Ombres blanches

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www.ombres-blanches.fr librairie en ligne à toulouse – librairie en ville ombres blanches 136 programme avril/mai 2018

Ombres blanches

l e t t r e s d e h o n g r i e 3 suivez-nous sur la nouvelle application mobile samedi 31 mars/17 h Delphine Panique Le vol nocturne p. 32 mardi 3 avril/18 h Pascal Ory Peuple souverain p. 28 mercredi 4 avril/12 h Rencontre FLE p. 38 mercredi 4 avril/17 h Made in Asia Yôko Ogaw Instantanés d’ambre p. 4 mercredi 4 avril/19 h Jo Güstin Neuf histoires lumineuses p. 15 jeudi 5 avril/18 h László Krasznahorka, Seiobo est descendue sur Terre p.

3 vendredi 6 avril/18 h Fabienne Raphoz Parce que l’oiseau… p. 14 vendredi 6 avril/20h30 Joseph Rouzel La folie douce p. 22 samedi 7 avril/11 h Serge Vallon, Café psy p. 38 samedi 7 avril/13 h 30 48 h de la BD Simon Lamouret, Atelier bande dessinée jeune public p. 34 samedi 7 avril/15 h 30 Made in Asia Wang Huan, Xiafan Sun Moulinier, Règles de savoir- vivre pour la jeunesse p. 4-5 samedi 7 avril/17 h Robert Deutsch, Turing p. 37 samedi 7 avril/17 h Costa-Gavras, Va là où il est impossible d’aller p. 10 samedi 7 avril/19 h 48 h de la BD Adrien Demont et Tak Concert dessiné p. 34 lundi 9 avril/17h30 Classiques au détail p.

38 mardi 10 avril/18 h Régis Jauffret Microfictions 2018 p. 9 mercredi 11 avril/18 h Jean Rouaud, La splendeur escamotée de frère Cheval p. 27 Mensuel de la Librairie Ombres Blanches 50, rue Gambetta, 31000 Toulouse – Tél. : 05 34 45 53 33. E-mail : info@ombres-blanches.fr Internet : http://www.ombres-blanches.fr Mise en pages : Petits Papiers, Toulouse Impression : Groupe reprint – Parchemins du midi samedi 21 avril/17 h Monsieur Iou p. 32 lundi 23 avril/18 h Café éthique p. 39 mercredi 25 avril/16 h 30 Sonia Paoloni Anne qui chante p. 16-17 mercredi 2 mai/12 h Rencontre FLE p. 38 mercredi 2 mai/18 h Christian Seignobos Des mondes oubliés p.

28 jeudi 3 mai/17 h Manuel Benguigui Un tableau neigeux p. 6 jeudi 3 mai/19 h Michel Lambert L’Adaptation p. 12 vendredi 4 mai/18 h Martial Chenut et Laurent Vialleix, Les MECS p. 23 vendredi 4 mai/18 h Café Côté Cour F.-J. Ossang, 9 Doigts p. 11 vendredi 4 mai/20h30 Laurent Dupont Après l’enfance p. 24-25 samedi 5 mai/10 h Atelier Poésie p. 38 samedi 5 mai/16h 30 Geneviève Brisac Le chagrin d’aimer p. 7 samedi 5 mai/18 h Gérard Pirlot La colère de Rimbaud, le chagrin d’Arthur p. 25 lundi 7 mai/17h30 Classiques au détail p. 38 mercredi 9 mai/18 h F. Vouga et J.-P. Nizet, Dieu sans religion p.

18-19 vendredi 11 mai/18 h Franck Bouysse, Glaise p. 17 lundi 14 mai/18 h Philippe Cassard, Claude Debussy p. 18 mardi 15 mai/18 h Anne Nivat, Un continent derrière Poutine? p. 29 mercredi 16 mai/18 h Daniel Welzer-Lang Les nouvelles hétérosexualités p. 28-29 Les rencontres se tiennent dans la salle des débats de la librairie à l’exception de : à l’extérieur voyage rayon jeunesse café littéraire BD mercredi 11 avril/20h30 Jean-Richard Freymann L’inconscient, pour quoi faire? p. 24 jeudi 12 avril/17 h Enzo Smits et Ward Swart Wolven p. 31 jeudi 12 avril/18 h F.-H. Désérable, Tu montreras ma tête au peuple p.

8 vendredi 13 avril/17 h Sophie Rabau Carmen, pour changer p. 19 vendredi 13 avril/18 h Café Côté Cour Vernissage et dédicace Karine Bernadou, Azolia p. 37 vendredi 13 avril/19 h Florence Delay, Haute Couture p. 13 samedi 14 avril/16h30 Brice Torrecillas Ceux qui s’aiment p. 6-7 samedi 14 avril/18 h Jean-Louis Tripp et Capucine Moreau, Extases p. 31 lundi 16 avril/17 h Isy Morgensztern p. 39 mardi 17 avril/18 h Gilbert Laval Le gauchisme flamboyant p. 20 mercredi 18 avril/15 h à 16 h Françoise de Guibert Atelier créatif de catchcahuètes p. 22-23 mercredi 18 avril/18 h Médiathèque José Cabanis Patrick Grainville Falaise des fous p.

5 jeudi 19 avril/18 h Dominique Manotti Racket p. 16 vendredi 20 avril/17 h Sorj Chalandon, Sébastien Gnaedig, Profession du père p. 33 vendredi 20 avril/18 h 30 Yves Gabay Toulouse les années tube p. 21 samedi 21 avril/10 h Atelier Poésie p. 38 Seiobo est descendue sur Terre LÁSZLÓ KRASZNAHORKAI jeudi 5 avril à 18 h Rencontre avec László Krasznahorkai autour de la parution de son roman Seiobo est descendue sur Terre, aux éditions Cambourakis. La rencontre sera animée par Yvette Goldberger-Joselzon et traduite par Daniel Huber.

« C’EST UN VÉRITABLE évé- nement de recevoir ce grand écri- vain hongrois contemporain, dont l’œuvre a reçu les plus hautes distinctions dans son pays et à l’étranger. Il a remporté en 2015 le Man Booker International Prize. “László Krasznahorkai est un écri- vain visionnaire d’une extraordi- naire intensité et dont la tessiture capte le moment présent dans des scènes terrifiantes, étranges, épou- vantablement comiques et sou- vent d’une beauté bouleversante”, a commenté la présidente du jury. Sept de ses livres ont été traduits en français par Joëlle Dufeuilly ou par Marc Martin. Ils sont publiés par les éditions Cambourakis, par Vagabonde et par Gallimard.

Il a lui-même adapté pour le cinéma, avec le grand réalisateur Béla Tarr : Tango de Satan, Les Harmonies Werckmeister (à partir de La Mélancolie de la résistance),le scé- nario du Cheval deTurin, Damna- tion et L’Homme de Londres. « Ses longues phrases tortueuses m’enchantent,et même si son uni- vers apparaît ténébreux, toujours nous faisons l’expérience de cette transcendance synonyme selon Nietzsche de consolation méta- physique », écrivait Imre Kertész lors de la publication de Guerre et guerre.

Création artistique Les 17 histoires qui constituent Seiobo (paru en 2008 en Hon- grie), remarquablement traduites, ont chacune trait à une aventure artistique accompagnée d’une émotion esthétique bouleversante, et traversent en tous sens l’espace et le temps. Avec une écriture somptueuse,à la mesure des chefs d’œuvres dont il nous conte, avec une infinie précision, la genèse et la réalisation périlleuse, László Krasznahorkai nous propulse dans le Japon du XVe siècle auprès des acteurs de Nô, à la découverte du sanctuaire d’Ise, à Florence dans l’Italie du Quattrocento où nous croisons Raphaël et Botticelli, en Espagne avec une enquête minu- tieuse sur la construction l’Alham- bra, en Grèce à la conquête d’une inaccessible Acropole, auprès des charmes irrésistibles de la Vénus de Milo au Louvre, jusque dans les dessous terrifiants de la croûte terrestre en Chine et vers l’univers de paix de la déesse Seiobo descen- due des cieux auprès d’un acteur de Nô.Il est impossible d’énumérer les épisodes et les œuvres au cœur desquelles il nous conduit en cher- chant à transmettre leur beauté fascinante et parfois leurs pièges.

Après la première histoire qui est un véritable tableau japonais, un plan fixe parcouru de lumière et de frémissements, László Krasz- nahorkai nous entraîne dans les vertiges de la création artistique, savante et toujours risquée. Il mêle le suspense aux descriptions minutieuses longuement détail- lées,pousse le sublime et l’horreur jusqu’à la fascination, et donne une vie magique et angoissante à de mystérieuses œuvres d’art, qui transgressent les lois humaines en surgissant dans la réalité.» n Yvette Golderger-Joselzon

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g a l e t s e t n y m p h é a s é c r i r e l e j a p o n son oncle, dans la splendeur des falaises,après avoir été blessé lors de la sanglante aventure coloniale en Algérie. Sous son regard, un homme peint : c’est Monet. Pour le jeune homme, qui ne connaît rien à la peinture, c’est un choc. La naissance d’un art et d’une époque se joue là, et, dès lors, il n’aura de cesse d’en suivre les métamorphoses, guidé par deux amantes, Mathilde, une bour- geoise mariée, sensuelle, puis Anna,passionnée.Elles l’initient à Monet, présent de bout en bout, mais aussi à Courbet, Boudin, Degas, Flaubert, Hugo, Maupas- sant… Tous passent à Étretat ou dans son voisinage.» Grande histoire « Falaise des fous est un grand roman stupéfiant de fluidité, d’ai- sance et de virtuosité.La puissance de son souffle, inhabituel dans la littérature contemporaine, atteint des sommets.

Les centaines de pages qu’il consacre à la peinture pour évoquer la période qui court de l’impressionnisme au cubisme sont éblouissantes. La richesse de sa palette, l’inventivité du récit, l’allégresse du style, le foisonne- ment des descriptions, le champ des nuances, la façon magistrale de mêler menus épisodes, inter- mittences du cœur et grande histoire composent un tableau d’ensemble enthousiasmant qui laisse une impression profonde et durable.Un continent de couleurs, de saveurs, d’humeurs, et un pré- cis de sagesse.» n Jean-Claude Raspiengeas, La Croix PATRICK GRAINVILLE est né en 1947 à Villers en Normandie.

Romancier, professeur agrégé de lettres,Patrick Grainville est égale- ment critique au Figaro littéraire et membre du jury du prix Médi- cis. En 1976, il a obtenu le prix Goncourt pour Les Flamboyants et a reçu en 2012 le Grand prix de littérature Paul-Morand décerné par l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre. Publiés aux éditions du Seuil, citons notamment L’orgie, la neige (1990), Lumière du rat (2008), Bison (2014), Le Démon de la vie (2016) et Falaise des fous son vingt-sixième roman. Fresque historique 1868-1927 : de l’invention de l’impressionnisme à la traversée de l’Atlantique par Lindbergh, un Normand établi à Étretat entre- prend le récit de sa vie.

Orphe- lin de mère, jamais reconnu par son père, il s’est installé chez Falaise des fous PATRICK GRAINVILLE mercredi 18 avril à 18 h Rencontre avec Patrick Grainville autour de son roman Falaise des fous paru aux éditions du Seuil. 5 4 À LA MÉDIATHÈQUE JOSÉ-CABANIS YÔKO OGAWA est l’une des figures majeures de la littérature japonaise.Toute son œuvre parue en français est publiée aux édi- tionsActes Sud.Citons notamment La grossesse (1997), L’annulaire (1999), Parfum de glace (2002), Tristes revanches (2004), La for- mule préférée du professeur (2005),La marche de Mina (2008), Cristallisation secrète (2009), Petits oiseaux (2014) et Jeune fille à l’ouvrage (2016).

Figure de silence L’œuvre de Yôko Ogawa est depuis toujours composée d’une alternance de romans et de nou- velles, comme si la forme courte demeurait pour elle, au fil de son parcours, une chambre noire, et plus encore la note sensible de sa partition. Ainsi les lecteurs familiers de son univers retrou- veront-ils ici les thèmes qui lui sont chers : le monde secret de transmission et de confiance que les enfants partagent avec les vieil- lards. Les vibrations des mélodies n’existant que par-delà le silence, l’hyperacousie des êtres fragiles, l’effacement d’un temps que seul l’amoncellement d’objets semble pouvoir réanimer.L’attirance gour- mande et dangereuse pour les aliments sucrés,la présence rassu- rante des animaux,la mort annon- cée telle une avancée paisible.

Les personnages de Yôko Ogawa sont des coureurs de fond comme cette femme qui s’entraîne la nuit, trébuche et tombe.

Survivre «Alors que leur petite sœur est morte,trois enfants sont enfermés par leur mère inquiète jusqu’à la névrose. Ce roman est une ode à la poésie de l’enfance, à la beauté de ses imaginaires habités par la présence des animaux, celle des objets et des sons, ici celle des pierres pour contrebalancer peut- être la dureté des adultes,et l’expé- rience toujours trop précoce de la perte, de l’absence et du chagrin. Un très grand roman d’Ogawa, peut-être le plus fort. Un livre sur la maltraitance mais aussi et sur- tout sur la capacité des enfants à faire abstraction du mal, à persis- ter dans l’amour filial,à survivre en tenant la peur à distance.» n Instantanés d’ambre YÔKO OGAWA mercredi 4 avril à 17 h Rencontre avec Yôko Ogawa à l’occasion de la parution de son roman Instantanés d’ambre aux éditions Actes Sud.

MADE IN ASIA Claude Monet, L’hôtel des Roches noires à Trouville (détail). Règles de savoir-vivre pour la jeunesse WANG HUAN, XIAOFAN SUN MOULINIER samedi 7 avril à 15 h 30 Autour du livre Règles de savoir-vivre pour la jeunesse de Xiao Huan » rencontre avec Wang Huan, auteur et Xiaofan Sun Moulinier, traductrice. dont le tome « Dizi Gui de Xiao Huan » est traduit en français et publié par l’édi- tions Youfeng en 2017. XIAOFAN SUN MOLINIER, née en Chine continentale et aujourd’hui enseignante de la langue et la culture chinoises en France, elle a choisi et a traduit ce livre pour le mettre entre les mains de jeunes (et des moins jeunes) sinisants en France et dans les pays francophones.

