ANNUEL www.arsia.be - Arsia asbl

La page est créée Louis Verdier
 
CONTINUER À LIRE
ANNUEL www.arsia.be - Arsia asbl
RAPPORT
ANNUEL
  2020
  www.arsia.be
ANNUEL www.arsia.be - Arsia asbl
Sommaire
       03                            04                           06                               07                           08
   AVANT-PROPOS               FAITS MARQUANTS               2020 EN CHIFFRES               VISION STRATÉGIQUE            AIDES FINANCIÈRES

  SURVEILLANCE & DIAGNOSTIC                        ACCOMPAGNEMENT SANITAIRE                                       BACK OFFICE
                                                        & PLANS DE LUTTE
   AUTOPSIE                                                                                         62 DISPATCHING
11 Bilan général                                 35 IBR
                                                                                                    63 RESSOURCES HUMAINES
12 Chez les porcins                              40 BVD
13 Chez les volailles                                                                               64 COMPTA - BUDGET - FINANCES
                                                 42 PARATUBERCULOSE
   AVORTEMENT                                                                                       65 QUALITÉ
14 Chez les bovins                               43 NÉOSPOROSE
                                                                                                    66 COMMUNICATION
18 Chez les petits ruminants                     44 SECTEUR OCC
                                                                                                    67 CONVENTIONS & PARTENARIATS
21 PARASITOLOGIE
   DIAGNOSTIC
24 Salmonella abortusovis                                        SERVICES                                           ANNEXES
   chez les petits ruminants                     47 TRAÇABILITÉ                                     69 ACTIVITÉS DE LABORATOIRES
25 Séquençage haut-débit et
   diagnostic des pathologies                    51 AUTOCONTRÔLE                                    73 IDENTIFICATION &
   respiratoires du bovin                                                                              ENREGISTREMENT
                                                 53 SWEATER
   SURVEILLANCE                                                                                     76 ARSIA INFOS
                                                 54 DÉMATÉRIALISATION
27 U. Diversum & E. Rhusiopathiae ?
                                                                                                    77 PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
28 La besnoitiose en Wallonie                    55 BEEF MOVE
29 La fasciolose                                                                                    78 ORGANE D’ADMINISTRATION
                                                 56 CERISE
   ANTIBIORÉSISTANCE                                                                                79 ORGANIGRAMME
                                                 58 CERISE MOBILE
30 Évolution des Enterobacteriaceae
                                                 59 BIGAME
   TOXICOLOGIE
32 L’érable sycomore                             60 BIOTHÈQUE

                             ARSIA asbl - Allée des Artisans 2 - 5590 Ciney - Tel : 083 23 05 15 - www.arsia.be
     Éditeur responsable : Jean Detiffe - Rédaction : Sylvie Lecomte ( Plum’Veto ) - Design : ARSIA - Photos : ARSIA / Didier Vanmollekot
ANNUEL www.arsia.be - Arsia asbl
Avant-propos
Année particulière que cette année 2020 ! Non seulement il          Pour y arriver, nous nous investissons pleinement avec la
s’agissait de ma dernière année de mandat mais surtout la           DGZ dont nous partageons les mêmes valeurs, conclues
pandémie de COVID-19 a imposé à l’ensemble de notre per-            par un accord de collaboration début 2020. Tous les projets
sonnel une réorganisation totale du travail pour assurer la         sanitaires importants, tous les investissements relatifs au
continuité des services dont dépendent nos élevages, tout           laboratoire, à la traçabilité et à l’encadrement sanitaire sont
en respectant les règles sanitaires imposées par cette crise.       désormais discutés de concert pour trouver les solutions
Port du masque obligatoire, distanciation physique, télétra-        les plus avantageuses au profit de nos membres.
vail, écartements et quarantaines ont rythmé nos activités,
                                                                    Nous avons également entrepris la même démarche avec
sans oublier la réquisition de nos machines PCR pour assu-
                                                                    Elévéo au travers de notre société commune AWARDE la-
rer les diagnostics COVID-19 au plus fort de la crise. Mais nos
                                                                    quelle travaille à la mutualisation de nos efforts en matière
différentes tâches, considérées « essentielles » - au même
                                                                    de collecte et gestion de données, de collecte d’échantillons
titre que les activités de productions agricoles - ont été as-
                                                                    à des fins génétiques ou de protection des données sani-
sumées sans que personne à l’extérieur ne s’aperçoive de
                                                                    taires et zootechniques, vis à vis de tiers sollicitant leur ex-
la difficulté de la tâche. Je tiens donc à remercier vivement
                                                                    ploitation.
chacun de nos collaborateurs pour tous les efforts consen-
tis afin que la gestion globale de notre ASBL reste normale.        Regardant quelque peu en arrière, au terme de ce dernier
                                                                    mandat, je ne peux que me montrer satisfait et fier de ce
Indépendamment de cette situation particulièrement ingrate
                                                                    qui a été réalisé, depuis la naissance de l’ARSIA en 2003.
et inconfortable, nos efforts ont été focalisés sur la réalisa-
                                                                    Nous aurions pu nous contenter d’assurer les missions qui
tion des objectifs définis voici près de cinq ans, visant à an-
                                                                    nous étaient confiées par les autorités … Ce n’était pas dans
crer définitivement notre association dans le XXIème siècle.
                                                                    l’ADN des acteurs de cette fusion historique. Notre vision
Je pense aux nombreux développements informatiques et               était claire et n’a pas dévié depuis notre création : mettre
aux protocoles d’échanges d’informations qui vont faciliter         tout en œuvre pour améliorer le niveau sanitaire de notre
le travail de leurs utilisateurs en évitant de multiplier les de-   cheptel, tant collectivement qu’ individuellement. Jusqu’ici
voirs administratifs. Je pense au déploiement des nouvelles         nous avons plutôt bien réussi dans notre entreprise et rien
techniques de laboratoire. Je pense aux actions sanitaires          ne s’oppose à ce que cela continue.
mises en place pour renforcer la santé de nos élevages.
                                                                    Les projets foisonnent… et je sais que la dynamique pré-
Une meilleure biosécurité, c’est contrôler les mouvements
                                                                    sente au sein de notre Association la mènera encore vers
de nos animaux. C’est maintenir notre vigilance vis-à-vis
                                                                    de très beaux jours.
de la résistance contre les antibiotiques. C’est sécuriser le
statut sanitaire de nos troupeaux. C’est in fine garantir aux       Merci à toutes et tous,
consommateurs des aliments sains provenant d’animaux                                                                Jean DETIFFE,
en pleine santé, garantir le commerce animal et contri-                                                       Président de l’ARSIA
buer à la rentabilité des exploitations. Les actualités tant
humaines qu’animales nous ont montré maintes fois que
la situation sanitaire reste un équilibre précaire à surveil-
ler sans cesse ; sans une maitrise rigoureuse, les consé-
quences peuvent être désastreuses tant pour l’éleveuse ou
l’éleveur qu’à l’échelle collective.

