ANNUEL www.arsia.be - Arsia asbl
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Sommaire 03 04 06 07 08 AVANT-PROPOS FAITS MARQUANTS 2020 EN CHIFFRES VISION STRATÉGIQUE AIDES FINANCIÈRES SURVEILLANCE & DIAGNOSTIC ACCOMPAGNEMENT SANITAIRE BACK OFFICE & PLANS DE LUTTE AUTOPSIE 62 DISPATCHING 11 Bilan général 35 IBR 63 RESSOURCES HUMAINES 12 Chez les porcins 40 BVD 13 Chez les volailles 64 COMPTA - BUDGET - FINANCES 42 PARATUBERCULOSE AVORTEMENT 65 QUALITÉ 14 Chez les bovins 43 NÉOSPOROSE 66 COMMUNICATION 18 Chez les petits ruminants 44 SECTEUR OCC 67 CONVENTIONS & PARTENARIATS 21 PARASITOLOGIE DIAGNOSTIC 24 Salmonella abortusovis SERVICES ANNEXES chez les petits ruminants 47 TRAÇABILITÉ 69 ACTIVITÉS DE LABORATOIRES 25 Séquençage haut-débit et diagnostic des pathologies 51 AUTOCONTRÔLE 73 IDENTIFICATION & respiratoires du bovin ENREGISTREMENT 53 SWEATER SURVEILLANCE 76 ARSIA INFOS 54 DÉMATÉRIALISATION 27 U. Diversum & E. Rhusiopathiae ? 77 PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES 28 La besnoitiose en Wallonie 55 BEEF MOVE 29 La fasciolose 78 ORGANE D’ADMINISTRATION 56 CERISE ANTIBIORÉSISTANCE 79 ORGANIGRAMME 58 CERISE MOBILE 30 Évolution des Enterobacteriaceae 59 BIGAME TOXICOLOGIE 32 L’érable sycomore 60 BIOTHÈQUE ARSIA asbl - Allée des Artisans 2 - 5590 Ciney - Tel : 083 23 05 15 - www.arsia.be Éditeur responsable : Jean Detiffe - Rédaction : Sylvie Lecomte ( Plum’Veto ) - Design : ARSIA - Photos : ARSIA / Didier Vanmollekot
Avant-propos Année particulière que cette année 2020 ! Non seulement il Pour y arriver, nous nous investissons pleinement avec la s’agissait de ma dernière année de mandat mais surtout la DGZ dont nous partageons les mêmes valeurs, conclues pandémie de COVID-19 a imposé à l’ensemble de notre per- par un accord de collaboration début 2020. Tous les projets sonnel une réorganisation totale du travail pour assurer la sanitaires importants, tous les investissements relatifs au continuité des services dont dépendent nos élevages, tout laboratoire, à la traçabilité et à l’encadrement sanitaire sont en respectant les règles sanitaires imposées par cette crise. désormais discutés de concert pour trouver les solutions Port du masque obligatoire, distanciation physique, télétra- les plus avantageuses au profit de nos membres. vail, écartements et quarantaines ont rythmé nos activités, Nous avons également entrepris la même démarche avec sans oublier la réquisition de nos machines PCR pour assu- Elévéo au travers de notre société commune AWARDE la- rer les diagnostics COVID-19 au plus fort de la crise. Mais nos quelle travaille à la mutualisation de nos efforts en matière différentes tâches, considérées « essentielles » - au même de collecte et gestion de données, de collecte d’échantillons titre que les activités de productions agricoles - ont été as- à des fins génétiques ou de protection des données sani- sumées sans que personne à l’extérieur ne s’aperçoive de taires et zootechniques, vis à vis de tiers sollicitant leur ex- la difficulté de la tâche. Je tiens donc à remercier vivement ploitation. chacun de nos collaborateurs pour tous les efforts consen- tis afin que la gestion globale de notre ASBL reste normale. Regardant quelque peu en arrière, au terme de ce dernier mandat, je ne peux que me montrer satisfait et fier de ce Indépendamment de cette situation particulièrement ingrate qui a été réalisé, depuis la naissance de l’ARSIA en 2003. et inconfortable, nos efforts ont été focalisés sur la réalisa- Nous aurions pu nous contenter d’assurer les missions qui tion des objectifs définis voici près de cinq ans, visant à an- nous étaient confiées par les autorités … Ce n’était pas dans crer définitivement notre association dans le XXIème siècle. l’ADN des acteurs de cette fusion historique. Notre vision Je pense aux nombreux développements informatiques et était claire et n’a pas dévié depuis notre création : mettre aux protocoles d’échanges d’informations qui vont faciliter tout en œuvre pour améliorer le niveau sanitaire de notre le travail de leurs utilisateurs en évitant de multiplier les de- cheptel, tant collectivement qu’ individuellement. Jusqu’ici voirs administratifs. Je pense au déploiement des nouvelles nous avons plutôt bien réussi dans notre entreprise et rien techniques de laboratoire. Je pense aux actions sanitaires ne s’oppose à ce que cela continue. mises en place pour renforcer la santé de nos élevages. Les projets foisonnent… et je sais que la dynamique pré- Une meilleure biosécurité, c’est contrôler les mouvements sente au sein de notre Association la mènera encore vers de nos animaux. C’est maintenir notre vigilance vis-à-vis de très beaux jours. de la résistance contre les antibiotiques. C’est sécuriser le statut sanitaire de nos troupeaux. C’est in fine garantir aux Merci à toutes et tous, consommateurs des aliments sains provenant d’animaux Jean DETIFFE, en pleine santé, garantir le commerce animal et contri- Président de l’ARSIA buer à la rentabilité des exploitations. Les actualités tant humaines qu’animales nous ont montré maintes fois que la situation sanitaire reste un équilibre précaire à surveil- ler sans cesse ; sans une maitrise rigoureuse, les consé- quences peuvent être désastreuses tant pour l’éleveuse ou l’éleveur qu’à l’échelle collective. Élever, produire, soigner ... l’Arsia vous accompagne ! Rapport annuel 2020 3
Rapport annuel Faits marquants en 2020 • Participation de l’ARSIA aux 4 • 3 journées « Portes ouvertes à • La Covid-19 s’invite: L’ARSIA formations « Comment réduire l’ARSIA » : 200 participants adapte son organisation l’utilisation des antibiotiques pour assurer la continuité • Accord historique : signature dans votre élevage ? » du service. Mise en place du officielle de la convention télétravail • Laboratoire : développement entre l’ARSIA et la DGZ et production d’autovaccins • Une enquête rétroactive de en vitesse de croisière l’ARSIA décèle 2 nouveaux foyers de besnoitiose en Wallonie Janvier Février Mars Avril Mai Juin • Commissions sanitaires • IBR : un troupeau s’infecte • Publication du Rapport interrompues pour cause en achetant des animaux « antibiogrammes » de Covid-19 • Un cas de maladie de la vache • IBR : les animaux I2 sont • Réquisition de notre matériel folle notifié en Irlande interdits de marché d’analyse PCR pour assurer le diagnostic de la Covid-19 • Lancement des abonnements parasitaires pour grands et petits ruminants 4 Rapport annuel 2020
