en juin 2016.

                                                                     Mme May a opté pour un « Brexit doux », ce qui veut dire que le R.-U. conserverait
                                                                     des liens économiques étroits avec l’UE en maintenant son adhésion au marché
                                                                     unique des biens et en respectant la réglementation de l’UE. Ce plan signifie
                                                                     toutefois que Mme May a changé d’avis à l’égard des « lignes rouges » qu’elle avait
                                                                     fermement fixées après le vote sur le Brexit (voir la figure à la page précédente).

                                                                     Le livre blanc est largement considéré comme une tactique de négociation.
                                                                     L’UE, dont la principale motivation est de préserver l’union, en a déjà rejeté
                                                                     certaines parties. En accédant aux demandes du R.-U., elle pourrait encourager
                                                                     d’autres pays à chercher à bénéficier d’exceptions et de dispositions spéciales.

                                                                     L’approche adoptée par la première ministre a irrité les plus fervents défenseurs
                                                                     du Brexit au sein du Parti conservateur, qui prônent l’idée d’une rupture franche
                                                                     avec l’UE. Compte tenu de sa faible majorité parlementaire, Mme May est donc
                                                                     devenue vulnérable. Par ailleurs, l’incertitude politique régnera sans doute alors
                                                                     que les négociations s’intensifieront à l’approche de la date limite.

 Scénarios politiques possibles d’ici mars 2019
 Le moins qu’on puisse dire c’est que l’avenir est incertain

                                                                                                                                  Négociations réussies           Période de
                                                                                                                                  avec l’UE                       transition jusqu’en
                                                           Le plan actuel obtient la majorité des voix du Parti conservateur et                                   décembre 2020
                                                                du Parti unioniste démocratique (PUD) d’Irlande du Nord           Conclusion d’un accord
                                                                                                                                  de retrait
                                                                             Le plan actuel n’obtient pas les voix
  Nous nous                                                             du Parti conservateur/PUD, mais suffisamment              Entrée du R.-U. dans
  trouvons ici                                                                      de voix de l’opposition                       la période de transition

                                                                                                                                         « Brexit doux »
                    te
                 vo                                                    Le plan actuel n’obtient pas suffisamment de voix
               e     ce
            s d fian                                                                                                                                                  Négociation
          Pa
                                                   No

                  é
                                          str

                d
                                                      uv

             de                                                                                                                                                      des détails de
                          Non fructueux

                                            até

                                                ea imil

                                                                                                                                                                   la future relation
                                                  gie

                                                  u P air
                                                      M, e
                                                      s

                                                                                                   Nombre de votes
                                                                           Nouveau PM,            recueillis suffisant
                Vo

                                                                         nouvelle stratégie                                             « Brexit brutal »
                 te
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                                                                                                                                                                         ?
                                                                                                                                  Pas d’accord
                                                            ’élect

                                          Fru
                                             ctu                                                    Nombre de votes               Le gouvernement devra
                                                 eu
                                                           Pas d

                                                   x                                              recueillis insuffisant          expliquer la procédure
                                                                                                                                  ultérieure
                                                                   Élection       Élection
                                                                                  générale

                                                                                                                                  Prolongation de la procédure de l’article 50
                                                Entente sur la nécessité d’un délai supplémentaire

 Source : RBC Marchés des Capitaux

 5 Perspectives mondiales | Septembre 2018
Le moment du Brexit approche. Où en sommes-nous ? - RBC Wealth Management
Le moment du
Brexit approche
                                                  Q. Quelles sont les étapes importantes avant la sortie ?
                                                  R. Le R.-U. quittera l’UE dans moins d’un an. La chronologie ci-dessous
                                                  n’est fournie qu’à titre indicatif, car les tensions politiques évidentes au R.-U.
                                                  pourraient bien entraîner des événements imprévus.

                                                  Outre les négociations en cours et les rencontres du Conseil européen, les congrès
                                                  des partis conservateur et travailliste prévus cet automne pourraient fort bien
                                                  influencer la direction que prendra le divorce.

                                                  Q. Quel est le scénario de base pour le Brexit ?
                                                  R. Notre scénario de base prévoit que les parties s’entendront sur un Brexit
                                                  doux. Après tout, une telle issue est dans l’intérêt tant du R.-U. que de l’UE. Le
 Notre scénario de base                           R.-U. éviterait les turbulences liées à une sortie de l’UE sans aucune disposition
 prévoit que les parties                          quant à la forme que pourrait prendre la relation future ; et l’UE éviterait l’effet
 s’entendront sur un                              déstabilisateur pouvant résulter du fait d’avoir un partenaire commercial et proche
 Brexit doux.                                     voisin qui connaît de profonds bouleversements politiques et économiques.

                                                  Si le R.-U. ne peut ajuster les propositions contenues dans le récent livre blanc
                                                  pour les rapprocher des exigences de l’UE, nous croyons que l’UE fera une contre-
                                                  proposition « à prendre ou à laisser », incluant une union douanière pour les biens
                                                  suffisamment souple pour garder ouverte la frontière avec l’Irlande. Une telle
                                                  évolution limiterait la capacité du R.-U. de négocier des accords commerciaux
                                                  avec des pays tiers, mais restreindrait aussi les dommages causés à son économie.