                              Élever, produire, soigner ...
                              l’Arsia vous accompagne !
                                                                                                            Rapport annuel 2020        3
ANNUEL www.arsia.be - Arsia asbl
Rapport annuel

    Faits marquants
    en 2020

     • Participation de l’ARSIA aux 4    • 3 journées « Portes ouvertes à   • La Covid-19 s’invite: L’ARSIA
       formations « Comment réduire        l’ARSIA » : 200 participants       adapte son organisation
       l’utilisation des antibiotiques                                        pour assurer la continuité
                                         • Accord historique : signature
       dans votre élevage ? »                                                 du service. Mise en place du
                                           officielle de la convention
                                                                              télétravail
     • Laboratoire : développement         entre l’ARSIA et la DGZ
       et production d’autovaccins
                                         • Une enquête rétroactive de
       en vitesse de croisière
                                           l’ARSIA décèle 2 nouveaux
                                           foyers de besnoitiose en
                                           Wallonie

             Janvier                             Février                              Mars

                 Avril                               Mai                                Juin

     • Commissions sanitaires             • IBR : un troupeau s’infecte     • Publication du Rapport
       interrompues pour cause              en achetant des animaux           « antibiogrammes »
       de Covid-19
                                          • Un cas de maladie de la vache   • IBR : les animaux I2 sont
     • Réquisition de notre matériel        folle notifié en Irlande          interdits de marché
       d’analyse PCR pour assurer le
       diagnostic de la Covid-19
     • Lancement des abonnements
       parasitaires pour grands et
       petits ruminants

4   Rapport annuel 2020
ANNUEL www.arsia.be - Arsia asbl
Rapport annuel

• Assemblée générale en
  présentielle, avec mesures de
  sécurité Covid-19 : 50 participants
• Edition du rapport d’activités 2019
• Laboratoire : lancement du
  « forfait urgent », pour les
  analyses urgentes

         Juillet                                 Août                   Septembre

      Octobre                             Novembre                        Décembre

• Lancement de la plateforme            • Grippe aviaire hautement     • Un foyer de tuberculose
  PADDOC pour les ovins et                pathogène en Belgique :        déclaré en province de Liège
  caprins, par AWARDE, groupe             confinement général des
  d’intérêt économique créé par           élevages professionnels et
  Elevéo et l’ARSIA                       hobbyistes
• Nouvelles actions ARSIA+ :
  autovaccins, lutte IBR,
  mycoplasmose bovine

                                                                                  Rapport annuel 2020   5
ANNUEL www.arsia.be - Arsia asbl
Rapport annuel

    L’année 2020
    en chiffres ...

         148 àpersonnes
               votre service                                  74 760             441 780
                                                           connexions à              boucles
                  2/3                1/3                   www.arsia.be             délivrées

                             Troupeaux actifs
                9 608                       7 673                       1 562    1 111 716
                3 177                       556                         1 706        bovins

                                      7 460                  1 283
        10 428                        éleveurs bovins        vétérinaires            18,2
         utilisateurs                 1 482                  203                    cadavres
                                                                                 ramassés / jour
          à la date du 27 mai 2021
                                      éleveurs OCC           négociants

    1 693 096                              6 867                        3 455        266
        analyses                           autopsies            antibiogrammes   troupeaux inscrits
                                                                                 aux plans de lutte

6   Rapport annuel 2020
ANNUEL www.arsia.be - Arsia asbl
Rapport annuel

Vision stratégique
En tant qu’organisme de défense sanitaire, nous cherchons              Pour cela , nous souhaitons leur offrir, des solutions ...
à aider nos membres éleveurs et leurs conseillers
                                                                       •      ... qui simplifieront la gestion sanitaire et
vétérinaires ...
                                                                              administrative de leurs troupeaux au travers
•    ... à résoudre leurs problèmes sanitaires ;                              du développement d’applications informatiques
                                                                              innovantes, pratiques, conviviales ;
•    ... à améliorer le niveau sanitaire des exploitations
     wallonnes ;                                                       •      ... qui ouvriront les possibilités de diagnostic des
                                                                              maladies animales en utilisant les technologies les
•    ... à répondre aux attentes des autorités et de la
                                                                              plus modernes ;
     société en matière d’identification et de santé
     animales.                                                         •      ... qui aideront les éleveurs, leurs vétérinaires et les
                                                                              autorités à maintenir / améliorer le niveau sanitaire
                                                                              de leur cheptel en proposant des stratégies de lutte/
                                                                              surveillance basées sur le développement de nouveaux
                                                                              outils de gestion et d’analyse des risques.

Les axes clés
                                          Un système                                                          Un organisme
                                                                               Un laboratoire
        Une nouvelle                   de traçabilité du                                                        de défense
                                                                                moderne en                 sanitaire reconnu et
     organisation plus                   bétail orienté
                                                                                 évolution                  renforcé et investi
    efficace et orientée              vers les nouvelles
                                                                            permanente dans                  dans l’utilisation
    vers la satisfaction                technologies et
                                                                           l’intérêt collectif et             raisonnée des
          du client                    la simplification
                                                                                 individuel                intrants chimiques
                                        administrative

Les 3 piliers
                                                       Traçabilité
                                                         Enregistrement
                                                         & Identification
                                                     Suivi des mouvements
                                                          ISO 9001:2015

                Epidémio &                                                                       Labo &
               Encadrement                                                                     Diagnostic
                Vétérinaire                                                                  Collecte échantillons
             Encadrement administratif                                                            & cadavres
                    et scientifique                                                                Autopsies
              Certification/labellisation                                                          Analyses
                    Plans de lutte                                                           Nouvelles techniques
                                                                                                ISO 17025:2017

                                                                                                                Rapport annuel 2020      7
ANNUEL www.arsia.be - Arsia asbl
Rapport annuel

    Aides financières
    En 2020, en plus des ristournes directes sur les analyses
    et les actions sanitaires pour un montant de 4 625 083 €,                     Subsides et Interventions                                   Montant
    l’ARSIA est intervenue financièrement à hauteur de 436 415€                   Convention AFSCA                                          1 967 696,00 €
    dans le cadre de l’identification électronique et le remplace-                Subside RW – CONVENTION - CADRE                           1 560 688,00 €
    ment des boucles perdues.
                                                                                  Subside RW – SWEATER                                         73 725,00 €
    Les autorités officielles ( AFSCA, Région Wallonne, Provinces,
    Fonds de Santé, … ) sont intervenues pour une somme glo-                      Subside RW – PROJET ALTIBIO - FORUM - ROAD-
                                                                                                                                               28 462,00 €
                                                                                  STEP - SAMA
    bale équivalente à 5 446 292 € ( tableau ci-contre ). Ces aides
    sont reversées intégralement aux éleveurs s’il s’agit d’ana-                  Intervention Province de Hainaut                             50 969,00 €
    lyses ou si elles financent le fonctionnement de certains                     Intervention Fonds de Santé – IBR                            136 617,00 €
    services.                                                                     Subside Fonds de Santé –
                                                                                                                                              266 000,00 €
    Le Fonds de Santé intervient directement sur le prix de cer-                  Vétérinaire + gestion statuts IBR
    taines analyses ( IBR, BVD, paratuberculose, … ) mais finance                 Intervention Fonds de Santé – GPS                           102 279,00 €
    également la gestion administrative et technique des plans
                                                                                  Subside Fonds de Santé – GPS                                 92 620,00 €
    de lutte dont en particulier les statuts IBR, BVD et paratuber-
    culose, totalement pris en charge.                                            Intervention Fonds de Santé – Paratuberculose                 56 813,00 €