Elle va nous dévoiler la raison pour laquelle elle a choisi de tra- duire ce livre, parmi des dizaines de versions différentes de cette œuvre «Dizi gui». n WANG HUAN,diplômé de l’Aca- démie des Arts et Design de Tsin- ghua Université en Chine,a pour- suivi des études intensives sur la civilisation chinoise tradition- nelle. Pendant l’apprentissage des œuvres classiques chinoises, l’illustrateur trouve que celles – ci ne racontent pas simplement les doctrines littérales mais qu’elles transmettent la lumière des esprits. Cette lumière a dépassé l’encadrement des mots et la contrainte du temps.

En 2008, il commence la création d’albums illustrés, connus aujourd’hui pour les séries de « Xiaofan apprend les grandes œuvres chinoises » MADE IN ASIA

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e n t r e f i l l e e t m è r e l’hypothèse du tableau volé Je suis passée par la cour du roi de Grèce et par les collines de Fiesole. Par un atelier d’écriture, une maison de retraite, plusieurs voitures, un supermarché, des quantités de paquets de gauloises, une machine à écrire. Autant de circonstances,par-delà les guerres, les destructions, les irrémédiables pertes,où ma mère se battait avec ce qui fait la vie ordinaire :la nour- riture,l’argent,le travail,l’amour.

J’ai tenté d’en savoir un peu plus sur elle, sur moi. Chemin faisant, j’ai compris que ce n’était qu’un début.» n Geneviève Brisac GENEVIÈVE BRISAC est nor- malienne et agrégée de lettres, elle enseigne en Seine-Saint-Denis, avant de mener une carrière d’éditrice au sein des éditions Gallimard. Elle y publie son pre- mier roman, Les Filles, en 1987. En 1994, Geneviève Brisac rejoint les éditions de l’Olivier avec un ouvrage autobiographique, Petite. Son roman Week-end de chasse à la mère (l’Olivier) obtient le prix Femina deux ans plus tard. Elle a notamment publié : Une année avec mon père (l’Olivier, 2010), Dans les yeux des autres (l’Oli- vier, 2014) et Vie de ma voisine (Grasset,2017).Elle est également auteur de plusieurs essais, de pièces de théâtre et de scénarios de film.

Les mots pour la retrouver « On écrit pour comprendre ce que l’on ne comprend pas.Quand j’écrivais Vie de ma voisine, mon héroïne me parlait de sa mère.Elle me racontait ses mots, elle évo- quait ses gestes. L’amour d’une mère. Je mesurais mon ignorance dans ce domaine. Ma mère n’en savait ni les mots ni les gestes. Je suis donc partie sur les traces d’une petite fille grecque et armé- nienne et de sa mère, danseuse orientale et apatride, à Paris dans les années 20. Ma mère ne voulait rien savoir de son passé. Il a fallu que j’enquête et que je l’invente. Que je trouve les mots pour la retrouver.

C’est ce livre, Le cha- grin d’aimer.

Le chagrin d’aimer GENEVIÈVE BRISAC samedi 5 mai à 16 h 30 Rencontre avec Geneviève Brisac autour de la parution de son ouvrage Le chagrin d’aimer aux éditions Grasset. Un tableau neigeux MANUEL BENGUIGUI Jeudi 3 mai à 17 h Rencontre avec Manuel Benguigui autour de la parution de son roman Un tableau neigeux aux éditions Mercure de France. MANUEL BENGUIGUI vit à Paris. Il est l’auteur d’un premier roman très remarqué, Un collec- tionneur allemand, paru aux édi- tions Mercure de France en 2017. Manuel Benguigui est traducteur de l’anglais d’essais sur l’art primitif et l’anthropologie.Il travaille égale- ment dans une galerie d’art tribal.

Chef-d’œuvre énigmatique « Edwin rêve la nuit du tableau nei- geux,et aussi le jour.Où qu’il soit, la scène devant lui s’anime, dans toute son ampleur à présent. Il la voit sous tous les angles, il la sur- vole en rapace aguerri. Il se sent parcouru d’extraits de douleur et d’abnégation, tous les nerfs du corps sollicités alors, comme s’il vivait un peu le calvaire de ces hommes et de ces animaux. La fascination est telle que le froid le chatouille vivement à toute heure et en toute condition.» Un jour, chez un collectionneur à Manchester, Edwin dérobe « par inadvertance » une toute petite toile flamande du XVe siècle, qu’il oublie dans sa poche… Mais c’est une autre image, un paysage nei- geux,qui le hante littéralement.Ce tableau existe-t-il véritablement ou n’est-il que le fruit de son imagi- nation? Tandis qu’Edwin arpente les musées à la recherche de son chef-d’œuvre énigmatique, le pro- priétaire du tableau volé se lance à sa poursuite… Filatures, coïncidences, vrais et faux hasards : de salles des ventes en salon des Beaux-Arts, de Man- chester à Hong-Kong, de Paris à Maastricht, Manuel Bengui- gui nous entraîne d’une plume enlevée dans une intrigue où les personnages se traquent et se trouvent,peu à peu.» n 7 6 Ceux qui s’aiment BRICE TORRECILLAS samedi 14 avril à 16 h 30 Rencontre avec Brice Torrecillas autour de son livre Ceux qui s’aiment paru aux éditions du Rocher.

cillas nous offre un roman singu- lier, presque subversif pour notre époque : celui d’un couple au long cours. Marié depuis plus de trente ans,le narrateur de Ceux qui s’ai- ment sonde le profond mystère de la vie à deux. Sans fard ni artifice, mais avec tendresse et humour, il retrace son parcours avec Hélène. Le narrateur y rend hommage par le récit de leur vie commune, de la rencontre sur les bancs de la fac à la vieillesse qui pointe le bout de son nez. Avec une honnê- teté singulière, il trace le portrait de celle qu’il aime et fait l’éloge des couples inséparables. De quoi est-ce fait, un grand amour? Rien n’est mis sous silence, ni les doutes, ni les trahisons, ni les affrontements, pour tenter de le comprendre.

Des anecdotes pleines d’humour succèdent à des remarques féroces ou d’une abso- lue tendresse. Leur histoire, ils le savent, n’aura d’autre conclusion que la mort. Peu importe, dans le fond, puisque « Dieu réunit ceux qui s’aiment ». n BRICE TORRECILLAS est pro- fesseur et journaliste indépen- dant, animateur de l’émission télévisée Au Pied de la lettre. Il a publié trois romans: La Confes- sion (Nil éditions, 1997), De Parfaits inconnus (Nil éditions, 1999), L’Ombre et le fard (Le Cherche Midi, 2003), un récit: Collioure, la Mémoire et la mer (La Louve, 2011), ainsi que plu- sieurs nouvelles.

« LES HISTOIRES D’AMOUR qui s’achèvent ne sont pas des histoires d’amour. » Brice Torre- Edward Hopper, New York Movie (détail°. Bruegel, Chasseurs dans la neige (détail).

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i n f r a q u o t i d i e n i m a g i n a i r e r é v o l u t i o n visages de notre contemporain, comme autant de fragments de vie compilés. Vers la folie «Je crois qu’à la loupe toute vie est extraordinaire.Ne serait-ce que parce qu’elle est unique. La folie est une forme de loupe qui agran- dit jusqu’à l’excès les sentiments et les passions humaines – pas- sions, qui en elles-mêmes sont du reste des routes vers la démesure, et donc vers la folie.» n Régis Jauffret RÉGIS JAUFFRET estnéen1955 à Marseille.

Il est l’auteur de nom- breux romans dont Asile de fous (Gallimard,2005),qui a reçu le prix Femina, Claustria (Le Seuil, 2012), La Ballade de Rikers Island (Le Seuil, 2014), Bravo (Le Seuil, 2015) et Cannibales (Le Seuil,2016). Fragents de vie compilés Plus de dix ans après la sortie de Microfictions (Gallimard, 2007), Régis Jauffret revient avec un nouveau livre hors normes qui rassemble cinq cents petites his- toires. Les textes sont classés par ordre alphabétique, d’«Alexandre Crémeux» à «Walkyries». Microfic- tions 2018 juxtapose le banal de vies ordinaires tout à la fois tou- chantes, cruelles, monstrueuses, à travers, par exemple, le drame d’un couple qui élève une enfant autiste, le quotidien d’un ensei- gnant désabusé par ses élèves, les hallucinations d’une femme qui voit un ange se poser sur son épaule avant de l’emporter vers l’au-delà,un père et sa fille atteints tous les deux d’un terrible cancer, un banquier qui a raté sa vie, le combat d’un vieil homme qui ne veut pas que son fils l’euthanasie pour se débarrasser de lui… C’est également la description surprenante de personnages pris en étau dans notre époque, des histoires à la fois édifiantes et déri- soires, un directeur de maison de retraite aux méthodes peu conven- tionnelles, une femme qui est pri- vée de la garde de ses enfants à cause de ses addictions, le direc- teur d’une clinique de chirurgie esthétique fasciné par les quali- tés de ses prothèses sexuelles, un couple qui exploite le manège du Luxembourg jusqu’à s’en rendre malade,ou un enfant mal aimé qui poignarde sa mère… Des situations banales qui dérapent en fait divers,des person- nages ordinaires qui sont autant d’incarnations successives d’une humanité minée par la mégaloma- nie,le désespoir,et qui pourtant se bat et continue d’espérer en une situation meilleure.

On traverse le livre comme on traverse une foule.On y reconnaît les multiples Microfictions 2018 RÉGIS JAUFFRET mardi 10 avril à 18h Rencontre avec Régis Jauffret autour de la parution de son ouvrage Microfictions 2018 aux éditions Gallimard.

Tu montreras ma tête au peuple FRANÇOIS-HENRI DÉSÉRABLE jeudi 12 avril à 18 h Rencontre avec François-Henri Désérable autour de Tu montreras ma tête au peuple (Gallimard, 2013), animée par Sylvie Vignes, professeur à l’Université Toulouse Jean-Jaurès. Rencontre organisée dans le cadre du colloque international « L’événement révolutionnaire et ses figures emblématiques dans les littératures européennes : regards croisés » qui se déroule du 11 au 13 avril et avec le soutien de la Maison des Écrivains et de la Littérature.

F.-HENRI DÉSÉRABLE, né en 1987 à Amiens est écrivain, auteur de trois romans aux éditions Gal- limard : Tu monteras ma tête au peuple (2013), Évariste (2015) et Un certain M.Piekielny (2017).

Révolution « L’événement révolutionnaire et ses figures emblématiques dans les littératures européennes : regards croisés ». L’histoire moderne de l’Europe est jalonnée de convul- sions politiques… autant d’épi- sodes violents qui ont transformé en profondeur les institutions, les structures sociales,l’économie,les mentalités.L’idée de révolution,de fait,est dans une large mesure liée à la modernité. Le modèle révolu- tionnaire,pour autant,a semblé ne plus devoir être à l’ordre du jour d’un Occident largement mondia- lisé. Significativement, la notion de « post-modernité » a été pen- sée en lien avec l’affaiblissement contemporain de l’imaginaire révolutionnaire, à la suite de la fin de la guerre froide, et dans le domaine de l’esthétique en lien avec le reflux des problématiques de l’avant-gardisme.

Et pourtant, il est évident que la révolution reste un paradigme et un imaginaire fortement opéra- toires. Outre qu’ils peuvent confi- gurer notre lecture de certains événements contemporains, ils refigurent notre histoire culturelle. La mémoire collective a en effet retenu certains événements fon- dateurs, certaines figures emblé- matiques dont la littérature s’est saisie à son tour, parfois dans la chaleur de l’actualité,plus souvent avec la distance du temps. Elle a ainsi fortement contribué à les ins- crire dans un légendaire européen contrasté,mais toujours passionné. François-Henri Désérable est l’in- vité d’un colloque qui a pour pro- jet d’interroger les regards croisés des différentes littératures sur ces événements et ces figures révolu- tionnaires, pour saisir en quoi et comment ils contribuent à faire vivre l’Histoire dans l’imaginaire, mais aussi à en faire l’objet d’une pensée critique.n COLLOQUE INTERNATIONAL « L’événement révolutionnaire et ses figures emblématiques dans les littératures euro- péennes : regards croisés » (11-12 et 13 avril), organisé par le laboratoire Patrimoine, Littérature, Histoire de l’Uni- versité Toulouse Jean-Jaurès (responsables : Fabienne Bercegol et Jean-Yves Laurichesse).

Tout le programme est à retrouver sur : http://plh.univ-tlse2.fr/ 9 8 Charles Sheeler, Home Sweet Home (détail). Jacques-Louis David, Le Serment du Jeu de paume (détail).

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c i n é m a e t p o é s i e p o l i t i q u e e t c i n é m a Virilio, sur le Mur de l’Atlantique. Enfant, j’adorais les barrages, que je découvrais en accompagnant mon père. C’était déjà un monde de film.Au fond, ce mélange dont vous parlez et qu’on retrouve dans les films, part de la réalité.Tout le scénario de 9 doigts est une rêve- rie à partir de faits objectifs. Il ne faut pas oublier qu’on trouve des usines à la campagne, qui sont le fruit de tout un courant de pensée lié aux philosophes philanthropes. Le cinéma, c’est le réel qui rêve du réel, c’est une rêverie sur des choses objectives.n Extrait de l’entretien avec F.-J.

Ossang par Jérôme Momcilovic F.-J. OSSANG, cinéaste et écri- vain,est né en 1956.En 1980,il crée le groupe de noise’n roll MKB Frac- tion Provisoire à qui l’on doit neuf albums et la musique de ses films.

Il a tourné cinq courts métrages (dont Silencio,Prix JeanVigo 2007) et cinq longs métrages : L’Affaire des Divisions Morituri (1984), Le Trésor des Îles Chiennes (1991) qui a reçu le Grand Prix du festival de Belfort,Docteur Chance (1998), Dharma Guns (2010) et 9 Doigts (2017). En littérature, ses réfé- rences englobent des auteurs comme Louis-Ferdinand Céline ou Antonin Artaud, Jacques Vaché, Lautréamont, Rimbaud, William S.Burroughs.

