Tendances et innovations dans l'économie du sport - afecreation.fr - Bpifrance Création
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tolia : Fo hoto its p octobre 2017 créd Tendances et innovations dans l’économie du sport afecreation.fr
l’économie du sport innovations dans Tendances et “Ce serait bien que le sport soit le médicament du 21e siècle“, Valérie Fourneyron, ancienne ministre des Sports et présidente du comité médical de l’Agence mondiale antidopage. “Je suis content de voir que les médecins parlent de plus en plus d’activité physique, qui est 100 % positive pour la santé, l’équilibre mental et social. Alors que le sport de haut niveau, je n’hésite pas à le dire, est une activité dangereuse à tout point de vue“, Roger Bambuck, ancien sprinter, ancien recordman du monde du 100 m et ancien secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports. “Travailler avec un club de foot ou une fédération, ce n’est pas travailler avec un groupe industriel ou une PME. Le sport est un écosystème très particulier, très éclaté, avec une culture particulière“, Benjamin Carlier, directeur du Tremplin, incubateur dédié au sport. “Dans dix ans, les champions du monde de League of Legends ou de Counter-Strike seront aussi connus que Zidane ou Michael Jordan. Il faut s’y préparer. Lorsqu’un joueur professionnel de jeux vidéo rejoint une équipe aux États-Unis, il bénéficie du même statut que s’il allait jouer pour la NBA“, Emmanuel Martin, président du Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs. “On vit dans une société où le corps est occulté : le matin, on s’assoit dans sa voiture, puis on s’assoit devant son ordinateur, et enfin, on finit par s’asseoir devant la télé. Cette humanité assise est minée par la fatigue nerveuse. Si ce sport [le running] a autant de succès, c’est qu’il est le moyen le plus simple d’échapper à la sédentarité, de revenir à l’élémentaire du souffle. Quand on court, on mobilise les mêmes ressources que l’homme de l’âge de pierre et on se sent à nouveau exister, vivant, envahi par une bonne fatigue“, David Le Breton, auteur de Disparaître de soi (Éditions Métailié, 2015). Ce dossier a bénéficié de la relecture et des conseils de Véronique Siau, spécialiste de l’entrepreneuriat sportif et consultante associée du cabinet SeD Conseil. Ce dossier a été rédigé en s’appuyant sur la consultation d’une centaine d’articles de presse et sur les productions du ministère en charge des Sports relatives à l’entrepreneuriat sportif dont Véronique Siau est l’auteure. AVERTISSEMENT IMPORTANT • En application du Code de la propriété intellectuelle, IL EST INTERDIT DE REPRODUIRE intégralement ou partiellement ce document, sur quelque support que ce soit, sans l’autorisation préalable écrite de l’AFE. Pour toute demande : www.afecreation.fr
EN BREF 4 1 | ACTIVITÉS 5 2 | LE MARCHÉ 8 3 | CLIENTÈLE 19 3 4 | FACTEURS CLÉS DU SUCCÈS 24 5 | LES RÈGLES DU SPORT 29 6 | CONTACTS ET SOURCES D’INFORMATION 32 7 | WEBOGRAPHIE 36 1. Dossier réalisé par l’AFE et certains organismes professionnels. Malgré tout le soin apporté à sa réalisation, nous ne pouvons garantir les informations dans le temps et nous déclinons toute responsabilité quant aux conséquences résultant de leur usage ou MISES EN GARDE d’erreurs éventuelles. 2. Le dossier ne constitue pas une méthodologie de création ou de reprise d’entreprise (ex. : les aides à la création d’entreprise ne sont pas traitées). Seules sont analysées les spécificités d’une profession (ex. : les aides pour l’édition de jeux vidéo). Ainsi, pour répondre à des questions d’ordre général sur la méthodologie de la création (étude de marché, comptes prévisionnels, aides et financements, structure juridique, formalités, etc.), reportez-vous au site Internet de l’AFE : www.afecreation.fr Tous droits réservés
EN BREF EN BREF Le sport est considéré comme vecteur d’intégration, source d’engagement et d’épanouissement personnel, pouvant constituer un support éducatif à part entière depuis la création des Jeux olympiques contemporains par Pierre de Coubertin En un siècle, le sport est devenu le premier loisir des Français. Le développement personnel, la question du bien-être et de la santé ont largement contribué à sa progression ces dernières années. Parallèlement, depuis le début des années 80, les sports de nature sont montés en puissance. Portés par une demande forte de notre société en matière d’environnement et de développement durable, alimentés par de nombreuses innovations techniques et technologiques, ils représentent aujourd’hui un tiers du fait sportif français. Le numérique constitue également une évolution majeure. Il pourrait bouleverser les équilibres économiques en place, en soufflant notamment un vent d’uberisation sur le sport. Le sport est en effet un véritable secteur économique, historiquement structuré par l’État puis par les collectivités territoriales au nom de la santé et de l’éducation des populations. L’offre d’activités sportives aux scolaires, aux actifs et aux retraités fait l’objet d’un soutien des pouvoirs publics aux associations et aux fédérations sportives, auxquelles l’État a par ailleurs délégué le sport de haut niveau. De plus, le sport offre des retombées économiques et notamment touristiques : lorsqu’un grand événement sportif a lieu, c’est tout un pan de l’économie qui en profite : hôtels, bars, restaurants, brasseurs, 4 transports, paris sportifs, équipementiers sportifs, clubs de sport… Les retombées en termes d’image sont également fortes : les valeurs véhiculées par le sport (dépassement de soi, partage…) sont très recherchées par les collectivités, qui sont nombreuses à vouloir associer leur image à celle de sportifs reconnus. C’est pourquoi les grandes métropoles comme Paris (organisatrice des Jeux olympiques et paralympiques de 2024), Lyon, Marseille (capitale européenne du sport en 2017) ou Lille misent sur le sport depuis de nombreuses années pour renforcer leur attractivité. Des territoires ruraux, des communes ou intercommunalités de petite taille font le même pari, à leur niveau. Ce dossier est consacré à l’innovation (notamment technologique) et aux nouvelles tendances dans le domaine du sport. Il aborde notamment le big data, les objets connectés, le phénomène de “plateformisation“ dans le sport ainsi que les nouveaux sports (street sports, sports indoor et outdoor, technosports, e-sports) et les sports qui se réinventent (dont la course à pied et le vélo). Ce document n’évoque pas le coaching sportif qui fera prochainement l’objet d’une publication du ministère en charge des Sports. Il ne donne pas la marche à suivre pour devenir sportif professionnel, monter un club de sport, se lancer dans les sports “indoor“ ou les paris sportifs. Ce document ne traite pas non plus du commerce d’articles de sport, de stylisme, de marques sportives ou de prêt-à-porter sportif. Tous droits réservés
1 | ACTIVITÉS ACTIVITES Le sport est composé de deux sous-secteurs qui ont chacun leurs règles de fonctionnement : le sport loisir, qui concerne tous les Français, et le sport professionnel, qui concerne quelques milliers d’athlètes. Le sport loisir, favorisé par la politique de santé publique, concerne deux Français sur trois qui pratiquent au moins une activité physique hebdomadaire, seuls, en petit groupe, dans un club ou dans leur entreprise. L’exercice des métiers qui permet d’encadrer les publics contre rémunération est fortement réglementé. Ce sont essentiellement des éducateurs sportifs qui mettent en œuvre le sport loisir. Le sport professionnel mobilise également des éducateurs sportifs ainsi que des entraîneurs sportifs (ou coachs professionnels) et de nombreux autres acteurs : -d es marques sportives ou des équipementiers sportifs qui leur fournissent du matériel (vêtements, chaussures…) ; -d es agences de communication, agences de production audiovisuelle et/ou designers qui vont par exemple réaliser un clip de promotion, une plaquette de sponsoring, créer un site Internet, personnaliser un blog… (pour en savoir plus, consultez la synthèse “Événements sportifs, agences de communication événementielle“ du ministère en charge des Sports) ; -d es fournisseurs de compléments alimentaires, pour optimiser la pratique sportive, s’hydrater efficacement pendant l’effort, récupérer de façon optimale… ; -e t, depuis peu, des start-up. 5 Dans le football, on trouve même des agents de joueurs, des attachés de presse au service des clubs, des journalistes sportifs, des recruteurs, des préparateurs physiques, des stadium managers… Source : “Euro 2016 : 10 métiers qui tournent autour du football“, L’Étudiant, 17/06/2016 Les principaux codes APE utilisés dans le sport 85.51Z : Enseignement de disciplines sportives et d’activités de loisirs 93.11Z : Gestion d’installations sportives 93.12Z : Activités de clubs de sports 93.13Z : Activités des centres de culture physique 93.19Z : Autres activités liées au sport Tous droits réservés
1 | ACTIVITÉS Créations d’entreprises Code Secteurs Nombre d’entreprises Créations Taux APE en 2016 2016 de création 85.51Z Enseignement de disciplines sportives 49 816 7 054 14,2 % 93.11Z Gestion d’installations sportives 2 954 245 8,3 % 93.12Z Activités de clubs de sports 2 185 186 8,5 % 93.13Z Activités des centres de culture 2 488 414 16,6 % 93.19Z Autres activités liées au sport 9 473 1 483 15,7 % Total, tous secteurs confondus 4 365 347 554 028 12,7 % Source : Insee Évolution du nombre de créations d’entreprises 10 000 6 9000 8000 7000 6000 5000 4000 3000 2000 1000 0 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 85.51Z 93.11Z 93.12Z 93.13Z 93.19Z N. B. En 2014, 66,54 % des entreprises créées dans le domaine du sport avaient pour activité principale l’enseignement de disciplines sportives et d’activités de loisirs (code APE : 85.51Z). C’est de loin l’activité la plus importante dans le secteur sportif. C’est elle qui est la plus impactée par le régime du microentrepreneur au moment de la création : trois fois plus en 2014 qu’en 2008, une évolution que l’on ne repère pas dans les autres activités liées au sport. Source : “Devenir autoentrepreneur… ce qu’il faut savoir avant de se lancer dans l’encadrement du sport“, ministère en charge des Sports, 2016 Tous droits réservés
1 | ACTIVITÉS Ratios de l’Unasa Les ratios 2015 (communiqués en 2016) de l’Unasa sont en ligne. Ils indiquent les recettes, les achats, les charges de personnel, les impôts et taxes, les charges externes, le résultat financier et le bénéfice comptable des professions libérales membres de l’Unasa. Ils sont calculés sur la base d’un échantillon de professionnels. On compte parmi eux des : - arbitres, - professeurs de golf, - professeurs de ski, - professeurs de yoga, - professeurs d’éducation physique, - sportifs professionnels, - professeurs d’autres sports et jeux, - guides de montagne, - autres activités sportives. Contact : Union nationale des associations agréées, 36 rue de Picpus, 75012 Paris, tél. : 01 43 42 38 09, www.unasa.org 7 Tous droits réservés