                                                  À notre avis, s’ils doivent choisir entre un Brexit brutal et de nouvelles élections
                                                  susceptibles de mener à l’élection d’un gouvernement travailliste, les députés
                                                  conservateurs se montreront pragmatiques, mettront de côté leurs divergences
                                                  de vue et accepteront cet accord, jouissant d’un appui multipartite.

                                                  Eric Lascelles, économiste en chef, RBC Gestion mondiale d’actifs, estime qu’un
                                                  Brexit doux retrancherait 5 % au PIB sur plusieurs années. Toutefois, il souligne que
                                                  cette perte s’est déjà concrétisée dans une proportion de 1 % à 2 %, ce qui diminue
                                                  d’autant les difficultés restantes.

 Tant à faire, en si peu de temps
 Prochaines étapes importantes dans la chronologie du Brexit

    5 sept. :              18 et 19 oct. : Réunion du Conseil européen ;        21 janv. : En l’absence d’un accord,     29 mars 2019 :
    Reprise des travaux    l’objectif initial est la conclusion d’une entente   la PM du R.-U. fait une déclaration      Le R.-U. quitte officiellement l’UE
    du parlement           sur un accord de retrait et les grandes lignes       parlementaire et peut tracer la voie
    du R.-U.               de la nouvelle relation                              à suivre dans un délai de 2 semaines
                                         13 et 14 déc. :                                     21 et 22 mars :
                            Réunion du Conseil européen                          Réunion du Conseil européen
                                                                                                                          De mars 2019 à déc. 2020
     Sept.            Oct.             Nov.            Déc.              Janv.           Févr.          Mars                Période de transition ;
                                                                                                                             aura lieu à condition             2021 2022
     2018             2018             2018            2018              2019            2019           2019
                                                                                                                            qu’un accord de retrait
                                                                                                                                  soit conclu
                  Du 30 sept. au 3 oct. : Conférence du Parti conservateur ;
                  possible vote de défiance ?

             Du 23 au 26 sept. : Conférence du Parti travailliste ; possible changement de politique                              Mai 2022 : Élection générale au R.-U.
             concernant l’adhésion à l’Espace économique européen ou un second référendum ?                            (à moins qu’une élection anticipée ne survienne)

 Sources : RBC Gestion de patrimoine, RBC Marchés des Capitaux

 6 Perspectives mondiales | Septembre 2018
Le moment du Brexit approche. Où en sommes-nous ? - RBC Wealth Management
Le moment du
Brexit approche
                                         Probabilités relatives au Brexit et conséquences
                                         Le scénario de base prévoit un Brexit doux, mais on ne doit pas négliger les risques extrêmes

                                                   60 %                                                55 %
                                                                                Baisse de                            Baisse de          Baisse de
                                                                                2 % du PIB                           5 % du PIB         8 % du PIB
                                                   40 %

                                                   20 %                                                                  15 %               15 %
                                                                  10 %
                                                                                     5%
                                                     0%
                                                                  Aucun             Brexit             Brexit             Brexit         Brexit brutal
                                                                  Brexit           édulcoré            doux              modéré       (absence d’accord)
                                                             À la suite d’une
                                                              élection, d’un                                                            Retrait menant
                                                             2e référendum,        Modèle              Union                            à l’application
                                                                d’un vote         norvégien          douanière           Modèle           des règles
                                                               des députés        ou suisse          (Turquie)          canadien           de l’OMC
                                         Libre circulation
                                                                   Oui                Oui               Oui            En général            Non
                                         des biens ?
                                         Libre circulation
                                                                   Oui                Oui               Non                Non               Non
                                         des services ?
                                         Libre circulation
                                                                   Oui                Oui               Non                Non               Non
                                         des personnes ?
                                         Politique
                                         commerciale               Non               Non                Non                Oui               Oui
                                         indépendante ?
                                         Réglementation
                                                                   Non               Non              Partielle            Oui               Oui
                                         autonome ?
                                         Fin des
                                         versements
                                                                   Non               Non                Oui                Oui               Oui
                                         pour le budget
                                         de l’UE ?

                                         Sources : Gouvernement du Royaume-Uni, RBC Gestion mondiale d’actifs, RBC Gestion de patrimoine

                                         Q. On parle beaucoup d’une « absence d’accord ». Quelles en
                                         seraient les répercussions ?
                                         R. Certains députés conservateurs favorables au Brexit croient qu’une
                                         absence d’accord serait avantageuse pour le R.-U., car le pays serait ainsi assuré
 Le scénario d’une                       de retrouver sa souveraineté. Ils compromettent les efforts de Mme May en vue
                                         d’un Brexit doux, comme en font foi les démissions ministérielles et les votes
 absence d’accord
                                         parlementaires serrés durant l’été.
 se concrétisera si
 le R.-U. ne parvient                    Le scénario d’une absence d’accord se concrétisera si le R.-U. ne parvient pas
 pas à conclure les                      à conclure les négociations sur l’accord de retrait, dont le point d’achoppement
                                         est une frontière souple avec l’Irlande, et que les discussions avec l’UE sont
 négociations sur
                                         rompues. Il se produira également si l’entente finale n’obtient pas un soutien
 l’accord de retrait.                    suffisant au parlement.