Son premier grand roman, Géné- ration Néant,se présente comme une impressionnante suite de thèmes abordés à toute vitesse. Les romans sui- vants, comme Au Bord de L’Aurore (Warvillers, 1994), se présentent plus comme des carnets de voyage aux accents céliniens du Voyage au bout de la nuit, et sont inspirés par les différents périples de l’auteur : à Madrid, au Chili, en Nouvelle Zélande… F.-J.

Ossang a aussi publié de nombreux textes de poésie; citons par exemple son recueil Venezia Central – Suivi de Landscape et silence (Le Castor Astral, 2015), réunissant des textes s’échelonnant sur une vingtaine d’années. Entretien On associe généralement vos films à un imaginaire punk et industriel, et donc plutôt urbain. Pourtant, vous ne filmez presque jamais la ville : ce goût pour l’acier, pour les machines, est toujours déplacé dans de grands espaces, dans des décors élémentaires comme celui, aux Açores, où se conclut 9 doigts. Et le bateau est décrit par l’un des personnages comme une «usine flottante».

Oui,tout ça est lié à un imaginaire de la conspiration : des usines secrètes au fond de la Sibérie ou de la Patagonie, ou dans des zones volcaniques… J’ai toujours aimé ces architectures de béton. D’ailleurs j’aime beaucoup Bun- ker archéologie, le livre de Paul Pour voir : 9 doigts FRÉDÉRIC-JACQUES OSSANG vendredi 4 mai à 18 h / Au Café Côté Cour Lecture de textes inédits et autres par Frédéric-Jacques Ossang, à l’occasion de la sortie au cinéma ABC du film 9 Doigts. Projection-débat le samedi 5 mai à 20h30. Rencontre en collaboration avec le cinéma ABC.

11 10 Va là où il est impossible d’aller COSTA-GAVRAS samedi 7 avril à 17 h Rencontre avec Costa-Gavras autour de la parution de ses mémoires Va là où il est impossible d’aller aux éditions du Seuil.

Rencontre en lien avec la rétrospective de la Cinémathèque de Toulouse. COSTA-GAVRAS né en 1933, à Athènes,dans une famille d’ori- gine russe, s’installe à Paris dès 1951 et obtient la nationalité française en 1968. Il débute ses études par une licence de litté- rature, puis il entre à l’Institut des Hautes Études Cinémato- graphiques (IDHEC) et devient l’assistant d’Henri Verneuil et Jacques Demy. Il travaille notamment comme assistant sur Le Jour Et L’Heure de René Clément et rencontre Simone Signoret etYves Montand,avec lesquels il deviendra très ami. Parmi ses films citons notam- ment Z en 1969, récompensé à Cannes par l’Oscar du meil- leur film étranger et l’Oscar du meilleur montage, puis L’aveu en 1970,État de siège en 1973, Clair de femme en 1979,Amen en 2002 et Le Capital en 2012.

Famille de pensée Dans ses mémoires, le discret cinéaste se met enfin en pleine lumière. L’étudiant en lettres devient vite un cinéphile averti, puis, grâce à l’IDHEC, un profes- sionnel passionné par tous les aspects du septième art : la mise en scène, la direction d’acteurs, la technique, la production, l’écri- ture scénaristique.

D’abord assistant (de Jean Giono, René Clément, Jacques Demy, Henri Verneuil, Jean Becker…), Costa-Gavras passe sans attendre à la réalisation et son travail est bien- tôt reconnu dans le monde entier. Ses choix le portent en effet vers un genre dont il deviendra à la fois le pionnier et le maître : le film politique (Z, l’Aveu, Section spé- ciale, Missing…), dont il parvint à faire des succès internationaux. Le récit fourmille de détails et de réalisations sur Hollywood, les acteurs, les tournages, comme sur le rôle majeur qu’il a joué à la Cinémathèque française.Mais plus encore, il fait revivre une magni- fique famille de pensée dont il suffit d’évoquer les nom (Jorge Semprun, Salvador Allende,Arthur et Lise London, Chris Marker, Romain Gary…) pour faire com- prendre que ce livre est nourri des plus grands rêves de notre époque comme de ses combats les plus rudes, mais qu’en dépit de tout, il invite à améliorer l’avenir avec constance et un salubre esprit d’engagement.n Au cinéma ABC 9 doigts (2017, France, Portugal, 99’) Soirée projection- débat en présence de F.-J.

Ossang le 5 mai à 20 h 30. Prix de la mise en scène – Festival de Locarno 2017.

Avec Paul Hamy, Damien Bon- nard, Pascal Greggory, Gaspard Ulliel, Lisa Hartmann, Elvire, Alexis Manenti, Diogo Doria, LionelTua. DU 27 MARS AU 29 AVRIL, LA CINÉMATHÈQUE DE TOULOUSE PROPOSE UNE RÉTROSPEC- TIVE DES FILMS DE COSTA-GAVRAS Une rencontre publique avec le réalisateur est proposée à la Cinémathèque le vendredi 6 avril à 19 h. Elle sera suivie de la projection de Z (1969) à 21 h, en présence de Costa-Gavras. Le lendemain, samedi 7 avril, Costa-Gavras présentera le film Clair de femme (1979). Après la rencontre à Ombres blanches prévue à 17 h, il rejoindra la Cinéma- thèque, où il introduira les projections des films Le Capital (2012) à 19 h et Missing (1982) à 21 h.

Ombres blanches

p o u r z u r b a r á n d e l ’ é c r i t à l ’ é c r a n coup moins. L’auteure n’a d’yeux que pour elles. D’abord pour la façon riche et mondaine dont le peintre les a habillées. Les robes qu’elles portent sont à mille lieues de leur condition.Au fait, qui étaient-elles ces oubliées? À travers une quinzaine de tableaux choisis dans les musées ou les catalogues, Florence Delay mène l’enquête. « Une robe, une vie », telle est la composition de ce livre où le dessein secret de Zurbarán rejoint celui du coutu- rier Balenciaga, autre génie silen- cieux.n FLORENCE DELAY EST écri- vaine, comédienne, traductrice et scénariste,née en 1941 à Paris.Elle est l’auteure d’une œuvre alternant fictions, essais, pièces de théâtre.

Elle a interprété à vingt ans le rôle de Jeanne dans Procès de Jeanne d’Arc de Robert Bresson, et colla- boré à des films de Chris Marker, Hugo Santiago, Benoît Jacquot, MichelDeville.Troisdesesouvrages publiés chez Gallimard ont été récompensés par des distinctions prestigieuses :Riche et légère (prix Femina, 1983), Etxemendi (prix François Mauriac, 1990) et Dit Nerval (Grand Prix du Roman de la ville de Paris en 1999 et Prix de l’Essai de l’Académie française). Parmi ses publications récentes, citons entre autres : Mon Espagne Or et Ciel (Hermann, 2008), Il me semble, mesdames (Gallimard, 2012), La vie comme au théâtre (Gallimard, 2015) et Sept saisons : chroniques théâtrales 1978-1985 (Gallimard, 2015).

Florence Delay est membre de l’Académie fran- çaise depuis 2000.

Une robe, une vie Contrairement à Velazquez, son contemporain du Siècle d’or espa- gnol,Zurbarán a surtout peint des saints et des saintes. Les premiers sont célèbres, les secondes beau- Haute Couture FLORENCE DELAY Vendredi 13 avril à 19 h Rencontre avec Florence Delay à l’occasion de la parution de son roman Haute Couture aux éditions Gallimard. L’Adaptation MICHEL LAMBERT Jeudi 3 mai à 19 h Rencontre avec Michel Lambert autour de la parution de son ouvrage L’Adaptation aux éditions Pierre-Guillaume de Roux. Dans le cadre du colloque Stase d’écrit Stase d’écran (UT2J). MICHEL LAMBERT est un romancier belge.

Il est également l’auteur de nombreux recueils de nouvelles; quatre d’entre eux sont publiés aux éditions Pierre-Guil- laume de Roux : Dieu s’amuse (2011), Le Métier de la neige (2013), Quand nous reverrons- nous? (2015) et Le Lendemain (2017).

Splendide dérive Un réalisateur travaille sur l’adap- tation de La Jeune fille brune, roman du grand écrivain yougos- lave Alexandre Tisma (1924-2003). L’histoire est simple : un homme revient sans cesse dans une petite bourgade sans prétention où il a connu autrefois une nuit d’amour mémorable. Le projet, cependant, piétine. Outre les problèmes de budget qu’il soulève, il suscite de nombreuses réticences imprévues chez les membres de l’équipe. Complices artistiques depuis trente ans, ils ont, en effet, essuyé bien des désillusions tant person- nelles que professionnelles et, comme le héros deTisma,gardent en eux une part de nostalgie et de rêve inassouvi.

Quand il ne recherche pas un ciel « vraisemblable », en accord réel avec sa vision, le réalisateur se rend compte qu’il est en train de vivre exactement la même histoire d’amour inconsolable que le per- sonnage de La Jeune fille brune. Une seconde chance,voilà ce qu’il voudrait… Une aventure avec une jeune inconnue nommée Betty va rouvrir la boite de Pandore de la nostalgie blessée et créera le drame. Cette splendide dérive entre rêve et tentative désespérée de retrou- ver le paradis perdu de la toute première fois avant qu’il ne soit trop tard s’accomplit sur fond de grisaille quotidienne et de lutte de tous les instants.

Déployant la subtile tension de la fêlure,Michel Lambert nous entraîne tour à tour dans l’extase et la chute au gré d’un réveil brutal.Magistral.n 13 12 Rencontre proposée dans le cadre du colloque international Stase d’écrit stase d’écran. Du 3 au 5 mai 2018.

Université Toulouse-Jean-Jaurès Patrimoine, Littérature, Histoire (PLH-ELH) Direction scientifique : Philippe Ragel & Sylvie Vignes. Il s’agira, avec ce colloque international, de repérer ces moments de distension narrative, autant en littérature que dans le sep- tième art, toutes époques confondues, pour étudier les condi- tions, les régimes et les registres de leurs manifestations, et dres- ser une sorte de carte des paradigmes communs à la stase d’écrit et à la stase d’écran ou des traits qui les distinguent. Outre les enseignants chercheurs français et étrangers qu’il réunira autour de ces questions du 3 au 5 mai 2018, ce colloque accueillera l’écrivain belge Michel Lambert et le cinéaste finlan- dais Aki Kaurismaki, en partenariat avec la librairie Ombres blanches et La Cinémathèque de Toulouse.

Francisco de Zurbarán, Santa Casilda (détail).

Ombres blanches

violence et résistance c h a n t e r s o i r e t m a t i n 15 14 est d’en surprendre une « pour voir le moment de l’impact entre le bec crochu de ce rapace minia- ture et la sauterelle,le scarabée,le papillon ».Autrefois pourchassées, les pies-grièches sont désormais protégées, comme de nombreux autres passereaux. Fabienne Raphoz raconte des histoires d’extinctions d’espèces remar- quables, comme les xéniques en Nouvelle-Zélande. Et rappelle qu’il est important de nommer. « Nommer, c’est bien ineffacer ce qui nous entoure, parce que les espèces, comme les individus, évoluent, parce que les espèces disparaissent et que les individus meurent.» n F. Roussel, Libération FABIENNE RAPHOZ née en 1962 en Haute-Savoie,dirige depuis 1996,aux côtés de Bertrand Fillau- deau,les éditions José Corti où elle s’occupe plus particulièrement du domaine poétique français comme étranger (Caroline Sagot Duvau- roux, Robert Davreu, Cummings, Marianne Moore,etc.).

Elle crée trois collections chez Corti: Bio- philia, la Collection Merveilleux et la Série Américaine.Elle est notam- ment l’auteur, aux éditions Héros- Limite des livres Jeux d’oiseaux dans un ciel vide (2011),Terre sen- tinelle (2014) et Blanche baleine (2017).

Balade poétique « Nul besoin de connaître les oiseaux pour pénétrer dans l’uni- vers à plumes de Fabienne Raphoz. La langue anglaise,dit-elle,permet de distinguer les ornithologues (Ornithologists) et les observa- teurs d’oiseaux (Birdwatchers), mais elle préfère se définir comme une « ornithophile ». À cette pas- sion venue à l’âge adulte, elle consacre ce troisième livre, après l’Aile bleue des contes (Corti, 2009) et les poèmes de Jeux d’oi- seaux dans un ciel vide (Héros- Limite,2011).Ce treizième volume de sa collection « Biophilia » se présente comme le carnet d’une amatrice éclairée qui consigne ses observations et ses lectures.

C’est une balade poétique et per- sonnelle, par fragments, dans une nature « plus vraie que nature », « une wilderness comme fardée telle qu’on la désirerait toujours, immuable, dans sa virginité sup- posée ] Les saisons passent sur le colombier de sa maison du Quercy au rythme des migrations. Chaque matin, au printemps, une ronde dans la chênaie permet de vérifier qu’ils sont tous là : la grive musicienne,la fauvette à tête noire, les roitelets triple-bandeau, la sittelle torchepot, les mésanges bleues et le pouillot véloce.Quant à la hulotte, elle se perche sur la même branche de pin pour dor- mir de jour.

C’est une forme de poésie contemplative à l’état pur. C’est son chant qui annonce l’oiseau, comme le chiff-chaff du pouillot véloce ou le kré-kré-kré des grièches. Ces passereaux font l’objet d’une de ses obsessions. Les pies-grièches écorcheurs, « véritables Vlad Tepes volants » empalent leurs proies.Tout le jeu Parce que l’oiseau… FABIENNE RAPHOZ vendredi 6 avril à 18 h Rencontre avec Fabienne Raphoz autour de son livre Parce que l’oiseau, carnets d’été d’une ornitophile aux éditions Corti.

