1686 FMH La numérisation du point de vue du médecin (2e partie)
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BMS – SÄZ Schweizerische Ärztezeitung – Bollettino dei medici svizzeri – Gasetta dals medis svizzers
Bulletin des
médecins suisses
1685 Editorial 1691 college M 1720 «Et encore…»
Les médecins suisses, Ärztliche Leadership – par Jean Martin
48 28. 11. 2018
un groupe de contrôle? die nächste Runde Vers le bonheur par
l’IA et Big Data?
1686 FMH
La numérisation du point de vue du médecin (2e partie)
Offizielles Organ der FMH und der FMH Services www.saez.ch
Organe officiel de la FMH et de FMH Services www.bullmed.ch
Bollettino ufficiale della FMH e del FMH Services
Organ ufficial da la FMH e da la FMH Services
Published under the copyright license “Attribution – Non-Commercial – NoDerivatives 4.0”. No commercial reuse without permission. See: http://emh.ch/en/services/permissions.htmlSOMMAIRE 1683
Rédaction Rédaction Ethique
Dr méd. et lic. phil. Bruno Kesseli, membre de la FMH (Rédacteur Prof. Dr théol. Christina Aus der Au, p.-d.;
en chef); biol. dipl. Tanja Kühnle (Managing Editor); Dr phil., biol. dipl. Rouven Porz, p.-d.
Dr méd. vét. Matthias Scholer (Rédacteur Print et Online); Rédaction Histoire de la médecine
Dr méd. Werner Bauer, membre de la FMH; Prof. Dr oec. Urs Brügger; Prof. Dr méd. et lic. phil. Iris Ritzmann; Prof. Dr ès sc. soc. Eberhard Wolff
Prof. Dr méd. Samia Hurst; Dr méd. Jean Martin, membre de la FMH; Rédaction santé publique, épidémiologie, biostatistique
Dr méd. Jürg Schlup, président de la FMH; Prof. Dr méd. Milo Puhan
Charlotte Schweizer, cheffe de la communication de la FMH; Rédaction Droit
Prof. Dr méd. Hans Stalder, membre de la FMH; Dr iur. Ursina Pally, cheffe du Service juridique de la FMH
Dr méd. Erhard Taverna, membre de la FMH
FMH
ÉDITORIAL:Yvonne Gilli
1685 Les médecins suisses, un groupe de contrôle?
EHEALTH:Fabian Röthlisberger, Reinhold Sojer, Tarja Zingg, Oliver Rayki
1686 La numérisation du point de vue du médecin (2e partie) La FMH et KPMG ont mené une
étude conjointe pour analyser le comportement du corps médical suisse face à la numérisation
et à l’offre de services numériques de santé. La première partie publiée de l’étude a permis de
montrer que le corps médical est de manière générale favorable aux services numériques de santé.
Une deuxième étape a été consacrée à une analyse de cluster afin d’identifier des groupes
homogènes de médecins ayant répondu de manière similaire.
1690 Nouvelles du corps médical
Autres groupements et institutions
COLLEGE M:Christof Schmitz, Matthias Egger, Peter Berchtold
1691 Ärztliche Leadership – die nächste Runde
Courrier / Communications
1694 Courrier au BMS
1695 Examens de spécialiste / Communications
FMH Services
1701 Emplois et cabinets médicaux (version imprimée uniquement)
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Tribune
POINT DE VUE: Jürg Barben
1710 Légalisation du cannabis – qui en profite?
POINT DE VUE: Rainer M. Kaelin
1713 Critique mondiale et suisse de la politique du tabac de notre pays
Horizons
PORTRAIT:Isabel Zwyssig
1715 Transmenschen brauchen ihren Platz im Gesundheitswesen
NOTES DE LECTURE:Erhard Taverna
1719 Ikarien
Et encore…
Jean Martin
1720 Vers le bonheur par l’IA et Big Data?
ANNA
Impressum
Bulletin des médecins suisses tél. +41 (0)61 467 86 08, ISSN: version imprimée: 0036-7486 / Note: Toutes les données publiées
Organe officiel de la FMH fax +41 (0)61 467 85 56, version en ligne: 1424-4004 dans ce journal ont été vérifiées avec
et de FMH Services stellenmarkt@emh.ch Paraît le mercredi le plus grand soin. Les publications
Adresse de la rédaction: Elisa Jaun, signées du nom des auteurs reflètent
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Assistante de rédaction BMS, avant tout l’opinion de ces derniers,
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EMH Editions médicales suisses SA, pas forcément celle de la rédaction du
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tél. +41 (0)61 467 85 72, formes d’application mentionnées
fax +41 (0)41 921 05 86, tion, la FMH habilite donc EMH à ac-
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Les médecins suisses:
un groupe de contrôle?
Yvonne Gilli
Dr méd., membre du Comité central de la FMH, responsable du département Numérisation / eHealth
L’étude SISA publiée en 2015 présente une image plutôt le département a organisé un congrès sur cette théma-
sombre de la numérisation au sein du corps médical tique dans le but de passer en revue l’avancée de la nu-
ambulatoire [1], bien que le degré de numérisation aug- mérisation sur la base d’exemples concrets sur le ter-
mente dans les cabinets médicaux suisses, selon une rain et de solliciter les échanges entre le corps médical
enquête annuelle de l’OCDE. La part de médecins qui et l’industrie.1 Les présentations et les exposés ont sou-
utilisent des dossiers patients informatisés est passée à ligné que la numérisation allait bien au-delà du seul
50% en 2018 [2]. L’étude SISA rappelle aussi que les mé- dossier électronique du patient. L’informatisation des
decins en Suisse font partie d’une expérimentation processus au cabinet médical échoue souvent sur des
globale: même si le système de santé de notre pays est choses apparemment banales, comme les échanges de
comparable aux systèmes canadien ou américain pour données entre les applications de différents domaines
son organisation ou sous l’aspect des principes de l’éco- tels que la comptabilité, les commandes ou la gestion
nomie de marché, il ne connaît, inversement à eux, au- de la qualité. L’absence d’intégration et d’interopérabi-
cun incitatif visant à améliorer l’acceptation et l’utili- lité rompt très rapidement la continuité des processus
sation de solutions informatiques dans le domaine de au cabinet médical et, manifestement, nous en
sommes encore au début de la recherche de solution:
La numérisation va bien au-delà du seul dossier l’utilisabilité des systèmes informatiques médicaux
électronique du patient. n’a guère évolué ces dernières années, comme le rap-
pelle un sondage national réalisé régulièrement en
la santé ou à promouvoir la cybersanté. Le corps médi- Finlande [3].
