La Revue Semestrielle de l'Association Paléontologique Française

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La Revue Semestrielle de l’Association Paléontologique Française Numéro spécial : les résumés du Congrès 2018 de l'APF à Bruxelles. J Jo ou ur rn na al l d de e l l' 'A AP PF F n n° °7 74 4 J Ju ui il ll le et t 2 20 01 18 8

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2 Secrétariat : Nathalie Bardet Muséum National d'Histoire Naturelle Département Histoire de la Terre Centre de Recherche sur la Paléobiodiversité et les Paléoenvironnements (CR2P) UMR 7207 du CNRS 8, rue Buffon CP 38 75005 Paris Tel ( + 33) 1 40 79 34 55 FAX : (+33) 1 40 79 35 80 e­mail : bardet@mnhn.fr Cotisation : 1 an : 16 euros, 2 ans : 30 euros, 5 ans : 70 euros Chèque au Nom de : Association Paléontologique Française A adresser à : Laurent Londeix UMR CNRS 5805 EPOC ­ OASU Université de Bordeaux, Site de Talence ­ Bâtiment B18 Allée Geoffroy Saint­Hilaire CS 50023, 33615 PESSAC CEDEX Tel ( + 33) 5 40 00 88 66 FAX : (+33) 5 40 00 33 16 laurent.londeix@u­bordeaux.fr L'Association Paléontologique Française Eric Buffetaut (CNRS) Président Nathalie Bardet (CNRS) Secrétaire Laurent Londeix (Univ.

Bordeaux) Trésorier Le bureau Damien Germain (MNHN) Conseiller Thierry Tortosa (Conseil départemental des Bouches du Rhône) Conseiller Claude Monnet (Univ. Lille) Conseiller

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3 Editorial . 4 Compte­rendu du congrès de l'Association Paléontologique Française 2018 . 5 Excursion post congrès . 7 Prix de l'APF 2018 . 9 Résumés du congrès . 11 Journal de l'APF n°74 ­ SOMMAIRE Couverture : "Montage d'un premier iguanodon". tableau de Léon Becker (1884) exposé au Museum d'Histoire Naturelle de Bruxelles.

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4 Chers membres de l'APF, Ce numéro est consacré principalement au congrès 2018 de l'APF, qui, pour la deuxième fois après Bâle en 2015, s'est tenu hors de France, cette fois dans le cadre prestigieux de l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, où Floréal Solé et Sébastien Olive ont très bien fait les choses pour assurer une réunion d'un haut niveau scientifique dans une ambiance très conviviale ! Outre le compte­rendu du congrès et de l'excursion qui lui a fait suite, vous trouverez aussi l'ensemble des résumés des communications orales et posters qui y ont été présentés.

Je rappelle d'ailleurs que le Journal de l'APF est une publication scientifique en bonne et due forme, avec un numéro d'ISSN, et que les résumés qui y sont publiés peuvent donc très bien être cités comme tels, ils n'appartiennent pas aux limbes de la « littérature grise ». La question du lieu de notre prochaine réunion annuelle a fait l'objet de discussions animées. Il m'est désormais possible d'annoncer que l'édition 2019 se tiendra à Aix­en­Provence du 16 au 19 avril, organisée par Yves Dutour et Thierry Tortosa. La première circulaire donnera tous les détails nécessaires. Je rappelle d'ailleurs que toutes les suggestions sont bienvenues pour les prix Cuvier (qui couronne une carrière de paléontologue) et Saporta (qui récompense l'activité d'un paléontologue non­professionnel, ou d'une association).

J'ajoute qu'une partie du Conseil de l'APF doit être renouvelée, après appel à candidatures, lors du congrès de 2019. La possibilité d'organiser la réunion annuelle de l'APF dans le cadre très plaisant du château du Fontenil, dans l'Orne, évoquée par Michel Laurin, a dû être écartée pour des raisons pratiques, le château ne pouvant accueillir le nombre de personnes qui participent habituellement à notre congrès. Cependant, nous envisageons d'organiser au château une table ronde sur un thème qui est en cours de définition, avec un nombre limité de participants. Des précisions vous seront fournies dès que possible.

Bonne lecture !

Eric Buffetaut Président de l'APF EDITORIAL

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5 Pour la deuxième fois de son histoire récente, le congrès de l’Association Paléontologue Française s’exporte chez nos voisins, et cette fois­ci en Belgique, au très prestigieux Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique à Bruxelles. Situé à deux pas du Parlement européen, l’Institut est une imposante bâtisse devant laquelle pose fièrement le fameux Iguanodon­toboggan très prisé par la jeunesse bruxelloise. C’est donc dans une salle située au beau milieu du musée que se sont tenues les présentations.

Accueillis par nos zélés organisateurs Floréal Solé et Sébastien Olive, la première journée à débuté par les habituelles retrouvailles autour d’un café suivies par les discours d’ouverture de la directrive de l'Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique, Camille Pisani, et du directeur de la direction opérationnelle Terre et Histoire de la Vie du musée, Pascal Godefroit.

Les communications se sont ensuite enchaînées avec des thématiques variées alternant entre découvertes paléontologiques, avancées en systématique, en évolution, avec notamment les présentations de six candidats au prix Depéret, mais également en histoire des sciences et histoire des collections et de spécimens. Jérémy Anquetin a profité de l’opportunité pour promouvoir une plateforme de peer­review communautaire dédiée à la paléontologie, gratuite et ouverte pour la paléontologie : PCI Palaeo. L’après midi s’est poursuivie par la visite libre du musée et une visite guidée des collections par notre hôte Annelise Folie, conservatrice des collections de paléontologie.