Neuf Histoires lumineuses JO GÜSTIN mercredi 4 avril à 19 h Rencontre avec Jo Güstin autour de son recueil de nouvelles 9 histoires lumineuses où le bien est le mal paru aux éditions Présence Africaine. La rencontre est proposée par Bagdam Espace lesbien, dans le cadre du 21e Printemps lesbien de Toulouse qui se déroulera du 29 mars au 15 avril 2018. JO GÜSTIN née en 1987 à Douala (Cameroun), s’est enga- gée à décoloniser les imagi- naires,à contribuer à la représen- tation des vies cachées, à parler des non-Blanc(he)s, à donner du pouvoir aux femmes, le micro aux personnes LGBTQI, aux Africain(e)s, aux exclu(e)s de la société, en faisant «rire, rêver, réfléchir».

Écrivaine, humoriste, parolière et scénariste pour l’au- diovisuel et la BD, elle vit entre la France et le Cameroun, avec le projet de s’installer bientôt au Canada.

Nouvelle croisade Voici neuf histoires qui ont toutes en commun de nous confronter à l’horreur, à des degrés différents, dans des domaines variés. Cinq d’entre elles nous plongent dans la violence brutale. Les autres nouvelles nous confrontent aux ravages du racisme social. Toutes ces nouvelles mettent en scène ou en lumière des sujets déran- geants, révélant dif- férentes formes de barbarie sociale qui s’exercent impuné- ment,sur des enfants, des faibles sans protection ou des représentants d’une sexualité rejetée. Le ton dose savam- ment humour noir et fausse légèreté. L’auteure, humo- riste, enrichira sa présentation d’un stand up.n Quelques dates du Printemps lesbien MUSÉE DES ABATTOIRS – JEUDI 29 MARS 18 H Conférence illustrée d’Élisabeth Lebovici pour son livre Ce que le sida m’a fait – Art et activisme à la fin du XXe siècle, suivie à 19h45 par la projection de Focus Iran, l’audace au premier plan, en présence de Valérie Urréa l’une des deux réalisatrices).

UTOPIA TOURNEFEUILLE – DIMANCHE 8 AVRIL 11 H (APRÈS BRUNCH OFFERT) Girl from God’s Country, brillantissime documentaire de Karen Day sur Neil Shipman, réalisatrice de génie et pionnière parmi les pionnières du cinéma. CINÉMA AMERICAN COSMOGRAPH – MERCREDI 11 AVRIL 18 H Et la femme créa Hollywood, autre documentaire coup de cœur et coup de poing : révélation sur ces réa- lisatrices qui ont FAIT Hollywood entre les années 1910 et 1920, chassées ensuite par les Majors (et que les histoires du cinéma ont ensuite radicalement… éradiquées!) THÉÂTRE GARONNE, ATELIER 1 – JEUDI 12 AVRIL 19 H Cycle «Interférences expérimentales», avec Confidences to the Mirror de Sarah Pucill.

La résistance anti-nazie de Claude Cahun et Suzanne Malherbe sur l’île de Jersey pendant l’Occupation allemande. Également, court- métrage de Vivian Ovstrovsky, Mais ailleurs c’est toujours mieux, évocation et hommage à Chantal Akerman. Programme complet http://www.bagdam.org/et Facebook Le printemps lesbien) Le programme imprimé est également disponible sur les présentoirs à l’entrée de la librairie.

Ombres blanches

( e t ) d a n s l e s c é v e n n e s v i o l e n c e s e n v i l l e quitté la ville pour se réfugier à la campagne. Ce que l’on croyait immuable est sur le point d’écla- ter, comme l’orage qui fait trem- bler les murs et les mains de la grand-mère agrippant la clé d’un coffret qui ne la quitte jamais. Il y aura de l’amour et des désirs de revanche, balayant les secrets de famille et l’impossible trans- mission. Mais Glaise est aussi un roman des grands espaces et des saisons qui doit beaucoup à Cor- mac McCarthy et Faulkner.Franck Bouysse rend à nouveau hom- mage à la terre, à la glaise, qui lui permet de malaxer ses person- nages mais aussi de les jeter dans la fange.Le romancier aime travail- ler la musique de la phrase, flirter avec le lyrisme.Et derrière les vies minuscules,il y a la rage et l’envie de rendre justice à ces “morts pour la France” qui n’avaient rien demandé.» n Christine Ferniot FRANCK BOUYSSE est ensei- gnant en Biologie à Limoges.Il voue depuis longtemps une passion pour la lecture de romans noirs et de thrillers,une passion qui le pousse à écrire lui-même.Il se lance en 2004 dans l’écriture avec la publication du roman La Paix du désespoir (Le Manuscrit).

En 2007 il publie L’En- tomologiste aux éditions Lucien Souny,le premier de ses nombreux romans noir. Citons entre autres : Pur sang (Écorce, 2014), Grossir le ciel (2014), Plateau (2015) et Vagabond (2016) tous publiés à La Manufacture des livres.

Musique de la phrase « Boucherie de 14-18 en arrière- plan, la vie dans une campagne : l’amour, la haine, la terre… Faulk- nérien. Glaise,à la fois épique et intimiste, ne traite pas frontalement de la Grande Guerre. Franck Bouysse a choisi de se placer à l’arrière, avec les femmes, les enfants, les vieux et les adolescents, qui par- tiront à leur tour. Mais la bou- cherie militaire n’est jamais loin et on entend la révolte contre le sacrifice des jeunes appelés qui se croient immortels et tombe- ront au premier combat. Dans la chaleur d’août 1914, de sa ferme du Cantal, Joseph regarde dispa- raître les silhouettes du frère et du père mobilisés.

Il a quinze ans et doit prendre tout en charge : la mère, les terres et Léonard, le voi- sin sans âge devenu son confident. Un peu plus loin, il y a ce salaud de Valette et sa main estropiée, sa haine recuite. Puis viennent les femmes qui vont reprendre le tra- vail des hommes et celles qui ont Glaise FRANCK BOUYSSE vendredi 11 mai à 18h Rencontre avec Franck Bouysse autour de la parution de son roman Glaise (2017) aux éditions La Manufacture de Livres.

Anna qui chante SONIA PAOLONI mercredi 25 avril à 16 h 30 / rayon Jeunesse Lecture animée de l’album Anna qui chante, éditions Biscoto, par son auteure Sonia Paoloni. doux refrain d’une femme qui attend son prince, mais celui de la révolte qui gronde. La voix qui résonne dans le palais ques- tionne, s’insurge, et entraine à sa suite toutes les petites voix jusqu’alors étouffées, pour enfin renverser l’injustice du tyran. Ici, les petites filles ne sont pas en concurrence, il est question d’en- traide, d’amitié, et de sororité. n La lecture de l’album sera suivie d’un goûter et d’une dédicace de l’auteure au rayon Jeunesse.

ANNA QUI CHANTE est un conte pas piqué des hannetons où l’on rencontre un roi terriblement tyrannique qui opprime son pays et tient enfermée la jeune prin- cesse Judith. Quand, pour l’occu- per, il va jusqu’à kidnapper les petites filles du royaume, la coupe est pleine! Anna, enfant de 9 ans, va tout bouleverser par un chant puissant et porteur d’espoir, si puissant qu’il pourrait bien pétrifier le roiet ramener la joie dans le royaume… Ici, l’histoire est absolument féministe, le chant n’est pas le 17 16 Racket DOMINIQUE MANOTTI jeudi 19 avril à 18 h Rencontre avec Dominique Manotti à l’occasion de la récente parution de son livre Racket aux éditions Les Arènes dans la collection Equinox.

DOMINIQUE MANOTTI est née à Paris en 1942.Historienne de formation et de métier, elle com- mence à écrire tardivement. Ex- militante politique et syndicaliste tendance révolutionnaire, elle a notamment milité pour l’indépen- dance de l’Algérie.Elle applique les outils de la recherche historique à l’écriture de ses livres. Ses romans noirs mettent en scène des récits imprégnésdelaréalitééconomique, politique et sociale. Citons notam- ment:Sombre Sentier (Seuil,1995), À nos chevaux (Rivages,1997),Kop (Rivages, 1998), Nos fantastiques années fric (Rivages, 2001), Le Corps noir (Seuil, 2004), Lorraine Connection (Rivages, 2006), Bien connu des services de police (Gal- limard, 2010), L’Honorable Société (Gallimard, 2011) et Or noir (Galli- mard,2015).Ses livres sont traduits dans une dizaine de langues.Racket est son douzième roman.

Au plus près « Dominique Manotti, qui a long- temps enseigné l’histoire écono- mique, dévoile un monde opaque où la légalité est l’exception,l’hori- zon le profit et l’individu un pion.

Figure attachante, l’inspecteur Daquin promène le lecteur au rythme de ses doutes et de ses difficultés à vivre. Il y a quelque chose de Jean-Patrick Manchette (1942-1995) dans l’écriture de Manotti. Ses phrases ultra-descrip- tives claquent et font revivre les belles années du néopolar fran- çais. Un style qui place le lecteur au cœur de l’action et au plus près des protagonistes.» Abel Mestre, Le monde des livres Glaçant À Paris, un géant américain braque un joyau de l’industrie française : kidnapping, chantage, extorsion,meurtre.Le hold-up est presque parfait.Le gouvernement ne voit rien.

Tout s’achète, et personne ne résiste à la menace. Sauf deux flics. Noria Ghozali, commandante au Renseignement intérieur.Un nom pas facile à por- ter en ces temps d’attentats isla- mistes. Et le commissaire Daquin, dont la carrière est derrière lui. Ils sont bien seuls à s’opposer à ce racket. Est-ce une raison pour renoncer? Haletant et glaçant, Racket signe le grand retour de Noria Ghozali, l’héroïne fétiche de Dominique Manotti.n

Ombres blanches

p r e n d s g a r d e à t o i n e p l e u r e z p a s a i n s i et critique. Elle est notamment l’auteure de Quinze (brèves) ren- contres avec Homère (Belin,2012), et elle est membre du comité de rédaction de la revue Vacarme où elle publie régulièrement des textes théoriques et/ou littéraires. Femme libre « En huit variations, Sophie Rabau décompose et recompose une figure a priori figée, la mythique Carmen. Comme elle le rappelle, la nouvelle de Prosper Mérimée est prise en étau entre trois points de vue masculins, ceux de don José (l’amant meurtrier), du nar- rateur-voyageur et de Mérimée lui-même.

Or, « dès que l’on relit Carmen en suivant Carmen, tout change. Quand on aime varier, il faut suivre Carmen ». Mais aussi d’autres points de vue, ceux de personnages bien réels ou de Clara Gazul, l’hétéronyme fémi- nin derrière lequel Mérimée s’est caché pour écrire des pièces de théâtre, qui, elle, développe son discours autour du travestis- sement dans Carmen. Les rôles hommes-femmes ne cessent de s’y croiser, jusqu’à se fondre dans la figure du « queer ». Carmen queer, c’est Carmen l’actrice, qui adore essayer « plusieurs rôles, qui ne s’attache à aucun et qui finit par se faire tuer par son partenaire de jeu qui, lui, y croit dur comme fer de poignard et ne comprend plus le jeu ».

Finalement, impossible de « faire de Carmen un miroir » : l’irrésistible femme libre signe tou- jours sa propre fin.» n Marie Fouquet, Le Nouveau Magazine Littéraire SOPHIE RABAU est ensei- gnante-chercheuse en littérature générale et comparée à l’Univer- sité de Paris III-Sorbonne Nouvelle.

Théoricienne de la littérature, elle s’intéresse à l’invention théorique Carmen, pour changer SOPHIE RABAU vendredi 13 avril à 17 h Rencontre avec Sophie Rabau autour de son ouvrage Carmen, pour changer. Variations sur une nou- velle de Prosper Mérimée paru aux éditions Anacharsis. À l’occasion des représentations de Carmen de Bizet au Théâtre du Capitole. Claude Debussy PHILIPPE CASSARD lundi 14 mai à 18 h Rencontre avec Philippe Cassard, autour du livre Claude Debussy (éditions Actes-Sud). PHILIPPE CASSARD, pianiste et producteur de radio (Notes du traducteur, puis Portrait de famille sur France musique), il a consacré une part importante de ses activi- tés à Debussy.

Il interprète réguliè- rement l’intégrale de sa musique pour piano, qu’il a enregistré pour Accord et Decca. Parallèlement à sa carrière pianistique, Philippe Cassard a publié un essai sur Franz Schubert dans la collection «Clas- sica» d’Actes Sud et un livre d’en- tretiens sur le cinéma et la musique, Deux temps trois mouvements (Capricci).

Femme libre Après un essai sur Franz Schubert qui fait désormais figure d’ouvrage de référence, l’année du cente- naire verra la sortie d’un nouveau livre de Phi­ lippe Cassard,consacré cette fois à Claude Debussy (1862- 1918). Mêlant les digressions bio- graphiques et l’analyse de l’œuvre, cet ouvrage se pré­ sente comme une succession pointilliste de courts chapitres,donnant le point de vue de l’interprète : souvenirs et impressions rassemblés de près de cinquante ans de compa- gnonnage avec Claude Debussy. Il éclaire l’auteur de Pelléas et Méli- sande d’une lumière inédite, et très intimiste.

Ce Claude Debussy paraît au plus fort d’une riche actualité pour Philippe Cassard avec notamment la sortie de plusieurs disques : un avec la soprano Natalie Dessay,un récital Mendelssohn chez Sony,un album Fauré chez La Dolce Volta, et la réédition chez Universal de son intégrale Debussy.Ajoutons à cela de très nombreux concerts venant couronner les célébra­ tions du centenaire de la disparition du compositeur. Cet ouvrage est enrichi d’un index,de repères bibliographiques et d’une discographie.n 19 18 Dieu sans religion FRANÇOIS VOUGA, JEAN-PIERRE NIZET mercredi 9 mai à 18 h Rencontre avec François Vouga.