cal suisse joue donc en quelque sorte le rôle de groupe Le manque d’incitatifs s’est également traduit par un
de contrôle qui fait avancer la numérisation sans que faible déploiement du dossier médical partagé (DMP)
l’Etat n’instaure de système d’incitatifs. Les résultats en France [4]. Cinq ans après son lancement, seul 1,5%
d’une étude de la FMH sur la numérisation de la prise de la population a ouvert un DMP et moins de 1% des
en charge médicale du point de vue du m
édecin
(dans le présent numéro, pages 1685–1689) attestent Pour réussir la mise en œuvre de la cybersanté,
d’une attitude sur le fond positive et d’une ouver- il est primordial d’associer les médecins et de
ture du corps médical pour les services numé- développer un système d’incitatifs.
riques de santé. Cependant, cette étude de la FMH
ne laisse pas non plus le moindre doute sur le fait que médecins du secteur privé participe au DMP. Du côté
les inquiétudes du corps médical quant à la numérisa- des médecins, ce manque d’intérêt réside dans les
tion doivent être prises au sérieux et qu’il est primor- coûts d’investissement pour un système offrant une
dial d’associer les médecins à la mise en œuvre de la cy- interface compatible avec le DMP. Ce n’est que dans
bersanté pour en garantir le succès. En parallèle, il faut une deuxième phase que le programme a été fonda-
encourager l’interopérabilité des systèmes pour qu’elle mentalement modifié avec la mise en place d’un sys-
devienne une condition nécessaire à un processus de tème d’incitatifs. Le nombre de dossiers a alors aug-
numérisation constant dans le domaine de la cyber- menté de 50% au cours des dix premiers mois après
santé, qui inclut bien évidemment aussi l’informatique le lancement du nouveau DMP. Reste à espérer que
au cabinet médical, sans oublier de créer des incitatifs. les médecins suisses franchiront le pas de groupe de
1 Pour accéder aux
présentations et à de plus Cette année, le département Numérisation / eHealth a contrôle et deviendront un groupe d’intervention.
amples informations: repris les travaux relevant de l’informatique au cabinet
https://www.fmh.ch/ Références
politik_themen/ehealth/
médical, lancés initialement par l’Institut pour l’infor- Les références se trouvent sous www.bullmed.ch → Numéro actuel
praxisinformatik.html. matique au cabinet médical. Il y a quelques semaines, ou → Archives → 2018 → 48.
BULLETIN DES MÉDECINS SUISSES – SCHWEIZERISCHE ÄRZTEZEITUNG – BOLLETTINO DEI MEDICI SVIZZERI 2018;99(48):SEITE–SEITE
Published under the copyright license “Attribution – Non-Commercial – NoDerivatives 4.0”. No commercial reuse without permission. See: http://emh.ch/en/services/permissions.htmlFMH eHealth 1686
La numérisation du point de vue
du médecin (2e partie)
Fabian Röthlisberger a , Reinhold Sojer b , Tarja Zingg c , Oliver Rayki d
a
collaborateur scientifique, division Numérisation / eHealth, FMH; b Dr rer. biol. hum, chef de la division Numérisation / eHealth, FMH;
c
Dr oec. publ. & BA of Arts in Design, direction de Lumina Health; d dipl. psych., conseiller scientifique indépendant, statistiques et gestion des données
La FMH et KPMG ont mené une étude conjointe pour
analyser le comportement du corps médical suisse face
à la numérisation et à l’offre de services numériques de
santé [1]. La première partie publiée de l’étude a permis
de montrer que le corps médical est de manière générale
favorable aux services numériques de santé. Les méde-
cins qui les intègrent dans leur quotidien professionnel
les utilisent surtout dans les domaines de l’administra-
tion, de la communication et de l’information, mais
aussi en tant que soutien pour les traitements. Pourtant,
il est fréquent que ces services numériques ne soient pas
encore embarqués dans les processus des cabinets faute
d’incitatifs et de standards pour une u
tilisation intégrée
des données. La majorité des personnes interrogées se
montrent également critiques face aux téléconsulta-
tions. La forte corrélation de plusieurs résultats (qui dé-
pendent davantage de l’âge que du secteur d’activité,
p. ex.) et le fait que les valeurs moyennes ne reflètent pas
suffisamment les multiples facettes de la réalité [2]
Figure 1: Variables sociodémographiques des groupes
constituent une limitation de cette étude. Pour y remé-
de cluster (sans le groupe 1).
dier, une deuxième étape a été consacrée à une analyse
de cluster afin d’identifier des groupes homogènes de
médecins ayant répondu de manière similaire.
groupe ne seront pas approfondies. En revanche, l’iden-
tification d’un groupe avec beaucoup de données man-
Méthodes
quantes permet de préciser les affirmations concer-
Un regroupement hiérarchique (méthode de Ward) des nant les autres groupes.
données collectées a d’abord été établi dans le but de Le groupe 2 (n = 202, 4,4%) et le groupe 3 (n = 1346, 29,5%)
classifier les réponses selon une typologie reposant le représentent un corps médical souvent plus âgé exer-
moins possible sur des hypothèses. Ensuite, une ana- çant la médecine de premier recours en ambulatoire.
lyse discriminante a permis de vérifier la stabilité de la En comparaison, le groupe 2 réunit la plus grande part
séparation entre les sous-groupes et d’examiner la pré- de médecins de Zurich (25%).
cision prédictive des groupes identifiés par l’analyse de Le groupe 4 (n = 1116, 24,4%) et le groupe 5 (n = 514, 11,2%)
cluster. Enfin, la stabilité de cette précision prédictive se caractérisent par un corps médical plus jeune exer-
a été testée par une validation croisée1. çant en plus grande partie dans le secteur hospitalier.
Le groupe 5 se distingue par ailleurs par une part éle-
vée de médecins de la région lémanique (24%).
Résultats
Comparé aux groupes 4 et 5, le groupe 6 (n = 954, 20,9%)
Six groupes homogènes ont été identifiés, qui se dis- représente un corps médical exerçant davantage en
tinguent par leur mode de réponse et présentent des ambulatoire et davantage en médecine de premier re-
1 Le taux de réussite de la variables sociodémographiques différentes (fig. 1). cours. Par rapport aux groupes 2 et 3, le groupe 6 se dis-
validation croisée est de
73%, ce qui correspond
Le groupe 1 (n = 438, 9,6%) se distingue par un nombre tingue par une part importante de cabinets de groupe
à un très bon résultat. important de données manquantes. Les réponses de ce et de médecins hospitaliers.