    L’AFSCA intervient également pour une part non négligeable                    Subside Fonds de Santé –
                                                                                                                                               92 453,00 €
                                                                                  Vétérinaire Paratuberculose
    dans les frais de fonctionnement des services chargés de
    la surveillance sanitaire ( interventions sur le tarif des au-                Intervention Fonds de Santé – BVD                           748 280,00 €
    topsies et analyses bactériologiques, des ramassages de                       Subside Fonds de Santé –
                                                                                                                                               110 000,00 €
    cadavre pour autopsie, … ).                                                   Vétérinaire + fonction. BVD
    La Région Wallonne contribue également à l’allégement de                      Intervention Fonds de Santé – Kit Achat                       55 141,00 €
    la facture sanitaire des éleveurs en finançant une partie des                 Intervention + subside Fonds de Santé - Porcs                 36 271,00 €
    analyses réalisées par l’ARSIA dans le cadre de l’éradication
                                                                                  Subside Fonds de Santé – application IT                       50 413,00 €
    et la prévention des maladies inscrites sur les listes de l’OIE
    et pour lesquelles les interventions ne sont pas considérées                  Recherche contractuelle / SPF Santé Publique                  17 865,00 €
    comme des aides directes d’état.                                              TOTAL                                                    5 446 292,00 €

      Graphique 1 : Évolution des coûts moyens facturés par animal présent                       Graphique 2 : Part payée directement par l’éleveur
                                                                                                           dans les recettes de l’ARSIA

    Le premier graphique illustre l'évolution des coûts moyens                   Le second graphique illustre la part payée directement par
    facturés par animal depuis 10 ans avec la part relative à                    l’éleveur dans les recettes de l’ARSIA. Celle-ci a fortement
    l'identification et à la santé animale. Les chiffres assez élo-              évolué au fil des années. En effet, la part prise en charge par
    quents montrent que le coût payé par les éleveurs dans le                    les organismes publics ou privés est passée progressive-
    cadre de la traçabilité est resté stable malgré la mise en                   ment de 10 % à près de 50 % en 2020.
    place de la boucle à biopsie et de la boucle électronique. En                Cela est à mettre en perspective avec l’offre grandissante
    2009, le coût par animal s'élevait à 2,84 € alors qu’il ne dé-               des services proposés dont beaucoup ne sont pas facturés
    passe pas 2,30 € en 2020. En santé animale, le coût a évolué                 ( GPS, Laboweb, fiche Spot, Altibiotique, … ).
    selon les différents services mis en place, les aides reçues
    des différentes institutions et les ristournes consenties par
    l’Organe d’Administration de l’ARSIA, passant de 1,81 € à 4,55 €
    par animal. En 2020, le coût total était redescendu à moins de
    7 € par animal après avoir « flirté » avec les 8 € pendant 2 ans.

8     Rapport annuel 2020
ANNUEL www.arsia.be - Arsia asbl
Rapport annuel 2020   9
ANNUEL www.arsia.be - Arsia asbl
Surveillance & Diagnostic

     Autopsie                                                                                                                          T. Petitjean, DMV

     Bilan général des autopsies en 2020
     L’ARSIA assure les autopsies d’espèces diverses. Par ordre                  frange des syndromes polysystémiques et digestifs (res-
     décroissant de fréquence : bovins, ovins, lagomorphes, oi-                  pectivement 82 % et 65 % des cas ).
     seaux, porcins, caprins, chiens et chats ( graphique 1 ). Les
     grands ruminants restent donc, d’année en année, très lar-                  Suivent ensuite les jeunes bovins entre 1 et 6 mois (27 % des
     gement majoritaires avec plus de 60 % des animaux autop-                    cadavres bovins), chez qui plus de la moitié des maladies
     siés, avortons exclus.                                                      du système respiratoire profond sont observées. Moins de
                                                                                 10 % des autopsies concernent la classe 6 à 18 mois ; enfin,
     L’autopsie des fœtus (bovins presqu’exclusivement, plus ra-
                                                                                 les gros bovins ( > 18 mois ) représentent 13 % des autopsies
     rement petits ruminants et porcs) constitue une part stable
                                                                                 chez cette espèce. Des tendances similaires sont observées
     et non négligeable de l’activité, puisque représentant les 2/3
     du travail fourni (64 % depuis 2017) (graphique 2).                         d’année en année depuis 2017.

     Parmi les cadavres bovins confiés ( n=1519, mortalité                       Les examens complémentaires, en combinaison avec l’ana-
     post-natum), les veaux d’âge inférieur à 1 mois dominent                    lyse des lésions macroscopiques et microscopiques, ont
     ceux des autres classes d’âge (> 50 % des cadavres bovins).                 permis de déterminer l’origine précise de la mort dans 80 %
     Bien entendu, par leur sensibilité accrue aux agents de diar-               des cas, tous syndromes confondus. Dans près de 9 pneu-
     rhée et de septicémie, ils représentent de ce fait une large                monies sur 10, l’agent infectieux causal a pu être déterminé.

                    Souris      Souris
                      1%          1%

                                         Autres                                          L’origine précise de la mort a été
                                          5%
                                                                                         déterminée dans 80 % des cas,
                                                                                         tous syndromes confondus.
                  Poule
                   7%

                  Ovins                               Bovins
                   7%                                  64%

                      Lapins
                        9%

                          Graphique 1 : Autopsies réalisées en                        Graphique 2 : Comparaison annuelle du nombre total d’autopsies -
                           2020 par espèces, hors avortons                                          Rapport avortons/non avortons bovins

     4 pathologies particulières
     Outre les étiologies infectieuses classiques, responsables des principaux syndromes, l’autopsie révèle quelquefois des patho-
     logies tout à fait particulières.

     Fièvre catarrhale maligne
     Juillet 2020 : cas suspecté sur une génisse Blonde d’Aqui-                  la chambre antérieure de l’œil ( photo 3 ), œdème pulmonaire
     taine d’1 an, qui avait présenté un syndrome de coryza                      sévère, hypertrophie des nœuds lymphatiques…
     gangréneux accompagné de forte fièvre. Les lésions né-                      Herpesvirus ovin dont la prévalence approcherait les 100 %
     cropsiques étaient également très évocatrices : excoria-                    chez cette espèce et dont la dissémination est maximale
     tions sévères des muqueuses ( photos 1 & 2 ), dévoilant une                 en période d’agnelage, la suspicion de fièvre catarrhale ma-
     sous-muqueuse très enflammée ; dépôts blanchâtres dans                      ligne reste pourtant délicate : l’éloignement géographique

10     Rapport annuel 2020
Surveillance & Diagnostic

des moutons et la longue période d’incubation (parfois 2 mois – ici en juillet donc agnelages rares) tendent à faire oublier le
lien étroit avec les petits ruminants. Le bovin étant un cul-de-sac épidémiologique, la maladie est le plus souvent sporadique,
touchant un seul animal dans le cheptel. La PCR a permis de confirmer le diagnostic.