2 | LE MARCHÉ LE MARCHÉ Chiffres clés de l’économie du sport - E stimé à 2 % du PIB mondial, soit environ 1 550 milliards d’euros, le poids économique du sport est en progression. Source : Les Échos - E n 2011, il était estimé à 1,9 % du PIB national. Depuis une dizaine d’années, la dépense sportive est en augmentation constante en France (+ 42 % entre 2000 et 2010). Source : “Enjeux et perspectives des industries du sport en France et à l’international“, ministères en charge de l’Économie et du Sport, 2016 - L ’État français consacre chaque année 4,3 milliards d’euros au sport. La plus grande part de ces crédits – 3,5 milliards d’euros – est destinée au sport scolaire et universitaire et finance essentiellement la masse salariale des enseignants d’éducation physique et sportive. Source : Problèmes économiques, avril 2016 - L es collectivités territoriales consacrent environ 10,8 milliards d’euros par an au sport. Source : Problèmes économiques, avril 2016 - O n compte 39 019 terrains de football en France (soit plus que le nombre de communes), mais seulement neuf terrains de cricket et une salle de curling. Source : ministère en charge des Sports 8 - E n France, près de 73 % des équipements sportifs sont implantés en zones urbaines et périurbaines tandis qu’un tiers des communes rurales sont totalement dépourvues d’infrastructures sportives. Source : Fondation de France - L ’une des dernières tendances majeures du marché du sport concerne le détournement d’usage des articles de sport estimé à 2/3 du marché. En augmentation constante, la catégorie des consommateurs d’articles de sport non sportifs représente une part de marché non négligeable chez les fabricants ainsi que chez les distributeurs d’articles de sport. - L es entreprises françaises de l’économie du sport (matériel sportif, équipements, gestion des infrastructures, organisation événementielle, billetterie, architecture, BTP, énergie, transports, gestion des flux, sécurité, économie numérique) emploient près de 60 000 personnes (hors pratique sportive) et réalisent un chiffre d’affaires de 35 milliards d’euros par an. Source : ministère de l’Économie et des Finances - L a branche professionnelle du sport compte près de 40 000 établissements, 125 000 salariés en 2015 et de nombreux bénévoles. Elle repose majoritairement sur le secteur associatif et les mouvements d’éducation populaire, largement développés dans le cadre de l’économie sociale et solidaire. Chiffres clés des pratiques sportives - 65 % des Français pratiquent au moins une activité physique régulièrement. Source : ministère en charge des Sports Tous droits réservés
2 | LE MARCHÉ - E n 2015, 18,3 millions de licences sportives et autres types de participations (ATP) sont délivrés par les fédérations sportives agréées par le ministère en charge des Sports, soit une augmentation de 1,4 % par rapport à 2014. Les fédérations multisports ont délivré un nombre croissant de licences (+ 1,6 %), évolution plus importante cette année que pour les fédérations unisport, qu’elles soient olympiques ou non olympiques (respectivement + 1,4 % et + 1,2 %). Source : Insee - 3 0 millions de Français pratiquent des sports de nature (randonnée pédestre, vélo, VTT de loisir, pêche sportive). Source : ministère en charge des Sports - T op 10 des sports pratiqués chez les plus de 15 ans : Marche de loisir 53 % Natation de loisir 24 % Marche utilitaire 24 % Vélo de loisir 22 % Baignade 15 % Ski alpin 11 % Pétanque 10 % Football 10 % Randonnée pédestre 9% Footing 9 % Source : “Les chiffres-clés du sport“ (portant sur l’année 2015), ministère en charge des Sports, 2017 - S i la pratique demeure fortement attachée à la catégorie socioprofessionnelle, l’écart entre hommes et femmes tend à se réduire. Source : Insee 9 - L a pratique de plusieurs sports au lieu d’un sport exclusif est souvent de mise, ainsi que la préférence pour les sports individuels et sans contrainte d’espace ou d’infrastructure. Les loisirs verts (“outdoor“) ont ainsi le vent en poupe (randonnée, VTT, sports de glisse, raft, canoë- kayak, escalade, cerf-volant, deltaplane et parapente...). - D ’après le cabinet d’études NPD, le basket-ball et le running connaissent un engouement chez les hommes depuis 2009. Les femmes privilégient le running et le sport en salle de gymnastique (danse, cours de fitness). Chez l’enfant, on note une tendance pour les activités sportives variées avec des disciplines différentes pratiquées par semaine et par saison. - P lusieurs pratiques progressent fortement, d’après le premier “Baromètre des sports et loisirs de nature en France en France“ : l’accrobranche, la marche nordique, l’outdoor fitness, le CrossFit, le stand up paddle, l’escalade indoor et le trail. - E n France, selon l’agence de communication Sportlab, 16,5 millions de personnes (25 % de la population) pratiquent plus ou moins régulièrement le running en 2016. La start-up Sport Heroes évalue quant à elle le nombre de coureurs à 10 millions. - L ’e-sport (soit la pratique d’un jeu vidéo dans le cadre d’une compétition) compte 850 000 pratiquants en France. Source : ministère de l’Économie et des Finances Évolution du secteur Dans le sport, l’innovation est omniprésente. Elle répond à la demande de renouvellement, de confort et de sécurité des pratiquants. Elle concerne autant les pratiques que les matériels dont l’évolution dépend à la fois des technologies nouvelles et de la mode. Source : ministère en charge des Sports Tous droits réservés