BULLETIN DES MÉDECINS SUISSES – SCHWEIZERISCHE ÄRZTEZEITUNG – BOLLETTINO DEI MEDICI SVIZZERI 2018;99(48):1686 –1689
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Attitude générale et intégration des services tions concernant les réserves vis-à-vis des services
numériques de santé numériques de santé. 82% redoutent que la gestion des
Par rapport aux groupes 4 à 6, les groupes 2 et 3 font informations puisse conduire à des erreurs d’inter
preuve de scepticisme pour les services numériques de prétation. 72% partagent l’inquiétude que les patients
santé2. En effet, ils ne les intègrent que rarement dans consultent trop rarement ou trop souvent leur méde-
leur quotidien au cabinet (groupe 2: 3%, groupe 3: 11%) et cin en raison des services numériques de santé. 68% ré-
indiquent être rarement interpellés par leurs patients pondent que ces services n’offrent majoritairement
à ce sujet. Dans le groupe 2, seuls 4% des médecins dé- aucune information valable. Dans tous les groupes,
clarent que la qualité des données recueillies via les ser- une faible part des médecins interrogés expriment
vices numériques de santé est plutôt ou très positive. leur inquiétude quant à la protection des données (21–
Dans les groupes 2 et 3, ils sont moins de 15% à recom- 33%) ou à une charge de travail augmentée par ces ser-
mander occasionnellement ou souvent l’utilisation de vices numériques (2–17%)4.
ces services. S’agissant de l’emploi des services numériques dans les
Les groupes 4 à 6 se distinguent par un faible scepticisme institutions de santé, le manque de possibilités tech-
quant aux services numériques de santé, le groupe 5 fait niques est plus souvent considéré comme un obstacle
même preuve à 99% d’une attitude plutôt positive ou par les médecins du groupe 2 (35%) que par ceux des
très positive face aux services numériques de santé. Les autres groupes (12–21%). De plus, la prise en compte
personnes interrogées du groupe 5 recommandent plus tarifaire insuffisante des services numériques de santé
souvent ces services à leurs patients (73%) que celles des constitue un obstacle plus important pour les
groupes 4 et 6 et s’attendent plus souvent à un change- groupes 2 et 3 que pour les groupes 4 à 6. Inversement,
ment de leurs tâches (72%). Près des trois quarts d’entre deux tiers environ des personnes interrogées des
elles intègrent de tels services dans leur quotidien pro- groupes 4 à 6 voient les conditions-cadres politiques
fessionnel au cabinet (72%) . Comparé au groupe 6, le
3
comme un obstacle alors qu’elles sont un peu plus de la
groupe 4 se distingue par un ensemble de médecins qui moitié dans les groupes 2 et 3 à partager cet avis. Dans
déclarent à 98% être rarement ou jamais interpellés par tous les groupes, l’absence de standards et d’interopé-
leurs patients sur les services numériques de santé. De rabilité entre les systèmes (et son propre système) est
plus, les personnes du groupe 4 déclarent plus rarement considérée par une majorité comme un obstacle à l’uti-
intégrer de tels services «occasionnellement ou sou- lisation des services numériques de santé (56–65%).
vent» dans leur quotidien professionnel au cabinet que
celles du groupe 6 (9% contre 71%). Inciter à la numérisation
Les médecins du groupe 2 indiquent le plus souvent que
Avantages les avantages supplémentaires générés pour les patients
Plus de 90% des personnes interrogées du groupe 2 dé- sont un incitatif (46%) pour numériser leur institution
clarent être sceptiques ou très sceptiques au sujet des de santé. Par rapport aux groupes 4 à 6 (plus de 70%), les
avantages que les services numériques de santé pour- personnes du groupe 2 (31%) et du groupe 3 (62%) consi-
raient apporter pour le soutien administratif, les télé- dèrent plus rarement que la pression de la concurrence
consultations, les changements de comportement ou est un incitatif pour la numérisation de leur institution.
l’information aux patients. Inversement, la moitié des Par ailleurs, les médecins du groupe 5 déclarent plus
médecins du groupe 3 estiment que les avantages de souvent que les personnes interrogées des groupes 4
ces services sont plutôt positifs ou très positifs, à l’ex- et 6 qu’une tarification appropriée (22%) et des obli
ception des téléconsultations (15%). gations légales (68%) constituent un incitatif pour la
Les groupes 4 à 6 évaluent les avantages de ces services numérisation.
de manière plus positive que les groupes 2 et 3. Plus de
95% des personnes interrogées du groupe 5 déclarent
Discussion
que les avantages pour le soutien administratif, les
changements de comportement et l’information aux La comparaison entre les groupes montre que les
2 98% du groupe 2,
patients sont plutôt positifs ou très positifs. Comparé groupes 2 et 3 avec une part importante de médecins
respectivement 71% du
groupe 3, font preuve de aux groupes 4 et 6, les médecins du groupe 5 évaluent de premier recours et de spécialistes plus âgés exerçant
scepticisme ou d’un très de manière nettement plus positive les avantages pour en ambulatoire font état de réserves importantes face
fort scepticisme.
3 Occasionnellement ou les consultations (85% contre 32%). aux services numériques de santé. Le baromètre suisse
souvent. de la cybersanté 2018 arrive à des résultats similaires
4 Le groupe 4 redoute le
moins que la charge de
Inquiétudes et obstacles pour ce qui concerne le dossier électronique du pa-
travail augmente (2%). Le groupe 2 répond le plus souvent par oui aux ques- tient: 71% des médecins hospitaliers contre seulement
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Published under the copyright license “Attribution – Non-Commercial – NoDerivatives 4.0”. No commercial reuse without permission. See: http://emh.ch/en/services/permissions.htmlFMH eHealth 1688
Figure 2: Classement des réponses par groupe de cluster (sans le groupe 1).
53% des médecins installés émettent un avis positif sur Une étude américaine menée de 2009 à 2013 [4] sur
le dossier électronique du patient [3]. l’avancée de la numérisation chez les médecins ambu-
En revanche, l’analyse de cluster met aussi en relief le latoires a déjà relevé que les jeunes médecins ont une
fait que les médecins qui exercent en ambulatoire ne attitude plus positive vis-à-vis des applications numé-
sont pas totalement sceptiques quant aux services riques que leurs collègues plus âgés. Par contre, une
numériques de santé, car les trois quarts du groupe 6, étude réalisée sur l’utilisation de l’informatique dans
5 Status quo der IT-Nutzung
composé d’une part importante de jeunes médecins, les cabinets en Suisse (étude SISA)5 auprès de 685 méde-
in Schweizer Arztpraxen. se déclarent positifs. cins ambulatoires rappelle que l’âge n’est pas la seule
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6 En 2017, le programme explication d’une attitude positive. D’autres facteurs réalisée en 2018 évoque différentes raisons à cela: per-
Meaningful Use a intégré comme la discipline ou la taille du cabinet ont un im- sonnel dépassé par les avancées techniques, résis-
le Merit-based Incentive
Payment System
pact beaucoup plus important lorsqu’il s’agit de numé- tances aux changements, incitatifs financiers insuffi-
riser les processus au cabinet [5], ce qui expliquerait sants et âges différents ou niveau de formation des
aussi la part plus importante de cabinets de groupe patients [12]. Une autre étude évoque la perte de contact
dans les groupes 4 à 6 affichant une attitude positive personnel et l’attitude du patient comme étant un
face aux services numériques. obstacle supplémentaire aux téléconsultations [13].