     Photo 1 : FCO - lésions des muqueuses           Photo 2 : FCO - lésions sur la langue            Photo 3 : FCO - Dépots dans l’oeil

Intoxication aux glands
Rarement suspectée, il s’agit d’une intoxication grave, potentiellement mortelle. Le
cas relate la découverte d’une génisse d’1 an morte dans un pré, après une période
de grands vents. L’animal était en bon état général, l’habitus extérieur ne révélait
rien d’anormal. L’odeur urineuse était marquée. Le système digestif entier conte-
nait un liquide noirâtre nauséabond. Le rumen était rempli de glands. L’histologie
des reins révèle une dégénérescence et une nécrose tubulaires aiguës multifocales,
évocatrices d’intoxication. La dose toxique de glands n’est pas connue. Elle résulte
d’une accumulation ruménale consécutive à une ingestion immodérée ( addiction )
de glands, dont les métabolites sont néphrotoxiques ; les tempêtes automnales,
favorisant la chute des glands dans les pâtures, doivent éveiller les soupçons lors
de diarrhées noires incoercibles ou de mortalités inexpliquées en pâture.
                                                                                                      Photo 4 : Glands dans le rumen

Deux cas d’anémie parasitaire mortelle
Soit un veau de 9 mois, 85 kg, cachectique et déshydraté                   ture ! L’ingestion de l’œuf embryonné suffit au développe-
suite à une diarrhée intense. Les muqueuses pâles évoquent                 ment d’un adulte fécond dans le tube digestif.
une anémie sévère. Le caecum et le colon étaient remplis de
vers ronds, blancs, de 3-4 cm de long, à l’extrémité longue                Pourtant bien visibles mais passant facilement inaperçus,
et effilée : les trichures. Hématophages, plutôt rares et peu              certains parasites externes tuent également : ce fut l’issue
pathogènes chez le bovin, leur accumulation peut provoquer                 malheureuse de ce veau de 3 mois qui, après changement
la mort suite à l’ensemble des troubles relevés plus haut :                de loge, a présenté avant de mourir abattement et anorexie.
cachexie, anémie, diarrhée. Aussi appelée « maladie du bé-                 Les muqueuses étaient blanc nacre ; en y regardant de près,
ton », il s’agit d’une parasitose d’intérieur. L’œuf est particu-          le pelage était criblé de petites lignes noires d’un demi-cm
lièrement résistant dans le milieu et sa survie y est longue               de long à peine : des linognathus. Ces poux piqueurs héma-
( 3 à 4 ans ! ) De plus, la larve L1 développée dans l’œuf est             tophages peuvent rendre un bovin exsangue si l’infestation
directement infestante : pas de mortalité larvaire à espérer               est importante. Cette étiologie est rarement suspectée,
comme observé chez les stades libres des strongles de pâ-                  notre examen général boudant souvent l’habitus externe !

L’histologie au secours de l’autopsie
Une dyspnée, apparaissant brutalement chez un jeune veau, évoque souvent une
pneumonie bactérienne ou virale. Chez ces 2 bovins d’à peine 2-3 jours, la réalité
était différente. L’un présentait une consolidation grise sévère des lobes antérieurs
( « hépatisation » ( photo 5 ) et nécrose ), l’autre un poumon relativement ferme
mais assez flasque (atélectasie). Les cultures bactériennes se sont avérées peu
concluantes, et pour cause : chez le 1er, l’histologie pulmonaire a mis en évidence
une aspiration de méconium, probablement consécutive à un vêlage tardif ou dif-
ficile. Le 2ème veau, aux poumons non développés, arborait une thyroïde de plus de
30 g : l’histologie a confirmé le goitre hypothyroïdien, responsable du Syndrome de
Détresse Respiratoire Aigu observé.
                                                         Photo 5 : Hépatisation sévère des lobes
                                                                    pulmonaires crânio-ventraux
                                                                                                                    Rapport annuel 2020    11
Surveillance & Diagnostic

                      Autopsie ches les porcins                                                                                               F. Smeets, DMV

     Le nombre de dossiers et d’autopsies de porcs maintient                                   Graphique 1 : Nombre de dossiers et d’autopsies de porcs
                                                                                                                  entre 2016 et 2020
     son augmentation en 2020 ( graphique 1 ). La vigilance ac-
     crue, mise en place après la détection de la peste porcine
     africaine ( PPA ) chez le sanglier dans notre pays en sep-
     tembre 2018, en est certainement une des raisons.
     Dans près de ¾ des dossiers, l’exclusion de la PPA a été de-
     mandée par le praticien; soit seule, dans ¼ des cas, ou en
     association avec d’autres analyses complémentaires pour
     le restant.

                      Maintien de l’augmentation des
                      autopsies de porcs en 2020.

     Principales causes de mortalité observées
     Les 3 principaux syndromes rencontrés, toutes catégories d’animaux confondues, sont respiratoire, septicémique et digestif.
                                        2% 2% 1%
                                                 2%
                                                                                     niae, Pasteurella multocida, Streptococcus suis, E. coli.
       Divers                                                                        Dans un dossier, il a été mis en évidence, par PCR, la pré-
       Respiratoire
       Septicémie                                                                    sence, en association, de Mycoplasma hyopneumoniae et
       Digestif
       Cachexie
                               23 %                                                  du PCV2. Dans un autre dossier, associant des lésions res-
       Avortement
       Uro-génital
                                                 17 %
                                                                                     piratoires et digestives, le PCV2 a été détecté, en pool, de
       Polysérosite                                                                  manière fortement positive ( 1,61x1014 copies/gr ).
                                                                                   • Le syndrome digestif : E. coli principalement et Salmonel-
                              27 %               26 %
                                                                                     la spp.
                                                                                   • Le syndrome septicémique et de polysérosite : Strepto-
                                                                                     coccus suis, bactérie la plus isolée.
                                                                                   Porcs de plus de 35 kg ( 40 dossiers, 44 autopsies ),
                                                                                   catégorie la plus représentée. Syndromes majoritaires, par
          Graphique 2 : Répartition des principaux syndromes rencontrés            ordre d’importance :
          chez les porcs autopsiés en 2020, toutes catégories confondues
                                                                                   • Le syndrome respiratoire : Actinobacillus pleuropneumo-
                                                                                     niae, Streptococcus suis, Pasteurella multocida, Truepe-
     Par catégorie                                                                   rella pyogenes, Bordetella bronchiseptica.
     Avortons ( 3 dossiers, moyenne de 3 fœtus/dossier )                           • Le syndrome septicémique ( et post-septicémique in-
     La bactériologie sur le liquide d’estomac n’a pas mis de                        cluant l’endocardite ) et de polysérosite : Streptococcus
     germes en évidence. Pour la recherche virale demandée                           suis, bactérie la plus isolée.
     ( PCR SDRP, circovirus porcin de type 2 ( PCV2 ) et parvovirus ),             • Le syndrome digestif : E. coli principalement. Salmonella
     seul le virus PCV2 a été mis en évidence (2/2).                                 typhimurium et Lawsonia intracellularis, qui a été mise en
                                                                                     évidence par immunohistochimie ( IHC ).
     Porcelets sous la mère ( 9 dossiers, 20 autopsies ).
     2 causes principales de mortalité :                                           Pour ces 2 dernières catégories notamment, la recherche
                                                                                   par PCR d’agents infectieux impliqués dans le syndrome
     • Septicémie : E. coli, Streptococcus spp et Staphylococcus
                                                                                   respiratoire tels les virus du SDRP, PCV2, influenza et de
       aureus.
                                                                                   certaines bactéries tel Mycoplasma hyopneumoniae, est
     • Entérite : E. coli hémolytique ou non.                                      rarement demandée par le praticien. Le coût des analyses
     Porcelets sevrés et porcs jusqu’à 35 kg ( 25 dos-                             complémentaires est souvent invoqué malgré la possibilité
     siers, 38 autopsies ) Syndromes majoritaires, par ordre                       de pooling des organes afin de limiter les frais.
     d’importance :                                                                Porcs reproducteurs ( 7 dossiers, 7 autopsies ). Les
     • Le syndrome respiratoire : Actinobacillus pleuropneumo-                     causes de mortalité sont diverses sans syndrome dominant.