Ce fut l’occasion d’admirer les fameux iguanodons de Bernissart dont de nombreux squelettes sont exposés, mais également d’avoir un aperçu des très riches collections du Muséum. La journée s’est achevée par un cocktail de bienvenue avec, cela va sans dire, dégustation de bières belges, et pas qu’une fois!

La deuxième journée de communications dont une partie étaient présentées par les six candidats au prix d’Orbigny nous a transportés dans les mondes fossiles aquatiques du Paléozoïque canadien aux environnements terrestres du Crétacé de Sibérie en passant par le Tertiaire d’Amérique du Sud. La mouture 2018 du congrès de l’APF avait en effet pour thème la paléontologie “out of Europe” qui a été plutôt bien suivi. La journée s’est terminée par le dîner de gala dans la brasserie belge “le Volle Gas” au cachet traditionnel et décorations Congrès de l'Association Paléontologique Française Bruxelles, 4 ­ 6 avril 2018 Ils sont concentrés nos G.

O. Face aux portes des collections, on se sent... petits!

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d’antan. La troisième journée était dédiée à la remise des différents prix de l’APF récompensant une carrière de chercheur (prix Cuvier), le travail d’un paléontologue “non académique” (prix Saporta), la présentation d’une thèse récemment défendue (prix D’Orbigny) et le prix de la meilleur présentation d’étudiant (prix Depéret). Cette année, le jury n’ayant pu se prononcer entre deux candidats, le prix d’Orbigny a été partagé (voir page 10). Les récipiendaires des prix Cuvier et Saporta, cette année Alain Blieck et Marc Bosselaers, ont ensuite eu tout le loisir de nous présenter leurs œuvres et leur passion de la recherche pendant le reste de la matinée.

Les communication scientifiques ont repris l’après­ midi, faisant la part belle aux dinosaures, ammonites, rongeurs, radiolaires, stromatopores, mais également à une tortue dont le nom assurerait la victoire à un joueur de scrabble, si les noms latins étaient autorisés : Nanhsiungchelys wuchingensis. La journée s’est poursuivie par l’événement qui ruine les jeunes papas et les dinos­geek, mais alimente les prix de l’APF : la vente aux enchères des goodies et ouvrages. Une fois encore les participants ont été généreux, et le commissaire­priseur joué par notre président (Eric, pas Emmanuel…) était dans une forme digne de celle des meilleurs représentants d’antiquités “vraies” du souk d’Erfoud.

Enfin, l’assemblée générale a été l’occasion de faire le point des activités de l’association, de l’état du site web et de la page Facebook, de confirmer le lieu de la tenue du prochain congrès APF et de réfléchir à la création de journées “ateliers” scientifiques sous un format devant être discuté.

Les participants se sont enfin quittés en se donnant rendez­vous en 2019 dans le sud, sauf pour ceux qui ont poursuivi l’expérience paléontologique belge avec l’excursion dans la contrée des iguanodons... 6 Au dîner de gala, certains n'ont pas attendu pour trinquer... A votre santé les jeunes !

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7 C’est un large convoi de 43 paléontologues (environ 2/3 des participants au congrès) qui s’est déplacé dans la région de Mons pour l’excursion post­congrès. Nous avons été reçus en matinée au musée de l’iguanodon à Bernissart. La localité d’âge crétacé de Bernissart est célèbre pour les squelettes complets d’iguanodons qu’elle a délivrés mais cette dernière a également fourni de nombreux restes d’actinoptérygiens, de crocodiles, quelques restes d’amphibiens, des insectes, des coprolithes et une flore bien diversifiée.

Tous ces restes ont été trouvés dans une argile lacustre d’âge Barrémien/Aptien. Le musée de l’iguanodon retrace l’histoire des fouilles à Bernissart et présente de nombreux fossiles collectés là­bas. Après un gourmand petit­déjeuner sur place et une visite du musée, une présentation du projet ColdCase a été donnée par Koen Stein (VUB), Jean­Marc Baele (UMons), Pascal Godefroit, Cyrille Prestianni et Sébastien Olive (IRSNB). Ce projet a pour but de comprendre ce qui a mené à l’accumulation massive de tant de squelettes d’iguanodons. S’en est suivi un pique­ nique à la belge, dans le jardin du musée, composé de fromages, charcuterie et bien sûr de bières du pays.

Excursion post congrès 7 avril 2018 Bien reçus au musée de l’iguanodon à Bernissart ! Le musée recèle de trésors… … en tout genre!

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Le premier arrêt de l’après­midi s’est déroulé, ou plutôt aurait dû se dérouler, à l’endroit où se situait l’entrée de la mine de Bernissart (le puit Sainte­Barbe). Malheureusement cette dernière se trouve désormais dans un jardin privatif et notre commémoration n’a pas pu avoir lieu. Nous nous sommes alors rendus aux carrières souterraines de la Malogne, qui ont été exploitées au début du 20ème siècle pour le phosphate. D’âge Maastrichtien, ces carrières exposent encore en place des fossiles de mosasaures, tortues et bélemnites notamment.