Grâce à l’analyse de cluster, il a cependant été possible
Avantages avérés pour les patients de montrer que les groupes de médecins plus jeunes
L’analyse du groupe émettant le plus de réserves exerçant plus souvent dans les hôpitaux sont très ré-
(groupe 2) montre que la majorité des médecins qui le ceptifs aux avantages des téléconsultations. Des ana-
composent remettent en question les avantages des lyses supplémentaires seront nécessaires pour mieux
services numériques qu’ils connaissent. Il n’est donc comprendre les motivations et les différences dans
pas surprenant qu’ils préfèrent attendre que les avan- l’évaluation des téléconsultations.
tages pour les patients augmentent à leurs yeux avant Du point de vue des patients, le bilan est totalement
de numériser leur institution de santé. Par ailleurs, différent: une grande majorité d’entre eux aimeraient
les médecins installés en cabinet pointent du doigt le communiquer davantage avec leur médecin par voie
manque d’interopérabilité, l’absence de possibilités électronique, via e-mail, messagerie instantanée, télé-
techniques mais aussi la faible prise en compte tari- phone ou vidéo, sans devoir se rendre au cabinet mé-
faire comme étant des obstacles à l’intégration numé- dical. C’est aussi ce que confirment l’étude de diffé-
rique. rents sondages statistiquement représentatifs [3, 14] et
les plus de six millions de téléconsultations qui ont eu
Coûts d’investissement et prise en compte lieu depuis 2000 via le centre de télémédecine de
tarifaire insuffisante Medgate [15].
Pour les cabinets individuels, les coûts d’investisse-
ment élevés et une prise en compte tarifaire insuffi-
Conclusion et perspective
sante représentent un obstacle important pour l’inté-
gration de services numériques de santé [6]. Un rapport L’étude montre que le corps médical adopte une atti-
du Commonwealth Fund signale que les incitatifs tude fondamentalement positive face aux services
financiers ne suffiraient pas à faire changer d’avis les numériques de santé mais qu’il existe des sous-
médecins les plus réticents et recommande des me- groupes de médecins, généralement des praticiens
sures supplémentaires: des services numériques of- plus âgés exerçant dans le domaine ambulatoire, qui
frant des aides à la décision clinique ou des versements font preuve de plus de scepticisme. Pour les motiver à
compensatoires aux médecins participant activement numériser leurs services pour les patients, il serait
à des échanges de données peuvent inciter à une inté- important de réduire certains obstacles comme le
gration accrue des services numériques de santé dans manque d’interopérabilité, l’absence de possibilités
le quotidien des cabinets [7]. Les Etats-Unis proposent techniques et une prise en compte tarifaire insuffi-
depuis plusieurs années un système d’incitatifs connu sante. De plus, les réserves émises doivent être prises
sous le nom de Meaningful Use avec lequel les médecins au sérieux et le corps médical mieux sensibilisé aux
sont récompensés financièrement pour tout ce qu’ils avantages des services numériques de santé. Parmi
Les références se trouvent
entreprennent dans le domaine de la numérisation les médecins ayant une attitude très positive, l’ana-
sous www.bullmed.ch pour augmenter la qualité6 [8, 9]. Cependant, seul 1/5 du lyse de cluster a permis d’identifier un groupe com-
→ Numéro actuel ou
corps médical américain croit à une amélioration de la posé d’une part importante de jeunes médecins hos-
→ Archives → 2018 → 48.
qualité grâce à cette initiative. Rapporté à l’insatisfac- pitaliers, qui, à l’inverse des résultats de la première
tion suscitée par le dossier électronique du patient, partie de l’étude, indiquent être très réceptifs à la
c’est ce qui explique pourquoi l’association de méde- communication en ligne avec les patients. D’autres
Correspondance:
cins à la mise en œuvre de tels programmes nationaux analyses de ce sous-groupe pourraient être intéres-
Dr Reinhold Sojer
Chef de la division est considérée comme un facteur de réussite [10, 11]. santes afin d’en savoir davantage sur les expériences
Numérisation/eHealth positives avec les téléconsultations. L’étude permet
FMH
Elfenstrasse 18 Barrières quant à la télémédecine aussi de se rendre compte que les avantages et les in-
Case postale 300 La première partie de cette étude a montré que la majo- convénients de la numérisation diffèrent en fonction
CH-3000 Berne 15
Tél. 031 359 12 04
rité des médecins évaluent les avantages pour les télé- de l’attitude, de la taille de l’organisation concernée et
reinhold.sojer[at]fmh.ch consultations de manière négative. Une méta-analyse du domaine d’application.
BULLETIN DES MÉDECINS SUISSES – SCHWEIZERISCHE ÄRZTEZEITUNG – BOLLETTINO DEI MEDICI SVIZZERI 2018;99(48):1686 –1689
Published under the copyright license “Attribution – Non-Commercial – NoDerivatives 4.0”. No commercial reuse without permission. See: http://emh.ch/en/services/permissions.htmlFMH Nouvelles du corps médical 1690
Nouvelles du corps médical
Todesfälle / Décès / Decessi Wolfgang Rohner (1947), † 28.10.2018, Ärztegesellschaft des Kantons Luzern
Lorenz Richner (1957), † 10.10.2018, 8703 Erlenbach ZH Zur Aufnahme in unsere Gesellschaft Sektion
Facharzt für Psychiatrie und Psychotherapie, Stadt hat sich gemeldet:
3400 Burgdorf
Paul Jerie (1927), † 29.10.2018,
4153 Reinach BL Ines Vaz, Fachärztin für Gynäkologie und Ge-
Richard Ebner (1926), † 18.10.2018, burtshilfe, gyn-zentrum Haldenstrasse, Hal-
Facharzt für Kinder- und Jugendmedizin, denstr. 11, 6006 Luzern
Frank Severin Leutenegger (1941), † 30.10.2018,
4054 Basel
Facharzt für Kardiologie und Facharzt für
Einsprachen sind innert 20 Tagen nach der
A llgemeine Innere Medizin, 4410 Liestal
Publikation schriftlich und begründet zu
René Baumgartner (1930), † 23.10.2018,
richten an: Ärztegesellschaft des Kantons
Facharzt für Chirurgie und Facharzt für
Isaline Elisabeth Gerhard (1924), † 31.10.2018, Luzern, Schwanenplatz 7, 6004 Luzern
Orthopädische Chirurgie und Traumatologie
Spécialiste en gynécologie et obstétrique,
des Bewegungsapparates, 8126 Zumikon
1814 La Tour-de-Peilz
Klaus Erwin Frede (1938), † 28.10.2018,
Christine Tüller-Siegfried (1937), † 3.11.2018,
Facharzt für Chirurgie und Facharzt für
Fachärztin für Ophthalmologie,
Intensivmedizin, 4102 Binningen
3510 Konolfingen
La qualité en médecine. En savo
ir
Les médecins s’organisent plus su
www.as
r
qm.ch
en faveur de la qualité.