Dialogue avec Jean-Pierre Nizet, Pasteur de l’Église Protestante Unie de France, autour du livre : Dieu sans religion, les origines laïques du christianisme (5e éditions Labor et Fides).

d’une table ouverte à tous, la prédication de la croix, tout est animé par une volonté de déta- cher Dieu de la religion instituée. RELISANT LES ÉVÉNEMENTS et les textes à l’origine du chris- tianisme, François Vouga, Henri Hofer et André Jantet y retrouvent la radicalité d’une évidence qui s’était déjà imposée comme source de la Réformation, tant en Suisse qu’en France : l’Église trahit sa vocation lorsqu’elle confond foi et religion. L’Évangile annonce en effet, d’un bout à l’autre, une transcendance qui libère de la religion.La pratique des tablées de Jésus, le regard que l’art poétique de ses fables et de ses paraboles porte sur la vie quotidienne,l’atti- tude que Jésus adopte à l’égard des lieux de la religion, puis ensuite la prédication de la Croix de l’apôtre Paul, tout semble animé par une volonté de détacher Dieu de la religion instituée.

Dans cet essai les auteurs ont à cœur de montrer les origines laïques du christia- nisme et de repenser à partir de là le rôle des églises chrétiennes aujourd’hui. n FRANÇOIS VOUGA est profes- seur honoraire de nouveau tes- tament à Wuppertal. Il a publié d’importants ouvrages d’histoire et de théologie du christianisme. Exégète protestant, historien du christianisme des origines, Fran- çois Vouga, se propose de relire l’Évangile comme l’annonce d’une transcendance qui libère du religieux. Selon lui, l’attitude que Jésus adopte à l’égard des lieux de la religion, de la loi, du temple, le regard que l’art poé- tique de ses paraboles porte sur la vie quotidienne, la pratique MARDI 15 MAI À 18H15 ET 21 H Chapelle des Carmélites : Philippe Cassard en concert.

Exercices d’admiration/Liszt «On ne décide pas de «construire» une interprétation. Une interprétation, cela vient à la fois du fond des âges, si l’on va puiser dans les sources, ainsi que du fond de son âge à soi. Prenons par exemple la Sonate de Liszt. Qu’est-ce qu’un monstre pareil dans la tête d’un gamin de 19 ans, l’âge auquel je l’ai apprise? À 19 ans, on écoute ses professeurs, même si l’amour pour l’œuvre, les intuitions et les idées plus ou moins claires qu’on peut avoir, la jubilation face à une écriture pianistique aussi sublime en facilitent le premier abord. La Sonate est de ces œuvres qu’il faut inlassablement mâcher, au piano et dans sa tête.» Philippe Cassard G.

Farrar (Carmen) et E. Caruso (Don José), Carmen 1914. Claude Debussy.

n o i r s v y n i l s e n r o u g e e t e n n o i r 21 20 Le gauchisme flamboyant GILBERT LAVAL mardi 17 avril à 18 h Rencontre avec Gilbert Laval autour de la parution de son ouvrage Le gauchisme flamboyant aux éditions Cairn. En collaboration avec les Amis du Monde Diplomatique et la Ligue des Droits de l’homme. GILBERT LAVAL est univer- sitaire historien du mouvement ouvrier et géographe du déve- loppement. Il a été trente ans observateur des courants et chaos politiques du monde comme jour- naliste à Paris et correspondant à Toulouse du quotidien Libération.

Il est aussi auteur de Les Ételin avocats, Ne rien lâcher! (Éditions Talaïa,2016).

Reportage dans le temps Les lignes du livre Le gauchisme flamboyant se veulent un récit de Toulouse par ceux qui ont couru sous les lacrymogènes ou ont abandonné leurs études pour aller s’établir en usine dans l’immédiat de l’après-68. Elles racontent l’extrême-gauche pétaradante, les séjours de ses militants à la prison Saint-Michel ou les tentatives, partout, de réin- venter la vie et l’amour.Toulouse est encore la capitale de l’exil républicain espagnol.Tout y est de poudre et de feu. Mais à l’excep- tion notable de Jean-Marc Rouillan, personne ne se saisit des armes qui s’y trouvent. Les entretiens avec quarante-neuf des acteurs majeurs de ce temps de gau- chisme flamboyant, c’est autant d’interprétations des mêmes faits.

Ces pages sont comme un repor- tage dans le temps de l’Histoire immédiate, avec ce que cela com- porte d’éléments vérifiés et recou- pés mais aussi de subjectivité.

Les dialogues et plans de coupe retenus ne prétendent pas à une couverture encyclopédique de la période.Ils ont juste l’ambition de rendre compte d’un élan. Certains acteurs de ces années flamboyantes ont disparu depuis. D’autres ont fait savoir ne pas vouloir témoigner.Et si l’équilibre des genres n’y est pas respecté, il est le reflet de ces années, les filles admettant avoir trop sou- vent laissé l’initiative politique aux garçons. En tout cas tous insistent pour dire le bonheur qu’a été le leur de vivre ces temps qui ont changé les temps.n artistes, mais aussi à ceux qui les ont entourés, produits et accom- pagnés,Toulouse,les années tubes revient sur la genèse de ces chan- sons que l’on fredonne encore aujourd’hui, dévoile les secrets de leur réalisation et dessine en creux un âge d’or de la variété toulousaine et française d’avant la grande révolution numérique.n YVES GABAY vit à Toulouse depuis 1999.Il collabore régulière- ment aux pages culturelles de plu- sieurs journaux et magazines de la Ville rose.

Âge d’or Toulouse, années 80. À l’ombre tutélaire du monument Nougaro, une vague de jeunes artistes tou- lousains prend d’assaut le Top 50, les radios et les clubs de France. Plus de 12 millions de 45 tours conçus et réalisés à Toulouse seront vendus de 1978 à 1992 par Gold, Jean-Pierre Mader, Images, Pauline Ester,Art Mengo,Pacifique et bien d’autres,qui écrivent,avec des tubes comme Macumba, Les Démons de minuit,Plus près des étoiles ou Oui je l’adore,la bande- son d’une génération entière et marquent à jamais la culture popu- laire d’ici.

Pourquoi eux? Pourquoi Tou- louse? En donnant la parole à ces Toulouse les années tube, 1978-1992 YVES GABAY vendredi 20 avril à 18 h 30 Rencontre avec Yves Gabay autour de Toulouse les années tube, 1978-1992 : La bande-son d’une génération paru aux éditions Atlantica.

En présence de Jean Le Gall (Atlantica). © Tony Ser. ENTRE AVRIL ET MAI, LA CINÉMATHÈQUE DE TOULOUSE PROPOSERA UN CYCLE DE FILMS : CINÉMA MILITANT ET GROUPE ZANZIBAR 1968. Dans l’effervescence qui agite l’après Mai 68, des collectifs de réalisa- tion font voler en éclats les catégories de film, d’auteur et de spectateur. Qu’ils mettent leurs caméras au service d’un projet révolutionnaire, s’engagent dans les luttes sociales en cours ou œuvrent en faveur d’un décloisonnement des pra- tiques artistiques, ils renouvellent, de façon politique, les modalités de création des images et des sons. Le cinéma se posait alors beaucoup de questions à com- mencer par sa place dans la société.

D’un côté il se voulait une arme militante. En dehors des circuits officiels. De l’autre il se voulait pur. Hors des circuits com- merciaux. Mise en regard de deux courants cinématographiques nés avec Mai 68 : le cinéma militant (avec les Groupes Medvedkine, Dziga Vertov, Cinéluttes…) et le groupe Zanzibar (Jackie Raynal, Philippe Garrel, Serge Bard, Patrick Deval…). Au final, deux courants alternatifs, underground. Militer avec le cinéma et militer pour le cinéma. Au départ tout les oppose. Et pourtant le mouvement est en route… Pour une éthique et une esthétique du cinéma. PLUSIEURS RENCONTRES SERONT ORGANISÉES LORS DE CE CYCLE : • Rencontre avec Jackie Raynal et Patrick Deval autour du groupe Zanzibar, le samedi 21 avril à 19 h • Conférence de Sébastien Layerle (auteur de Caméras en lutte en Mai 68), le jeudi 26 avril à 19 h • Rencontre avec les réalisateurs Jean-Pierre Thorn et Jean-Denis Bonan, le mer- credi 2 mai à 19 h • Projection-discussion cinéma militant féministe avec Nicole Fernandez-Ferrer, le jeudi 24 mai à 19 h et 21h.

d e h o r s , d e d a n s v i e s s i n g u l i è r e s pectives de travail. Ils témoignent qu’en dépit de nombreux écueils, structurels et conjoncturels, les MECS arrivent encore à innover et à aider, familles, enfants, adoles- cents et jeunes adultes, à trouver leur chemin au milieu des brous- sailles. Dans une dialectique entre théorie explicitée et pratique « engagée »,ils montrent comment se construisent en permanence des avancées dans le respect des personnes accueillies dès lors que technicité rime avec humanité.n MARTIAL CHENUT est éduca- teur spécialisé de formation.Il a tra- vaillé en itep, aemo, puis a exercé des fonctions de cadre et directeur dans divers établissements MECS ou assimilés de la protection de l’enfance et secteur enfance délin- quante.

Il est allé voir au Québec et en Belgique l’organisation des dispositifs de protection de l’en- fance et de l’enfance délinquante. Il a terminé récemment sa carrière professionnelle à la Sauvegarde du pays basque.Acteur militant et convaincu du décloisonnement institutionnel et des pratiques de réseau, Martial Chenut a publié de nombreux articles professionnels ou chapitres d’ouvrages collectifs, et collabore à la revue Lien Social. LAURENT VIALLEIX est édu- cateur spécialisé. Il a travaillé de nombreuses années en inter- nat dans une MECS et en milieu ouvert (conseil départemental du Gers).

Cadre socio-éducatif, il a été responsable éducatif d’un CER et adjoint de circonscription (conseil départemental de la Haute- Garonne).Directeur d’une MECS à Auch et d’un centre d’héberge- ment d’urgence, Laurent Vialleix est impliqué dans le mouvement associatif comme correspondant de l’uriopss Occitanie pour le Gers. Passionné par la réflexion éthique, il est également auditeur en région de l’IHEDN.

Maisons d’enfants à caractère social Construites sur un héritage asilaire confessionnel ou philanthropique, les maisons d’enfants à caractère social sont maintenant en pre- mière ligne dans les dispositifs de protection de l’enfance mis en œuvre par les départements. Les MECS sont au carrefour de toutes les problématiques (soin, social, justice) et continuent à accueillir, protéger, éduquer, for- mer, des jeunes en difficulté per- sonnelle, familiale ou sociale, qui ne peuvent, pour diverses raisons, souvent provisoires, être mainte- nus dans leur milieu familial ou qui ont besoin d’y être accompa- gnés.

Les auteurs, usagers, chercheurs et professionnels, questionnent les réalités de la vie quotidienne institutionnelle (des fondements historiques jusqu’aux politiques sociales les plus actuelles) pour en tirer enseignements et pers- Les MECS… MARTIAL CHENUT, LAURENT VIALLEIX vendredi 4 mai 18 h Rencontre avec Martial Chenut et Laurent Vialleix autour de la parution de leur ouvrage Les MECS au cœur des évolutions de la protection de l’enfance aux éditions érès. Atelier créatif de catchcahuètes FRANÇOISE DE GUIBERT mercredi 18 avril de 15 h à 16 h / rue Mirepoix Atelier créatif de catchcahuètes pour les vacances avec Françoise de Guibert.

Âge : de 6 à 10 ans. Nombre de participants : 12. Inscription obligatoire auprès du rayon Jeunesse. Participa- tion : Une boite de camembert vide! Cet atelier sera suivi d’une dédi- cace du livre Les dieux du stand à 16 h au rayon jeunesse. DANS SON LIVRE Les dieux du stand, paru chez P’tit Glé- nat, Françoise de Guibert dessine trente fruits et légumes en pleine action. Découvrez l’aubergymnastique, le skiwi, le citrompoline ou encore le patatinage artistique! Sans oublier les féroces catchca- huètes!

L’atelier propose aux enfants de fabriquer leurs petits catcheurs 100% arachide ainsi qu’un ring pour combats en miniature.

Pen- sez à vous munir d’une boite de camembert! n 23 22 La folie douce JOSEPH ROUZEL vendredi 6 avril à 20 h 30 Rencontre avec Joseph Rouzel autour de son livre La folie douce paru aux éditions érès. Débat animé par Luc Grimaud, psychologue clinicien. J. ROUZEL est aujourd’hui psy- chanalyste en cabinet, formateur en libéral après avoir exercé de nombreuses années comme édu- cateur spécialisé auprès de divers publics (psychotiques, toxico- manes,cas sociaux…) et formateur de travailleurs sociaux (Toulouse, Montpellier).

Récits de vies singulières La folie douce, qui s’oppose à la folie furieuse, c’est un moment d’égarement, de déraison, d’ex- travagance,de délire.Ça ne prête guère à conséquence, mais ça dérange les bonnes mœurs.Alors que la violence et le passage à l’acte sur autrui ou soi-même relèvent de l’inacceptable, il convient de penser l’accueil social de la folie comme un espace de création et d’inven- tion. Comment accompagner, soutenir, valoriser les psycho- tiques afin que leurs produc- tions, quelles qu’elles soient, trouvent leur place dans l’espace de la culture, au sens où Freud la déploie, selon des voies socia- lement acceptables? Qu’elles soient considérées comme fai- sant signe d’un sujet et non d’un dysfonctionnement? À partir de récits de vies singulières, telles Jeannot et son plancher, Glenn Gould et la musique, Marcel Bas- coulard le clochard céleste… Ou parfois tirés de son expérience clinique quand les patients tentent, à leur façon et avec les moyens du bord, de vivre parmi les autres en élaborant leurs propres solutions,Joseph Rouzel poursuit une nécessaire élabo- ration théorique des liens entre psychose et création.n Louis Janmot, Cauchemar (détail).

Gérard Lattier, Le voyage en peinture (détail).

d e c h a r l e v i l l e à h a r r a r c l i n i q u e c r i t i q u e sa recherche de la voyance par «le dérèglement de tous les sens», en font l’ancêtre des révoltés de notre temps. En psychanalyste, soulignant le rôle du père absent et le lien à la mère, Gérard Pirlot remonte à l’origine du chagrin d’Arthur, aux sources de sa rage de vivre, et montre l’inéluctabilité de l’abou- tissement tragique : le désintérêt de la poésie,l’expatriation dans de lointaines contrées, le reniement de soi – puis le cancer et l’ampu- tation.n GÉRARD PIRLOT est profes- seur de psychopathologie psy- chanalytique à l’université de Tou- louse, psychanalyste, membre de la Société Psychanalytique de Paris, ancien psychiatre des Hôpitaux, et directeur du Laboratoire Cliniques Psychopathologique et Intercultu- relle (LCPI, Toulouse II, EA 4591).