                                         M. Lascelles attribue une probabilité de 15 % à ce scénario, qui obligerait le R.-U.
                                         à commercer avec l’UE sur la base des règles de l’OMC. Cette probabilité pourrait
                                         bien augmenter quelque peu au gré des événements. Puisque le commerce
                                         avec l’UE serait grandement perturbé dans ce scénario, M. Lascelles estime
                                         qu’il pourrait en découler une baisse de 8 % du PIB sur plusieurs années.
 7 Perspectives mondiales | Septembre 2018
Le moment du Brexit approche. Où en sommes-nous ? - RBC Wealth Management
Le moment du
Brexit approche
                                         Q. Y a-t-il une probabilité que le Brexit échoue ?
                                         R. À l’autre extrémité du spectre, on retrouve les scénarios « aucun Brexit »
                                         et « Brexit édulcoré » (une solution apparentée au modèle suisse), auxquels
                                         M. Lascelles n’attribue toutefois que de faibles probabilités de 10 % et 5 %,
                                         respectivement. L’état d’esprit n’a pas suffisamment évolué pour que le
                                         premier scénario se concrétise. Dans le cas du second, il est peu probable
                                         que l’UE adopte un modèle similaire à celui de la Suisse, auquel elle regrette
                                         maintenant d’avoir consenti.

                                         Q. Pourquoi de nombreux investisseurs craignent-ils davantage
                                         un gouvernement travailliste que le Brexit ?
                                         R. En raison de querelles intestines, le Parti conservateur tire maintenant
                                         de l’arrière sur le Parti travailliste dans les sondages. Mark Dowding de BlueBay,
                                         une société membre de RBC, établit à 25 % la probabilité d’un gouvernement
                                         travailliste d’extrême gauche dirigé par Jeremy Corbyn.

                                         Il se peut que des élections soient déclenchées après un éventuel vote de défiance
                                         contre la première ministre cet automne, mais ayant maintenant assoupli son
                                         approche du Brexit, Mme May devrait obtenir un soutien suffisant des députés,
                                         dont la plupart sont favorables à un Brexit doux, pour rester en place. Une nouvelle
                                         épreuve est à prévoir si l’entente qu’elle rapporte au R.-U. est rejetée, car un tel
                                         échec serait très probablement suivi d’une élection anticipée.

                                         Un gouvernement travailliste viserait sans doute un Brexit doux. À titre de
 La position plus modérée                gouvernement de coalition ou minoritaire, il assouplirait sans doute davantage
 des travaillistes serait                sa position, cherchant plutôt à rester dans le marché unique tant pour les biens
 bénéfique à l’économie,                 que les services, en conservant un certain contrôle sur l’immigration. Dans ce
                                         scénario, un deuxième référendum sur le Brexit serait également plus probable,
 mais cet effet serait plus
                                         compte tenu de l’adoucissement graduel de la position des travaillistes envers
 qu’annulé par leurs autres              une sortie de l’UE.
 politiques économiques,
                                         La position plus modérée des travaillistes serait bénéfique à l’économie, mais cet
 selon nous.
                                         effet serait plus qu’annulé par leurs autres politiques économiques, selon nous.

                                         Le parti a l’intention d’augmenter considérablement les dépenses budgétaires.
                                         Même s’il prévoit une hausse du taux d’imposition des sociétés (de 19 % à 26 %) et
                                         de l’impôt des particuliers (en réintroduisant le taux marginal supérieur de 50 %),
                                         le programme des travaillistes entraînerait probablement un creusement des
                                         déficits budgétaires.

                                         Les travaillistes ont aussi proposé de modifier la charte de la Banque d’Angleterre
                                         afin de lui donner pour mandat de financer des projets d’infrastructure et d’aide
                                         sociale, une mesure qui serait sans contredit inflationniste.

                                         Dans l’ensemble, ces politiques susciteraient sans doute une augmentation des taux
                                         des obligations d’État britanniques, une hausse de l’inflation, et possiblement un
                                         repli de la livre en cas de fuite des capitaux provoquée par les nouvelles politiques.

                                         Q. Comment l’économie a-t-elle réagi à cette incertitude ?
                                         R. Le vote sur le Brexit a déjà entravé la croissance économique au R.‑U.
                                         Un coup d’œil aux prévisions de croissance faites par l’Office for Budget
                                         Responsibility (OBR) en mars 2016, avant le référendum, par rapport aux

 8 Perspectives mondiales | Septembre 2018
Le moment du
Brexit approche
                                         Effets négatifs du Brexit
                                         Le R.-U. a enregistré une croissance inférieure à celle des autres pays depuis le vote sur le Brexit

                                                                                          2015       2016      2017       P2018       P2019    P2020
                                             Prévisions pour le PIB du R.-U.,
                                                                                          2,2 %      2,0 %      2,2 %      2,1 %       2,1 %    s. o.
                                             mars 2016
                                             Prévisions pour le PIB du R.-U.,
                                                                                          2,2 %      1,9 %      1,7 %      1,5 %       1,3 %   1,3 %
                                             mai 2018
                                             Écart                                                   -0,1 %    -0,5 %      -0,6 %     -0,8 %
                                             Incidence cumulative du Brexit /
                                                                                                                        -2,0 %
                                             perte de croissance
                                         Sources : Banque mondiale, FMI, Office for Budget Responsibility

                                         plus récentes estimations montre que l’OBR a réduit ses prévisions de croissance
                                         de 2 % au total de 2016 à 2019 (inclusivement).