2 | LE MARCHÉ a) L’innovation technologique dans le sport Dans le sport, l’innovation concerne les pratiques (nouvelles disciplines), les matériels, et s’appuie de plus en plus sur le numérique. Celui-ci transforme autant le sport professionnel que le sport loisir. Le numérique commence à s’imposer dans le sport Depuis quelques années, l’innovation numérique prend en effet une part de plus en plus importante au sein du sport loisir et au sein du sport professionnel, écosystème fragmenté, peu digitalisé et en voie d’uberisation, selon certains. “En 2030, il aura fortement évolué et sera uberisé, car les nouveaux acteurs développeront des solutions de rupture à côté du service public“, prédit Alain Loret, professeur universitaire et fondateur de SWI, une start-up d’intelligence économique dévolue au sport. Il ajoute que “le passage de l’utilité publique à l’utilité économique bouleversera l’architecture des enceintes sportives“. Cette innovation numérique est portée par des grands groupes, d’anciens sportifs ou des créateurs de start-up qui ne connaissent pas nécessairement le domaine sportif : “le startuper type est un trentenaire issu du conseil qui en a eu assez au bout de cinq ans. Il n’a aucun code des institutions et n’imagine guère le faible intérêt du secteur pour le numérique ou la difficulté de trouver le bon interlocuteur“, précise Le Tremplin, incubateur spécialisé dans le sport. Le big data veut transformer le sport professionnel en divertissement rentable Le big data se met au service de l’entraîneur sportif : les data (données numériques) lui permettent d’analyser la vitesse de déplacement, la motivation de son ou de ses joueurs, selon les phases du jeu. À cela s’ajoutent des données collectées hors terrain portant sur le médical, la diététique, la psychologie, le 10 bien-être… Un joueur peut ainsi être managé en fonction de son niveau de jeu, de ses participations à des compétitions internationales, de son risque de blessure, de son comportement face au stress ou à l’échec pendant un match... Une application permet même de calculer la “valeur de marque“ d’un athlète de haut niveau, afin d’offrir des revenus complémentaires aux clubs et aux joueurs. Pour les spectateurs, “il faut que le stade soit une destination en soi, et qu’il soit perçu – à l’instar des USA – comme offrant une double opportunité : sport/spectacle et shopping“, indique Reda Gomery, du cabinet d’études Deloitte, qui imagine pour eux un parcours facilité (réservation de billet, paiement en ligne, trafic, trajet, appli, renseignements sur les adversaires, parking…) et une expérience enrichie sur les canaux digitaux (suivi des actualités, des autres matchs, possibilité de poster des commentaires, de visualiser des replays ou des interviews…). En France, la start-up Vogo édite des applications pour enrichir les événements sportifs en direction des spectateurs. Cette évolution pose cependant la question de la protection des données personnelles et du développement d’un sport professionnel à deux vitesses. Source : “Le sport définitivement dopé à la data“, Influencia, octobre 2016 Les stades deviennent des arènes connectées et des lieux touristiques Avec le virage économique pris par le sport professionnel, les stades deviennent des “arenas” et portent le nom de leur propriétaire : l’ à Marseille, le Matmut Atlantique à Bordeaux, l’Arena du Pays d’Aix (en construction). Certains stades abritent même des musées. C’est le cas du stade Geoffroy-Guichard à Saint-Étienne et de son musée retraçant l’épopée des Verts. Le Musée national du sport est situé dans le stade de Nice, l’Allianz Riviera. Cette tendance muséale vient notamment de Barcelone, où le musée du club de football FC Barcelone reçoit plus d’un million de visiteurs par an. Tous droits réservés
2 | LE MARCHÉ Exemples de start-up proposant leurs services au sport professionnel -D igifood propose aux supporters de se faire livrer au stade des bières ou des pizzas via une application. -N atural Grass propose une pelouse hybride (gazon naturel enraciné dans un sol de synthèse) qui a équipé les stades rénovés de l’Euro de football 2016. -M ac-Lloyd a créé des capteurs connectés pour suivre les performances des athlètes de haut niveau en temps réel. - Arioneo développe des technologies d’analyse de la performance et de la santé équine. Les sportifs amateurs ont de plus en plus d’objets connectés à leur disposition Le fil rouge est la personnalisation et le suivi des performances. On trouve notamment : - une corde à sauter connectée, - une caméra qui filme son utilisateur et décortique ses mouvements, - un drone qui joue le rôle de coach de tennis, - des kitesurfs connectés, transparents et personnalisables (couleur, décoration), - un bonnet intelligent pour les nageurs malvoyants, - des lunettes de sport permettant d’écouter de la musique par conduction osseuse (pour la natation ou le cyclisme), - des stations de fitness outdoor connectées à une application de coaching sportif, - une place de marché dans le domaine des activités et séjours dits “outdoor“. 11 Les plateformes de mise en relation entre sportifs amateurs se développent Les communautés sportives sont en plein essor ces dernières années sur les réseaux sociaux. “L’uberisation du sport est une menace pour les fédérations, mais c’est l’avenir. Si le milieu sportif traditionnel ne s’engage pas dans l’usage des nouvelles technologies (notamment sur les réseaux sociaux), le grand vainqueur sera le sport hors fédéral“, Béatrice Barbusse, présidente du conseil d’administration du CNDS (Centre national pour le développement du sport). Plusieurs sites et applications (généralistes ou spécialisées dans un sport) mettent en effet en relation des personnes qui cherchent des partenaires sportifs, en dehors des fédérations qui sont souvent contraintes dans leur fonctionnement (équipements municipaux, créneaux fixes, éducateurs fortement orientés sur la technique sportive et la compétition). Quelques exemples : needsporty.com, widoosport.com, cleec.com, tripnco.com/fr Autres applications : - SportEasy a pour but de gérer son équipe de sport amateur “comme un pro”, - Sport & You veut rapprocher les sportifs et les coachs. b) Les nouveaux sports Parmi les nouvelles disciplines sportives, nombreuses sont les évolutions de sports traditionnels. Voici quelques exemples de ces sports, feux de paille ou disciplines phares de demain. Les “street” sports et les sports “indoor” La ville est particulièrement propice à l’émergence de nouvelles pratiques sportives. Souvent considérées comme des marqueurs de la culture contemporaine, elles transforment l’espace public urbain en espace récréatif et ludique. Source : ministère en charge des Sports Tous droits réservés