Notre visite a été faite par Thierry Mortier de l’ASBL Malogne (UMons) qui a su rendre le voyage souterrain passionnant. Nous nous sommes ensuite rendus à Binche (ville wallonne) où le même Thierry Mortier nous a commenté l’architecture de la ville et a fait avec brio le lien entre paléontologie et architecture. Le retour à Bruxelles a eu lieu en début de soirée et chacun a pu retrouver son hôtel/train/avion respectif. 8 Des paléontologues au centre de la Terre

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Le Prix Cuvier 2018 a été remis à Alain Blieck, Directeur de Recherche émérite au CNRS. Comme il nous l'a rappelé dans une conférence aussi originale que brillante, la carrière scientifique d'Alain est fortement liée à la région lilloise, dont il est originaire, et où il a passé le plus clair de sa vie professionnelle, à l'exception d'un épisode parisien de quelques années, correspondant à la préparation de ses thèses (de 3e cycle, sur les hétérostracés du Dévonien inférieur du Spitsberg, et d'état, une vaste synthèse sur les hétérostracés ptéraspidiformes) au MNHN. Ses travaux sur les vertébrés paléozoïques, dont il est un spécialiste incontesté, l'ont donc mené à s'intéresser à des fossiles provenant de contrées bien éloignées de sa Flandre natale, de l'Arctique canadien à la Russie en passant par le Svalbard.

Outre ses nombreuses publications scientifiques, l'implication d'Alain Blieck dans le milieu associatif, entre autres à la Société géologique du Nord, qu'il a largement contribué à revivifier, mérite aussi d'être signalée. Comme il l'a annoncé au cours du congrès, Alain est actuellement fort impliqué dans la rédaction du "Handbook of Paleoichthyology" consacré aux agnathes. L'APF lui souhaite tous les succès dans cette entreprise et dans ses autres projets de recherche.

9 Remise des prix de l'APF Bruxelles, 6 avril 2018 Alain Blieck reçevant le prix Cuvier Mark Bosselaers reçevant le prix Saporta Le Prix Saporta 2018 a été remis à Mark Bosselaers qui, tout en menant une carrière dans l'enseignement artistique, s'est passionné pour les vertébrés fossiles du Néogène marin de la région d'Anvers, tant en Belgique qu'aux Pays­Bas, où il a collecté des spécimens aussi abondants que précieux – comme il l'a raconté dans une conférence pleine d'humour. Ses recherches l'ont conduit à collaborer avec de nombreux chercheurs, notamment de l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, sur des sujets paléontologiques variés, avec une prédilection pour les cétacés, mais aussi, entre autres, les tortues marines.

De ces travaux ont résulté de nombreuses publications scientifiques, portant sur des sujets très variés et parfois aussi inattendus que d'une grande ingéniosité scientifique, tels qu'une étude sur les balanes fossiles comme indicateurs de la diversité des cétacés méditerranéens au Pléistocène. Mark Bosselaers n'est pas un paléontologue « professionnel » au sens étroit du terme, mais la qualité de ses travaux le place indéniablement parmi les spécialistes éminents de notre discipline.

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Marion Chevrinais et Jean Goedert reçevant le Prix D'Orbigny 10 Kévin Le Verger reçevant le prix Depéret Le prix d'Orbigny (prix de thèse) a été partagé entre Marion Chevrinais (Université de Nantes) pour sa thèse, Perspectives phylo­évo­dévo de la diversification des vertébrés du Paléozoïque, soutenue en 2016 à l'Université du Québec à Rimouski, et Jean Goedert (Université de Bordeaux) pour sa thèse, Ecologie des premiers tétrapodes dévoilée par la composition isotopique du soufre (34S/32S) de leurs squelettes, soutenue en 2017 à l'Université Claude Bernard Lyon 1. Le prix Depéret, décerné à l'auteur de la meilleure présentation par un étudiant, a été décerné à Kévin Le Verger (MNHN), pour sa communication Anatomie crânienne de Cynodictis (Mammalia, Carnivora), le plus ancien Amphicyonidae d’Europe : implications sur la radiation des Caniformia et la paléoécologie au passage de la Grande­ Coupure.

11 Résumés du Congrès Communications orales

La radiation initiale des ammonoïdes au Dévonien : richesse taxonomique et évolution faunique Ninon Allaire1, Claude Monnet1, Catherine Crônier1 1Univ. Lille, CNRS, UMR 8198 – Evo­Eco­Paleo, F­59000 Lille, France (Ninon.Allaire@ed.univ­ lille1.fr ; Claude.Monnet@univ­lille.fr ; Catherine.Cronier@univ­lille.fr) Les ammonoïdes constituent un des groupes fossiles d’invertébrés marins les plus abondants et prolifiques du Phanérozoïque. Ces céphalopodes à coquille externe sont apparus au Dévonien inférieur et se sont diversifiés dans le contexte de la « Révolution dévonienne du Necton » avec un développement de tendances morphologiques macroévolutives particulières.

La fin du Dévonien (crise Frasnien–Famennien) marque aussi le premier goulot d'étranglement majeur de l'histoire évolutive des ammonoïdes. Afin de mieux comprendre l'établissement de cette « Révolution dévonienne du Necton » et les événements d'extinction du Dévonien, le présent travail concerne une analyse des fluctuations de la biodiversité caractérisant l'évolution des ammonoïdes à travers le Dévonien. Dans ce contexte, nous concentrons nos investigations sur la zone représentative des ammonoïdes du Maroc (Afrique du Nord), sur la composante taxonomique de la biodiversité (richesse taxonomique, composition et similitudes), et sur deux échelles temporelles (14 sous­étages et 67 biozones à ammonoïdes).