                                         Les deux principaux facteurs en cause ont été le repli de la consommation, le
                                         revenu disponible ayant été grugé par l’inflation imputable à la spirale baissière
                                         de la livre sterling, et la diminution des investissements des entreprises, qui
                                         ont crû près de trois fois plus lentement que le rythme prévu au départ depuis
                                         le référendum. Les répercussions économiques auraient été encore plus fortes
                                         sans le renforcement par le gouvernement de ses propres investissements et
                                         l’assouplissement de la politique monétaire par la Banque d’Angleterre.
 Il nous est difficile
                                         Il nous est difficile de voir comment le R.-U. pourra se sortir du marasme. Vu
 de voir comment
                                         l’accélération timide de la croissance des salaires réels, la consommation risque
 le R.‑U. pourra se                      de rester décevante même si le revenu disponible se redresse. L’endettement élevé
 sortir du marasme.                      des ménages et la faiblesse du taux d’épargne, qui est inférieur à 5 %, témoignent
                                         d’une consommation déjà fragile. Les ménages pourraient bien choisir d’utiliser
                                         leur revenu légèrement supérieur pour se constituer une épargne ou pour
                                         rembourser leur dette.

                                         Les investissements des entreprises sont peu susceptibles de rebondir.
                                         D’après un sondage de Deloitte réalisé auprès des chefs des finances au
                                         deuxième trimestre de 2018, le Brexit se classe encore au premier rang des risques
                                         qui menacent les entreprises britanniques. Les trois quarts des répondants ont dit
                                         croire que le Brexit entraînera une détérioration du contexte commercial à long
                                         terme, la proportion la plus élevée depuis le référendum en 2016. De nombreuses
                                         sociétés s’inquiètent au sujet de leurs chaînes d’approvisionnement et de leur

                                         Enquêtes sur l’incidence du Brexit sur les investissements

                                               Thomson Reuters
                                                              CBI                                                                Les investissements
                                                          Agents                                                                 des entreprises
                                                         Deloitte                                                                sont minés par
                                                                                                                                 l’incertitude.
                                             Lloyds/London First
                                                              EEF

                                                                    0%      20 %      40 %       60 %        80 %   100 %
                                                Incidence négative                       Pas d’incidence
                                                Pas d’incidence négative signalée        Incidence positive

                                         Source : Rapport de la Banque d’Angleterre, février 2018

 9 Perspectives mondiales | Septembre 2018
Le moment du
Brexit approche
                                         capacité future à importer de façon rapide et fiable des composantes de l’Europe.
                                         En conséquence, plusieurs choisissent d’interrompre leurs plans d’investissement
                                         ou de quitter le pays.

                                         Pour tenter de stimuler l’économie, le gouvernement britannique délie les
                                         cordons de sa bourse plus tôt que prévu et a annoncé des hausses de salaire
                                         dans la fonction publique. L’austérité budgétaire a amoindri la croissance
                                         d’environ 0,2 % à 0,3 % à chacune des deux dernières années.

                                         Dans ce contexte incertain, RBC Marchés des Capitaux anticipe une croissance
                                         du PIB de 1,3 % et de 1,4 % cette année et l’an prochain, respectivement. De plus,
                                         elle s’attend à ce que la Banque d’Angleterre relève les taux d’intérêt deux fois
                                         en 2019, portant le taux d’escompte à 1,25 %, même si ce scénario dépend de
                                         la réalisation d’un Brexit doux.

                                         Q. Qu’en est-il de la devise ?
                                         R. La livre a été la principale victime de l’ajustement des prix des actifs financiers
                                         à la suite du vote sur le Brexit ; elle a perdu environ 20 % de sa valeur par rapport
                                         au dollar américain, et un peu moins après pondération en fonction des échanges,
                                         dans les trois mois qui ont suivi le référendum.
 À notre avis, la livre
                                         Après avoir regagné une partie du terrain perdu, la livre a cédé 10 % par rapport
 risque de rechuter
                                         au dollar depuis avril 2018, minée par les perceptions du marché quant à l’issue
 vers ses niveaux                        des négociations sur le Brexit et leur incidence sur la croissance.
 planchers advenant
                                         De nouvelles dissensions politiques ou une rupture possible des négociations
 un Brexit brutal ; en
                                         avec l’UE pourraient encore plomber la livre. À notre avis, la devise risque de
 revanche, un Brexit                     rechuter vers ses niveaux planchers advenant un Brexit brutal ; en revanche,
 doux pourrait lui être                  un Brexit doux pourrait lui être légèrement favorable.
 légèrement favorable.
                                         Q. Les actions du R.-U. ont résisté à la volatilité politique cet été.
                                         Qu’est-ce qui les attend maintenant ?
                                         R. Plusieurs facteurs expliquent la bonne tenue des actions britanniques durant
                                         un été marqué par des drames politiques.

                                         Tout d’abord, la dépréciation de 4 % de la livre par rapport au dollar depuis mai
                                         a été bénéfique aux actions. En effet, un repli de la devise a habituellement un
                                         effet positif sur les indices du R.-U. puisque quelque 70 % des revenus du FTSE 100
                                         proviennent de l’étranger.

                                         De plus, le secteur de l’énergie, qui est largement représenté dans les indices
                                         britanniques, a tiré parti d’un raffermissement des prix du pétrole et d’une
                                         amélioration des flux de trésorerie. Un autre facteur de soutien a été le rebond des
                                         activités de fusion et acquisition au R.-U., les investisseurs étrangers ayant profité de
                                         la faiblesse de la livre, tandis que les rachats d’actions ont augmenté. Le pessimisme
                                         entourant les bénéfices des sociétés semble avoir plafonné et les prévisions à cet
                                         égard se redressent désormais. Enfin, le marché boursier du R.-U. a moins souffert
                                         des litiges commerciaux persistants que ceux d’autres régions davantage axées sur
                                         les secteurs visés par les tarifs douaniers, comme la technologie et l’automobile.