Soutien, collaboration et coordination grâce aux plateformes
en ligne, newsletters ou projets qualité.
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Ärztliche Leadership –
die nächste Runde
Christof Schmitz a,d , Matthias Egger b,e , Peter Berchtold c,d,e
a
Dr.; b Prof. Dr.; c PD Dr.; d college M, Bern; e Institut für Sozial- und Präventivmedizin, Universität Bern
Spitäler treten in eine neue Epoche ein. Hatten in den letzten Jahren die noch
bestehenden Wachstumsmöglichkeiten für common ground betriebswirtschaft
licher und ärztlicher Führung gesorgt, sind nun intensivere Auseinandersetzun
gen über Wirksamkeit, Wirtschaftlichkeit und Zweckmässigkeit zu erwarten. Kli
niken und damit ärztliche Führung geraten unter mehrfachen Druck. Wie kann
sich darin ärztliche Leadership weiterentwickeln? Und wie sind die verschiedenen
Kaderstufen davon betroffen?
1982 sprach Harvard-Professor John Kotter erstmals nicht oder kaum mehr eingehalten werden. Erst
von Leadership. Er wies damals darauf hin, dass die Un mals zeigte sich, dass das Wachstum, auf das man
ternehmensumwelten nun rasch wandeln würden und seit Einführung der DRGs – auf betriebswirtschaft
Führung sich darauf einzustellen hätte. Reines Mana licher wie ärztlicher Seite – erfolgreich gesetzt hatte,
gen – er meinte damit ein Art Verwalten der gegebenen nicht mehr eintraf. Ohne exakt angeben zu können,
Verhältnisse – würde nicht mehr ausreichen. Proakti was den Unterschied ausmacht (und das ist das
ver Wandel sei nun gefragt, mit anderen Worten: Lea wirklich Beunruhigende), wurde spürbar, dass ein
dership ist erforderlich. Seither ist das Thema Leader Plafond erreicht ist, aber noch wenig Lösungsideen
ship, zuvor gänzlich der politischen Domäne zugehörig, vorhanden sind, was nun zu tun wäre. Getrieben
in die Führung von Organisationen eingeschrieben. werden wird diese Entwicklung durch die zuneh
Was die 80er Jahre für Unternehmen waren, bedeutet mende «Ambulantisierung» bislang lukrativer Ge
die gegenwärtige Zeit für Spitäler und andere Organi schäftsfelder der Spitäler. Beispiele bieten ambu
sationen des Gesundheitssystems: Eine neue Episode lante Operationszentren, die teils kooperativ, teils
beginnt. Sie ist das Resultat einer seit Jahren laufenden konkurrenzierend mit den Spitälern von finanzstar
Entwicklung, die nun immer unmittelbarer für die ken ambulanten Anbietern aufgebaut werden.
beteiligten Akteure spürbar wird. So spürbar, dass pro – Symptom 2: Die grossen Spitäler, die die Speerspitze
fessionelle Selbstverständnisse und ärztliche Führung der Spezialisierung der Medizin bilden, beginnen
im Kern davon betroffen sind. Weniger denn je reicht sich aktuell neu zu positionieren und zu gruppieren.
das blosse «Organisieren» des klinischen Betriebs, Exemplarisch zeigt sich das in zwei deutschsprachi
mehr denn je ist Leadership gefragt. Und Leadership gen Universitätsspitälern, Bern und Basel, die sich in
meint dabei nicht markante hierarchische Positions einer Reorganisation im Rahmen einer umfangrei
bezüge, sondern die Gestaltung eines medizinischen chen Fusion befinden, oder an der Neuordnung der
Angebots in den Spannungsfeldern der konkreten me kantonalen stationären Versorgung durch die Spi
dizinischen, wirtschaftlichen, mitarbeiterbezogenen talverbunde St. Gallen. In allen drei Fällen spielt die
und gesellschaftlichen Dynamiken. Frage eine zentrale Rolle, wie sich eine weiter spezia
lisierende Medizin unter enger werdenden ökono
mischen Parametern und unter Druck von Fallzah
Symptome des Wandels
len und Spitallisten erfolgreich aufstellen kann. Die
Drei Beispiele sollen symptomatisch zeigen, wie viel Frage betrifft unmittelbar ärztlich-professionelle
fältig der Wandel verläuft und warum nun von einer Selbstverständnisse: Wie können Netzwerke von
neuen Episode zu sprechen ist. Spezialisten sinnvoll und effektiv organisiert wer
– Symptom 1: Letztes Jahr war es so weit. In auffällig den? Wie kann das Zusammenspiel zwischen Spital,
vielen Spitälern konnten die projizierten Budgets Zuweisenden und nachgelagerten Versorgungsein
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richtungen bzw. zwischen Zentrum und Peripherie neue, für Nachwuchstalente und die jüngeren Genera
neu gedacht werden? tionen motivierende Führungskonzepte zu finden sind.