Rapport annuel • Assemblée générale en présentielle, avec mesures de sécurité Covid-19 : 50 participants • Edition du rapport d’activités 2019 • Laboratoire : lancement du « forfait urgent », pour les analyses urgentes Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre • Lancement de la plateforme • Grippe aviaire hautement • Un foyer de tuberculose PADDOC pour les ovins et pathogène en Belgique : déclaré en province de Liège caprins, par AWARDE, groupe confinement général des d’intérêt économique créé par élevages professionnels et Elevéo et l’ARSIA hobbyistes • Nouvelles actions ARSIA+ : autovaccins, lutte IBR, mycoplasmose bovine Rapport annuel 2020 5
Rapport annuel L’année 2020 en chiffres ... 148 àpersonnes votre service 74 760 441 780 connexions à boucles 2/3 1/3 www.arsia.be délivrées Troupeaux actifs 9 608 7 673 1 562 1 111 716 3 177 556 1 706 bovins 7 460 1 283 10 428 éleveurs bovins vétérinaires 18,2 utilisateurs 1 482 203 cadavres ramassés / jour à la date du 27 mai 2021 éleveurs OCC négociants 1 693 096 6 867 3 455 266 analyses autopsies antibiogrammes troupeaux inscrits aux plans de lutte 6 Rapport annuel 2020
Rapport annuel Vision stratégique En tant qu’organisme de défense sanitaire, nous cherchons Pour cela , nous souhaitons leur offrir, des solutions ... à aider nos membres éleveurs et leurs conseillers • ... qui simplifieront la gestion sanitaire et vétérinaires ... administrative de leurs troupeaux au travers • ... à résoudre leurs problèmes sanitaires ; du développement d’applications informatiques innovantes, pratiques, conviviales ; • ... à améliorer le niveau sanitaire des exploitations wallonnes ; • ... qui ouvriront les possibilités de diagnostic des maladies animales en utilisant les technologies les • ... à répondre aux attentes des autorités et de la plus modernes ; société en matière d’identification et de santé animales. • ... qui aideront les éleveurs, leurs vétérinaires et les autorités à maintenir / améliorer le niveau sanitaire de leur cheptel en proposant des stratégies de lutte/ surveillance basées sur le développement de nouveaux outils de gestion et d’analyse des risques. Les axes clés Un système Un organisme Un laboratoire Une nouvelle de traçabilité du de défense moderne en sanitaire reconnu et organisation plus bétail orienté évolution renforcé et investi efficace et orientée vers les nouvelles permanente dans dans l’utilisation vers la satisfaction technologies et l’intérêt collectif et raisonnée des du client la simplification individuel intrants chimiques administrative Les 3 piliers Traçabilité Enregistrement & Identification Suivi des mouvements ISO 9001:2015 Epidémio & Labo & Encadrement Diagnostic Vétérinaire Collecte échantillons Encadrement administratif & cadavres et scientifique Autopsies Certification/labellisation Analyses Plans de lutte Nouvelles techniques ISO 17025:2017 Rapport annuel 2020 7
Rapport annuel Aides financières En 2020, en plus des ristournes directes sur les analyses et les actions sanitaires pour un montant de 4 625 083 €, Subsides et Interventions Montant l’ARSIA est intervenue financièrement à hauteur de 436 415€ Convention AFSCA 1 967 696,00 € dans le cadre de l’identification électronique et le remplace- Subside RW – CONVENTION - CADRE 1 560 688,00 € ment des boucles perdues. Subside RW – SWEATER 73 725,00 € Les autorités officielles ( AFSCA, Région Wallonne, Provinces, Fonds de Santé, … ) sont intervenues pour une somme glo- Subside RW – PROJET ALTIBIO - FORUM - ROAD- 28 462,00 € STEP - SAMA bale équivalente à 5 446 292 € ( tableau ci-contre ). Ces aides sont reversées intégralement aux éleveurs s’il s’agit d’ana- Intervention Province de Hainaut 50 969,00 € lyses ou si elles financent le fonctionnement de certains Intervention Fonds de Santé – IBR 136 617,00 € services. Subside Fonds de Santé – 266 000,00 € Le Fonds de Santé intervient directement sur le prix de cer- Vétérinaire + gestion statuts IBR taines analyses ( IBR, BVD, paratuberculose, … ) mais finance Intervention Fonds de Santé – GPS 102 279,00 € également la gestion administrative et technique des plans Subside Fonds de Santé – GPS 92 620,00 € de lutte dont en particulier les statuts IBR, BVD et paratuber- culose, totalement pris en charge. Intervention Fonds de Santé – Paratuberculose 56 813,00 € L’AFSCA intervient également pour une part non négligeable Subside Fonds de Santé – 92 453,00 € Vétérinaire Paratuberculose dans les frais de fonctionnement des services chargés de la surveillance sanitaire ( interventions sur le tarif des au- Intervention Fonds de Santé – BVD 748 280,00 € topsies et analyses bactériologiques, des ramassages de Subside Fonds de Santé – 110 000,00 € cadavre pour autopsie, … ). Vétérinaire + fonction. BVD La Région Wallonne contribue également à l’allégement de Intervention Fonds de Santé – Kit Achat 55 141,00 € la facture sanitaire des éleveurs en finançant une partie des Intervention + subside Fonds de Santé - Porcs 36 271,00 € analyses réalisées par l’ARSIA dans le cadre de l’éradication Subside Fonds de Santé – application IT 50 413,00 € et la prévention des maladies inscrites sur les listes de l’OIE et pour lesquelles les interventions ne sont pas considérées Recherche contractuelle / SPF Santé Publique 17 865,00 € comme des aides directes d’état. TOTAL 5 446 292,00 € Graphique 1 : Évolution des coûts moyens facturés par animal présent Graphique 