12     Rapport annuel 2020
Surveillance & Diagnostic

        Autopsie ches les volailles                                                                                               Chr. Quinet, DMV

Si notre activité liée au secteur avicole wallon est relative-             Graphique1 : Nombre annuel d’autopsies de volailles et autres oiseaux,
ment mineure contrairement au nord du pays du fait de la                                   réalisées à l’ARSIA entre 2015 et 2020.
configuration de cet élevage en Belgique, l’épidémio-surveil-
lance des maladies des volailles reposant sur les autopsies
n’en demeure pas moins essentielle.
L’année 2020 a été édifiante selon deux constats. Premiè-
rement, le nombre de cas soumis à l’ARSIA pour autopsie
a fortement augmenté. En effet, 167 autopsies ou groupes
d’autopsies ont été réalisées versus en moyenne 122/an
pour les années 2015 à 2019 (cfr graphique 1). Certes, les
chiffres restent modestes mais correspondent toutefois à
une hausse de 37 %. 12 espèces de volatiles sont ainsi pas-
sées entre les mains de nos pathologistes, avec une prépon-
dérance élevée des gallinacés, suivis par les pigeons.                         2015        2016        2017        2018         2019      2020

Deuxièmement, émerge un nombre significatif de diagnos-
tics de maladies inscrites sur la liste de l’OIE, en l’occurrence
la maladie de Newcastle et l’influenza aviaire, confirmées à
5 reprises. La maladie de Newcastle a été isolée chez des
pigeons sauvages et des poulets, l’influenza l’a été dans un
lot de pintades et 2 élevages hobbyistes de poules. Pour l’un
d’entre eux, il s’agissait d’une souche H5 hautement patho-
                                                                                      Plus que jamais, la surveillance
gène. Les volailles autopsiées provenaient des provinces de                           des maladies aviaires sur base
Hainaut, Liège, Namur.                                                                de l’ autopsie est nécessaire,
Cette surveillance ne doit certes pas être limitée aux éle-
                                                                                      comme en attestent les
vages professionnels mais bien inclure les élevages hob-                              résultats de l’année 2020.
byistes, afin d’adopter les mesures préventives nécessaires
et éviter de la sorte au maximum les contaminations croi-
sées entre ces filières très différentes.

                                                                                                                          Rapport annuel 2020        13
Surveillance & Diagnostic

     Avortements                                                                                                                    L. Delooz, DMV

                Bovins
     Le Protocole Avortement a pour vocation initiale la surveil-         L’ARSIA améliore cet outil exceptionnel chaque année et
     lance de la brucellose, ce que permet le nombre annuel éle-          l’adapte au contexte épidémiologique, investissement
     vé et nécessaire de déclarations d’avortements. Par ailleurs,        constant mais nécessaire pour optimiser la surveillance
     depuis 11 ans d’existence, selon le principe « gagnant-ga-           des maladies émergentes, à risque de réémergence ou en-
     gnant », il apporte aux éleveurs et vétérinaires un diagnostic       démiques.
     étendu des avortements via une approche systématisée de
     leurs multiples causes infectieuses.

     Évolution et tendances des déclarations d’avortements
     Dès le début, la gratuité du ramassage des fœtus ainsi que             Graphique 1 : Évolution des déclarations d’avortements de 2010 à 2020
     la réémergence de cas de brucellose ont stimulé le nombre
     de déclarations d’avortements, la majorité des éleveurs en
     ayant réalisé l’importance. Le nombre nécessaire à la sur-
     veillance de la brucellose, soit 4 000, a été atteint dès 2012
     ( graphique 1 ). Au-delà de l’obligation légale et d’une dé-
     marche citoyenne protégeant les autres élevages de ma-
     ladies potentiellement contagieuses, il s’agit aussi de faire
     preuve de bon sens en identifiant les maladies abortives
     présentes dans son troupeau.
     Depuis le début, nous observons que les dossiers avorte-
     ment ont été, toujours plus souvent, accompagnés du fœ-
     tus, indispensable pour un diagnostic efficace. Le suivi du
     taux de déclarations et de la proportion de troupeaux décla-
     rant au moins 1 avortement reflètent la situation réelle en          Graphique 2 : Evolution annuelle du taux d’avortements déclarés à l’ARSIA
     évitant le biais d’interprétation des chiffres absolus. Les 3
     dernières années, 78 % des exploitations1 ont déclaré a mi-
     nima un avortement vs seulement 45 % des exploitations
     en 2010.
     Pour maintenir voire augmenter le succès de ce programme,
     l’ARSIA prend à sa charge un nombre important d’analyses
     complémentaires au panel d’analyses officielles, afin d’op-
     timaliser le diagnostic étiologique.
     Au regard des données fournies par Sanitel ( nombre de
     naissances ) et des avortements analysés, il apparait que
     le taux de déclarations annuel en 2020 ( graphique 2 ) reste
     stable malgré une diminution en début d’année compen-
     sée par une augmentation dès septembre, conséquence
     probable d’un courrier envoyé à une série d’éleveurs en
     août ; il leur rappelait la diminution du nombre de leurs dé-
     clarations, compromettant le maintien du statut indemne
     de brucellose de notre pays.

                                    En 11 années, le taux de participation a positivement
                                    évolué, preuve de l’attrait du Protocole Avortement
                                    actuel et de l’implication des éleveurs vis à vis de la
                                    problématique des avortements.

14     Rapport annuel 2020
Surveillance & Diagnostic

Prévalences apparentes
Les tableaux I, II et III rassemblent les résultats d’analyses, comparés entre 2020 et 2019.

      Tableau I : Résultats des diagnostics        Taux de réaction                                  Tableau III : Résultats des diagnostics                                Taux de réaction
                    INDIRECTS                          positive                                                       DIRECTS                                                   positive
ANALYSES                                Méthode       2019         2020                           ANALYSES                                          Méthode                    2019        2020
Brucella abortus                        Elisa Ac    0,00 %       0,00 %                           Brucella abortus                                      Culture               0,00 %               0,00 %
Brucella abortus                           SAW      0,63 %         0,68 %                         Salmonella spp.                                       Culture               2,32 %              2,09 %
Leptospira hardjo                       Elisa Ac    1,63 %            1,23 %                      Listeria
                                                                                                                                                        Culture                1,94 %               1,71 %
                                                                                                  monocytogenes
Neospora caninum                        Elisa Ac    16,17 %        17,13 %
                                                                                                  Campylobacter spp.                                    Culture               0,00 %               0,07 %
Coxiella burnetii                       Elisa Ac   16,45 %        16,61 %
                                                                                                  Aeromonas hydrophila                                  Culture               0,00 %               0,02 %
                                                                                                  Bacillus licheniformis                                Culture                1,31 %              0,99 %
   Tableau II : Résultats des diagnostics          Taux de réaction                               Yersinia
                                                                                                                                                        Culture               0,02 %               0,04 %
                   DIRECTS                             positive                                   pseudsotuberculosis
ANALYSES                                Méthode       2019        2020                            Autres bactéries 8                                    Culture             34,01  %             33,87 %
BoHV-4     2
                                            PCR     4,78 %            4,89 %                      Mycoses                                               Culture                1,08 %               1,12 %
Anaplasma
                                            PCR     4,21 %            5,10 %
phagocytophilum 3                                                                            1.
                                                                                                  Exploitations où sont observés au moins 33             6.
                                                                                                                                                              Cette analyse n’est réalisée que sur les
                                                                                                  naissances chaque année au cours des 3                      fœtus présentant, à l’autopsie, des anomalies
BVD                                     Elisa Ag    0,10 %            0,05 %                      dernières années                                            congénitales pouvant être attribuées au virus
                                                                                             2.
                                                                                                  Analyse réalisée à l’ARSIA sur les fœtus prove-             de Schmallenberg.
Coxiella burnetii                           PCR     7,56 %            7,39 %                      nant d’exploitations avec des avortements en           7.
                                                                                                                                                              Cette analyse n’est réalisée que sur les fœtus
                                                                                                  série non élucidés.                                         présentant, à l’autopsie, des anomalies congé-
Leptospira spp. 4                           PCR    26,76 %        50,00 %                    3.
                                                                                                  Analyse réalisée uniquement d’avril à décembre.             nitales pouvant être attribuées au virus de la
                                                                                                                                                              FCO.
                                                                                             4.
                                                                                                  Analyse réalisée à l’ARSIA sur les fœtus pré-
Neospora caninum 5                      Elisa Ac    9,25 %        10,02 %                         sentant de l’ictère ou tout autre signe pouvant
                                                                                                                                                         8.
                                                                                                                                                              Agents bactériens isolés en culture pure et
                                                                                                  être attribué à la leptospirose.                            abondante mais dont le caractère abortif n’est
Virus Schmallenberg 6                       PCR    15,75 %        16,78 %                    5.
                                                                                                  Il s’agit de méthodes de diagnostic direct et
                                                                                                                                                              pas formellement établi.
                                                                                                  indirect démontrant l’infection du fœtus. Le
BLT   7
                                            PCR     0,00 %            0,00 %                      taux de réaction positive tient compte des
                                                                                                  mères séronégatives.