                                         Tous ces éléments justifient la hausse récente de notre pondération cible pour
                                         les actions britanniques à un niveau neutre. Après trois ans de piètres rendements,
                                         les valorisations nous semblent maintenant intéressantes. Le rendement en

 10 Perspectives mondiales | Septembre 2018
Le moment du
Brexit approche
                                         Valorisation relative de l’indice toutes les actions FTSE
                                         par rapport à l’indice MSCI Monde d’après le ratio C/VC
                                         1,4

                                         1,2

                                                                                                           La valorisation relative
                                         1,0
                                                                                                           se situe au niveau le
                                                                                                           plus bas en 15 ans.

                                         0,8

                                                                                                  0,77 x

                                         0,6
                                           1998              2003             2008         2013    2018
                                         Sources : Bloomberg, RBC Gestion de patrimoine

                                         dividendes a rarement été aussi élevé ; il n’a dépassé le seuil de 4 % qu’à cinq
                                         occasions depuis le creux du marché en 2009 et correspond à 1,4 fois le taux
                                         moyen offert par les autres marchés développés.

                                         Les actions du R.-U. se négocient à un ratio cours-bénéfice (C/B) équivalant
                                         à 13,7 fois et 12,7 fois les bénéfices prévus pour 2018 et 2019, respectivement.
                                         Du point de vue du ratio cours/valeur comptable (C/VC), l’indice toutes
                                         les actions FTSE se négocie près d’un creux de 15 ans par rapport à l’indice
                                         MSCI Monde. À moins qu’un choc systémique se produise, nous croyons que des
                                         occasions de plus-value se sont fait jour au R.-U. Nous réitérons notre préférence
                                         de longue date pour les sociétés qui génèrent la majeure partie de leurs revenus
                                         à l’étranger, et repérons notamment des occasions dans les secteurs de l’énergie
                                         et de la finance.

                                         Notre enthousiasme est toutefois refroidi par la probabilité non négligeable
                                         qu’aucun accord ne soit conclu ou que des élections anticipées se soldent par
                                         la venue d’un gouvernement travailliste. Dans le premier cas, nous croyons que
                                         les actions britanniques seraient les plus durement touchées : la livre fléchirait
                                         vraisemblablement, entraînant une hausse du coût des matières premières
                                         importées et une compression des marges des sociétés, tandis que le revenu
                                         disponible des consommateurs serait grugé par l’inflation.

                                         L’absence d’un accord pourrait aussi potentiellement nuire aux sociétés qui
                                         exportent une grande partie de leurs produits vers l’UE. Beaucoup d’entre elles ont
                                         toutefois également des installations de production à l’étranger, ce qui devrait les
                                         mettre quelque peu à l’abri des répercussions négatives de ce scénario.

                                         Dans le cas d’élections anticipées menant à un gouvernement travailliste, nous
                                         croyons que les sociétés de services publics, d’autobus et de services ferroviaires
                                         seraient menacées par de possibles modifications à la réglementation (baisse
                                         des tarifs et des prix), une hausse probable du coût de la dette, et le risque de
                                         nationalisation. Une augmentation du taux d’imposition des sociétés serait
                                         particulièrement dommageable aux actions de sociétés à petite capitalisation,
                                         selon nous. Par ailleurs, les sociétés financières comme les gestionnaires de
                                         placement pâtiraient sans doute des conditions plus difficiles auxquelles leurs
                                         clients bien nantis se heurteraient en matière de retraite et d’épargne.

 11 Perspectives mondiales | Septembre 2018
Le moment du
Brexit approche
                                         Faites abstraction de l’actualité
                                         Nous nous attendons à ce que des rumeurs considérables et des épisodes d’anxiété
                                         plombent les marchés financiers à mesure qu’approchera la date limite du Brexit
                                         et que l’incertitude politique atteindra son comble. D’ici à ce qu’un accord final
                                         soit conclu et ratifié par les parlements du R.-U. et de l’UE, il est probable que les
 Nous nous attendons                     marchés réagissent plus fortement aux manchettes qui semblent annoncer une
 à ce que des rumeurs                    sortie désordonnée du R.-U. de l’UE, et restent sceptiques à l’égard de celles qui
                                         laissent entrevoir un départ sans accroc.
 considérables et des
 épisodes d’anxiété                      Notre scénario de base table encore sur un Brexit doux, et à moins d’un choc
 plombent les marchés                    économique, nous prévoyons des rendements raisonnables pour les actions
 financiers à mesure                     du R.‑U. et conservons notre pondération neutre. Nous privilégierons les sociétés
                                         ayant une présence internationale jusqu’à ce que le futur modèle d’affaires du
 qu’approchera la date
                                         pays se précise.
 limite du Brexit et que
 l’incertitude politique
 atteindra son comble.
                                              Q. Compte tenu de l’incertitude qui entoure le Brexit, comment
                                              les Britanniques assujettis à l’impôt du R.-U. et bénéficiant du
                                              régime de retraite public devraient-ils aborder la planification
                                              financière personnelle ?
                                              R.   Dean Moore, chef de l’équipe de planification de patrimoine de
                                              RBC Gestion de patrimoine située à Londres, au R.-U., souligne qu’en raison
                                              de la baisse prévue des recettes fiscales au pays après le Brexit, le Trésor
                                              britannique cherchera vraisemblablement à accroître ses revenus au moyen
                                              de mesures budgétaires d’urgence. Des pressions pourraient être exercées pour
                                              que l’allocation de retraite actuelle de 40 000 £ par an pour les personnes
                                              admissibles au régime de retraite public soit abaissée, ou pour que le seuil
                                              des gains de 150 000 £ à partir duquel l’allocation commence à diminuer soit
                                              réduit. Il se peut aussi que le taux d’allégement fiscal au R.-U. soit limité ;
                                              il conviendrait d’envisager de maximiser les cotisations aux régimes de retraite
                                              et aux comptes d’épargne individuels et de reporter les droits de pension
                                              inutilisés du régime public, dans la mesure du possible.