2 : Part payée directement par l’éleveur dans les recettes de l’ARSIA Le premier graphique illustre l'évolution des coûts moyens Le second graphique illustre la part payée directement par facturés par animal depuis 10 ans avec la part relative à l’éleveur dans les recettes de l’ARSIA. Celle-ci a fortement l'identification et à la santé animale. Les chiffres assez élo- évolué au fil des années. En effet, la part prise en charge par quents montrent que le coût payé par les éleveurs dans le les organismes publics ou privés est passée progressive- cadre de la traçabilité est resté stable malgré la mise en ment de 10 % à près de 50 % en 2020. place de la boucle à biopsie et de la boucle électronique. En Cela est à mettre en perspective avec l’offre grandissante 2009, le coût par animal s'élevait à 2,84 € alors qu’il ne dé- des services proposés dont beaucoup ne sont pas facturés passe pas 2,30 € en 2020. En santé animale, le coût a évolué ( GPS, Laboweb, fiche Spot, Altibiotique, … ). selon les différents services mis en place, les aides reçues des différentes institutions et les ristournes consenties par l’Organe d’Administration de l’ARSIA, passant de 1,81 € à 4,55 € par animal. En 2020, le coût total était redescendu à moins de 7 € par animal après avoir « flirté » avec les 8 € pendant 2 ans. 8 Rapport annuel 2020
Surveillance & Diagnostic Autopsie T. Petitjean, DMV Bilan général des autopsies en 2020 L’ARSIA assure les autopsies d’espèces diverses. Par ordre frange des syndromes polysystémiques et digestifs (res- décroissant de fréquence : bovins, ovins, lagomorphes, oi- pectivement 82 % et 65 % des cas ). seaux, porcins, caprins, chiens et chats ( graphique 1 ). Les grands ruminants restent donc, d’année en année, très lar- Suivent ensuite les jeunes bovins entre 1 et 6 mois (27 % des gement majoritaires avec plus de 60 % des animaux autop- cadavres bovins), chez qui plus de la moitié des maladies siés, avortons exclus. du système respiratoire profond sont observées. Moins de 10 % des autopsies concernent la classe 6 à 18 mois ; enfin, L’autopsie des fœtus (bovins presqu’exclusivement, plus ra- les gros bovins ( > 18 mois ) représentent 13 % des autopsies rement petits ruminants et porcs) constitue une part stable chez cette espèce. Des tendances similaires sont observées et non négligeable de l’activité, puisque représentant les 2/3 du travail fourni (64 % depuis 2017) (graphique 2). d’année en année depuis 2017. Parmi les cadavres bovins confiés ( n=1519, mortalité Les examens complémentaires, en combinaison avec l’ana- post-natum), les veaux d’âge inférieur à 1 mois dominent lyse des lésions macroscopiques et microscopiques, ont ceux des autres classes d’âge (> 50 % des cadavres bovins). permis de déterminer l’origine précise de la mort dans 80 % Bien entendu, par leur sensibilité accrue aux agents de diar- des cas, tous syndromes confondus. Dans près de 9 pneu- rhée et de septicémie, ils représentent de ce fait une large monies sur 10, l’agent infectieux causal a pu être déterminé. Souris Souris 1% 1% Autres L’origine précise de la mort a été 5% déterminée dans 80 % des cas, tous syndromes confondus. Poule 7% Ovins Bovins 7% 64% Lapins 9% Graphique 1 : Autopsies réalisées en Graphique 2 : Comparaison annuelle du nombre total d’autopsies - 2020 par espèces, hors avortons Rapport avortons/non avortons bovins 4 pathologies particulières Outre les étiologies infectieuses classiques, responsables des principaux syndromes, l’autopsie révèle quelquefois des patho- logies tout à fait particulières. Fièvre catarrhale maligne Juillet 2020 : cas suspecté sur une génisse Blonde d’Aqui- la chambre antérieure de l’œil ( photo 3 ), œdème pulmonaire taine d’1 an, qui avait présenté un syndrome de coryza sévère, hypertrophie des nœuds lymphatiques… gangréneux accompagné de forte fièvre. Les lésions né- Herpesvirus ovin dont la prévalence approcherait les 100 % cropsiques étaient également très évocatrices : excoria- chez cette espèce et dont la dissémination est maximale tions sévères des muqueuses ( photos 1 & 2 ), dévoilant une en période d’agnelage, la suspicion de fièvre catarrhale ma- sous-muqueuse très enflammée ; dépôts blanchâtres dans ligne reste pourtant délicate : l’éloignement géographique 10 Rapport annuel 2020
Surveillance & Diagnostic des moutons et la longue période d’incubation (parfois 2 mois – ici en juillet donc agnelages rares) tendent à faire oublier le lien étroit avec les petits ruminants. Le bovin étant un cul-de-sac épidémiologique, la maladie est le plus souvent sporadique, touchant un seul animal dans le cheptel. La PCR a permis de confirmer le diagnostic. Photo 1 : FCO - lésions des muqueuses Photo 2 : FCO - lésions sur la langue Photo 3 : FCO - Dépots dans l’oeil Intoxication aux glands Rarement suspectée, il s’agit d’une intoxication grave, potentiellement mortelle. Le cas relate la découverte d’une génisse d’1 an morte dans un pré, après une période de grands vents. L’animal était en bon état général, l’habitus extérieur ne révélait rien d’anormal. L’odeur urineuse était marquée. Le système digestif entier conte- nait un liquide noirâtre nauséabond. Le rumen était rempli de glands. L’histologie des reins révèle une dégénérescence et une nécrose tubulaires aiguës multifocales, évocatrices d’intoxication. La dose toxique de glands n’est pas connue. Elle résulte d’une accumulation ruménale consécutive à une ingestion immodérée ( addiction ) de glands, dont les métabolites sont néphrotoxiques ; les tempêtes automnales, favorisant la chute des glands dans les pâtures, doivent éveiller les soupçons lors de diarrhées noires incoercibles ou de mortalités inexpliquées en pâture. Photo 4 : Glands dans le rumen Deux cas d’anémie parasitaire mortelle Soit un veau de 9 mois, 85 kg, cachectique et déshydraté ture ! L’ingestion de l’œuf embryonné suffit au développe- suite à une diarrhée intense. Les muqueuses pâles évoquent