Ces analyses sont effectuées sur une base de données construite à partir des informations issues des publications les plus récentes (afin d’avoir une taxonomie et une biostratigraphie homogène et la plus précise possible). Ce jeu de données contient 1810 occurrences d'ammonoïdes, réparties de l'Emsien jusqu'au Famennien, et provenant de 64 localités différentes. Ces occurrences comprennent 444 espèces (57 de l'Emsien, 71 de l'Eifélien, 129 du Givétien, 40 du Frasnien et 170 du Famennien), 146 genres, 45 familles et 19 superfamilles. Dans cette étude, la richesse taxonomique et la composition des ammonoïdes du Dévonien marocain sont analysées au niveau du genre et de l'espèce en utilisant des données d'incidence (présence) ; les données d'abondance sont rarement disponibles et n'étaient présentes que dans quelques publications.

L’enregistrement fossile étant imparfait et biaisé, les fluctuations de richesse taxonomique ont été analysées avec différents indices, et différentes méthodes classiques (indices de diversité brute échantillonnée et de diversité normalisée ; taux de Foote ; poly­cohortes) et plus récentes (indice de dé­discrétisation par ré­échantillonnage), et de manière similaire pour l’évolution comparée de la composition taxonomique (distinction taxonomique, faunes évolutives factorielles), afin de corriger au mieux ces imperfections. Les résultats suggèrent d'importantes variations de la richesse taxonomique, associées à des valeurs particulièrement élevées à l'Eifélien supérieur, au Givétien moyen et au Famennien terminal (périodes de biodiversification), et à des valeurs très faibles au début de l'Eifélien inférieur, au Frasnien inférieur et supérieur, et au Famennien inférieur et moyen.

Les analyses réalisées à l'échelle de la biozone révèlent des variations de plus haute résolution, non observable en considérant les variations au niveau de l'étage ou du sous­étage. Des phases de diminution drastique de la richesse taxonomique sont observées entre le Givétien et le Frasnien, et à la fin du Famennien. Des phases de diminution importante sont également constatées au niveau des limites Emsien/ Eifélien et Eifélien/Givétien, et au cours du Famennien terminal. Certaines de ces fluctuations peuvent être reliées à des évènements d'extinction connus au Dévonien, avec notamment une forte influence des variations climatiques et des événements anoxiques.

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Climat et stratégies de reproduction aux hautes latitudes ; le cas des dinosaures du Crétacé Supérieur de Sibérie orientale Romain Amiot1, Lina B. Golovneva2, Pascal Godefroit3, Jean Goedert1, Géraldine Garcia4, Christophe Lécuyer1 1CNRS UMR 5276 LGL­TPE, Université Claude Bernard Lyon 1 and Ecole Normale Supérieure de Lyon, 2, Rue Raphaël Dubois, 69622 Villeurbanne Cedex, France. Romain.amiot@univ­ lyon1.fr; jean.goedert@ens­lyon.fr;christophe.lecuyer@univ­lyon1.fr 2V.L. Komarov Botanical Institute, Russian Academy of Sciences, St. Petersburg, Russia.

Lina_Golovneva@mail.ru 3Directorate ‘Earth and History of Life’, Royal Belgian Institute of Natural Sciences, rue Vautier 29, B­1000 Brussels, Belgium.Pascal.Godefroit@naturalsciences.be 4PALEVOPRIM, UMR CNRS 7262, Université de Poitiers, UFR SFA, Bat. B35, 6 rue M. Brunet, TSA 51106, 86073 Poitiers cedex 9, France.geraldine.garcia@univ­poitiers.fr Les coquilles fossilisées d’œufs de deux oofamilles de dinosaures découvertes dans un gisement Maastrichtien de Sibérie constituent la trace la plus septentrionale de reproduction de ce groupe (Godefroit et al., 2009). La haute paléolatitude du gisement (environ 70 à 75°N) associée à des conditions climatiques aux températures relativement basses estimées par les données paléobotaniques (Golovneva, 2000) posent la question des stratégies de reproduction adoptées par ces dinosaures afin d’incuber leurs oeufs et de prendre soin de leurs nouveaux­ nés.

Afin d’aborder cette question d’un point de vue climatique et saisonnier, nous avons analysé les compositions isotopiques de l’oxygène (δ18Odent) et du carbone (δ13Cdent) de l’apatite de dents de théropodes, d’hadrosaures et d’ankylosaures, d’écailles de lépisostéidés et du carbonate de coquilles d’oeufs (δ18Ooeuf et δ13Coeuf) collectées dans le gisement Maastrichtien de Kakanaut. A l’aide des équations de fractionnement isotopique établies entre l’eau environnementale et le carbonate des coquilles d’oeufs (Lazzerini et al., 2016), ainsi qu’avec le phosphate de l’apatite (Amiot et al., 2017), les compositions isotopiques de l’oxygène des eaux ingérées par les dinosaures de Kakanaut ont été calculées et converties en températures grâce à une relations existantes entre leδ18Oeau moyen des eaux météoriques et la température moyenne de l’air (Lécuyer, 2014).