                                              Les expatriés britanniques qui résident dans l’Espace économique
                                              européen (EEE) bénéficient actuellement d’une triple garantie, qui rend
                                              obligatoire l’augmentation annuelle de leur pension publique de base selon
                                              le taux le plus élevé entre le taux d’inflation, la croissance moyenne des salaires
                                              et un taux minimum de 2,5 %. Des rumeurs circulent sur la possibilité que le
                                              Brexit entraîne une modification du statut des pensionnés de l’EEE, puisque les
                                              pensionnés qui résident dans d’autres pays, comme l’Australie, ne bénéficient
                                              pas d’une telle hausse. Si ce changement se produit, les expatriés britanniques
                                              résidant dans l’EEE devront envisager d’accroître leur épargne pour compenser
                                              l’incidence de l’inflation sur une pension gouvernementale de base fixe.

 12 Perspectives mondiales | Septembre 2018
Article
            de fond

                                        Le « stade avancé » du cycle
                                        a-t-il une date d’expiration ?
                                        Certes, l’expansion économique aux États-Unis n’est plus
                                        toute jeune, mais « stade avancé » ne signifie pas forcément
                                        « fin de cycle ». En fait, l’économie affiche encore certaines
                                        caractéristiques d’un milieu de cycle. Bien qu’il soit toujours
                                        approprié de se préparer à un inévitable repli, nous sommes
                                        d’avis qu’il reste du temps à l’expansion.
                    Craig Bishop
         Minneapolis, États-Unis
          craig.bishop@rbc.com          L’expansion économique aux États-Unis en est maintenant à sa dixième année
                                        et, totalisant maintenant 36 trimestres, elle se situe à deux trimestres d’être la
                                        deuxième période la plus longue jamais enregistrée. On emploie souvent le terme
                                        « stade avancé » ces temps-ci pour laisser entendre que la fin de cette période
                                        remarquable approche. Ce terme a une connotation négative, car il sous-entend
                                        qu’une récession se profile à l’horizon, augurant de conséquences possiblement
                                        désastreuses pour les investisseurs.

                                        À notre avis, il n’y a pas lieu de mettre l’accent uniquement sur le temps écoulé depuis
                                        le début de cette expansion. Les cycles économiques ne meurent pas de vieillesse. Et
                                        d’après les indicateurs clés que nous suivons, le cycle actuel se poursuivra sans doute
                                        pendant encore au moins plusieurs trimestres, voire des années.

                                        La nuit avant l’aube
                                        L’expansion actuelle a officiellement commencé en juin 2009, lorsque la grande
                                        récession a pris fin. La Réserve fédérale avait abaissé les taux d’intérêt à 0 % en
                                        décembre de l’année précédente, le taux des effets du Trésor américain à 10 ans
                                        frôlait 4 % et l’indice S&P 500 se situait à 926,12. Avec le recul, il est facile de
                                        voir comment les investisseurs ont pu rater le début du long cycle actuel, car

                                        Longévité et lenteur caractérisent la reprise actuelle
                                        Taux de croissance cumulatif du PIB aux États-Unis au cours de chacun des cycles de reprise
                                        depuis la Deuxième Guerre mondiale (les années indiquent le début des reprises)

                                                                                                                                                1961
                                        50 %
                                                                                                                                                    1991
                                        40 %                                                                                      1982
                                                                                                                                          De 2009 à ce
                                        30 %                                                                                              jour (date finale
                                                                        1970                          1975                                à déterminer)
                                        20 %           1958          1954
                                                                                                                   2001
                                                      1980
                                        10 %

                                             0%
                                                  0          4        8        12      16     20       24       28     32       36                      40
                                                                 Nombre de trimestres correspondant à la durée de chaque reprise
                                        Sources : RBC Gestion de patrimoine, Federal Reserve Bank de St. Louis ; données trimestrielles prises en compte
                                                  jusqu’au 27 juillet 2018

13 Perspectives mondiales | Septembre 2018
« Stade avancé » :
date d’expiration ?
                                            la plupart étaient profondément préoccupés par les ondes de choc de la crise
                                            financière mondiale.

                                            En outre, la croissance économique est loin d’avoir été robuste ces dix dernières
                                            années : avec un taux moyen de seulement 2,2 %, bien inférieur à la moyenne à long
                                            terme de 3,3 %, il n’y avait pas de quoi susciter une folle exubérance. Néanmoins,
                                            en rétrospective, cette longue période de faible croissance est peut-être exactement
                                            ce dont nous avions besoin à la suite des dégâts causés par la grande récession et
                                            la correction des déséquilibres non durables qui l’ont précédée.