ment d’un adulte fécond dans le tube digestif. une anémie sévère. Le caecum et le colon étaient remplis de vers ronds, blancs, de 3-4 cm de long, à l’extrémité longue Pourtant bien visibles mais passant facilement inaperçus, et effilée : les trichures. Hématophages, plutôt rares et peu certains parasites externes tuent également : ce fut l’issue pathogènes chez le bovin, leur accumulation peut provoquer malheureuse de ce veau de 3 mois qui, après changement la mort suite à l’ensemble des troubles relevés plus haut : de loge, a présenté avant de mourir abattement et anorexie. cachexie, anémie, diarrhée. Aussi appelée « maladie du bé- Les muqueuses étaient blanc nacre ; en y regardant de près, ton », il s’agit d’une parasitose d’intérieur. L’œuf est particu- le pelage était criblé de petites lignes noires d’un demi-cm lièrement résistant dans le milieu et sa survie y est longue de long à peine : des linognathus. Ces poux piqueurs héma- ( 3 à 4 ans ! ) De plus, la larve L1 développée dans l’œuf est tophages peuvent rendre un bovin exsangue si l’infestation directement infestante : pas de mortalité larvaire à espérer est importante. Cette étiologie est rarement suspectée, comme observé chez les stades libres des strongles de pâ- notre examen général boudant souvent l’habitus externe ! L’histologie au secours de l’autopsie Une dyspnée, apparaissant brutalement chez un jeune veau, évoque souvent une pneumonie bactérienne ou virale. Chez ces 2 bovins d’à peine 2-3 jours, la réalité était différente. L’un présentait une consolidation grise sévère des lobes antérieurs ( « hépatisation » ( photo 5 ) et nécrose ), l’autre un poumon relativement ferme mais assez flasque (atélectasie). Les cultures bactériennes se sont avérées peu concluantes, et pour cause : chez le 1er, l’histologie pulmonaire a mis en évidence une aspiration de méconium, probablement consécutive à un vêlage tardif ou dif- ficile. Le 2ème veau, aux poumons non développés, arborait une thyroïde de plus de 30 g : l’histologie a confirmé le goitre hypothyroïdien, responsable du Syndrome de Détresse Respiratoire Aigu observé. Photo 5 : Hépatisation sévère des lobes pulmonaires crânio-ventraux Rapport annuel 2020 11
Surveillance & Diagnostic Autopsie ches les porcins F. Smeets, DMV Le nombre de dossiers et d’autopsies de porcs maintient Graphique 1 : Nombre de dossiers et d’autopsies de porcs entre 2016 et 2020 son augmentation en 2020 ( graphique 1 ). La vigilance ac- crue, mise en place après la détection de la peste porcine africaine ( PPA ) chez le sanglier dans notre pays en sep- tembre 2018, en est certainement une des raisons. Dans près de ¾ des dossiers, l’exclusion de la PPA a été de- mandée par le praticien; soit seule, dans ¼ des cas, ou en association avec d’autres analyses complémentaires pour le restant. Maintien de l’augmentation des autopsies de porcs en 2020. Principales causes de mortalité observées Les 3 principaux syndromes rencontrés, toutes catégories d’animaux confondues, sont respiratoire, septicémique et digestif. 2% 2% 1% 2% niae, Pasteurella multocida, Streptococcus suis, E. coli. Divers Dans un dossier, il a été mis en évidence, par PCR, la pré- Respiratoire Septicémie sence, en association, de Mycoplasma hyopneumoniae et Digestif Cachexie 23 % du PCV2. Dans un autre dossier, associant des lésions res- Avortement Uro-génital 17 % piratoires et digestives, le PCV2 a été détecté, en pool, de Polysérosite manière fortement positive ( 1,61x1014 copies/gr ). • Le syndrome digestif : E. coli principalement et Salmonel- 27 % 26 % la spp. • Le syndrome septicémique et de polysérosite : Strepto- coccus suis, bactérie la plus isolée. Porcs de plus de 35 kg ( 40 dossiers, 44 autopsies ), catégorie la plus représentée. Syndromes majoritaires, par Graphique 2 : Répartition des principaux syndromes rencontrés ordre d’importance : chez les porcs autopsiés en 2020, toutes catégories confondues • Le syndrome respiratoire : Actinobacillus pleuropneumo- niae, Streptococcus suis, Pasteurella multocida, Truepe- Par catégorie rella pyogenes, Bordetella bronchiseptica. Avortons ( 3 dossiers, moyenne de 3 fœtus/dossier ) • Le syndrome septicémique ( et post-septicémique in- La bactériologie sur le liquide d’estomac n’a pas mis de cluant l’endocardite ) et de polysérosite : Streptococcus germes en évidence. Pour la recherche virale demandée suis, bactérie la plus isolée. ( PCR SDRP, circovirus porcin de type 2 ( PCV2 ) et parvovirus ), • Le syndrome digestif : E. coli principalement. Salmonella seul le virus PCV2 a été mis en évidence (2/2). typhimurium et Lawsonia intracellularis, qui a été mise en évidence par immunohistochimie ( IHC ). Porcelets sous la mère ( 9 dossiers, 20 autopsies ). 2 causes principales de mortalité : Pour ces 2 dernières catégories notamment, la recherche par PCR d’agents infectieux impliqués dans le syndrome • Septicémie : E. coli, Streptococcus spp et Staphylococcus respiratoire tels les virus du SDRP, PCV2, influenza et de aureus. certaines bactéries tel Mycoplasma hyopneumoniae, est • Entérite : E. coli hémolytique ou non. rarement demandée par le praticien. Le coût des analyses Porcelets sevrés et porcs jusqu’à 35 kg ( 25 dos- complémentaires est souvent invoqué malgré la possibilité siers, 38 autopsies ) Syndromes majoritaires, par ordre de pooling des organes afin de limiter les frais. d’importance : Porcs reproducteurs ( 7 dossiers, 7 autopsies ). Les • Le syndrome respiratoire : Actinobacillus pleuropneumo- causes de mortalité sont diverses sans syndrome dominant. 12 Rapport annuel 2020