2 | LE MARCHÉ Quelques exemples : - Le CrossFit gagne du terrain. Il s’agit d’un combiné de force athlétique, d’haltérophilie, de gymnastique et d’exercice cardio. - Le boot camp : à l’origine véritable entraînement militaire, ce sport se pratique en extérieur et en salle. À la différence du CrossFit, il ne propose pas d’haltérophilie, ce qui lui permet d’attirer un public plus féminin. En France, quelques salles accueillent des pratiquants de ce sport en comité restreint. -C ousin du CrossFit et du boot camp, le street workout (littéralement : “entraînement de rue“) est un sport à mi-chemin entre la gymnastique et la musculation. Mélangeant figures de force, de souplesse et d’équilibre, c’est un sport qui se pratique essentiellement en extérieur. - Le parkour est une activité physique consistant à se déplacer grâce à ses seules capacités motrices, dans différents types d’environnements. Le traceur – pratiquant du parkour – développe son corps et son contrôle en courant, en franchissant des obstacles, en sautant et en escaladant. - Le Qwan Ki Do, un art martial sino-vietnamien, compte un peu moins de 3 000 licenciés en France. - Le bubble bump permet de jouer au foot dans des bulles pour favoriser les acrobaties sans risque et les franches rigolades. - Le Speedminton, fusion du fitness et du badminton, a sa fédération. Autres exemples : le footsal, les échasses urbaines, le street-golf, la trottinette “freestyle”… Les sports “outdoor” Quelques exemples : 12 - Issus du surf et du paddle, le wave-ski est un mélange de kayak et de surf, tandis que le wave rafting se situe entre le raft des mers et le paddle. - Le Fantasticable permet de survoler un paysage en tyrolienne pendant une minute et vingt secondes au maximum, à plat ventre, jusqu’à 135 km/h. - Le mountainboard est un engin hybride, mélange de snowboard, de planche à roulettes et de VTT ou de BMX, s’utilisant sur tout type de terrain (herbe, terre, bitume, sable dur) ou même dans un skatepark. - Le wing jump allie glisse et portance sur les pistes de ski. - Le geocaching est une activité de plein air consistant à retrouver dans la nature, à l’aide d’un GPS ou d’un smartphone, des boîtes cachées par d’autres personnes. Celles-ci renferment un objet que l’on peut prendre à condition d’en laisser un autre. - La slackline, héritière de la gymnastique, de l’escalade, de l’alpinisme, du surf, du longboard et du cirque, s’est développée en France ces dix dernières années. Elle se pratique en milieu naturel ou urbain, dans les parcs et espaces verts, voire en intérieur. Pour en savoir plus sur les pratiques ludo-sportives urbaines et les sports émergents, consultez le dossier du ministère en charge des Sports, 21 p., 2015. Les technosports, fusion du sport et de la technologie Le FPV Racing est le premier véritable “technosport“. Il conjugue plusieurs technologies de pointe (drones et réalité virtuelle), requiert de multiples aptitudes (adresse, rapidité, expertise mécanique, intelligence tactique) et fait le lien entre la course mécanique et l’univers des jeux vidéo. Tous droits réservés
2 | LE MARCHÉ Il ne sera sans doute pas la seule discipline émergeant de la fusion entre sport et technologies avancées : la voiture autonome devrait donner lieu à des courses sans pilotes humains ; l’entreprise japonaise Yamaha veut développer un robot capable de piloter une moto de série à 200 km/h sur circuit ; des compétitions opposant les robots entre eux, les robots et les humains, les humains entre eux par l’intermédiaire de robots, sont au programme. “Dans cinquante ans, nous pourrions bien ne plus avoir des Jeux olympiques et paralympiques, mais simplement des compétitions où se mesurent des participants quant à leur habilité à utiliser leur corps en synergie avec la technologie“, indique Andy Miah, spécialiste de bioéthique et technologies émergentes à l’université de Salford. Source : “Games of drones : Bienvenue dans l’univers spectaculaire des technosports“, We Demain, 30/08/2016 L’e-sport, en voie de reconnaissance L’e-sport, ou sport électronique, désigne la pratique d’un jeu vidéo dans le cadre d’une compétition. Les “gamers“ (ou gameurs) peuvent jouer seuls ou en équipe lors d’événements organisés par des associations, des organisations professionnelles ou, plus récemment, par des éditeurs de jeux vidéo qui financent des équipes de joueurs. L’e-sport est né à la fin des années 1980 avec l’apparition des premiers jeux en réseau multijoueurs sur Internet. Le phénomène a pris de l’ampleur, notamment grâce à une visibilité 13 accrue sur des plateformes en ligne comme Twitch, qui diffuse les grands tournois. Aujourd’hui, les meilleurs joueurs mondiaux du sport électronique se rencontrent lors de tournois tels que le World Championship League of Legends, l’Electronic Sports World Cup (ESWC), la Major League Gaming (MLG), la Cyberathlete Professional League (CPL) ou encore l’Evolution Championship Series (EVO). L’e-sport est devenu un véritable sport, avec un entraînement sportif et une reconnaissance des pouvoirs publics (légalisation des compétitions, création d’un statut de joueur professionnel en France). Dans certains pays comme la Corée du Sud, l’e-sport est une discipline sportive nationale. Il existe une fédération internationale de sport électronique (IESF). De nombreuses entreprises/marques investissent dans l’e-sport (Coca-Cola, Alibaba, Amazon – qui a racheté la plateforme Twitch –, Samsung…) ; parmi elles, le groupe français Webedia a ouvert en 2015 un espace dédié aux joueurs professionnels du jeu vidéo (les “gamers“) à Levallois-Perret (92) : cette enceinte accueille une équipe de gamers, est composée d’une salle d’entraînement, d’un amphithéâtre pour des matchs, dispose de studios à destination de “youtubeurs“ qui commentent des matchs. Source : 20 Minutes L’e-sport suscite un intérêt croissant de la part d’investisseurs prêts à sponsoriser événements et joueurs, dont les meilleurs gagnent environ 150 000 dollars chaque année, selon l’AFJV (Agence française des jeux vidéo). Par exemple, des milliardaires chinois investissent dans des équipes professionnelles, le club de football espagnol de Valence a créé son équipe d’e-sport, le PSG a présenté son équipe pour le jeu League of Legends, les chaînes de télévision ont lancé des émissions ou championnats d’e-sport (L’Équipe, TF1, Canal+, M6, Bein Sports, SFR Sports). Tous droits réservés