– Symptom 3: Sowohl Studien wie konkrete Rekrutie
rungsschwierigkeiten in einigen Disziplinen lassen
Wandel ärztlicher Führung
erkennen, dass Chefarztpositionen an Attraktivität
verlieren. Das ist Grund für ernsthafte Sorge. Will Ohne Zweifel ist die ärztliche Führung in den letzten
der Nachwuchs nicht mehr aufsteigen, ist in Tat und Jahren in Bewegung gekommen. Auch wenn heute we
Wahrheit Not am Mann / an der Frau. Dann müssen niger hierarchisches Gehabe als in den Dekaden davor
sich Stellen und Stellenprofile oder, dramatischer, die Regel ist, bleibt das Modell der medizinischen wie
ganze Berufsbilder ändern. Weil die bisherigen At ökonomischen Letztverantwortung durch den Chefarzt
traktoren wie Autonomie, Status und Einkommen bestehen. Die Chefärztin fungiert als Referenzpunkt so
nicht mehr hinreichend wirken, sind neue zu finden. wohl der Sicherheit, der Setzung und der Einhaltung
Innovative Konzepte dafür wären vorhanden. Exem von Leistungs- und Qualitätsstandards als auch des be
plarisch zeigen Beispiele einer distributed oder triebswirtschaftlichen Erfolgs der Klinik. Dieses Fungie
shared leadership, dass Aufgaben und Verantwort ren als doppelter Referenzpunkt kann zögern lassen,
lichkeiten über verschiedene Führungsebenen und Verantwortlichkeiten zu teilen. Das ist unproblema
-funktionen hinweg verteilt werden können. tisch, solange sich fachliche Kompetenzen sowie ökono
Diese drei Symptome – Spezialisierung, verstärkter mische Entwicklungen überblicken und gut vorherse
ökonomischer Druck, Attraktivitätsverlust ärztlicher hen lassen. Die Anforderungen an medizinische wie
Leitungspositionen – sind wesentliche Treiber eines ökonomische Verantwortlichkeit befinden sich nun
Wandels ärztlicher Führung (siehe Abb. 1). Der Treiber aber, wie gezeigt, in dramatischer Veränderung.
«Spezialisierung» betrifft sowohl die Ausgestaltung des Die Frage ist nicht nur, wie Chefärzte und -ärztinnen
Leistungsangebots (welche Patienten, welche Krank ihren Weg in dieser neuen Welt finden, sondern ebenso
heitsbilder, welche Qualität?) als auch Vernetzungsnot was das für die Kaderärzte insgesamt bedeutet. Was
wendigkeit mit und zwischen Spezialisten (Stichworte: sind die Beiträge und der Stellenwert von Leitenden
Interdisziplinarität, Interprofessionalität). Der Treiber und Oberärztinnen unter diesen neuen Bedingungen?
«ökonomischer Druck» verschärft die Führungsauf Sind beispielsweise die Leitenden Ärzte für eine Sub
gabe, betriebswirtschaftliche und medizinische An spezialität der Klinik zuständig und verantworten sie
sprüche zu balancieren. Die Kernfrage hier lautet: Wie diese? Sind sie Teil der Klinikleitung? Sind Sie Stell
kann Leistung gesteigert werden, wenn Wachstum vertreter des Chefs oder fristen sie quasi in einer ökolo
kaum mehr möglich ist? Mit welchen Prozessen und gischen Nische die Existenz eines «Unberührbaren»?
welcher Medizin kann man nachhaltig erfolgreich sein? A ktuell finden wir in den Kliniken unterschiedliche
Der dritte Treiber «Attraktivitätsverlust» bedeutet, dass historisch gewachsene und teilweise stark personen
getriebene Formen. Oftmals bleibt die Position der Lei
tenden Ärzte zwischen Chef- und Oberärzten unscharf.
Ausgestaltung Leistungsangebot
Vernetzung Und wie steht es um die Oberärztinnen? Sie bilden die
Basis des klinischen Geschäfts und supervidieren die
Assistentinnen und Assistenten. Aber wie weit reicht
Spezialisierung
ihr Handlungsspielraum, wie viel Verantwortung kön
nen, wollen und sollen sie übernehmen? Welche Initia
tiven gehen von ihnen aus?
Balancierung wirt-
Ging traditionell chefärztliche Verantwortlichkeit mit
Ärztliche ökonomischer schaftlicher und grosser Autonomie, hohem Status und gutem Einkom
Führung Druck medizinischer
Ansprüche men einher – und war es entsprechend attraktiv, Ver
antwortung zu akkumulieren –, finden sich mittler
weile Chefärztinnen und -ärzte eng in spital- und
Attraktivitäts- medizinübergreifende Führungskonfigurationen ein
verlust gesponnen. Das verkleinert ihre Kapazitäten, sich um
Medizin zu kümmern, verringert ihre Autonomie und
verändert die Möglichkeiten zu gestalten. Das setzt
Entwicklung alternativer nicht nur sie selbst unter Druck, sondern wird auch auf
Führungskonzepte
den anderen Kaderebenen beobachtet und löst dort
Abbildung 1: Treiber des Wandels ärztlicher Führung. Fragen aus wie «Warum sollte ich mir solches antun?»
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(Originalzitat). Resultat dieser Dynamik ist momentan Entwicklung von Leistungsstandards und das Monitoring
gelegentlich eine Art Patt zwischen eventuell «abgabe ihrer Einhaltung nicht mehr nur Chefsache sind, sondern
willigen» Chefärzten und irgendwie «unwilligen» ande eine gemeinsame Aufgabe werden; drittens zeigt das
ren Kaderärzten. Eine wenig erfreuliche Situation, die Martini-Modell, dass die Ausrichtung auf eine gute
Ausdruck einer allseits ambivalenten Perzeption ist. Medizin, die sich konsequent auf patientenzentrierte
Feedbacks stützt, wirtschaftlichen Erfolg bringen kann.
Auch wenn das Modell nicht beliebig kopierbar ist, die In
Auf der Suche nach Alternativen
gredienzen seines Erfolgs – klare Ausrichtung, datenge
Bilden die aktuellen Modelle die einzige Möglichkeit? stütztes Lernen, patientenorientierte Abläufe und Team
Diskutiert finden wir zwei Alternativen. Zum einen die modelle – können auch in anderen Klinikentwicklungen
angelsächsische Variante des Consultant-Systems mit hilfreich sein und helfen, einer zusehends problemati
einem Chairman, der vor allem koordinative Funktio scheren Polarität von Medizin und Ökonomie zugunsten
nen wahrnimmt, nicht aber die Sicherheits- und Ver einer medizingestützten Strategie zu entkommen.
antwortlichkeitsfunktion des deutschsprachigen Pen
dants erfüllen muss. Das ist ein wichtiger struktureller
Shared Leadership
Unterschied. Die einzelnen Leitenden sind dann typi
scherweise für medizinische Teilgebiete zuständig, Im Martini-Modell ist nicht mehr ein Chefarzt, eine
Spezialisierung kann so organisiert und Verantwor Chefärztin für Leistung und Qualität letztverantwort
tung auf mehrere Schultern verteilt werden. Das birgt lich. Verantwortung wird von einer Faculty getragen.