Parmi ses nombreux ouvrages, citons notamment : Déserts inté- rieurs (Érès, 2009), Psychanalyse des addictions… (Armand Colin, 2013), André Green, dialogues et cadre psychanalytiques (PUF , 2015), T. E.Lawrence, le désert l’avers du désir (Presse Universi- taires du Midi,2015).

Source de sa rage de vivre Enfant surdoué, adolescent génial, aventurier ambitieux,Arthur Rim- baud constitue, surtout en raison de sa soudaine rupture avec la création survenue à l’âge de vingt et un ans,un véritable mythe dans notre littérature et demeure au panthéon intime de bien des écri- vains. Ses multiples fugues, son soutien à la Commune, ses rela- tions tumultueuses avec Verlaine, La colère de Rimbaud GÉRARD PIRLOT samedi 5 mai à 18 h Rencontre avec Gérard Pirlot autour de la parution de son ouvrage La colère de Rimbaud, le chagrin d’Arthur aux éditions Imago. Dialogue avec Henri Sztulman, auteur de Rimbaud, l’impossible amour (éditions Rue des Gestes).

25 24 L’inconscient, pour quoi faire JEAN-RICHARD FREYMANN mercredi 11 avril à 20 h 30 Rencontre avec Jean-Richard Freymann autour de son ouvrage L’inconscient, pour quoi faire? aux éditions érès. Débat animé par Nicolas Velut, psychanalyste psychiatre. JEAN-RICHARD FREYMANN estpsychanalyste,praticienhospita- lier au CHRU de Strasbourg,chargé d’enseignement à l’université de Strasbourg. Il est le président de la FEDEPSY (Fédération européenne de psychanalyse), directeur de l’École psychanalytique de Stras- bourg et directeur scientifique des éditionsArcanes et de la collection « Hypothèses ».Aux éditions érès il est entre autres l’auteur des livres L’amer amour (2011), L’art de la clinique (2013), Éloge de la perte (2015), Du délire au désir (2016) et Les entretiens préliminaires à une psychanalyse (2016).

Fondamentaux Cet ouvrage répond à une néces- sité contemporaine : à la domi- nance techno-scientiste de la médecine et au dogmatisme de nombre d’Écoles de psychanalyse, l’auteur oppose la subversion de la clinique psychanalytique. Dans cet «Abrégé de clinique psycha- nalytique », en hommage « irrévé- rencieux » à Freud et son Abrégé de psychanalyse,l’auteur reprend tous les tableaux cliniques à l’aune de la conflictualité du discours, pour essayer de rendre compte des enseignements de la pratique. Chaque chapitre est organisé autour d’une question à partir de laquelle il revient aux fondamen- taux en s’appuyant sur la clinique contemporaine.

Il s’interroge sur la place de l’inconscient freudien aujourd’hui, malmenée par le dis- cours dominant des DSM, et les conséquences que cela provoque méthodologiquement, culturel- lement, et dans la formation des nouveaux « cliniciens ».n Après l’enfance LAURENT DUPONT vendredi 4 mai à 20 h 30 Rencontre avec Laurent Dupont autour de la parution du 4e ouvrage Après l’enfance dans la Collection de la Petite Girafe aux éditions Navarin. enfant, un adolescent, sujet à part entière, auprès d’un prati- cien de la parole orienté par la psychanalyse lacanienne et sur les nouveaux mots à trouver, les nouvelles façons de dire, d’écrire – sur les murs, sur le corps parfois – pour faire trace de sa présence après l’enfance.

Cette collection, orientée par le discours analytique, offre des points d’appui aux praticiens et notamment à tous ceux qui travaillent en institutions spé- cialisées accueillant des sujets en grande détresse ou dans les écoles, les crèches, cabinets médicaux, centres de loisirs, ins- tances judiciaires etc. Elle fait ainsi le pari de tisser quelques fils d’Ariane pour ceux qui sont concernés par les enfants et les adolescents, et donc, par ce de quoi demain sera fait et qui se décide aujourd’hui… La Collection de la petite Girafe publie les travaux de l’Institut psychanalytique de l’Enfant, crée en 2009 par Jacques-Alain Miller au sein de l’Université Populaire Jacques-Lacan.

n RencontreestorganiséeparL’As- sociation de la Cause freudienne Midi-Pyrénées et Mafalda, groupe du Nouveau Réseau CEREDA (Centre d’Étude et de Recherche sur l’Enfant dans le Discours Analytique).

LAURENT DUPONT est psycha- nalyste, analyste de l’École, vice président de l’École de la Cause freudienne, membre de l’Associa- tion Mondiale de Psychanalyse et codirecteur de la Collection de la petite Girafe. PEURS D’ENFANTS, Le savoir de l’enfant, Interpréter l’enfant, Après l’enfance. Ouvrages à plu- sieurs voix, les auteurs (psycha- nalystes, médecins, enseignants, éducateurs, psychologues) s’en- seignent et nous enseignent sur la place et la fonction qu’occupe la peur dans la vie des enfants d’aujourd’hui, sur les enjeux que comporte l’accueil du savoir intime de l’enfant, enfin sur les trouvailles que peut faire un Rimbaud en 1871, photographie Carjat (détail).

Cy Twombly, Coronation of Sesostris (détail).

g r o t t e s o r n é e s c o n t r e l e l a c t c h a d Des mondes oubliés CHRISTIAN SEIGNOBOS mercredi 2 mai à 18 h Rencontre avec Christian Seignobos autour de la parution de son ouvrage Des mondes oubliés – carnets d’Afrique aux éditions Parenthèses (2017). CHRISTIAN SEIGNOBOS est géographe généraliste et africa- niste. Il travaille sur de nombreux thèmes de recherche :architecture, diffusion des plantes, analyse des paysages, savoirs paysans, rapports hommes/animaux, atlas, terroirs, migrations des peuples autoch- tones… Sa démarche historique et anthropologique le positionne comme l’un des spécialistes des grandes mutations environnemen- tales et géopolitiques en Afrique centrale et comme un expert reconnu de la situation de crise dans la région du lacTchad.

Dessinateur accompli et passionné, il a toujours rempli ses carnets de terrain de plans, croquis et por- traits. Il a également été conseiller scientifique sur des documentaires (Jaglavack, prince des insectes, 2007). Directeur de recherche émérite à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), il est l’auteur de nombreux articles (Les Cahiers d’Outre-Mer, Annales de géographie, Afrique contem- poraine) et de livres. Parmi ses ouvrages, citons : Le Nord-Came- roun à travers ses mots (IRD- Karthala, 2002), La case obus; histoire et reconstitution (Paren- thèses,2003),Atlas de la province Extrême-Nord Cameroun (IRD- INC,2005).

Chronique d’une afrique « Les amoncellements telluriques des rochers des Mandara, les infinies platitudes herbeuses du Logone renferment plus qu’une vie de travail. C’est comme si ces géographies excessives me deve- naient autrement plus compré- hensibles… »Enprèsdecinquante ans passés au cœur du bassin du lac Tchad, le géographe Christian Seignobos a vu son terrain et son métier se métamorphoser. Nourri par ce parcours, cet ouvrage ras- semble un vaste corpus de dessins et de textes originaux, comme autant de témoignages d’une pra- tique personnelle et profession- nelle de la recherche. Architec- ture, agriculture, élevage, pêche, faune sauvage, mais aussi arrivée et progression des insécurités entre Cameroun, République cen- trafricaine et Nigeria : l’extrême variété des thèmes abordés traduit les différentes manières de faire et d’écrire les sciences humaines.

Replaçant toujours l’homme au centre de son histoire et de son environnement, ces pages sont aussi et surtout, à travers les voix et les visages des informateurs et des interprètes, la chronique d’uneAfrique qui se raconte.n 27 26 JEAN ROUAUD est écrivain et notamment l’auteur des livres :Les Champs d’honneur (Éditions de Minuit, 1990) et aux éditions Gras- set d’Un peu la guerre (2014),Être un écrivain (2015) et Misère du roman (2015).

Figure du soleil « Les fresques animalières des grottes ornées, miraculeusement préservées, nous disent la cosmo- logie du paléolithique supérieur : durant vingt-cinq mille ans,sur un territoire immense, la représenta- tion des grands animaux n’a pas varié. Pour peu qu’on échappe au diktat matérialiste, où un che- val ne peut figurer qu’un cheval, ce bestiaire des grottes apporte une réponse cohérente à l’effroi des hommes qui ne savaient rien sur le jour et la nuit, la course du soleil, la disparition et la réappa- rition par morceaux de la lune, les éclairs, l’orage, l’arc-en-ciel, la mort dont ils présumaient qu’elle n’était peut-être pas un arrêt.

Le cheval,avant qu’on ne le « domes- tique » en le contraignant à tirer de lourdes charges, était la figure du soleil… Nous avons appelé « évo- lution » cette frise qui, partant du singe, conduit par « désanimalisa- tion » successive à l’homme triom- phant.Le secret des grottes ornées souffle à notre cerveau poétique une tout autre leçon :et si la « part animale » était ce que l’homme avait encore de divin en lui? » n La splendeur escamotée de frère Cheval JEAN ROUAUD mercredi 11 avril à 18 h Rencontre avec Jean Rouaud autour de son ouvrage La splendeur escamotée de frère Cheval paru aux éditions Grasset.

Christian Seignobos, Autels de fakalaw chez les Mofu de Dougwor.

après l’union soviétique r a d i c a l i t é p o p u l i s t e 29 28 Peuple souverain PASCAL ORY mardi 3 avril à 18 h Rencontre avec Pascal Ory autour de son ouvrage Peuple souverain – de la révolution populaire à la radicalité populiste aux éditions Gallimard. Débat animé par Olivier Loubes et Natacha Laurent. Un continent derrière Poutine? ANNE NIVAT mardi 15 mai à 18 h Rencontre avec Anne Nivat autour de la parution de son ouvrage Un continent derrière Poutine? aux éditions du Seuil. PASCAL ORY est historien du XXe siècle et enseignant à l’Univer- sité, mais aussi critique gastrono- mique,critique de bande dessinée, cinéphile, passionné de théâtre et de littérature et surtout grand observateur des mouvements de notre société contemporaine.

Il est l’auteur de Ce que dit Charlie : treize leçons d’histoire, paru en janvier 2016 chez Gallimard,de La belle illusion; culture et politique sous le signe du Front populaire (Cnrs éditions, 2016) et de Jouir comme une sainte et autres volup- tés (Mercure De France,2017). Servitude volontaire « Le populisme est une idéologie de synthèse qui permet à la droite de trouver le chemin des classes populaires en adoptant un style de gauche;laradicalitéestunemytho- logie qui rapproche les extrêmes dans un rejet commun de la ANNE NIVAT est grand reporter et écrivain. Spécialiste de la Russie où elle a vécu dix ans,elle sillonne les théâtres d’opérations les plus dangereux (Tchétchénie,Asie cen- trale, Irak,Afghanistan et Pakistan) en toute indépendance.Auteur de nombreux livres dont Chienne de guerre (Fayard, 2000), pour lequel elle a reçu le Prix Albert-Londres, de La Guerre qui n’aura pas eu lieu (Fayard, 2004), Islamistes : comment ils nous voient (Fayard, 2006),Par les monts et les plaines d’Asie centrale (Fayard, 2006), Dans quelle France on vit (Plu- riel, 2017), Anne Nivat partage aujourd’hui sa vie entre Paris et Moscou et collabore régulièrement à l’hebdomadaire Le Point.

réforme et du compromis et faci- lite, le cas échéant, la circulation de l’un à l’autre. Dans certaines conditions de température et de pression politiques la radicalité de gauche ou la radicalité populiste peuvent accéder au pouvoir. Elles en font alors – dans cet « alors » se niche l’Histoire – un usage qui satisfera,en proportions variées,le goût de l’absolu qui anime les radi- caux et la servitude volontaire qui anime les populistes. On appelle ça une catastrophe.» Pascal Ory Extrait «Le peuple carché dans l’image. En février comme en octobre 1917, une force agissante a fait la courte échelle aux deux révolutions suc- cessives : le soldat.

La clé d’inter- prétation du drame est évidem- ment à chercher dans la guerre, mère de la révolution puisqu’elle Le peuple dans sa complexité En pleine actualité (présidentielle russe 18 mars-8 avril) et en paral- lèle de la diffusion sur France 5 d’un documentaire intitulé Un continent derrière Poutine, Anne Nivat, grand reporter, par- court d’Est en Ouest la Russie à la recherche de ces «gens» derrière l’actuel et sans nul doute futur Président. Loin des caricatures, la vérité du terrain. En mars 2018, au moment de la publication du livre, le peuple russe se prononcera sur la réélec- tion de Vladimir Poutine à la tête du pays.

Selon toute probabilité, alors que sa personnalité suscite débat et controverse à l’extérieur est, comme elle, rupture érigée en règle. La guerre ruine le prestige et la puissance des élites dirigeant l’ancienne Russie et empêche dans le même temps les hommes de Février de monter sur le piédestal vide.Le soldat a renversé le tsar en passant avec armes et bagages du côté des insurgés et maintenant, entre le printemps et l’automne 1917,c’est lui qui prédomine dans l’univers inédit des soviets, ces conseils populaires auto-institués que l’atmosphère de liberté de Février a créés, que Lénine tolère parce qu’ils vont lui permettre de conquérir le pouvoir,et que,moins de trois ans plus tard, il aura liqui- dés.».n de ses frontières, mais aussi dans certains cercles en Russie, cette réélection sera une formalité.