2 | LE MARCHÉ Quelques chiffres - À l’automne 2014, 27 millions de personnes ont assisté en direct à un tournoi de League of Legends. - En 2015, en Amérique du Nord, 81 % des 143 millions de dollars de revenus de l’e-sport provenaient de la publicité ou du sponsoring ; 8 % étaient issus de contributions volontaires de fans (prize pools ou dons et assimilés) transférées aux joueurs par l’entreprise PayPal, notamment. Source : rapport parlementaire “E-sport, la pratique compétitive du jeu vidéo”, 2016 - D’après une étude de SuperData et PayPal, le marché européen de l’e-sport est estimé à plus de 300 millions de dollars et compte près de 23 millions de fans en 2016. Il devrait atteindre 390 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2018, selon cette étude, tandis que l’institut Newzoo estime que l’e-sport devrait générer 700 millions de dollars au niveau mondial en 2017 et 1,5 milliard de dollars en 2020. - En France, les revenus générés par ce secteur s’élèvent à plus de 22 millions de dollars, et continuent de croître à un rythme d’environ 10 % par an. - 200 joueurs gagnent leur vie en France grâce aux compétitions de jeux vidéo et 500 000 personnes participent à des tournois physiques ou en ligne, selon l’ex-secrétaire d’État au Numérique Axelle Lemaire, tandis que plus de 7,5 millions de Français sont fans de compétitions sportives virtuelles, d’après Webedia. Exemples d’activités et d’entreprises de l’e-sport - Le bar parisien Meltdown est dédié aux retransmissions e-sport ; - à Lyon, La Source permet de faire se rencontrer gameurs et gameuses passionnés ; - le site Internet Geekmemore, en facilitant les rencontres entre geeks, répond à deux difficultés : 14 celle de rencontrer quelqu’un quand on passe une grande partie de son temps devant un écran et celle de rencontrer quelqu’un qui aime également passer beaucoup de temps devant son écran ; - la marque Acer propose des ordinateurs portables pour gamers. Les opportunités sont diverses pour les joueurs souhaitant vivre de leur passion : joueur professionnel, commentateur de jeux vidéo, développeur indépendant de jeux vidéo, game designer, “streamer“… la vidéo de PayPal, “Level up : les nouveaux héros du jeu vidéo“, présente le parcours de quatre jeunes entrepreneurs français emblématiques de l’e-sport (appelés également “hobbypreneurs“ du jeu vidéo) : Yellowstar, Khao, Zerator et Domingo. Autre exemple : Marc Berthold, ancien joueur professionnel, a lancé un réseau social entièrement dévolu à sa passion : World eSport. c) Les sports qui se réinventent : deux exemples Le running, le nouveau sport roi des Français Le running (ou course à pied) s’est installé dans le paysage sportif français. Les marques et les start-up s’intéressent à lui. En France, selon une étude réalisée par l’agence de communication Sportlab en 2016, 16,5 millions de personnes (25 % de la population) pratiquent plus ou moins régulièrement le running. Rien qu’entre 2015 et 2016, cette activité aurait recruté un million de coureurs. Parallèlement, la course à pied en pleine nature, le “trail“, connaît un succès grandissant : 900 000 personnes ont participé à un trail en 2015, selon la Fifas qui note que le “trail-runner“ est un consommateur plutôt aisé, qui dépense en moyenne 500 euros par an en vêtements, chaussures, équipements… Il constitue la locomotive des sports de plein air et dynamise les stations de ski durant l’été. Tous droits réservés
2 | LE MARCHÉ De nombreuses courses à pied (trails, ultra-trails, marathons, semi-marathons, montée de marches...) se déroulent partout en France et à l’étranger, en ville, à la montagne, sur le territoire métropolitain, en outre-mer, avec parfois des enjeux touristiques lorsqu’elles revêtent un caractère “transdisciplinaire“ mixant sport et culture (musique et gastronomie, par exemple). Autre tendance : le running écolo, initié par un coureur qui ramasse les déchets lors de ses sorties sportives. Bref, tout semble possible. Exemples de start-up proposant des applications pour les runners : -D eux applications de référence pour mesurer sa performance, se fixer des objectifs, s’orienter… : Runtastic (rachetée par l’équipementier Adidas) et Runkeeper, qui propose également ses services sous forme de wearables (technologies désignant l’ensemble des vêtements et des accessoires qui peuvent être connectés à Internet et que l’on porte sur soi), tout comme le fabricant de GPS Tomtom ou le géant Samsung. -P lusieurs start-up proposent un calendrier de ces courses sur leur plateforme numérique : ahotu Marathons, Njuko, Runity. -L a start-up Sport Heroes rend la course (à pied, à vélo) ludique : plus le coureur (équipé d’un smartphone et connecté à l’application de Sport Heroes) fait de kilomètres, plus il a droit à des cadeaux auprès de grandes marques. La start-up a par ailleurs lancé en 2016 le magazine Running Heroes Society avec le groupe So Press. -L a start-up Jogg.in