                                              avortements
                                               Le diagnostic des

                                                                                                                                    Parfois en pool avec d’autres
                                                                                                                                    prélèvements
                                                                                                            Placenta
           Sérum de la
          mère avortée                                                                                                              A      • Bactériologie Brucella

               • Brucella Ac
      A        • Neospora caninum Ac

               • Coxiella burnetii Ac
      B        • Leptospira hardjo Ac                                                                                                      • Bactériologie Brucella
                                                                                                            Avorton                        • Culture bactério générale
                                                                                                                                    A        ( Salmonella sp, Listeria sp, ... )
                                                                                                                                           • BVD
                                                                                                                                           • SBV (si suspicion)
                                                                                                                                           • FCO (si suspicion)
                                                                                                                                                                                          En période
                                                                                                                                           •   Leptospira (si suspicion)                  d’activité
                                                                                                                                           •   Anaplasma phagocytophilum                  vectorielle
                                                                                                                                    C      •   Neospora caninum (buvard)
                                                              Lait de tank                                                                 •   Coxiella burnetii
                                                                                                                                           •   Iode (si suspicion)
                                                                                                                                           •   Sélénium (si suspicion)

                                                                                                                                                    Lors d’une série d’avortements
                                                                                                                                                    non-élucidés :
                                                                                                                                        Nouveau     •   BoHV-4
                                                                  •   BVD Ac                                                                        •   Métagénomique bactérienne
                                                                  •   Coxiella burnetti Ac
                                                              D   •   Leptospira hardjo Ac
                                                                                                                                                    •
                                                                                                                                                    •
                                                                                                                                                        Neospora caninum (buvard)
                                                                                                                                                        Ureaplasma diversum
                                                                  •   Salmonella sp. Ac

                                                                                                                                                                      Rapport annuel 2020                      15
Surveillance & Diagnostic

     Tendances et Interprétations
     Brucellose
     Depuis les foyers datant de 2012, plus aucun autre à l’horizon. Toutefois, l’origine des derniers foyers n’ayant pu être établie,
     la prudence et une surveillance de qualité restent indispensables.

     Salmonellose
     La bactérie responsable du genre Salmonella se décline
     en de nombreux sérotypes, la plupart pathogènes pour de
     nombreuses espèces (dont l’homme) et parmi lesquels le
     sérovar Salmonella Dublin, le plus fréquemment ( 99 % des
     cas ) identifié lors d’avortements bovins. Malgré un taux éle-
     vé d’avortons infectés ( 2,09 % ), 2020 est la troisième année
     consécutive où il diminue progressivement ( graphique 3 ).
     Maladie saisonnière, sa fréquence augmente en été et en
     automne en particulier si la météo est chaude et humide.
     En 2020, chaude elle le fut mais pas du tout humide, ce qui
     pourrait expliquer cette diminution. La question de la cycli-
     cité se pose et nous espérons que l’avenir nous apportera
     des réponses afin de mieux gérer les éventuelles années                             Graphique 3 : Evolution annuelle du taux d’avortons
     « à risque ».                                                                                  infectés par la salmonellose

     Ehrlichiose bovine
     Maladie due à Anaplasma phagocytophilum et transmise
     presque exclusivement via des morsures de tiques, elle est
     donc liée à leur activité ; les avortements surviennent entre
     le printemps et l’automne. Les signes cliniques principaux
     sont une hyperthermie élevée avec des signes respiratoires
     et des avortements, d’où son autre nom de « fièvre des
     pâturages ». Diagnostiquée efficacement depuis 2014, elle
     est mise en évidence dans 4,31 % des cas, ce qui fait d’elle
     une des principales causes d’avortements au pâturage.
     Selon le climat plus ou moins propice aux tiques, le taux
     annuel d’avortements varie de manière importante, avec
     fréquemment 2 pics observables ( graphique 4 ), en juin et                      Graphique 4 : Évolution mensuelle du taux d’avortements
     septembre.                                                                       dus à Anaplasma phagocytophilum entre 2014 et 2020

     Fièvre Q
     La fièvre Q est une maladie due à une bactérie très résis-                              Graphique 5 : Evolution mensuelle
     tante dans le milieu extérieur, Coxiella burnetii. Les princi-                         du taux d’avortements dus Coxiella
                                                                                                burnetii entre 2010 et 2020
     paux signes cliniques sont les métrites, l’infertilité et les
     avortements dont elle représente une cause majeure avec
     7,39 % d’avortons infectés en 2020. Depuis que l’ARSIA en
     réalise le diagnostic ( 2015 ) et qu’elle a inclus le placenta via
     un pool d’organes ( 2017 ), le nombre de dossiers positifs a
     fortement augmenté ( graphique 5 ). Cependant, au vu de la
     séroprévalence annuelle, l’augmentation du taux d’animaux
     exposés n’est pas significative, s’agissant plutôt d’une amé-
     lioration du diagnostic avec une meilleure détection des
     troupeaux exposés à la fièvre Q.

     Ureaplasma diversum
     La métagénomique bactérienne nous a amené à intégrer Ureaplasma diversum au panel d’analyses, lorsque le troupeau subit
     une série d’avortements non élucidés. Sur les premiers échantillons, Ureaplasma a été identifiée sur 7 % des fœtus. Il semble
     donc que la maladie ait une prévalence importante dans cette situation, ce que la poursuite de notre étude va tenter d’élucider.

16     Rapport annuel 2020
Surveillance & Diagnostic

Cause de l’avortement
Pour déterminer avec certitude la cause de l’avortement, il                Dans le cas des « bactéries opportunistes », un agent pa-
faut idéalement attester de la présence :                                  thogène a été isolé mais des analyses complémentaires ou
• de l’agent pathogène dont le caractère abortif est                       des études scientifiques ( telles que des infections expéri-
  prouvé                                                                   mentales provoquant l’avortement ) devraient être menées
• de lésions ou d’anomalies congénitales incompatibles                     afin de déterminer de manière certaine son implication. Il
  avec la vie extra-utérine                                                s’agit essentiellement d’agents bactériens dont le rôle abor-
                                                                           tif n’est pas formellement reconnu ( Trueperella pyogenes,
En 2020, il a été possible de mettre en évidence un patho-
                                                                           E.coli, Pseudomonas aeruginosa, Serratia marcescens, ... ).
gène susceptible d’être à l’origine de l’avortement ou des
anomalies identifiées lors de l’autopsie dans 61,42 % des                  En 2020, la mise en place de la métagénomique bactérienne
cas ( graphique 6 ). Cependant, la cause de l’avortement a                 a révolutionné le diagnostic bactériologique et de nom-
pu être déterminée de manière certaine pour seulement                      breuses « nouvelles » bactéries ont été identifiées.
29,39 % des cas.