Par le choix subjectif de quelques ren- contres sans tabou, ces portraits de plusieurs familles ou couples montreront le peuple dans sa complexité, donneront à voir en quoi Vladimir Poutine l’a fait évo- luer,à travers une palette de points de vues réalistes.Et pas seulement dans les zones urbaines ni exclusi- vement dans la Russie occidentale. À travers ces portraits,Anne Nivat raconte en quoi ce pays n’est pas tout à fait celui que l’on nous décrit en Occident. En quoi voter Poutine n’est pas, dans la tête des Russes, forcément voter pour un «dictateur».Montrer l’étendue des possibles et des situations dans cet immense pays, en commençant par l’extrême-est pour remonter, comme,en son temps,le Nobel de Littérature Vladimir Soljenitsyne, jusqu’à sa partie européenne.

Conter la vie de Russes ordinaires baignés dans le système «pouti- nien»,évoquer l’attitude «compré- hensive» vis-à-vis de la corruption, la fin de l’humiliation versus la sta- bilité du pouvoir, pourquoi même les opposants ne remettent pas en cause l’annexion de la Crimée, le post-capitalisme… n Les nouvelles hétérosexualités DANIEL WELZER-LANG vendredi 16 mai à 18 h Rencontre avec Daniel Welzer-Lang autour de la parution de son ouvrage Les nouvelles hétérosexualités aux éditions Érès.

l’hétéronorme? Ce livre définit et interroge les nouvelles notions ou identités qui apparaissent aujourd’hui :bisexualités,asexua- lité, libertinage, triolisme, can- daulisme, bdsm, cisgenre, bigenre, non-genre, genre fluide, travesti, hétéroqueer, polyamour… Après les interrogations produites par les mouvements LGBTI, les personnes qui se pensaient «nor- males» se sont découvertes «hété- rosexuelles» dans les années 1990. Aujourd’hui, de nombreux et nombreuses hétéros interrogent tout à la fois les identités sexuelles (les bisexualités, l’asexualité, le libertinage, le triolisme, le can- daulisme, le bdsm…), les iden- tités de genre (cisgenre, bigenre, non-genre, genre fluide, travesti, hétéroqueer…) et les dispositions sexuelles comme le polyamour qui tendent à dépasser la prison du couple homme/femme tradition- nel.

Les nouvelles hétérosexuali- tés fait le point sur ces termes qui sont tout à la fois des notions, des concepts et/ou des identités socio- sexuelles – qu’elles concernent le genre et/ou les sexualités. Elles ont en commun d’essayer de se distin- guer de l’hétéronorme. n DANIEL WELZER-LANG est professeur émérite de sociolo- gie, co-responsable du master MESH «éducation à la sexua- lité humaine» de l’Université Toulouse Jean-Jaurès. Parmi ses ouvrages, citons notam- ment Nous, les mecs, essai sur le trouble actuel des hommes (Payot, 2009), Propos sur le sexe (Payot, 2014) et La Putain et le sociologue, coécrit avec Alber- tine (La Musardine, 2014).

COMMENT ÉVOLUENT les hétérosexuel-le-s dans une dyna- mique d’égalité entre hommes et femmes et une critique de

31 b a n d e s d e s s i n é e s Dimanche 11 mars / 18h Ciné Get, Revel (31) Lundi 12 mars / 20h30 Cinéma de Caussade (82) Mardi 13 mars / 20h30 / en présence de Serge Pey Cinéma Utopia, Tournefeuille (31) Mardi 13 mars / 21h00 Cinéma, Limoux (11) Samedi 17 mars / 20h30 Cinéma l’Autan, Ramonville Saint Agne (31) Dimanche 18 mars / 14h Cinéma le Central, Colomiers (31) Dimanche 18 mars / 18h Cinéma, Fronton (31) Jeudi 22 mars / 20h Cinéma Le Balzac, Paris (75) Mardi 27 mars / 20h30 Cinéma La Muse, Bressols (82) Samedi 7 Avril / 16h / en présence de Serge Pey Cinéma Cosmograph, Toulouse (31) SÉANCES-DÉBATS Collioure, 1939, malade, épuisé, fuyant les franquistes Machado meurt à Collioure.

Son œuvre bien vivante a inspiré le poète Serge Pey pour sa marche de la poésie jusqu’à cette tombe où une boîte aux lettres entretient un souffle de vie. Cette histoire, à la fois onirique et mystérieuse, cette marche, le cinéaste Francis Fourcou l'a suivie avec une complice af- fection et une caméra discrète, racontant au jour le jour cette marche initiatique du poète, d'occident vers l'orient, une aventure où les mots et les vers comptent aussi leurs pieds. Un road-movie céleste sur les chemins de la mémoire et de l'émotion, une ballade surréaliste et touchante, légère comme les bulles de savon.

Dominique Delpiroux, La dépêche du Midi SERGE PEY & LA BOÎTE AUX LETTRES DU CIMETIÈRE Un film de Francis FOURCOU en présence du réalisateur Francis Fourcou Samedi 7 Avril / 20h en présence de Serge Pey Scène Nationale Cinéma, Albi (81) Mercredi 18 avril / 20h Cinéma Le Cratère, Toulouse (31) Lundi 30 avril / 20h30 Castelmaurou, le Méliès Wolven ENZO SMITS, WARD SWART jeudi 12 avril à 17 h Dédicace avec Enzo Smits et Ward Swart pour Wolven (Même pas mal).

Extases JEAN-LOUIS TRIPP samedi 14 avril à 18 h Débat avec Jean-Louis Tripp pour Extases (Casterman) animé par la sexologue Capucine Moreau.

Précédé d’une séance de dédicaces à partir de 16 h sur le rayon bd. Wolven est un livre hors-norme et envoûtant dans lequel les jeunes auteurs flamands Enzo Smits (scénario) etWard Zwart (dessin) explorent, au travers de trois récits liés dans le temps et l’espace,les affres de l’ado- lescence.Jouant de façon impressionniste sur les formes et les registres – on pense souvent aux films d’Harmony Korine ou à ceux de Gus Van Sant –,Wolven parlera à celles et ceux qui aiment les Goonies,les Snic- kers (au chocolat noir),James Dean,les extra-terrestres et Dawson… et aussi à ceux qui les détestent.n JEAN-LOUIS TRIPP est né le 4 Février 1958 à Montau- ban.

Après des débuts précoces dans Métal Hurlant en 1977, il publie une dizaine d’albums aux éditions Futuru- polis, Milan et Glénat dont Soviet Zig-Zag (scénario Marc Barcelo) et Zoulou Blues respectivement couronnés par le prix de la presse et le Prix du Public à Angoulême (1986 et 1987). À partir de 1990, il se consacre à la pein- ture et à la sculpture pendant douze ans avant de revenir à la bande dessinée en 2002 en dessinant les deux tomes du Nouveau Jean-Claude (Albin Michel) adaptés du Story Board qu’il a réalisé pour le film du même nom (réalisé par Tronchet). En 2003, il part au Québec enseigner la bande dessinée à l’Université du Québec en Outaouais et dessine Paroles d’Anges (Glénat).Il cosigne la série Maga- sin général (2006-2014) avec Régis Loisel aux éditions Casterman.

Jean-Louis Tripp partage sa vie entre Paris et Montréal.

ET SI LE DERNIER continent à explorer était celui de l’intime? Les relations amoureuses,les pratiques sexuelles,les émo- tions, les sensations, les sentiments, comme autant de ter- ritoires à arpenter à cartographier… C’est le parti pris d’Extases, la série autobiographique de Jean-LouisTripp.Du petit détail trivial au sublime,du phy- siologique au métaphysique, de la jalousie qui consume à l’échangisme joyeux, toutes les facettes qui façonnent la sexualité sont évoquées.

Une rencontre animée par Capucine Moreau, sexologue et fondatrice de «l’école de Capucine» à Tou- louse qui propose des ateliers afin de «cultiver l’érotisme».n

b a n d e s d e s s i n é e s b a n d e s d e s s i n é e s 33 32 Le vol nocturne DELPHINE PANIQUE samedi 31 mars à 17 h Dédicace avec Delphine Panique pour Le vol nocturne (éditions Cornélius). Turing ROBERT DEUTSCH samedi 7 avril à 17 h Dédicace avec Robert Deutsch pour Turing (éditions Sarbacane). Profession du père SORJ CHALANDON, SÉBASTIEN GNAEDIG vendredi 20 avril à 17 h Rencontre avec Sorj Chalandon et Sébastien Gnaedig autour de Profession du père (d’après le roman de Sorj Chalandon), éditions Futuropolis. Suivie d’une séance de dédicaces au rayon bd. Le tour de Belgique MONSIEUR IOU samedi 21 avril à 17 h Dédicace de Monsieur Iou pour Le tour de Belgique (éditions Rue de l’échiquier).

Azolla KARINE BERNADOU vendredi 13 avril à 18 h / Café Côté Cour Vernissage et dédicace avec Karine Bernadou pour Azolla (éditions Atrabile) dans le cadre du festival Indélébile. DELPHINE PANIQUE est une auteure de bande dessinée née àValence, elle nous présentera sa dernière publication Le Vol Nocturne : vous ne vous en doutez peut-être pas, mais les sorcières vivent parmi nous. Pour ne pas qu’on les remarque, elles dissimulent leurs écailles sous de lon- gues robes et s’amusent à regarder à travers les maillots de bain des gens lorsqu’elles vont à la plage.

Rogée et Martine sont deux d’entre elles.

Malicieuses et farfelues, elles multiplient les frasques comme pour se défendre d’un monde qui rejette systématiquement la marginalité.n ROBERT DEUTSCH, né à Köthen (Allemagne),est un illustrateur et gra- phiste free-lance travaillant à Leipzig.Il publie et expose ses créations dans le monde entier,de l’Allemagne aux États-Unis en passant par la France,le Portugal et la Finlande.Il nous présente sa première BD. Alan Turing, génie incompris et naïf, inventeur de l’ordinateur moderne, sportif d’excellence et espion de Sa Majesté pendant la Seconde Guerre mondiale,est resté une figure mystérieuse.Éclairage sensible sur une per- sonnalité fascinante, dans son style parfois presque cubiste, le Turing de Robert Deutsch restitue l’étrange trajectoire de météore qu’a suivie la vie d’AlanTuring.n SORJ CHALANDON a été journaliste au quotidien Libération de 1974 à février 2007.

Il est l’auteur de reportages sur l’Irlande du Nord et le procès de Klaus Barbie qui lui ont valu le prix Albert-Londres en 1988.Depuis août 2009,Sorj Chalandon est journaliste au Canard enchaîné,ainsi que critique cinéma. Il est un auteur reconnu grâce notamment à Une promesse en 2006 (Prix Médicis),Mon traître en 2008 (Prix Joseph Kessel) et en 2011 Retour à Killybegs couronné par le Grand Prix du roman de l’Académie Française. En 2013, le prix Goncourt des lycéens lui est attribué pour Le quatrième mur. En 2015, il publie un nouveau roman Profession du père où il s’inspire de sa propre enfance.

SÉBASTIEN GNAEDIG né à Angers en 1968, il relance les éditions Futuropolis, en 2004, à l’initiative des éditions Gal- limard et des éditions Soleil dont les premières (nouvelles) parutions sortent en septembre 2005.En parallèle,il est des- sinateur de bande dessinée sur scénarios de PhilippeThirault: Mes voisins sont formidables (Le Cycliste),Vider la corbeille (Rackham), Une épaisse couche de sentiments (Dupuis) ou encore Le linge sale.

PROFESSION DU PÈRE ? Footballeur, chanteur, ou encore parachutiste.Agent secret,surtout.Dont la mission est de tuer le général de Gaulle. Rien de moins.

Le père oblige son fils, Émile, douze ans, à l’aider… Bannissant les récitatifs, évitant ainsi les redondances,faisant la part belle au dialogue,jouant habilement des silences, Sébastien Gnaedig a su capter la violence d’un père et la souffrance d’un enfant avec tact et intelligence.n LA TRENTAINE VENUE, Monsieur Iou se rend compte qu’il connaît fina- lement bien mal la Belgique, pays où il vit depuis sa naissance. Il décide de corriger cette impardonnable lacune et d’entreprendre de multiples randonnées à vélo,durant plus d’une année. De Charleroi à Malines, de Bruges à la jungle ardennaise, Monsieur Iou sillonne les lieux clés d’une Belgique tour à tour inattendue ou cocasse, toujours touchante.n KARINE BERNADOU autrice de bd et illustratrice, présente une quin- zaine de planches originales de son dernier roman graphique Azolla publié chez Atrabile en 2016.

Ce récit initiatique étrange et sensuel raconte l’histoire d’Azolla,femme de chasseur,qui vit en compagnie de son mari au fin fond de la forêt.Après la disparition inexpliquée de celui- ci, elle part à sa recherche. Dans sa course folle,Azolla plonge dans un univers fantastique où rêves et réalité s’entremêlent… n

b a n d e s d e s s i n é e s 34 samedi 7 avril 19 h Café Mirepoix Concert dessiné Adrien Demont et Tak. Un concert dessiné,qui relatera en sept tableaux,l’his- toire d’un amour fou, grotesque et tragique entre un poète (Léo Ferré) et un chimpanzé nommé Pépée. Une fable insolite incarnée par la guitare deTak et les mines de plomb d’Adrien Demont. Takuma Shindo et Adrien Demont se sont rencontrés au hasard des fréquentations de lieux artistiques Bor- delais.Le premier explorant en solo un univers instru- mental atmosphérique et minimaliste, et l’autre étant auteur et illustrateur ayant publié plusieurs romans graphiques chez Six pieds sous terre,les éditions de la Cerise, Cornélius ou la collection Métamorphose aux éditions Soleil, ils en vinrent rapidement à décider de collaborer sous forme de concert dessiné.

Demont met en place des scènes et des paysages,que ce soit en fresque, en vidéoprojection ou en lumière, pendant queTakuma s’occupe de créer des ambiances en créant des nappes musicales et des montées aériennes à l’aide d’une guitare électrique et de divers effets. Une performance graphique et musicale qui permet au public d’être en immersion dans le proces- sus artistique. samedi 7 avril 13 h 30-15 h 30 Proposition d’atelier bande dessinée pour jeune public avec Simon Lamouret – durée 2h30. PREMIÈRE PARTIE (1 H) : Création d’un person- nage. Demander à chaque enfant d’imaginer un per- sonnage afin de le dessiner.