La température calculée de 9±7°C correspond à celle d’environ 10°C estimée à partir d’une analyse CLAMP (Golovneva, 2000), et correspond aujourd’hui à la température moyenne observée aux moyennes latitudes soumises à des climats tempérés frais. En considérant que la variabilité des valeurs de δ18Odent des dents de dinosaures reflète au moins partiellement la variabilité annuelle du δ18Oeau des eaux de pluies locales ingérées, alors les valeurs très basses de δ18Oeau des eaux calculées à partir du δ18Ooeuf des coquilles d’œuf suggèrent que ces dinosaures ont pondu au début du printemps. Comme pour de nombreuses espèces vivant aujourd’hui aux moyennes et hautes latitudes, cette stratégie de ponte au printemps a permis aux dinosaures de Sibérie de profiter des températures douces et de l’abondance croissante de nourriture pour élever leurs nouveaux­ nés et les faire suffisamment grandir pour supporter l’hiver suivant.

Amiot, R. et al. 2017. Sci. Nat., 104, 47. DOI: 10.1007/s00114­017­1468­2 Godefroit, P. et al. 2009. Naturwissenschaften, 96, 495–501. DOI: 10.1007/s00114­008­0499­0 Golovneva, L.B., 2000. Geol. Soc. Lond. Spec. Publ., 181, 43–54. DOI : 10.1144/GSL.SP.2000.181.01.05 Lazzerini, N. et al. 2016. Sci. Nat., 103, 81. DOI : 10.1007/s00114­016­1404­x Lécuyer, C., 2014. Wiley­ISTE, London 272pp.

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Peer Community in Paleontology (PCI Paleo) : une plateforme de peer­review communautaire, gratuite et ouverte pour la paléontologie Jérémy Anquetin1,2, Guillaume Billet3 1Jurassica Museum, Porrentruy, Suisse (jeremy.anquetin@jurassica.ch) 2Département des Géosciences – Université de Fribourg, Suisse 3CR2P, UMR CNRS 7207 – MNHN, Sorbonne Université (guillaume.billet@mnhn.fr) Le système de publication scientifique devient de plus en plus couteux pour les institutions, pour les utilisateurs et au final pour le contribuable. De profonds changements sont en cours, notamment une poussée en faveur du libre accès (Open Access).

Cependant, la transition progressive d’un modèle où le lecteur paie (journaux avec abonnement) à celui où les auteurs paient (Gold Open Access ou Hybrid) ne réduira certainement pas de manière significative le coût global de la publication scientifique. Par ailleurs, le système actuel manque fondamentalement de transparence et reste relativement lent. Un système de publication plus rapide, plus transparent, complètement ouvert et gratuit est désormais possible grâce aux nouvelles technologies, et ce pour seulement une fraction du coût actuel. Il suffit simplement de mettre en place ces outils pour les sciences biologiques.

Les preprints (manuscrits publiés en ligne avant relecture par les pairs) sont utilisés avec un certain succès depuis plus de 25 ans par les physiciens, les mathématiciens, les astronomes et les informaticiens comme un moyen de diffuser rapidement les résultats de recherche et de permettre une évaluation plus large et immédiate. Les preprints sont apparus plus récemment dans le champ des sciences biologiques et certains critiquent, probablement à juste titre, la diffusion de résultats non­validés par les pairs. Par chance, la validation par les pairs (peer­review) est déjà un système auto­organisé fourni par la communauté et peut très simplement être mise en place pour l’évaluation des preprints.

Le projet Peer Community In (PCI) appelle à la création de communautés de chercheurs pour évaluer les articles disponibles sur les serveurs de preprints. PCI Evolutionary Biology, la première de ces communautés, compte désormais plus de 350 scientifiques qui évaluent des preprints dans leur discipline. Lancée début 2018, Peer Community in Paleontology (PCI Paleo) est portée par un directoire international et par un nombre grandissant de recommandeurs (= éditeurs). Il s’agit de la troisième communauté du projet PCI. Le fonctionnement de PCI Paleo est très similaire à celui d’un journal conventionnel, sauf qu’il est entièrement gratuit et transparent.

Les manuscrits sont postés en ligne sous forme de preprints et soumis à PCI Paleo pour peer­review. Ils sont ensuite évalués par au moins deux rapporteurs extérieurs. Les versions révisées sont alors postées sur le serveur de preprints après chaque série de peer­review. Si le papier est finalement accepté, une version finale est postée sur le serveur et liée de manière permanente à un texte de recommandation (rédigé par l’éditeur) et aux rapports d’évaluation publiés par PCI Paleo. Les articles recommandés par PCI Paleo sont donc évalués (peer­reviewed) de manière transparente, entièrement citables (DOI) et libres d’accès, rendant ainsi caduque leur publication dans des journaux conventionnels (bien que cela reste une possibilité).

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Homologie sérielle, évolution corrélée et signal phylogénétique des molaires chez les placentaires Jérémie Bardin1, Guillaume Billet1 1Sorbonne Universités, CR2P, UMR 7207, CNRS, Université Paris 06, Museum national d'Histoire naturelle, Paris, France. Modéliser la complexité de l’évolution est crucial autant pour la reconstruction phylogénétique que pour tester des scénarios évolutifs. Parmi les problèmes majeurs rencontrés se dresse le cas de l’intégration morphologique et le problème de la prise en compte de la covariation entre les caractères. Par exemple, l’intensité et les conséquences des corrélations entre les structures sujettes à l’homologie sérielle comme les dents ont été largement discuté mais ont rarement été investigué à une large échelle phylogénétique.