Surveillance & Diagnostic Autopsie ches les volailles Chr. Quinet, DMV Si notre activité liée au secteur avicole wallon est relative- Graphique1 : Nombre annuel d’autopsies de volailles et autres oiseaux, ment mineure contrairement au nord du pays du fait de la réalisées à l’ARSIA entre 2015 et 2020. configuration de cet élevage en Belgique, l’épidémio-surveil- lance des maladies des volailles reposant sur les autopsies n’en demeure pas moins essentielle. L’année 2020 a été édifiante selon deux constats. Premiè- rement, le nombre de cas soumis à l’ARSIA pour autopsie a fortement augmenté. En effet, 167 autopsies ou groupes d’autopsies ont été réalisées versus en moyenne 122/an pour les années 2015 à 2019 (cfr graphique 1). Certes, les chiffres restent modestes mais correspondent toutefois à une hausse de 37 %. 12 espèces de volatiles sont ainsi pas- sées entre les mains de nos pathologistes, avec une prépon- dérance élevée des gallinacés, suivis par les pigeons. 2015 2016 2017 2018 2019 2020 Deuxièmement, émerge un nombre significatif de diagnos- tics de maladies inscrites sur la liste de l’OIE, en l’occurrence la maladie de Newcastle et l’influenza aviaire, confirmées à 5 reprises. La maladie de Newcastle a été isolée chez des pigeons sauvages et des poulets, l’influenza l’a été dans un lot de pintades et 2 élevages hobbyistes de poules. Pour l’un d’entre eux, il s’agissait d’une souche H5 hautement patho- Plus que jamais, la surveillance gène. Les volailles autopsiées provenaient des provinces de des maladies aviaires sur base Hainaut, Liège, Namur. de l’ autopsie est nécessaire, Cette surveillance ne doit certes pas être limitée aux éle- comme en attestent les vages professionnels mais bien inclure les élevages hob- résultats de l’année 2020. byistes, afin d’adopter les mesures préventives nécessaires et éviter de la sorte au maximum les contaminations croi- sées entre ces filières très différentes. Rapport annuel 2020 13
Surveillance & Diagnostic Avortements L. Delooz, DMV Bovins Le Protocole Avortement a pour vocation initiale la surveil- L’ARSIA améliore cet outil exceptionnel chaque année et lance de la brucellose, ce que permet le nombre annuel éle- l’adapte au contexte épidémiologique, investissement vé et nécessaire de déclarations d’avortements. Par ailleurs, constant mais nécessaire pour optimiser la surveillance depuis 11 ans d’existence, selon le principe « gagnant-ga- des maladies émergentes, à risque de réémergence ou en- gnant », il apporte aux éleveurs et vétérinaires un diagnostic démiques. étendu des avortements via une approche systématisée de leurs multiples causes infectieuses. Évolution et tendances des déclarations d’avortements Dès le début, la gratuité du ramassage des fœtus ainsi que Graphique 1 : Évolution des déclarations d’avortements de 2010 à 2020 la réémergence de cas de brucellose ont stimulé le nombre de déclarations d’avortements, la majorité des éleveurs en ayant réalisé l’importance. Le nombre nécessaire à la sur- veillance de la brucellose, soit 4 000, a été atteint dès 2012 ( graphique 1 ). Au-delà de l’obligation légale et d’une dé- marche citoyenne protégeant les autres élevages de ma- ladies potentiellement contagieuses, il s’agit aussi de faire preuve de bon sens en identifiant les maladies abortives présentes dans son troupeau. Depuis le début, nous observons que les dossiers avorte- ment ont été, toujours plus souvent, accompagnés du fœ- tus, indispensable pour un diagnostic efficace. Le suivi du taux de déclarations et de la proportion de troupeaux décla- rant au moins 1 avortement reflètent la situation réelle en Graphique 2 : Evolution annuelle du taux d’avortements déclarés à l’ARSIA évitant le biais d’interprétation des chiffres absolus. Les 3 dernières années, 78 % des exploitations1 ont déclaré a mi- nima un avortement vs seulement 45 % des exploitations en 2010. Pour maintenir voire augmenter le succès de ce programme, l’ARSIA prend à sa charge un nombre important d’analyses complémentaires au panel d’analyses officielles, afin d’op- timaliser le diagnostic étiologique. Au regard des données fournies par Sanitel ( nombre de naissances ) et des avortements analysés, il apparait que le taux de déclarations annuel en 2020 ( graphique 2 ) reste stable malgré une diminution en début d’année compen- sée par une augmentation dès septembre, conséquence probable d’un courrier envoyé à une série d’éleveurs en août ; il leur rappelait la diminution du nombre de leurs dé- clarations, compromettant le maintien du statut indemne de brucellose de notre pays. En 11 années, le taux de participation a positivement évolué, preuve de l’attrait du Protocole Avortement actuel et de l’implication des éleveurs vis à vis de la problématique des avortements. 14 Rapport annuel 2020
Surveillance & Diagnostic Prévalences apparentes Les tableaux I, II et III rassemblent les résultats d’analyses, comparés entre 2020 et 2019. Tableau I : Résultats des diagnostics Taux de réaction Tableau III : Résultats des diagnostics Taux de réaction INDIRECTS positive DIRECTS positive ANALYSES Méthode 2019 2020 ANALYSES Méthode 2019 2020 Brucella abortus Elisa Ac 0,00 % 0,00 % Brucella abortus Culture 0,00 % 0,00 % Brucella abortus SAW 0,63 % 0,68 % Salmonella spp. Culture 2,32 % 2,09 % Leptospira hardjo Elisa Ac 1,63 % 1,23 % Listeria Culture 1,94 % 1,71 % monocytogenes Neospora caninum Elisa Ac 16,17 % 17,13 % Campylobacter spp. Culture 0,00 % 0,07 % Coxiella burnetii Elisa Ac 16,45 % 16,61 % Aeromonas hydrophila Culture 0,00 % 0,02 % Bacillus licheniformis Culture 1,31 % 0,99 % Tableau II : Résultats des diagnostics Taux de réaction Yersinia Culture 0,02 % 0,04 % DIRECTS positive pseudsotuberculosis ANALYSES Méthode 2019 2020 Autres bactéries 8 Culture 34,01 % 33,87 % BoHV-4 2 PCR 4,78 % 4,89 % Mycoses Culture 1,08 % 1,12 % Anaplasma PCR 4,21 % 5,10 % phagocytophilum 3 1. Exploitations où sont observés au moins 33 6. Cette analyse n’est réalisée que sur les naissances chaque année au cours des 3 fœtus présentant, à l’autopsie, des anomalies BVD Elisa Ag 0,10 % 0,05 % dernières années congénitales pouvant être attribuées au virus 2. Analyse réalisée à l’ARSIA sur les fœtus prove- de Schmallenberg. Coxiella burnetii PCR 7,56 % 7,39 % nant d’exploitations avec des avortements en 