met en relation les coureurs pour leur permettre de courir en groupe. Autre tendance : le running ainsi que d’autres activités sportives (comme le fitness) participent au développement de la nutrition sportive. Entre 2010 et 2016, tous circuits confondus, les ventes sont 15 passées de 65 millions d’euros à 95 millions d’euros, soit une hausse de 46 % en valeur sur la période. Et les prochaines années s’annoncent également prometteuses, selon l’Institut Xerfi. Si les mastodontes de l’alimentaire commencent à affluer sur le marché de la nutrition sportive, Xerfi mise sur une polarisation du marché, entre offre spécialisée et offre grand public. Le vélo, sport professionnel, sport loisir et moyen de transport “doux” La pratique du vélo utilitaire progresse (c’est bon pour la santé, la planète, le portefeuille), celle du vélo de loisir est très développée. Dans ce contexte dynamique, l’offre de vélos s’enrichit, les innovations technologiques sont nombreuses, de nouveaux matériaux sont employés pour la construction des cycles, tandis que le vélo en tant que moyen de transport s’invite dans de nombreuses activités ou en favorise de nouvelles. Quelques exemples de vélos et accessoires innovants : - un vélo connecté et géolocalisé, - des cadenas connectés, - des vélos électriques dotés de panneaux solaires, - un moteur amovible qui transforme n’importe quelle bicyclette en vélo électrique, - une bulle transparente qui protège le cycliste de la pluie, - un casque pliable, un casque recyclé et recyclable, - un airbag pour cyclistes, - autres innovations, soutenues par Bpifrance. Tous droits réservés
2 | LE MARCHÉ Sur le terrain du big data : -L a start-up QuCit propose des outils d’analyse prédictive et d’aide à la décision destinés aux agglomérations et aux opérateurs de transport. Il s’agit notamment d’optimiser la stratégie de réassort des stations de vélos en libre-service (VLS). -L ’entreprise JCDecaux et la Ville de Paris mettent à disposition des données Vélib’. Elles sont destinées aux développeurs qui souhaitent concevoir des services à valeur ajoutée (applications mobiles…). … Quelques exemples de fabricants français de cycles, entre production artisanale et assemblage à grande échelle : - Vagabonde, fabricant drômois de vélos de randonnée sur mesure, - Moustache, fabricant vosgien de vélos à assistance électrique, - Les Cycles Victoire, fabricant auvergnat de vélos sur mesure, - Arcade, fabricant vendéen de vélos très robustes, - In’Bô, fabricant vosgien de vélos en bois et en bambou. Quelques exemples de projets et entreprises qui placent le vélo au cœur de leur activité : - les entreprises françaises Green On, Cyclez et Velogik proposent des systèmes de location (et de maintenance) de vélos à assistance électrique (VAE) pour les entreprises ; - les vélos-taxis de la start-up TripUp sont présents dans plusieurs grandes villes françaises ; - dans le domaine du déménagement, l’association parisienne Carton Plein recrute des personnes en grande précarité pour livrer en triporteur électrique des cartons de déménagement recyclés à des 16 particuliers, tandis que les déménageurs de l’entreprise Toutenvelo transportent des marchandises à vélo (à l’aide d’une remorque) jusqu’à 300 kg ; -p lusieurs entreprises, comme Vert Chez Vous ou Drop It, livrent des colis sur le dernier kilomètre, c’est-à-dire de l’entrepôt périphérique au domicile du client installé en ville ; - s ur le dernier kilomètre également, plusieurs start-up livrent des plateaux-repas et des colis aux particuliers des grandes agglomérations françaises, en faisant appel à des microentrepreneurs à vélo, dont les conditions de travail posent question ; -p our la réparation, les coursiers à vélo peuvent faire appel à la start-up Cyclofix qui répare à domicile ; -à New York, les distributeurs automatiques de l’entreprise BikeStock constituent des “hubs de réparation en self-service“ et vendent des outils, des ponchos, des boissons, de la nourriture… - Ze Plombier à Nantes dépanne ses clients installés en centre-ville en triporteur. Le plombier cycliste existe également à Dijon et Mâcon (Véligaz). Encore à Nantes, Aurel balade son salon de coiffure à bicyclette tandis que Cyclick, plateforme de services à domicile, est animée par des cyclotravailleurs : ostéopathes, coachs sportifs, jardiniers, électriciens, etc. - la start-up Écovélo rémunère les cyclistes qui roulent et stationnent avec ses “écovélos“, sur lesquels sont apposés 2 m2 de publicité ; -d es “bicycletteries“ ou “cafés vélo“ se sont fait une place à Londres, Paris, Lyon, Toulouse ou Grenoble. On y boit du café, de la bière, on y répare ou on y monte son vélo ; - le projet allemand CycleWASH, station de lavage automatique pour vélo, s’adresse aux cyclistes, mais aussi aux détaillants, aux ateliers de réparation, aux loueurs et même aux hôteliers et professionnels du tourisme désireux d’élargir leur offre de services ; - le site généraliste Alltricks vend des vélos, pièces détachées et accessoires en ligne, tandis que d’autres plateformes sont très spécialisées, à l’image de Cyclo-randonnée, dédiée au matériel pour le voyage à vélo, ou d’Urban Fixie, boutique en ligne de fixies (vélos à pignon fixe au design épuré)… complets ou à créer soi-même. Tous droits réservés