Dans ce travail, nous avons analysé les patrons de présence de cingulum sur les molaires (M1, M2, M3) de 274 espèces de placentaires replacés dans leur contexte phylogénétique. Les analyses de co­distributions phylogénétiques tout comme des analyses de maximum de vraisemblance démontrent que l’évolution de la présence de ces structures sur les trois molaires est fortement corrélée. Ces caractères n’étant pas indépendants, ils ne doivent pas être codés séparément dans une analyse phylogénétique. Les analyses de maximum de vraisemblance montrent que ces traits morphologiques ont intérêts à être codé en un seul caractère composite avec des transitions contraintes.

Nos résultats sont, par ailleurs, en accord avec les connaissances actuelles sur les mécanismes moléculaires et développementaux menant à la formation des cingulum. Cet exemple démontre la nécessité de comprendre les patrons d’intégration entre les traits morphologiques.

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Charophytes du Jurassique Supérieur ­ Crétacé Inférieur du nord du bassin d’Aquitaine (SO France) Roch­Alexandre Benoit1,2, Didier Néraudeau1, Carles Martín­Closas2 1Université Rennes 1, Géosciences, CNRS UMR 6118, campus de Beaulieu bât. 15, 263 avenue du général Leclerc, 35042 Rennes cedex, France 2Departament de dinàmica de la Terra i l’Oceà, Facultat de Geologia, Universitat de Barcelona­ UB, Marti i Franques s/n, 08028 Barcelona, Catalonia, Spain Trois assemblages de Charophytes du Jurassique Supérieur ­ Crétacé Inférieur de la partie septentrionale du Bassin d’Aquitaine (SO France) ont été étudiés.

Cela a permis de comprendre les caractéristiques paléoécologiques, paléobiogéographiques et biostratigraphiques de cette région au cours de cette période. En effet, le Crétacé Inférieur n’y est que très peu représenté, en comparaison aux autres bassins européens. La présence de Latochara latitruncata (PECK, 1937) MÄDLER, 1955 au sein des dépôts de Chassiron représente l’occurrence la plus méridionale de ce genre au cours du Jurassique Supérieur. La présence de Nodosoclavator bradleyi (HARRIS, 1939) GRAMBAST, 1969 est notée pour la première fois dans l’assemblage de Chassiron et a permis l’observation des caractéristiques de la couche structurée de l’utricule.

La présence de Porocharacées, en association avec des Clavatoracées et des Characées à Cherves­de­Cognac et à Angeac­Charente est en accord avec l’hypothèse d’environnements saumâtres. L’association de Charophytes avec des spécimens abrasés de taxons marins (i.e. Bryozoaires) dans les couches An2­SA et An1­SA à Angeac­Charente est similaire à certains faciès de deltas estuariens observés dans les bassins ibériques (Espagne). La présence de Clavator grovesii var. grovesii (HARRIS, 1939) MARTÍN­CLOSAS, 1996, associée à C. grovesii var. discordis (SHAIKIN, 1976) MARTÍN­CLOSAS, 1996, et des intermédiaires entre ces deux variétés dans les populations de Cherves­de­Cognac et Angeac­Charente représente un intérêt stratigraphique important.

En effet, ces deux variétés sont comprises dans les biozones (à Charophytes) Maillardii, Incrassatus et Nurrensis, qui représentent l’ensemble du Berriasien. Dans le cas d’Angeac­Charente, ce résultat diffère de l’étude précédente qui lui attribuait un âge hauterivien­barrémien, et considérant le matériel charophytique comme remanié. Ce résultat est également pertinent pour l’étude de l’histoire sédimentaire de la partie septentrionale du bassin d’Aquitaine puisque aucun dépôt compris entre le Berriasien Tardif et l’Albien Tardif ne semble avoir été découvert dans la région jusqu’à présent.

Grambast, L. 1969. La symétrie de l’utricule chez les Clavatoracées et sa signification phylogénétique. Comptes­ Rendus de l’Académie des Sciences [Paris], 269, 878–881.

Harris, T. M. 1939. British Purbeck Charophyta. Londres: British Museum (N. H.), 119p. Mädler, K. 1955. Zur Taxonomie der tertiären Charophyten. Geologisches Jahrbuch, 70, 265–328. Martín­Closas, C. 1996. A phylogenetic system of Clavatoraceae (Charophyta). Review of Palaeobotany and Palynology, 94, 259–293. Peck, R. E. 1937. Morrison Charophyta from Wyoming. Journal of Paleontology, vol. 11, part. 2, 83–90. Shaïkin, I. M. 1976. New data on the biostratigraphy of the Jurassic and Cretaceous of the Fore­Dobrogean Trough. Geol. Zh., 36, T2, 77–86.

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La flore de Bernissart revisitée Candela Blanco1, Lea de Brito2, Cyrille Prestianni2 1Departamento de Biología – Facultad de Ciencias, Universidad Autónoma de Madrid (candela.blanco@uam.es).

2DO Terre et Histoire de la Vie – Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique (debrito.lea@gmail.com, cyrille.prestianni@naturalsciences.be). Le nom de Bernissart est célèbre mondialement pour la découverte entre 1878 et 1881 de nombreux squelettes d’Iguanodon quasiment complets. Dans la foulée, c’est tout un environnement fossile qui a été mis au jour (crocodiles, amphibiens, poissons, plantes,…). Jusqu’à présent ce sont les restes des vertébrés terrestres qui ont reçu la plus grande attention. Poissons et plantes ont quant à eux été relativement peu étudiés. Effectivement, les plantes n’ont fait l’objet que de deux publications.