                                            Où en sommes-nous ?
                                            Les quatre stades d’un cycle économique (précoce, intermédiaire, avancé et
                                            récession) ont chacun des conséquences distinctes pour les marchés et les
                                            portefeuilles de placement.

                                            L’économie a sans contredit dépassé le stade précoce, qui se caractérise
                                            généralement par le passage d’une croissance négative à positive. Cette évolution
                                            est parfois très rapide, car l’économie rebondit après avoir connu une récession,
                                            propulsée d’habitude par des mesures de relance monétaire et budgétaire ainsi
    L’opinion générale veut,
                                            qu’une demande accumulée. On peut également affirmer sans trop s’avancer
    cela va de soi, que le                  que l’économie n’est pas en récession à l’heure actuelle, même si au cours de
    cycle se situe à un                     cette période d’expansion de neuf ans, plusieurs ont eu l’impression qu’un tel
    « stade avancé », mais                  événement était toujours sur le point de se produire.
    la situation pourrait être
                                            Il nous reste donc à tenter de déterminer si nous nous trouvons au stade
    plus nuancée.                           intermédiaire ou avancé du cycle actuel. La première option signifie que les
                                            actifs risqués, comme les actions et les obligations de sociétés, continueront de
                                            progresser, et la seconde, qu’il faudra surveiller de plus près les reprises des actifs
                                            risqués pour déceler les signes de détérioration.

                                            Comme nous l’avons mentionné plus tôt, l’opinion générale veut, cela va de soi,
                                            que le cycle se situe à un « stade avancé », mais comme c’est souvent le cas, la
                                            situation pourrait être plus nuancée. Des analystes affirment depuis au moins
                                            deux ans que nous nous situons à un stade avancé, même si la durée habituelle
                                            de cette étape du cycle économique est d’environ 18 mois.

                                            Phases du cycle économique
                                             Fin de la remontée                                             Reprise
                                             L’inflation s’accélère                                         L’inflation chute
                                             Les taux à court terme augmentent                              Les taux à court terme sont faibles
                                             Les taux des obligations augmentent                            Les taux des obligations touchent un creux
                                             La croissance économique plafonne                              La croissance économique se redresse

                                                                                               Contraction
                                                                                               L’inflation continue de croître
                                                                                               Les taux à court terme plafonnent
                                                                                               Les taux des obligations plafonnent
                                                                                               La croissance économique ralentit

                                                 Début de la remontée                    Récession
                                                 Faible inflation                        L’inflation plafonne
                                                 Les taux à court terme sont neutres     Les taux à court terme sont abaissés
                                                 Les taux des obligations sont stables   Les taux des obligations chutent
                                                 La croissance économique s’accélère     La croissance économique est négative

                                            Source : RBC Gestion de patrimoine

    14 Perspectives mondiales | Septembre 2018
« Stade avancé » :
date d’expiration ?
                                            Bon nombre des tenants de la thèse d’un stade avancé, qui sont nombreux
                                            aujourd’hui, semblent se fonder davantage sur le « temps écoulé » que sur des
                                            données économiques probantes. À des fins d’illustration, soulignons qu’il
                                            est généralement admis qu’au stade intermédiaire d’un cycle, la croissance
                                            économique s’accélère grâce à une politique monétaire accommodante. Cette
                                            phase est habituellement la plus longue. Lorsque l’économie atteint le stade
                                            avancé, des signes de surchauffe deviennent palpables, les pressions inflationnistes
                                            s’accentuent et la politique monétaire peut être qualifiée de ferme ou de restrictive.

                                            Il semble que l’économie chevauche actuellement deux stades du cycle
                                            économique, ce qui rend l’analyse plus difficile.

                                            Deux « stades intermédiaires » avant une récession ?
                                            Les caractéristiques générales des deux stades (intermédiaire et avancé) sont
                                            manifestes aujourd’hui. Cette expansion s’est distinguée par de longues périodes
                                            de lente croissance. Pourtant, lors du deuxième trimestre qui vient juste de
                                            s’achever, le PIB a crû à un rythme soutenu de 4,2 %, le plus rapide en quatre ans,
                                            grâce essentiellement à la stimulation budgétaire fournie par la réforme fiscale
                                            adoptée à la fin de 2017. On ne sait encore s’il s’agira d’un résultat isolé, mais pour
                                            l’heure, RBC Marchés des Capitaux prévoit une croissance annuelle moyenne
                                            de 3 % cette année et l’an prochain. Une telle progression est supérieure au faible
                                            taux tendanciel, mais ne témoigne pas encore d’une surchauffe d’après la plupart
                                            des mesures.