7. Cette analyse n’est réalisée que sur les fœtus série non élucidés. présentant, à l’autopsie, des anomalies congé- Leptospira spp. 4 PCR 26,76 % 50,00 % 3. Analyse réalisée uniquement d’avril à décembre. nitales pouvant être attribuées au virus de la FCO. 4. Analyse réalisée à l’ARSIA sur les fœtus pré- Neospora caninum 5 Elisa Ac 9,25 % 10,02 % sentant de l’ictère ou tout autre signe pouvant 8. Agents bactériens isolés en culture pure et être attribué à la leptospirose. abondante mais dont le caractère abortif n’est Virus Schmallenberg 6 PCR 15,75 % 16,78 % 5. Il s’agit de méthodes de diagnostic direct et pas formellement établi. indirect démontrant l’infection du fœtus. Le BLT 7 PCR 0,00 % 0,00 % taux de réaction positive tient compte des mères séronégatives. avortements Le diagnostic des Parfois en pool avec d’autres prélèvements Placenta Sérum de la mère avortée A • Bactériologie Brucella • Brucella Ac A • Neospora caninum Ac • Coxiella burnetii Ac B • Leptospira hardjo Ac • Bactériologie Brucella Avorton • Culture bactério générale A ( Salmonella sp, Listeria sp, ... ) • BVD • SBV (si suspicion) • FCO (si suspicion) En période • Leptospira (si suspicion) d’activité • Anaplasma phagocytophilum vectorielle C • Neospora caninum (buvard) Lait de tank • Coxiella burnetii • Iode (si suspicion) • Sélénium (si suspicion) Lors d’une série d’avortements non-élucidés : Nouveau • BoHV-4 • BVD Ac • Métagénomique bactérienne • Coxiella burnetti Ac D • Leptospira hardjo Ac • • Neospora caninum (buvard) Ureaplasma diversum • Salmonella sp. Ac Rapport annuel 2020 15
Surveillance & Diagnostic Tendances et Interprétations Brucellose Depuis les foyers datant de 2012, plus aucun autre à l’horizon. Toutefois, l’origine des derniers foyers n’ayant pu être établie, la prudence et une surveillance de qualité restent indispensables. Salmonellose La bactérie responsable du genre Salmonella se décline en de nombreux sérotypes, la plupart pathogènes pour de nombreuses espèces (dont l’homme) et parmi lesquels le sérovar Salmonella Dublin, le plus fréquemment ( 99 % des cas ) identifié lors d’avortements bovins. Malgré un taux éle- vé d’avortons infectés ( 2,09 % ), 2020 est la troisième année consécutive où il diminue progressivement ( graphique 3 ). Maladie saisonnière, sa fréquence augmente en été et en automne en particulier si la météo est chaude et humide. En 2020, chaude elle le fut mais pas du tout humide, ce qui pourrait expliquer cette diminution. La question de la cycli- cité se pose et nous espérons que l’avenir nous apportera des réponses afin de mieux gérer les éventuelles années Graphique 3 : Evolution annuelle du taux d’avortons « à risque ». infectés par la salmonellose Ehrlichiose bovine Maladie due à Anaplasma phagocytophilum et transmise presque exclusivement via des morsures de tiques, elle est donc liée à leur activité ; les avortements surviennent entre le printemps et l’automne. Les signes cliniques principaux sont une hyperthermie élevée avec des signes respiratoires et des avortements, d’où son autre nom de « fièvre des pâturages ». Diagnostiquée efficacement depuis 2014, elle est mise en évidence dans 4,31 % des cas, ce qui fait d’elle une des principales causes d’avortements au pâturage. Selon le climat plus ou moins propice aux tiques, le taux annuel d’avortements varie de manière importante, avec fréquemment 2 pics observables ( graphique 4 ), en juin et Graphique 4 : Évolution mensuelle du taux d’avortements septembre. dus à Anaplasma phagocytophilum entre 2014 et 2020 Fièvre Q La fièvre Q est une maladie due à une bactérie très résis- Graphique 5 : Evolution mensuelle tante dans le milieu extérieur, Coxiella burnetii. Les princi- du taux d’avortements dus Coxiella burnetii entre 2010 et 2020 paux signes cliniques sont les métrites, l’infertilité et les avortements dont elle représente une cause majeure avec 7,39 % d’avortons infectés en 2020. Depuis que l’ARSIA en réalise le diagnostic ( 2015 ) et qu’elle a inclus le placenta via un pool d’organes ( 2017 ), le nombre de dossiers positifs a fortement augmenté ( graphique 5 ). Cependant, au vu de la séroprévalence annuelle, l’augmentation du taux d’animaux exposés n’est pas significative, s’agissant plutôt d’une amé- lioration du diagnostic avec une meilleure détection des troupeaux exposés à la fièvre Q. Ureaplasma diversum La métagénomique bactérienne nous a amené à intégrer Ureaplasma diversum au panel d’analyses, lorsque le troupeau subit une série d’avortements non élucidés. Sur les premiers échantillons, Ureaplasma a été identifiée sur 7 % des fœtus. Il semble donc que la maladie ait une prévalence importante dans cette situation, ce que la poursuite de notre étude va tenter d’élucider. 16 Rapport annuel 2020
Surveillance & Diagnostic Cause de l’avortement Pour déterminer avec certitude la cause de l’avortement, il Dans le cas des « bactéries opportunistes », un agent pa- faut idéalement attester de la présence : thogène a été isolé mais des analyses complémentaires ou • de l’agent pathogène dont le caractère abortif est des études scientifiques ( telles que des infections expéri- prouvé mentales provoquant l’avortement ) devraient être menées • de lésions ou d’anomalies congénitales incompatibles afin de déterminer de manière certaine son implication. Il avec la vie extra-utérine s’agit essentiellement d’agents bactériens dont le rôle abor- tif n’est pas formellement reconnu ( Trueperella pyogenes, En 2020, il a été possible de mettre en évidence un patho- E.coli, Pseudomonas aeruginosa, Serratia marcescens, ... ). gène susceptible d’être à l’origine de l’avortement ou des anomalies identifiées lors de l’autopsie dans 61,42 % des En 2020, la mise en place de la métagénomique bactérienne cas ( graphique 6 ). Cependant, la cause de l’avortement a a révolutionné le diagnostic bactériologique et de nom- pu être déterminée de manière certaine pour seulement breuses « nouvelles » bactéries ont été identifiées. 