La première, dès 1878, consiste en une simple liste sans illustration (Dupont, 1878). La seconde, plus détaillée, est abondamment illustrée et correspond à un inventaire « exhaustif » de l’assemblage floristique (Seward, 1900). Ici, nous vous présenterons une révision complète de la flore de Bernissart tant d’un point de vue taxonomique que quantitatif. La flore de Bernissart a été récoltée dans les faciès Wealdien du bassin de Mons au sein de la Formation de Sainte­Barbe. Ces niveaux argileux ont été datés palynologiquement de la fin du Barrémien (Yans et al., 2009). Les restes végétaux sont très fragmentaires et quasi systématiquement carbonisés.

Weichselia reticulata représente approximativement 90% de l’assemblage. Le reste se partage entre 9% de filicophytes et moins de 1 % de plantes autres (gymnospermes . Ce sont donc les fougères qui dominent très largement l’assemblage. Une approche quantitative nous a permis de définir plus finement les relations existant entre ces plantes. L’assemblage révisé est comparé aux résultats obtenus dans les localités voisines de Baudour et Hautrage. Ces dernières apportent des résultats complémentaires permettant une reconstitution plus fine de l’environnement. Une comparaison à plus grande échelle sera aussi proposée avec les localités anglaises, espagnoles (Las Hoyas) et allemandes.

Dupont, E. 1878. Sur la découverte d'ossements d'Iguanodons, de poissons et de végétaux dans la fosse de Sainte­Barbe du charbonage de Bernissart. Bulletin de l'Académie Royale des sciences de Belgique, XLVI, 387. Seward, A.C. 1900. La flore wealdienne de Bernissart. Extraits des mémoires du Musée Royale d'Histoire Naturelle de Belgique, T1, 1–37. Yans, J., Dejax, J., Schnyder, J. 2012. On the age of the Bernissart Iguanodons. In Godefroit, P. (ed.), Bernissart Dinosaurs and Early Cretaceous Terrestrial Ecosystems. Indiana University Press, Indiana, 79–82. 17

Handbook of Paleoichthyology, vol.

IA, « Agnatha » I: H.­P. Schultze ed., Dr Friedrich Pfeil publ., München (FRG) — State­of­the­art Alain Blieck1, Philippe Janvier2, David K. Elliott3, Susan Turner4, Vadim Glinskiy5, Gai Zhikun6 1CNRS UMR 8198 EvoEcoPaléo, c/o ULille, Fac. des Sciences et technologies, F­59655 Villeneuve d’Ascq cedex, France (alain.blieck@univ­lille1.fr) 2MNHN : Dépt. Histoire de la Terre, Centre de Recherche sur la Paléobiodiversité et les Paléoenvironnements (CR2P) : UMR 7207 du CNRS, CP 38, 8 rue Buffon, F­75231 PARIS cedex 05, France (janvier@mnhn.fr) 3Northern Arizona University, Geology Program, SESES, FLAGSTAFF, Arizona 86011­4099, U.S.A (david.elliott@nau.edu) 4Geoscience Consultant, 69 Kilkivan Avenue, KENMORE Qld.

4069, Australia ; paleodeadfish@yahoo.com 5Laboratory of Paleontology, Institute of Earth Sciences, St Petersburg University, 7/9 Universitetskaya nab., 199034 ST PETERSBURG, Rossiyskaya Federatsiya (vadim.glinskiy@gmail.com) 6Academia Sinica: I.V.P.P., Xizhimenwai Dajie 142, P.O. Box 643, BEIJING 100044, People Republic of China (gaizhikun@ivpp.ac.cn) This project was initiated a very long time ago and mostly delayed because of the first author here. Part Thelodonti (« Agnatha » II) was published on 2007 by three of our colleagues, viz., Tiiu Märss (Tallinn, Estonia), Susan Turner (Brisbane, Australia) and Valentina Karatajute­ Talimaa (Vilnius, Lithuania).

Here we present the state­of­art of part « Agnatha » I. The following contents were collectively decided : INTRODUCTION The ‘conovert’ theory The calcichordate theory CHORDATA General Morphology Habitat and adaptations Phylogeny/relationships Systematics: Tunicata (Urochordata), Cephalochordata, The case of Ainiktozoon, The anatolepid problem, Fossils falsely attributed to chordates, Pikaianot a chordate. , Tullimonstrum, Etc.

Biodiversity CRANIATA / VERTEBRATA Cyclostomata: General Morphology, Habitat and adaptations, Stratigraphic and geographic distributions, Biodiversity, Phylogeny/relationships Systematics: Basal craniates / vertebrates, Basal hagfishes, Myxinoidea , Basal lampreys, Petromyzontida, Fossils falsely attributed to craniates /vertebrates « NODE X » Haikouichthys, Metaspriggina, Myllokunmingia EUVERTEBRATA Euphanerops, Jamoytius « NODE XXX » Introduction Anaspida : General Morphology, Histology, Habitat and adaptations, Stratigraphic and geographic distributions, Biodiversity, Phylogeny/relationships, Systematics Thelodonti ­> MÄRSS, TURNER & KARATAJUTE­ TALIMAA 2007 : Handbook vol.