    Les caractéristiques                    Nous savons que la Réserve fédérale poursuit une cible d’inflation de 2 %, mais
    générales des deux                      ce n’est que récemment que sa mesure préférée, les dépenses personnelles de
    stades (intermédiaire et                consommation (DPC) de base, a atteint ce niveau. Par ailleurs, les décideurs n’ont
                                            pas encore exprimé de préoccupations quant à une intensification des pressions
    avancé) sont manifestes
                                            sur les prix. Le chômage a atteint 3,8 % dernièrement, son niveau le plus bas
    aujourd’hui.                            depuis les années 1960, mais cela n’a pas provoqué de flambée des pressions
                                            salariales. Enfin, même après sept hausses des taux depuis décembre 2015, on
                                            ne saurait encore qualifier la politique de la Réserve fédérale de restrictive. L’idée
                                            d’un « taux neutre » pour les fonds fédéraux, soit le niveau auquel la politique ne
                                            serait jugée ni ferme ni souple, fait l’objet d’un débat au sein du Comité fédéral de
                                            l’open market. Les décideurs ne savent pas où se situe précisément le taux neutre ;
                                            les estimations varient dans une fourchette de 2,25 % à 3,00 %, mais la plupart des
                                            dirigeants de la Réserve fédérale l’estiment autour de 2,75 %. À son niveau actuel,
                                            le taux des fonds fédéraux ne serait donc qu’à trois hausses de taux d’un quart de
                                            point du niveau neutre.

                                            Le point à retenir ici est qu’un examen de ces mesures permet difficilement
                                            d’affirmer avec certitude dans quel stade l’économie se trouve actuellement ;
                                            elle présente encore des caractéristiques des stades intermédiaire et avancé.

                                            D’une part, il y a des traits distinctifs du stade intermédiaire : la croissance
                                            s’est accélérée à un rythme supérieur à la tendance proche de 3 % ; l’inflation
                                            semble contenue et, en tout état de cause, ne préoccupe pas encore la Réserve
                                            fédérale ; la politique monétaire reste accommodante ; et les conditions du crédit
                                            sont favorables.

                                            D’autre part, on note des caractéristiques du stade avancé : la croissance pourrait
                                            être en train de plafonner, puisque la plupart des prévisions (dont la nôtre) tablent
                                            sur une décélération modeste l’an prochain et plus marquée en 2020 ; l’inflation a
                                            augmenté, et non diminué, et l’extrême étroitesse du marché du travail conjuguée

    15 Perspectives mondiales | Septembre 2018
« Stade avancé » :
date d’expiration ?
                                            aux rares capacités excédentaires restantes dans l’économie donne à penser
                                            que les pressions sur les prix pourraient désormais s’accentuer ; et, enfin, la
                                            Réserve fédérale est résolue à poursuivre le relèvement des taux, et le graphique
                                            de ses propres attentes quant à la trajectoire future des taux permet de penser que
                                            le taux des fonds fédéraux atteindra ou dépassera le niveau neutre l’an prochain.

                                            Feuille de pointage des indicateurs économiques du Comité
                                            des Services-conseils en gestion mondiale de portefeuille

                                                                 Indicateur                            État

                                              Courbe des taux (1 an-10 ans)
                                                                                                       -         -         Les données vont
                                              Demandes de prestations de chômage
                                                                                                       -         -         toutes de pair avec
                                                                                                                            une poursuite
                                              Taux de chômage
                                                                                                       -         -         de l’expansion
                                              Indice avancé du Conference Board
                                                                                                       -         -         économique.
                                              Indice ISM nouvelles commandes moins stocks
                                                                                                       -         -
                                              Fonds fédéraux et croissance du PIB nominal
                                                                                                       -         -
                                                   Expansion                      Neutre           En récession

                                            Source : Comité des Services-conseils en gestion mondiale de portefeuille de RBC

                                            Il y a sûrement d’autres indices
                                            Compte tenu de l’énorme battage qui entoure le sujet, il serait utile d’avoir
                                            certaines balises pour marquer la transition de l’économie d’une phase du cycle
                                            à la suivante.

                                            Eric Lascelles, économiste en chef, RBC Gestion mondiale d’actifs, a publié
                                            dernièrement son plus récent examen trimestriel du cycle économique, qui fait
                                            un suivi de 17 facteurs se comportant différemment à différents stades du cycle.
                                            Il estime que l’économie américaine présente des caractéristiques du stade
                                            avancé qui augurent d’une fin de l’actuel cycle économique d’ici un an ou deux.
                                            Il mentionne dans son analyse l’absence de capacités excédentaires, des gains
                                            d’emploi marqués, une progression de longue durée des actions, un niveau
                                            de confiance élevé et quelques tremblements sur le marché du crédit.

                                            Les données de notre feuille de pointage composée de six indicateurs économiques
                                            avancés, illustrés dans le tableau ci-dessus, vont toutes de pair avec une poursuite
                                            de l’expansion économique. En résumé, même si les indicateurs des stades
                                            intermédiaire et avancé sont élevés, nous croyons que les risques de récession
                                            restent faibles pour l’instant. Il faut le souligner, car les récessions ont toujours été
                                            associées à des marchés boursiers baissiers et une période difficile pour certains
                                            segments du marché à revenu fixe.

                                            Facteurs mondiaux imprévisibles
                                            Le contexte actuel, qui se caractérise par des litiges commerciaux évoluant
                                            rapidement, l’imposition de tarifs douaniers, une croissance inégale d’une
                                            région à l’autre et des préoccupations géopolitiques, pose plusieurs problèmes
                                            à l’économie mondiale. La question, selon nous, n’est pas tant de savoir si l’un
                                            de ces facteurs ou l’ensemble d’entre eux feront basculer l’économie américaine
                                            dans une récession, mais plutôt s’ils pourraient accélérer l’arrivée à terme du
                                            cycle économique.

    16 Perspectives mondiales | Septembre 2018
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