                                                                            Graphique 6 : Répartition simplifiée
                                                                            des étiologies d’avortements mises
                                                                                    en évidence en 2020

En 2020, le taux de diagnostic ( graphique 7 ) est excellent
et comparable à celui des années précédentes. Nous obser-
vons également une diminution de l’impact du virus de la
BVD, grâce au plan de lutte visant à l’éradiquer (voir page 40).

                                     Graphique 7 : Évolution du taux de
                                 diagnostic étiologique sur tous les cas
                                                d’avortements analysés

Conclusions
Depuis 2010, un nombre croissant de diagnostics sont posés                 La grande majorité de vétérinaires praticiens et d’éleveurs,
et des moyens de lutte proposés pour bon nombre d’agents                   soucieux de participer activement à la surveillance de la
pathogènes. La diminution de l’impact de certains d’entre                  brucellose et des maladies abortives, l’utilisent activement.
eux est une bonne nouvelle pour la santé du cheptel bovin.                 L’ARSIA privilégie leur encadrement dans le souci premier de
Le Protocole Avortement est un excellent outil au service des              l’amélioration de la santé animale.
éleveurs souhaitant améliorer les performances de reproduc-
tion de leur élevage, particulièrement en cas d’avortements                    Le ramassage des cadavres, l’autopsie et
en série.                                                                      les tests sont entièrement pris en charge
                                                                               par l’AFSCA et par l’ARSIA.
                                                                                                                   Rapport annuel 2020     17
Surveillance & Diagnostic

                                                                                                                              L. Delooz, DMV

                Petits ruminants
     En 10 ans, le Protocole avortement dédié aux petits rumi-
     nants, tant ses analyses, ses services que ses résultats,
                                                                                       Le nombre absolu d’avortements
     ont été avantageusement optimalisés. L’ARSIA a pleinement                         déclarés est le seul indicateur
     atteint son objectif d’amélioration du diagnostic, la création                    actuellement disponible pour évaluer les
     d’une demande d’analyses spécifiques ayant par ailleurs                           déclarations des avortements ovins et
     permis la simplification du recours au Protocole.                                 caprins. Il reste extrêmement faible au
     Le nombre de déclarations d’avortement augmente progres-                          regard du cheptel présent en Wallonie.
     sivement ( graphique 1 ) tout en restant faible au vu de la po-
     pulation générale; en 2020, 43 éleveurs de moutons et 16 éle-                     L’aide au diagnostic des pathologies
     veurs de chèvres répartis sur toute la Wallonie ont déclaré au                    abortives est pourtant nécessaire
     minimum 1 avortement. Le pic observé en 2012 correspond à                         pour ces élevages en plein
     l’épisode de maladie de Schmallenberg. Seule une petite pro-
     portion d’éleveurs ont eu recours, plus d’une fois, au Protocole                  développement et s’impose eu égard
     avortement. La carte 1 représente tous les troupeaux ayant                        au caractère zoonotique de certaines
     déclaré au minimum un avortement.                                                 de ces maladies.

     En 2020, 94 avortements ont été déclarés
     Si la gratuité et l’efficacité du service de ramassage de ca-
     davres d’animaux motivent certains éleveurs hobbyistes à
                                                                                       Déclarer les avortements dès le 1er cas
     y faire appel, les frais vétérinaires à charge et les mesures                     permet un diagnostic plus rapide.
     légales éventuelles en cas de diagnostic de certaines mala-                       Plus le nombre d’avortons analysés est
     dies restent un frein majeur pour bien d’autres.                                  important, meilleures sont la précision et
                                                                                       la fiabilité du diagnostic.
            Graphique 1 : Evolution du nombre absolu de déclarations
                    d’avortement chez les ovins et caprins

                                                                                                             Carte 1 : Répartition wallonne
                                                                                                             des exploitations ovines et
                                                                                                             caprines ayant déclaré au
                                                                                                             minimum 1 avortement

18     Rapport annuel 2020
Surveillance & Diagnostic

Résultats
 Tableau 1 : Sérum de la mère -                             Taux de réaction                            Tableau 2 : Fœtus et placenta -                  Taux de réaction
 Résultats du diagnostic INDIRECT                               positive                                Résultats du diagnostic DIRECT                       positive
 ANALYSES                               Méthode                2019       2020                          ANALYSES                           Méthode          2019        2020
 Brucella spp.                                 SAW                0%                0%                  Autres germes 2                     Culture      30,19 %      13,14 %
 Chlamydophila                                                                                          Listeria monocytogenes              Culture       1,89 %      2,86 %
                                        ELISA Ac              4,44 %           2,90 %
 abortus                                                                                                Salmonella sp.                      Culture          0%       2,86 %
 Coxiella burnetii                      ELISA Ac              2,22 %          16,39 %
                                                                                                        Campylobacter fetus spp.            Culture          0%        0,71 %
 Neospora caninum                       ELISA Ac              11,11 %1       29,09 %1
                                                                                                        Brucella spp.                       Culture          0%          0%

1 : En 2020, pour la première fois 2 avortons testés de mères positives sont séropositifs.
                                                                                                        Mycose                              Culture          0%          0%
2 : Autres bactéries isolées en culture pure dont le potentiel abortif est à démontrer
    (E. coli, Streptococcus, Staphylococcus, etc). Les contaminations et les envahissements
                                                                                                        Coxiella burnetii                      PCR        17,65 %    14,49 %
    par Proteus ne sont pas comptabilisés.
                                                                                                        Chlamydophila abortus                  PCR           0%       5,07 %
                                                                                                        Toxoplasma gondii                      PCR        9,43 %      2,24 %
                                                                                                        BTV-8                                  PCR           0%          0%
                                                                                                        Schmallenberg virus                    PCR        3,77 %      2,24 %

Tendances
Selon la littérature, les 4 causes d’avortement les plus fré-
quentes en élevage de petits ruminants sont la fièvre Q
(Coxiella burnetii), la chlamydophilose (Chlamydophila abor-                                                                En 2020, la fièvre Q a été identifiée
tus), la campylobactériose (Campylobacter fetus spp.) et la                                                                 comme responsable de la majorité
toxoplasmose (Toxoplasma gondii).
                                                                                                                            des avortements élucidés à l’ARSIA.
Ces 4 maladies abortives sont présentes en Wallonie et au
vu des résultats récoltés ces 10 dernières années sont res-
ponsables de la majorité des avortements élucidés, mis à
part la campylobactériose qui reste anecdotique.