1B Pteraspidomorphi General morphology, Histology, Biomechanics , Habitat and adaptations, Stratigraphic and geographic distributions, Biodiversity, Phylogeny, Systematics Osteostraci General morphology, Histology, Habitat and adaptations, Stratigraphic and geographic distributions, Biodiversity, Phylogeny, Systematics Galeaspida Ibidem Pituriaspida Ibidem PERSPECTIVES REFERENCES AND BIBLIOGRAPHY 18

Diversification initiale des Hystricognathes du Nouveau Monde (Caviomorpha, Rodentia) Candidate au prix d’Orbigny Myriam Boivin1 1UMR 5554 Laboratoire de Paléontologie, Institut des Sciences de l’Évolution de Montpellier – Université de Montpellier, CNRS, IRD, EPHE (myriam.boivin@umontpellier.fr) Les rongeurs caviomorphes constituent l’un des groupes de mammifères placentaires les plus diversifiés d’Amérique du Sud. L’Amazonie, situées dans les basses latitudes des Néotropiques, est l’une des zones géographiques qui de nos jours concentrent le maximum de la richesse spécifique des caviomorphes.

Malgré leur grande diversité actuelle et un riche registre néogène, les premières phases de l’histoire évolutive du groupe n’étaient, il y a peu, documentées que par quelques localités, majoritairement situées aux moyennes et hautes latitudes du continent sud­américain. Des recherches paléontologiques récentes menées en Amazonie péruvienne ont permis la découverte de 18 localités éocènes et oligocènes, livrant de nombreux restes dentaires de caviomorphes inédits. L’étude de ces fossiles a conduit à la description et à la comparaison de 52 taxons distincts, dont 11 nouveaux genres et 17 nouvelles espèces.

Une riche diversité alpha­taxonomique des caviomorphes en Amazonie péruvienne a pu ainsi être mise en évidence à la fin de l’Éocène moyen, mais surtout à l’Oligocène inférieur et à l’Oligocène supérieur. Une analyse cladistique incluant un grand nombre de taxons (107), dont plusieurs nouvelles espèces amazoniennes, a été réalisée. Pour la première fois, les quatre super­familles y ont été représentées avec toutes les familles actuelles, elles­mêmes documentées par plusieurs représentants fossiles et/ou actuels. Une matrice de 513 caractères morphologiques, essentiellement dentaires (432) mais aussi crâniens/mandibulaires (81), a été assemblée.

Les résultats révèlent l’existence de trois phases successives de diversifications majeures au cours du Paléogène et du Miocène inférieur. La radiation initiale du groupe aurait lieu à la fin de l’Éocène moyen, suivie à la transition Éocène–Oligocène par l’émergence des quatre super­familles actuelles.Enfin, ces super­familles se diversifieraient principalement autour de la limite Oligocène–Miocène. Ces phases semblent coïncider avec des évènements climatiques globaux (optimum climatique de la fin de l’Éocène moyen ; refroidissement de la transition Éocène–Oligocène ; refroidissement de la transition Oligocène–Miocène) et des périodes intenses de surrection andine.

Les régions de basses latitudes du continent sud­ américain paraissent être le lieu de la première phase de diversification des caviomorphes. L’origine géographique des super­familles reste quelque peu ambiguë, excepté pour les chinchilloïdes qui émergeraient dans les régions de basses latitudes. 19

Deux nouvelles espèces de périssodactyles (Mammalia) de l’Eocène inférieur du Quesnoy (Oise, France) et leurs relations phylogénétiques Candidate au prix Depéret Constance Bronnert1, Emmanuel Gheerbrant1, Marc Godinot2, Grégoire Métais1 1Sorbonne Université, CNRS, Muséum national d’Histoire naturelle, UMR 7207 Centre de Recherche sur la Paléobiodiversité et les Paléoenvironnements (CR2P), 4 place Jussieu, Tour 56, 5ème étage, F­75005, Paris, France, (constance.bronnert@mnhn.fr, emmanuel.gheerbrant@mnhn.fr, gregoire.metais@mnhn.fr) 2Ecole Pratique des Hautes Etudes, PSL, UMR 7207 CR2P, Paris, France, (marc.godinot@mnhn.fr) Deux nouvelles espèces de périssodactyles ont été découvertes dans les Argiles à lignites du Soissonnais, sur le site du Quesnoy (Oise, France).

Les périssodactyles, qui incluent aujourd’hui les chevaux, les rhinocéros et les tapirs, apparaissent lors de la transition Paléocène­Eocène, probablement en Asie, puis se dispersent rapidement dans tout l’hémisphère Nord. La découverte au Quesnoy de deux nouvelles espèces nous renseigne sur les chemins de dispersion de ce groupe. Le Quesnoy, qui se situe dans le niveau repère MP7, le plus ancien de l’Eocène, est ainsi le plus ancien gisement européen à avoir livré autant de fossiles bien préservés de périssodactyles. Le premier taxon, Pliolophus quesnoyensis, est un hippomorphe connu par du matériel dentaire et postcrânien.

Il est proche des espèces anglaises de l’Eocène inférieur, et partage des caractéristiques avec les équidés nord­ américains. Le second taxon, Chowliia sp. nov., connu par du matériel dentaire, est le plus ancien tapiromorphe d’Europe. Il est apparenté à des espèces asiatiques et indique une dispersion très tôt à l’Eocène des tapiromorphes de l’Asie vers l’Europe, et une disparition très rapide des isectolophidés en Europe. Une analyse phylogénétique préliminaire basée sur des caractères dentaires et un large panel de périssodactyles a été menée. Elle montre pour la première fois la monophylie des Isectolophidae, dont on supposait une relation sur la base de caractères anatomiques mais qui n’avait jamais été retrouvée dans les analyses phylogénétiques.

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