die Chance höherer Kollegialität, kann aber auch eine Die Basis dafür liegt in der Messung und Transparenz
Perpetuierung der üblichen ärztlichen Führung nun der Ergebnisqualität und in der gemeinsamen Klarheit
Literatur eben auf Abteilungsebene bedeuten. über den Umgang damit. Exakt in dieser Gemeinsam
– Deerberg-Wittram J,
Eine weitere Alternative stellt das Faculty-System dar, bei keit liegt ein wesentlicher Unterschied zu traditionel
Huland H, Graefen M
(Hrsg.). Das Martini- spielsweise der Martini-Klinik in Hamburg, in dem meh len ärztlichen Führungsformen. Ähnliches lässt sich
Prinzip. Spitzenmedizin rere «Chefärzte» gleichzeitig und gemeinsam für ein eng auch in den aktuellen Entwicklungen in Wirtschafts
durch Spezialisierung,
Ergebnistransparenz
umgrenztes Gebiet – im Falle der Martini-Klinik ist es das organisationen zu Themen wie «Agile» und «Selbst
und Patientenorientie Prostatakarzinom – verantwortlich zeichnen. Die Beson organisation» beobachten. Abbau von Hierarchie ist
rung. Berlin 2018.
derheit dieser Variante besteht darin, dass mit hochgradi dann sinnvoll und funktioniert, wenn Führungsauf
– Schmitz C, Zwahlen M,
Berchtold P. Das Ma ger Spezialisierung, konsequent auf das Patientenwohl gaben, die klassischerweise in die Vorgesetzten-Mitar
nagement der Medizin. ausgerichteten Strukturen, Abläufen und Kultur sowie beiter-Beziehung eingebettet sind, lateral – zwischen
Schweiz Ärzteztg.
2018;99(33): der systematischen und transparenten Nutzung von Er Peers – wahrgenommen werden können. Exempla
1078–80. gebnisqualitätsmessungen (z.B. PROMS) gemeinsames risch: Leistungsbeurteilung kann von der Chefin vorge
Lernen und kollektiv getragene Entwicklung möglich nommen werden oder zwischen Peers stattfinden. Die
werden. Das Martini-Modell findet hier Erwähnung, weil Funktionalität von Leistungsbeurteilung (Sind wir ent
Korrespondenz: es auf dreierlei Dinge aufmerksam macht. Erstens dass al sprechend unseren Erwartungen unterwegs? Wo wei
Dr. Christof Schmitz ternative Führungsformen ein verändertes Gesamtset chen wir warum ab? Was können wir tun?) ist nicht an
college M
Haus der Akademien ting einer Klinik (Angebotsspektrum, Organisation) be Hierarchie gebunden, erfordert im lateralen System aber
Laupenstrasse 7 dingen können; zweitens dass gemeinsames Lernen, klare Spielregeln. Schon diese Klarheit entlastet von hie
CH-3001 Bern
christof.schmitz[at]
basierend auf Qualitätsdaten und Patientenrückmeldun rarchischen Abhängigkeitsbezügen. Die entstehende
college-m.ch gen, neue Führungsformen ermöglichen kann, weil die Freiheit hat natürlich die Bereitschaft zu vermehrter
Verantwortungsübernahme und Transparenz zur Folge.
CAS Leadership in Health Care Organisations Führungsaufgaben können über die Klinik «verteilt»
Leadership im medizinischen Kerngeschäft ist heute erfolgskritisch. Qualität, Effektivität und werden. Die Folge ist, dass weniger Führungslast auf den
Wirtschaftlichkeit der Patientenbehandlung brauchen funktionierende Führung. Das ist evidenz- Schultern des einen Chefs, der einen Chefin ruht und
basiert. Leadership stärker auf gemeinschaftliches Engagement
Der Studiengang vermittelt eine an Organisationen des Gesundheitswesens orientierte Lea-
aufbaut. So kann neue Attraktivität für «hohe» Positio
dership und fokussiert passende Formen der Integration von Medizin und Management. Im
Fokus stehen neben Wissensvermittlung persönliches wie gemeinsames Lernen. Leadership nen entstehen – wenn man sich gemeinsam mit ande
meint mehr als das Beherrschen von Führungsinstrumenten. ren dafür engagiert, hohe medizinische Qualität, die
Ein Angebot der Medizinischen Fakultät der Universität Bern unter Leitung des Instituts für Rendite erzeugt, zu liefern. Da können selbst jüngere
Sozial- und Präventivmedizin, durchgeführt in Zusammenarbeit mit college M. Ärztegenerationen (Y, Z, …) wieder «weich» werden.
Es richtet sich an Ärzte und Ärztinnen mit leitenden Funktionen sowie Führungskräfte ande-
rer Berufsgruppen in Spitälern und weiteren Einrichtungen.
Die nächste Durchführung startet am 14. Januar 2019. Detaillierte Informationen unter www. Bildnachweis
cas-leadership.ch Grafik erstellt von den Autoren
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Courrier au BMS
irectives de l’ASSM «Attitude face à la fin
d gie, CAS, MAS und was immer man wünscht.
Was mehr kann man «zu guter Letzt» de vie et à la mort», en particulier le chapitre Man kann also von einem Gutachter, der über
noch tun? concernant l’assistance au suicide. solche Patienten urteilt, verlangen, dass er
Brief zu: Stalder H. Nützliche und unnütze Diagnosen – oder: Au lieu d’affirmer le bien fondé des nouvelles etwas davon versteht.
Manchmal gilt less is more. Schweiz Ärzteztg. 2018;99(46):1638.
directives qui ont été acceptées et publiées Nebenbei sei hier auch wieder einmal die
après une étude approfondie de plus de trois Frage nach der Neutralität gestellt. Wie neu
Sehr geehrter Herr Professor Hans Stalder
ans il ouvre une grande porte à un éventuel tral sind die Gutachter, wenn sie von einem
Ihr Artikel ist ein Highlight. Sie fassen bril
changement dans la direction du refus de la Auftraggeber bezahlt sind, von dem sie wis
lant zusammen, an was die heutige Medizin
FMH. Il cite même un point soulevé par cette sen, dass er möglichst sparen will. Und wenn
krankt. Sie analysieren und regen zum Den
dernière «la souffrance subjectivement res sie wissen, dass sie bei zu vielen positiven
ken an. Was mehr kann man «zu guter Letzt»
sentie comme insupportable» qui ne figure Gutachten auf einer schwarzen Liste landen??
noch tun?