29,39 % des cas. Graphique 6 : Répartition simplifiée des étiologies d’avortements mises en évidence en 2020 En 2020, le taux de diagnostic ( graphique 7 ) est excellent et comparable à celui des années précédentes. Nous obser- vons également une diminution de l’impact du virus de la BVD, grâce au plan de lutte visant à l’éradiquer (voir page 40). Graphique 7 : Évolution du taux de diagnostic étiologique sur tous les cas d’avortements analysés Conclusions Depuis 2010, un nombre croissant de diagnostics sont posés La grande majorité de vétérinaires praticiens et d’éleveurs, et des moyens de lutte proposés pour bon nombre d’agents soucieux de participer activement à la surveillance de la pathogènes. La diminution de l’impact de certains d’entre brucellose et des maladies abortives, l’utilisent activement. eux est une bonne nouvelle pour la santé du cheptel bovin. L’ARSIA privilégie leur encadrement dans le souci premier de Le Protocole Avortement est un excellent outil au service des l’amélioration de la santé animale. éleveurs souhaitant améliorer les performances de reproduc- tion de leur élevage, particulièrement en cas d’avortements Le ramassage des cadavres, l’autopsie et en série. les tests sont entièrement pris en charge par l’AFSCA et par l’ARSIA. Rapport annuel 2020 17
Surveillance & Diagnostic L. Delooz, DMV Petits ruminants En 10 ans, le Protocole avortement dédié aux petits rumi- nants, tant ses analyses, ses services que ses résultats, Le nombre absolu d’avortements ont été avantageusement optimalisés. L’ARSIA a pleinement déclarés est le seul indicateur atteint son objectif d’amélioration du diagnostic, la création actuellement disponible pour évaluer les d’une demande d’analyses spécifiques ayant par ailleurs déclarations des avortements ovins et permis la simplification du recours au Protocole. caprins. Il reste extrêmement faible au Le nombre de déclarations d’avortement augmente progres- regard du cheptel présent en Wallonie. sivement ( graphique 1 ) tout en restant faible au vu de la po- pulation générale; en 2020, 43 éleveurs de moutons et 16 éle- L’aide au diagnostic des pathologies veurs de chèvres répartis sur toute la Wallonie ont déclaré au abortives est pourtant nécessaire minimum 1 avortement. Le pic observé en 2012 correspond à pour ces élevages en plein l’épisode de maladie de Schmallenberg. Seule une petite pro- portion d’éleveurs ont eu recours, plus d’une fois, au Protocole développement et s’impose eu égard avortement. La carte 1 représente tous les troupeaux ayant au caractère zoonotique de certaines déclaré au minimum un avortement. de ces maladies. En 2020, 94 avortements ont été déclarés Si la gratuité et l’efficacité du service de ramassage de ca- davres d’animaux motivent certains éleveurs hobbyistes à Déclarer les avortements dès le 1er cas y faire appel, les frais vétérinaires à charge et les mesures permet un diagnostic plus rapide. légales éventuelles en cas de diagnostic de certaines mala- Plus le nombre d’avortons analysés est dies restent un frein majeur pour bien d’autres. important, meilleures sont la précision et la fiabilité du diagnostic. Graphique 1 : Evolution du nombre absolu de déclarations d’avortement chez les ovins et caprins Carte 1 : Répartition wallonne des exploitations ovines et caprines ayant déclaré au minimum 1 avortement 18 Rapport annuel 2020
Surveillance & Diagnostic Résultats Tableau 1 : Sérum de la mère - Taux de réaction Tableau 2 : Fœtus et placenta - Taux de réaction Résultats du diagnostic INDIRECT positive Résultats du diagnostic DIRECT positive ANALYSES Méthode 2019 2020 ANALYSES Méthode 2019 2020 Brucella spp. SAW 0% 0% Autres germes 2 Culture 30,19 % 13,14 % Chlamydophila Listeria monocytogenes Culture 1,89 % 2,86 % ELISA Ac 4,44 % 2,90 % abortus Salmonella sp. Culture 0% 2,86 % Coxiella burnetii ELISA Ac 2,22 % 16,39 % Campylobacter fetus spp. Culture 0% 0,71 % Neospora caninum ELISA Ac 11,11 %1 29,09 %1 Brucella spp. Culture 0% 0% 1 : En 2020, pour la première fois 2 avortons testés de mères positives sont séropositifs. Mycose Culture 0% 0% 2 : Autres bactéries isolées en culture pure dont le potentiel abortif est à démontrer (E. coli, Streptococcus, Staphylococcus, etc). Les contaminations et les envahissements Coxiella burnetii PCR 17,65 % 14,49 % par Proteus ne sont pas comptabilisés. Chlamydophila abortus PCR 0% 5,07 % Toxoplasma gondii PCR 9,43 % 2,24 % BTV-8 PCR 0% 0% Schmallenberg virus PCR 3,77 % 2,24 % Tendances Selon la littérature, les 4 causes d’avortement les plus fré- quentes en élevage de petits ruminants sont la fièvre Q (Coxiella burnetii), la chlamydophilose (Chlamydophila abor- En 2020, la fièvre Q a été identifiée tus), la campylobactériose (Campylobacter fetus spp.) et la comme responsable de la majorité toxoplasmose (Toxoplasma gondii). des avortements élucidés à l’ARSIA. Ces 4 maladies abortives sont présentes en Wallonie et au vu des résultats récoltés ces 10 dernières années sont res- ponsables de la majorité des avortements élucidés, mis à part la campylobactériose qui reste anecdotique. Fièvre Q : Première cause d’avortement ( graphiques 2 Toxoplasmose : Cause majeure d’avortement, cette et 3, page suivante ), cette maladie bactérienne peut passer maladie parasitaire où le chat joue le rôle d’hôte définitif inaperçue. et de disséminateur du matériel contaminant ( à l’instar du chien pour la néosporose ) est également une maladie Signes cliniques évocateurs : métrites, retours en chaleur, transmissible à l’homme ! Le principal signe clinique est infécondité, avortements ou flambées d’avortements à tout l’avortement et les conséquences varient selon le stade stade de la gestation, naissance d’agneaux / chevreaux de gestation. A son début, il s’agit davantage de mortalité faibles ou mort-nés. Maladie transmissible à l’homme, prin- embryonnaire, au milieu d’avortements ( momifications fré- cipalement par voie respiratoire ! quentes ) et enfin, de quelques avortements tardifs ou de naissances d’animaux faibles mais viables. Chlamydiose : Cause majeure d’avortement, il s’agit par ailleurs du principal signe clinique de la maladie. Cette Néosporose : 2 cas d’avortements confirmés chez infection bactérienne peut provoquer des vagues sévères des brebis en 2020. Cette observation est interpellante dans d’avortements pendant 1 ou 2 ans. L’infection se stabilise l’espèce ovine car jusqu’à présent seules des mères séro- ensuite avec des taux d’avortement de l’ordre de 5 à 10 % positives avaient été observées. Cette année, deux fœtus et revêt un caractère cyclique avec de nouveaux épisodes avortés présentaient des anticorps, preuve de l’infection in d’avortements, principalement sur les primipares. utero de ces derniers. Rapport annuel 2020 19