Fièvre Q : Première cause d’avortement ( graphiques 2                                                        Toxoplasmose :         Cause majeure d’avortement, cette
et 3, page suivante ), cette maladie bactérienne peut passer                                                 maladie parasitaire où le chat joue le rôle d’hôte définitif
inaperçue.                                                                                                   et de disséminateur du matériel contaminant ( à l’instar
                                                                                                             du chien pour la néosporose ) est également une maladie
Signes cliniques évocateurs : métrites, retours en chaleur,                                                  transmissible à l’homme ! Le principal signe clinique est
infécondité, avortements ou flambées d’avortements à tout                                                    l’avortement et les conséquences varient selon le stade
stade de la gestation, naissance d’agneaux / chevreaux                                                       de gestation. A son début, il s’agit davantage de mortalité
faibles ou mort-nés. Maladie transmissible à l’homme, prin-                                                  embryonnaire, au milieu d’avortements ( momifications fré-
cipalement par voie respiratoire !                                                                           quentes ) et enfin, de quelques avortements tardifs ou de
                                                                                                             naissances d’animaux faibles mais viables.
Chlamydiose :         Cause majeure d’avortement, il s’agit
par ailleurs du principal signe clinique de la maladie. Cette                                                Néosporose :        2 cas d’avortements confirmés chez
infection bactérienne peut provoquer des vagues sévères                                                      des brebis en 2020. Cette observation est interpellante dans
d’avortements pendant 1 ou 2 ans. L’infection se stabilise                                                   l’espèce ovine car jusqu’à présent seules des mères séro-
ensuite avec des taux d’avortement de l’ordre de 5 à 10 %                                                    positives avaient été observées. Cette année, deux fœtus
et revêt un caractère cyclique avec de nouveaux épisodes                                                     avortés présentaient des anticorps, preuve de l’infection in
d’avortements, principalement sur les primipares.                                                            utero de ces derniers.

                                                                                                                                                      Rapport annuel 2020       19
Surveillance & Diagnostic

     Les graphiques 2 et 3 illustrent la répartition des résultats
     d’analyses en élevages ovins et caprins. Etudier séparé-
                                                                                            44 % des avortements en OCC
     ment les résultats permet de restituer aux éleveurs des in-                            ont été résolus, en laissant donc
     formations utiles et adaptées.                                                         56 % sans cause identifiée. Que
     Si un biais d’évaluation repose sur le faible nombre d’exploi-                         conclure de résultats entièrement
     tations participantes et de petite taille de surcroît, il sera                         négatifs ? Ils ont un sens aussi,
     possible d’affiner la vision globale lorsque les résultats de                          redirigeant le diagnostic vers des
     plusieurs années auront été collectés.                                                 causes non infectieuses telles que
                                                                                            les toxémies de gestation,
                                                                                            les intoxications alimentaires,
                                                                                            les accidents, …

                                       Graphique 2 : Avortements ovins en 2020 - Répartition des résultats (n=67)

                                      Graphique 3 : Avortements caprins en 2020 - Répartition des résultats (n=24)

20     Rapport annuel 2020
Surveillance & Diagnostic

Parasitologie                                                                                                                              T. Petitjean, DMV

Abonnement au suivi parasitaire
des petits et grands ruminants
Malgré les nombreux outils chimiothérapeutiques dispo-           Ensuite, le développement de résistances aux anthelmin-
nibles sur le marché et largement utilisés, le parasitisme       thiques est avéré et problématique chez les petits rumi-
reste omniprésent. Hypobiose, survie hivernale au sein           nants. Les échecs thérapeutiques réels sont de plus en plus
d’un lombric ou d’un mollusque, parasitisme d’une fourmi         décrits chez les bovins. Le risque de devoir faire face à une
pour détourner de ses fonctions mo-                                                   population parasitaire adaptable ou in-
trices et en favoriser l’ingestion par l’es-
pèce-cible, développement d’une larve
                                                 Il ne s’agit plus d’éradiquer sensible aux molécules disponibles est
dans un œuf à coque épaisse, extrême-            les vers, mais d’apprendre croissant. Enfin, last but not least, sou-
                                                                                      lignons la toxicité de nombreux vermi-
ment résistant dans le milieu extérieur,         à composer avec eux.                 fuges vis-à-vis de la faune, notamment
résistances aux anthelminthiques, ….
                                                                                      des insectes coprophages. Ceux-ci, en
Les stratégies de conservation et de reproduction des para-
                                                                 dégradant les bouses, éliminent les éléments parasitaires
sites ne manquent pas.
                                                                 et jouent un rôle d’éboueur des pâtures. Leur disparition pro-
Paradoxalement, une vermifugation systématique et non            voque l’accumulation des matières fécales ( donc des gîtes
raisonnée peut aggraver le risque parasitaire. Pour com-         à parasites ), mais également une mortalité en cascade de
mencer, en limitant la durée de contact avec le parasite, elle   la faune insectivore ( oiseaux, chauves-souris ) dont le rôle
empêche la mise en place de l’immunité. Celle-ci exerce          environnemental n’est plus à démontrer.
deux fonctions pratiques : elle protège l’animal et empêche
la reproduction du parasite en son sein. Les animaux cor-        Force est donc de constater que, malgré les efforts four-
rectement immunisés resteront donc en bonne santé et             nis par les acteurs de terrain, la donne a changé. La théorie
nettoieront l’environnement des parasites, tout en en limi-      d’hier n’est plus celle d’aujourd’hui : Il ne s’agit plus d’éradi-
tant la reproduction et donc la ré-infestation de la pâture.     quer les vers, mais d’apprendre à composer avec eux.

L’ampleur du défi n’a d’égal que la compétence et l’adaptabilité de nos vétérinaires praticiens
Pour les aider, l’ARSIA a élaboré un plan de suivi parasitaire annuel. Ce programme complet d’analyses permet d’objectiver :
•     Le risque parasitaire selon la sensibilité de l’animal et la période de l’année
•     La pertinence du programme parasitaire de l’exploitation ( bovins )
•     La présence de résistances aux anthelminthiques ( ovins et caprins )
Et donc d’améliorer la conduite d’élevage sur base d’éléments factuels.

Plan d’échantillonnage chez les bovins
Les genres potentiellement pathogènes sont surveillés :
strongles digestifs et respiratoires, douves et parasites                                                   Strongles:
de stabulation. De plus, grâce au dosage du pepsinogène                                                      recyclage
                                                                                                            parasitaire       10 sérologie Fasciola
sérique chez les 1ères années de pâture, les intervenants
                                                                                                                             5 primipares + 5 multipares
peuvent juger de l’efficacité de la gestion parasitaire de
                                                                          10 McMaster au sel
l’année écoulée ( suffisance ou insuffisance de contact             5 bovins de 1ère année de pâture et                     5 pepsinogènes sériques
pour développer une immunité ) ainsi que du risque de                5 bovins de 2ème année de pâture                       Bovins de 1ère année de pâture
levée d’hypobiose ( réveil des larves en dormance dans                                                                       10 flottaisons au zinc
                                                                               5 Baermann
la caillette, vers le mois de février ).                               5 bovins de 1ère année de pâture                      5 primipares + 5 multipares

               Jan         Fév     Mars       Avr   Mai         Juin         Juillet      Août            Sept        Oct           Nov       Déc

Parasitisme d’intérieur:
                                                    Sortie                                                                             Rentrée
 Coccides - Trichures -
    Strongyloïdes           5 McMaster au sel +                     Strongles:                      10 McMaster au sel
                                                                 Pic d’infestation             5 bovins de 1ère année de pâture et
                             flottaison au zinc                      pastoral                   5 bovins de 2ème année de pâture
                                   Veaux                                                                                                          Douves
                                                                                                           5 Baermann                            Hypobiose
                                                                                                 5 bovins de 1ère année de pâture
                                                                                                                                             Efficacité du plan

                                                                                                                                    Rapport annuel 2020           21
Vous pouvez aussi lire