pas dans la version de l’ASSM qui se contente Wann und wie wird die Qualität der Gutach
Die Aufgabe von uns ausbildenden Ärzten
de parler d’une «souffrance insupportable» ten kontrolliert? Ich habe seit Anfang Jahr von
muss es sein, dem Nachwuchs zu vermitteln,
sans faire allusion au côté subjectif de cette einem halben Dutzend Patienten Gutachten
was wichtig und was nichtig ist. Wo Geld ein
souffrance qui est soulevé par les opposants gesehen, deren psychiatrische Qualität zum
gesetzt werden soll und darf und wo nicht.
de la FMH. Himmel schreit. Vor Gericht sind sie aber, wie
Dass die Anamnese der Schlüssel zur Dia
Ce billet en pleine page du BMS me paraît bekannt, allen Berichten von Behandelnden
gnose ist und Hilfsuntersuchungen nur bei
extrêmement léger et contreproductif pour la vorgezogen worden. Im letzten Fall, einem
k larer Fragestellung einzusetzen sind. Wenn
véracité des nouvelles directives et tous ceux sequen tiell traumatisierten Patienten mit
wir es nicht tun, werden es uns die Kassen
qui ont travaillé pour qu’elles correspondent à einer schweren dissoziativen Störung, lagen
«abnehmen». Auch wenn das Sammeln von
une évolution inévitable vers plus de recon der IV und dann auch dem Gericht Berichte
morphologischen Befunden, welche neuen
naissance de l’autodétermination du patient von mindestens 2 verschiedenen ambulanten
Diagnosegräten entstammen, und das Kre
dans toutes décisions médicales et également Behandlern und von mindestens 2 verschie
ieren von neuen Diagnosenamen – ohne
en fin de vie. denen Fachkliniken vor. All diese Fachleute
therapeutische Relevanz und ohne Kenntnis
C’est à la FMH de se remettre en question et de kamen zum selben Schluss: Posttraumatische
der Pathophysiologie – einem menschlichen
faire un pas en avant. Belastungsstörung und schwere dissoziative
Trieb entgegenkommen (und dabei noch kar
Le pouvoir médical a décidément la peau Episoden. Der Gutachter hat den Mann eine
rierefördernd sind), so muss der Sinn einer
dure! Stunde lang gesehen. Dass der Patient ständig
solchen Tätigkeit doch in Frage gestellt wer
Dr. Béatrice Deslarzes, Vessy daran war, sich zu kontrollieren, um nicht zu
den. Insbesondere wenn dafür Krankenkas
dissoziieren, hat er nicht gemerkt. Dann
sengelder eingesetzt werden.
schrieb er im Gutachten: Er habe keine disso
Im Weiteren müssen wir vermitteln, dass die
ziativen Symptome beobachtet, also habe der
Angst vor Juristen nicht die Maxime des ärzt
Die Botschaft hör ich wohl ... Patient keine Dissoziationen. Im Übrigen sei
lichen Handelns sein darf. Gut informierte
er nur krank, wenn er in der Klinik sei (sic!),
und aufgeklärte Patienten klagen selten. Brief zu: Weiss M. Der Arzt als Gutachter.
Schweiz Ärzteztg. 2018;99(42):1463–5. ansonsten könne er 100% arbeiten. Urteilen
Dem Herrn Bundesrat Berset sollte klarge
Sie selbst…
macht werden, dass Redezeit für Anamnese Soltermann B, Ebner G. Ausbildung der medizinischen
Wenn einem Menschen aufgrund eines
nicht so drastisch beschränkt werden darf, Gutachter und Qualität der Gutachten.
Schweiz Ärzteztg. 2018;99(42):1466–8. schlechten Gutachtens Leistungen verweigert
wie das im neuen TARMED der Fall ist.
werden, ist das höchst frustrierend, für die
Das Gesundheitswesen könnte genesen, die
Die Botschaft hör ich wohl … Die medizini Patienten und die Behandelnden. Wenn bei
Qualität würde gesteigert und der Beruf
schen Gutachten hätten sich in den letzten einem Rekurs so eklatante Unterschiede be
würde interessanter.
10 Jahren deutlich verbessert, lesen wir da. stehen zwischen allen Behandlern auf einer
Danke für Ihre klaren Überlegungen und die
Und die Qualität werde kontrolliert. Das ist ja Seite und einem Gutachten auf der anderen
gut gewählten Worte.
schön, aber nach meiner Erfahrung wesent Seite: Wann, wenn nicht in dieser Situation,
lich komplizierter und weniger schön, als in wäre es angebracht, die Qualität des Gutach
Prof. Dr. Hanspeter E. Killer, Suhr
den beiden Artikeln gesagt. tens zu hinterfragen und zu überprüfen?!
Ich arbeite vorwiegend mit traumatisierten Auch über die Qualifikationen der Gutachter
Menschen, darunter grossteils Migranten. Ich wird in den beiden Artikeln geschrieben.
Un grand pas en arrière urteile also aus der Sicht der Psychotraumato Insbeson dere seien bei Psychiatern soziale
Lettre concernant: Scheidegger D. Directives de l’ASSM
logie, und da ist die Bilanz ernüchternd. Ja, Kompetenzen wichtig. Auch da gibt es unzäh
«Attitude face à la fin de vie et à la mort». Bull Med Suisses. formal sind die Gutachten deutlich besser ge lige negative Beispiele, die allerdings naturge
2018;99(46):1613. worden (mit Ausnahmen!), aber psychiatrisch mäss nur aus den Erzählungen der Patienten
inhaltlich, insbesondere in Bezug auf Psycho zutage treten. Oft sind die Patienten nach
Dans le Bulletin des Médecins Suisses (BMS) traumatologie, lassen sie noch sehr zu wün solchen, oft weniger als eine Stunde dauern
un message très étonnant et pour le moins schen übrig. Viele Gutachter haben keine den Untersuchungen nachhaltig verstört. Die
ambigu du président de l’Académie Suisse des A hnung von Psychotraumatologie. Dies lässt letzte Patientin, die beim Vertrauensarzt war,
Sciences Médicales (ASSM) qui répond à la sich anhand von vielen Details in den Gutach musste 20 Minuten warten, während dem das
décision de la Fédération des Médecins Suis ten zeigen. Es gibt unterdessen genügend Wei Personal für sie sicht- und hörbar Kaffee
ses (FMH) qui vient de refuser les nouvelles ter- und Fortbildungen in Psychotraumatolo trank! Im Anschluss war sie bereits im Modus
BULLETIN DES MÉDECINS SUISSES – SCHWEIZERISCHE ÄRZTEZEITUNG – BOLLETTINO DEI MEDICI SVIZZERI 2018;99(48):1694–1695
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