Surveillance & Diagnostic Les graphiques 2 et 3 illustrent la répartition des résultats d’analyses en élevages ovins et caprins. Etudier séparé- 44 % des avortements en OCC ment les résultats permet de restituer aux éleveurs des in- ont été résolus, en laissant donc formations utiles et adaptées. 56 % sans cause identifiée. Que Si un biais d’évaluation repose sur le faible nombre d’exploi- conclure de résultats entièrement tations participantes et de petite taille de surcroît, il sera négatifs ? Ils ont un sens aussi, possible d’affiner la vision globale lorsque les résultats de redirigeant le diagnostic vers des plusieurs années auront été collectés. causes non infectieuses telles que les toxémies de gestation, les intoxications alimentaires, les accidents, … Graphique 2 : Avortements ovins en 2020 - Répartition des résultats (n=67) Graphique 3 : Avortements caprins en 2020 - Répartition des résultats (n=24) 20 Rapport annuel 2020
Surveillance & Diagnostic Parasitologie T. Petitjean, DMV Abonnement au suivi parasitaire des petits et grands ruminants Malgré les nombreux outils chimiothérapeutiques dispo- Ensuite, le développement de résistances aux anthelmin- nibles sur le marché et largement utilisés, le parasitisme thiques est avéré et problématique chez les petits rumi- reste omniprésent. Hypobiose, survie hivernale au sein nants. Les échecs thérapeutiques réels sont de plus en plus d’un lombric ou d’un mollusque, parasitisme d’une fourmi décrits chez les bovins. Le risque de devoir faire face à une pour détourner de ses fonctions mo- population parasitaire adaptable ou in- trices et en favoriser l’ingestion par l’es- pèce-cible, développement d’une larve Il ne s’agit plus d’éradiquer sensible aux molécules disponibles est dans un œuf à coque épaisse, extrême- les vers, mais d’apprendre croissant. Enfin, last but not least, sou- lignons la toxicité de nombreux vermi- ment résistant dans le milieu extérieur, à composer avec eux. fuges vis-à-vis de la faune, notamment résistances aux anthelminthiques, …. des insectes coprophages. Ceux-ci, en Les stratégies de conservation et de reproduction des para- dégradant les bouses, éliminent les éléments parasitaires sites ne manquent pas. et jouent un rôle d’éboueur des pâtures. Leur disparition pro- Paradoxalement, une vermifugation systématique et non voque l’accumulation des matières fécales ( donc des gîtes raisonnée peut aggraver le risque parasitaire. Pour com- à parasites ), mais également une mortalité en cascade de mencer, en limitant la durée de contact avec le parasite, elle la faune insectivore ( oiseaux, chauves-souris ) dont le rôle empêche la mise en place de l’immunité. Celle-ci exerce environnemental n’est plus à démontrer. deux fonctions pratiques : elle protège l’animal et empêche la reproduction du parasite en son sein. Les animaux cor- Force est donc de constater que, malgré les efforts four- rectement immunisés resteront donc en bonne santé et nis par les acteurs de terrain, la donne a changé. La théorie nettoieront l’environnement des parasites, tout en en limi- d’hier n’est plus celle d’aujourd’hui : Il ne s’agit plus d’éradi- tant la reproduction et donc la ré-infestation de la pâture. quer les vers, mais d’apprendre à composer avec eux. L’ampleur du défi n’a d’égal que la compétence et l’adaptabilité de nos vétérinaires praticiens Pour les aider, l’ARSIA a élaboré un plan de suivi parasitaire annuel. Ce programme complet d’analyses permet d’objectiver : • Le risque parasitaire selon la sensibilité de l’animal et la période de l’année • La pertinence du programme parasitaire de l’exploitation ( bovins ) • La présence de résistances aux anthelminthiques ( ovins et caprins ) Et donc d’améliorer la conduite d’élevage sur base d’éléments factuels. Plan d’échantillonnage chez les bovins Les genres potentiellement pathogènes sont surveillés : strongles digestifs et respiratoires, douves et parasites Strongles: de stabulation. De plus, grâce au dosage du pepsinogène recyclage parasitaire 10 sérologie Fasciola sérique chez les 1ères années de pâture, les intervenants 5 primipares + 5 multipares peuvent juger de l’efficacité de la gestion parasitaire de 10 McMaster au sel l’année écoulée ( suffisance ou insuffisance de contact 5 bovins de 1ère année de pâture et 5 pepsinogènes sériques pour développer une immunité ) ainsi que du risque de 5 bovins de 2ème année de pâture Bovins de 1ère année de pâture levée d’hypobiose ( réveil des larves en dormance dans 10 flottaisons au zinc 5 Baermann la caillette, vers le mois de février ). 5 bovins de 1ère année de pâture 5 primipares + 5 multipares Jan Fév Mars Avr Mai Juin Juillet Août Sept Oct Nov Déc Parasitisme d’intérieur: Sortie Rentrée Coccides - Trichures - Strongyloïdes 5 McMaster au sel + Strongles: 10 McMaster au sel Pic d’infestation 5 bovins de 1ère année de pâture et flottaison au zinc pastoral 5 bovins de 2ème année de pâture Veaux Douves 5 Baermann Hypobiose 5 bovins de 1ère année de pâture Efficacité du plan Rapport annuel 2020 21
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