2 | LE MARCHÉ Focus sur un secteur qui monte : le cyclotourisme Les touristes à vélo, qui empruntent des itinéraires aménagés pour eux (comme la Loire à vélo, la Vélodyssée, l’Avenue verte London-Paris, la ViaRhôna…) participent au développement du tourisme : selon l’association France Vélo Tourisme, le tourisme à vélo génère en France déjà près de 2 milliards d’euros par an et représente 16 000 emplois, dont la moitié dans l’hébergement et la restauration. Des commerces locaux, mais aussi des loueurs de cycles, des lieux touristiques et culturels, des éditeurs (de topoguides ou magazines) et agences de voyages, comme Velorizons ou Le Vélo voyageur participent à cette économie. À lire : le “Baromètre du tourisme à vélo en France“, édition 2017, par la DGE. À surveiller : les investissements des collectivités locales dans les infrastructures en faveur du vélo. Exemples : - la métropole bordelaise a voté fin 2016 un plan d’ampleur pour développer les infrastructures et les places de stationnement dévolues aux deux-roues d’ici 2020 ; - le département de l’Ardèche a créé plusieurs voies cyclables, toutes interconnectées. Parmi elles, la Grande traversée de l’Ardèche (longue de 315 kilomètres et proposée à l’origine par des professionnels du cycle) est devenue le premier itinéraire VTT de France ; la Dolce Via est devenue un territoire touristique d’excellence. Pour aller plus loin 17 -L e retour de la bicyclette : une histoire des déplacements urbains en Europe, de 1817 à 2050, par Frédéric Héran, 2015 - Le Pouvoir de la pédale, par Olivier Razemon, 2014 - Actualités, salons, dossiers… sur le vélo à l’adresse : villes-cyclables.org À noter : Union Sport & Cycle fédère “les entreprises de la filière du sport, des loisirs, du cycle et de la mobilité active”. d) L’économie sociale et solidaire : une autre façon d’aborder le sport Bousculé par le “sport business” et l’arrivée de nouvelles formes de concurrence (comme l’économie collaborative), le mouvement sportif, largement associatif, constitué en majorité de microstructures, est interrogé dans son identité et son devenir. C’est dans ce contexte que l’ESS, déjà bien implantée dans le secteur du sport (elle rassemble plus de la moitié des emplois sportifs et de loisirs, tandis que plus des ¾ des établissements sportifs – essentiellement des associations – peuvent se revendiquer de l’ESS, selon le CNCRES), peut lui donner un nouveau souffle et une nouvelle dimension, dans le respect de ses valeurs et de ses pratiques. L’ESS respecte en effet les principes suivants : - la personne et l’objet social priment sur le capital, - la gestion est collective, démocratique et participative (“une personne = une voix”), - la lucrativité est absente ou limitée, - les principes de solidarité et de responsabilité guident la mise en œuvre des actions dans une démarche de développement durable. Tous droits réservés
2 | LE MARCHÉ Concrètement, il peut s’agir, pour les structures sportives, d’adopter de nouvelles structures juridiques, passer par exemple du statut associatif à celui de Scic avec pour avantage d’avoir toujours la possibilité de toucher des subventions (qui se raréfient) tout en s’offrant une porte d’entrée vers des activités et missions (éducation, fonction sociale, rôle de solidarité territoriale, pratique de type santé/loisirs) autres que l’organisation de compétitions. Une autre caractéristique pouvant plaider en faveur du modèle coopératif est qu’il semble plus adapté que le modèle associatif à la professionnalisation du monde sportif : en effet, de nombreuses associations sportives sont gérées par des bénévoles qui, bien souvent, ne sont pas formés aux fonctions d’employeur et de dirigeant ; ce qui n’est pas le cas des structures relevant de l’ESS (autres que les associations) qui, grâce à leurs structures composées d’équipes salariées et formées, peuvent s’engager dans des projets pérennes et innovants. De plus, avec la loi n°2014-856 du 31 juillet 2014, il n’est pas nécessaire de constituer une association, une fondation, une coopérative ou une mutuelle (qui constituent les acteurs traditionnels de l’ESS) pour se revendiquer de l’ESS. Des sociétés commerciales “classiques“ (adoptant des formes unipersonnelles ou sociétales comme la SA ou la SARL), appliquant les principes de l’ESS et les inscrivant dans leurs statuts, peuvent relever de l’ESS. Et l’innovation sociale dans le sport ? “L’innovation sociale consiste à élaborer des réponses nouvelles à des besoins sociaux nouveaux 18 ou mal satisfaits dans les conditions actuelles du marché et des politiques sociales, en impliquant la participation et la coopération des acteurs concernés, notamment des utilisateurs et usagers. Ces innovations concernent aussi bien le produit ou service que le mode d’organisation, de distribution, dans des domaines comme le vieillissement, la petite enfance, le logement, la santé, la lutte contre la pauvreté, l’exclusion, les discriminations, etc. Elles passent par un processus en plusieurs démarches : émergence, expérimentation, diffusion, évaluation.“ Source : Conseil supérieur de l’ESS (CSESS) Cependant, les principes mêmes de l’ESS, à savoir la démocratie économique, la lucrativité limitée, une gouvernance élargie multi-parties prenantes et les conceptions de la performance qu’elle induit, constituent en soi une innovation sociale. Source : “L’innovation sociale, une notion aux usages pluriels : Quels enjeux et défis pour l’analyse ?“, Innovations, 02/2012 (n°38) Dans le sport, les exemples d’innovation sociale sont nombreux. Un exemple : l’association PL4Y International (ex-Sport sans frontières) a été créée à partir de l’idée que le sport et le jeu constituaient de puissants vecteurs de changement social. Elle agit sur la reconstruction physique et psychologique après un traumatisme, la prévention de comportements à risque, la prévention de l’obésité, l’apprentissage de la vie en société. Aujourd’hui, elle élargit son champ d’intervention hors du secteur humanitaire en intervenant également dans les pays dits “développés“ (France, Royaume-Uni, Brésil), où elle met en œuvre son programme “Playdagogie“, au sein des dispositifs périscolaires. Tous droits réservés
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