L’enfant définit des traits psychologiques à son personnage tel que : gentil, méchant, grincheux, rigolo etc. Le personnage peut être fictif (ex :super héros) ou puisé parmi l’entourage de l’enfant.

DEUXIÈME PARTIE (1H) : Chaque participant est invité à imaginer une histoire mettant en scène son personnage. Aucune contrainte narrative n’est posée. Un strip de 4 à 6 cases maximum mettant en scène le personnage et (ou) d’autres protagonistes sera produit par le ou la participante en fonction de ses envies.Le récit peut être muet ou comporter des dia- logues. TROISIÈME PARTIE (30MN) : La troisième partie sera consacrée à une lecture collective des travaux de chacun.Une discussion où chacun est invité à donner son point de vue sur le travail des autres sera encou- ragée.

Les 48 H bd, c’est : La fête de la bande dessinée, du manga et des comics, partout en France et en Belgique.

Une association, composée de 12 éditeurs membres qui s’associent afin d’organiser une grande manifestation nationale dédiée au 9e art. 200 auteurs qui vont à la rencontre de leurs lecteurs et proposent des animations originales, ludiques et variées, autour de la bande dessinée, dans les librairies et les bibliothèques mais aussi en hors-les-murs et dans les écoles et les hôpitaux. Tous les auteurs sont rémunérés pour les anima- tions qu’ils mènent.

20 LIEUX 4 JOURS DE DÉBATS, CONFÉRENCES ET EXPÉRIMENTATIONS 100 HISTORIENS, CHERCHEURS, JOURNALISTES, ÉCRIVAINS ET ARTISTES

 Humain, non-humain • Qui n’a pas son Minotaure ? S’aventurer dans le labyrinthe des mythes • L’environnement a une histoire • Techno-critiques : du refus des machines à la contestation des techno-sciences • La citoyenneté de l’eau • Hommes et machines dans l’histoire • L’Intelligence Artificielle au miroir des sciences humaines • Exclure l’humain de l’humanité : histoire, race et altérité • Le social est-il réductible au biologique ? • Humains et non humains dans l’Espace • Penser l’humain et le divin : jeux de miroir et pratiques de l’écart • L’histoire à travers les plantes : voyage, argent, amour et politique dans le Nouveau Monde • Le règne de l’entre-deux : les hybrides dans les décors de la Renaissance  Histoire et démocratie • 1968 ou « changer la vie » : futurs possibles et projets imaginés • La télévision fait-elle l’événement dans les années 1968 ?

• Atelier d’auto-défense contre les images avec Patrick Boucheron • Visiter une bibliothèque coloniale française : les recherches sur le passé de l’Afrique subsaharienne (1890 – 1960) Conférences, débats, ateliers Après le succès de sa première édition au printemps dernier et ses 8000 participants, L’histoire à venir sera de retour à Toulouse du 17 au 20 mai 2018 autour du thème « Humain, non-humain ». Le fil rouge de cette année interrogera l’histoire des frontières de l’humain, en explorant les relations que les hommes ont entretenues hier et entretiennent aujourd’hui avec le «non-humain», réel ou imaginé : animaux, paysages et éléments «naturels», dieux, monstres, super-héros, fantômes, machines, robots, extra-terrestres, technologies… Nos deux thématiques pérennes, «Histoire et démocratie», et «Écrire l’histoire», ainsi que des rencontres avec les auteurs des ouvrages qui ont marqué l’année éditoriale éclaireront les débats actuels en histoire et en sciences sociales.

Découvrez dès à présent un aperçu de nos premières rencontres et invités. #2 DANS 20 LIEUX DE LA VILLE DU 17 AU 20 MAI 2018 • L’histoire à travers les plantes : voyage, argent, amour et politique dans le Nouveau Monde • Le règne de l’entre-deux : les hybrides dans les décors de la Renaissance  Histoire et démocratie • 1968 ou « changer la vie » : futurs possibles et projets imaginés • La télévision fait-elle l’événement dans les années 1968 ?

• Atelier d’auto-défense contre les images avec Patrick Boucheron • Visiter une bibliothèque coloniale française : les recherches sur le passé de l’Afrique subsaharienne (1890 – 1960)  Écrire l’histoire • Le cinéma, écriture à venir de l’histoire ? • Utopies, Uchronies : retrouver les alternatives, ouvrir les possibles • Archives ouvertes. Répression policière et judiciaire sous le régime de Vichy • Dessiner l’histoire : la bande dessinée et la représentation du passé • Le procès de Néron : une fiction historique • Néandertal, une autre humanité • Quelle part d’humanité dans l’invention de la guerre ?

#2 DANS 20 LIEUX DE LA VILLE DU 17 AU 20 MAI 2018 Jean-Claude Ameisen Etienne Anheim Geneviève Azam Ludivine Bantigny Éric Baratay Jean Birnbaum Corinne Bonnet Patrick Boucheron Alice Carabédian Sylvie Chaperon Johann Chapoutot Julie Clarini Michèle Dagenais Éric Darras Antoine De Baecque Quentin Deluermoz Elsa Devienne Claude-Olivier Doron Invité/es Renseignements : www.lhistoireavenir.eu Nous suivre : Twitter : @lhistoireavenir Facebook : Lhistoireavenir Contact : contact@lhistoireavenir.eu Natacha Laurent Emmanuel Laurentin Anne Lehoërff Joséphine Lesur Olivier Loubes Sylvestre Maurice Pap Ndiaye Laure Ortiz Rithy Panh Emmanuelle Perez-Tisserant Vinciane Pirenne- Delforge Sophie Rabau Sarah Rey James C.

Scott Pierre Serna Pierre Singaravélou Laure Teulières Nicolas Teyssandier Nicolas Werth Catherine Wihtol de Wenden Michelle Zancarini- Fournel Sophie Dulucq François-Xavier Fauvelle Jean-Baptiste Fressoz Thomas Galoppin Guillaume Gaudin Anne Goulet Adeline Grand-Clément Valérie Hannin Jean-Michel Hupé Christian Ingrao François Jarrige Claire Judde de Larivière Célia Keren Anaïs Kien Isabelle Lacoue-Labarthe Jérôme Lamy Silyane Larcher Le festival L’histoire à venir a été créé à l’initiative de la librairie Ombres blanches, du théâtre Garonne, de l’Université de Toulouse et des éditions Anacharsis.

38/café littéraire café littéraire/39 AU C A F É D E S L A N G U E S > vendredi 6 avril de 12h30 à 14 h > vendredi 4 mai de 12h30 à 14 h Parlar Occitan. Quin que siá le vòstre nivèl, le vòstre parlar, venètz far viure e entendre la lenga! Bienvenue à toutes celles et ceux qui veulent parler occi- tan, quel que soit votre niveau! > lundi 23 avril à 18 h « Café éthique » proposé par l’ERE (Espace de Réflexion éthique Occitanie) Tests génétiques : illusion ou prédiction? (Éditions Le Muscadier) en présence de Perrine Malzac co-auteur de l’ouvrage avec Marion Mathieu L’ouvrage fait le point sur les travaux les plus actuels dans le domaine de la génétique.

Leurs progrès actuels permettent de parler de révolution génétique. Doré- navant, chacun d’entre nous peut, pour quelques cen- taines d’euros, faire séquencer son ADN. Cela ne va pas sans susciter de nombreuses questions : comment fonctionnent ces tests génétiques? À quoi servent-ils? sont-ilsefficaces?Peuvent-ilnousaiderànoussoigner? À prédire nos maladies? Quels problèmes éthiques posent-ils? Il répond de manière pédagogique aux nombreuses questions que posent les tests génétiques. AU C A F É C Ô T É CO U R > du 11 avril au 3 mai Dans le cadre du festival de BD Indélébile Exposition de planches originales du roman graphique Azolla par Karine Bernadou publié aux éditions Atrabile.

Vernissage vendredi 13 avril à 18 h Plus d’infos (pages 32). > mercredi 4 avril de 12 h à 14 h > mercredi 2 mai de 12 h à 14 h Rencontre FLE.

Chaque 1er mercredi du mois, le Café des Langues vous accueille pour une rencontre entre formatrices et formateurs deFLE,alpha,FLI…afind’échangersurnospratiquesetnos problématiquesdanslaconvivialité,l’écouteetlepartage. > samedi 7 avril à 11 h Café psy animé par Serge Vallon « Psychanalyse et littérature » avec Maryse Perrin.La Transmission, avatars et paradoxes. Qu’est que la transmission? Entre tradition et nova- tion la transmission tricote nos subjectivités dans une époque qui doute de son avenir comme son passé. La psychanalyse en a condensé le paradoxe dans le mythe œdipien à méditer encore.

Nous en aborderons les extensions psychologiques et sociales, communication- nelles et généalogiques. Tour à tour burlesques ou tra- giques. Débat à partager.

> samedi 21 avril de 10 h à 11 h > samedi 5 mai de 10 h à 11 h Atelier de poésie animé par Blandine Ponet. Renseignements : blandine.ponet@wanadoo.fr > lundi 16 avril de 17 h à 19 h « Leçon » de philosophie politique avec Isy Morgensztern.L’Europe et la Méditerranée de Charlemagne à nos jours.Les lumières et les révolutions françaises et anglaises. Il nous faut sans douter penser les Lumières comme l’ex- pression intellectuelle la plus féconde d’un christianisme sans divinité. Quant à la Révolution, qu’elle fut française ou anglaise, elle serait la demande de compensation d’une population exigeant de jouer son rôle dans l’His- toire.

Retour sur ces moments fondateurs. Et leur destin. Le programme complet et actualisé des « leçons », ainsi qu’une présentation plus générale de l’ensemble de ce cycle et une bibliographie, sont consultables sur : i-morgensztern-ombres-blanches.blogspot.fr > lundi 9 avril à 17h30 Classiques au détail par Yves Le Pestipon – Cyrano de Bergerac,Description d’un cyprès. CyranodeBergeracestunauteurdespluscélèbres,etdes plus inconnus. Il n’était pas de Bergerac, où il ne pointa jamais le nez, malgré la statue qui orne une place de cette honorable sous-préfecture de Dordogne. Il n’avait d’ailleurs pas un nez si longuement pointu qu’Edmond Rostand l’a dit, mais il était si familier des pointes qu’il écrivit,àcôtédeL’Autremonde,desEntretienspointus.On lui doit la description d’un cyprès, très riche en pointes, littéralement et dans tous les sens.

Si l’on devait s’en ter- nir aux certitudes raisonnables de l’histoire littéraire, on attribuerait volontiers cette pièce de prose à Ponge, mais, blague à part, et sans esprit de parti, elle est une merveille méconnue du XVIIe siècle, qui est de nous si loin, si près. > lundi 7 mai à 17h30 Classiques au détail par Yves Le Pestipon – Marivaux,Le jeu de l’amour et du hasard. Depuis cent ans, on ne cesse de découvrir Marivaux. On s’est mis à rejouer son théâtre, puis à relire ses romans, puis à découvrir ses écrits divers, en particulier de jour- naliste. Grand bonheur qu’on doit à Fréderic Deloffre en 1969.

Belle année en tout cas pour les marivaudiens, car circulèrent alors de nouveaux jeux de l’amour et du hasard, tels ceux qui se combinent, dans une scène désor- mais fameuse du Spectateur français, entre un jeune homme, une jeune dame, un miroir, et les « machines de l’opéra ». À nous de nous « laisser surprendre par les pensées que le hasard » nous fera.

> samedi 5 mai de 11 h à 12 h Information tandems linguistiques. Jet’apprendsmalangue,tum’apprendslatienne!Venez vous renseigner sur les tandems linguistiques! Les béné- voles de l’association Toulangues vous accueillent et vous informent. Plus d’infos sur www.toulangues.org AU C A F É D E S L A N G U E S > du 4 mai au 31 mai – Exposition Sismik & Azot/ Rencontre le jeudi 3 mai à 17 h 30 et vernissage à 19 h. «LA VIE VA VITE EN VRAI est un projet qui a vu le jour fin 2015. En résumé, cette aventure part d’une pra- tique propre au graffiti : le flop. Le flop est un graff composé de lettres arrondies, rapide à réaliser, généralement en 2 couleurs.

Nos peintures sont réalisées dans des lieux abandonnés, que nous affectionnons particulièrement, couplées à une recherche graphique, photographique et colorimétrique.

Depuis nos débuts en 2007, le flop est une pratique que nous avons toujours travaillée, au même rythme que notre approche artistique en atelier et en fresques murales. C’est un tout que nous abordons avec la même sensibilité, les mêmes doutes et ce besoin constant de découverte de l’inconnu. Plus précisément, c’est un projet d’expériences artistiques et graphiques, dictées par l’inspiration que nous offrent nos vies quotidiennes, nos rencontres, mais aussi les lieux que nous découvrons lors de nos vadrouilles. Les couleurs et les compositions de nos peintures sont souvent imposées par ce que nous choisissons de mettre en relation ou en comparaison.

C’est aussi une approche nostalgique qui nous permet de garder vivant ce qui nous a construits et nous a vu grandir toutes ces années.

Au fil de nos expériences, les flops peuvent prendre une forme plus épurée, allant parfois jusqu’à disparaitre. Ils restent tout de même le point de départ de nos réflexions. Notre passion pour la photographie prend une part importante dans cette entreprise. Elle nous permet de rendre nos expériences accessibles au public au travers de nos livres, objets pour lesquels nous avons beaucoup d’affection. La même affection que nous portons aux lieux que nous visitons et dont l’âme nous transporte toujours autant. Ces ouvrages sont aussi l’occasion de rendre hommage aux morceaux d’histoires qui tombent dans l’oubli de cette société qui ne cesse de nous questionner.

Nous souhaitons que cette démarche reste un voyage spontané, car l’im- prévu nous pousse dans nos retranchements et nous permet d’aller vers des chemins que nous n’aurions peut-être jamais empruntés.» AU C A F É C Ô T É CO U R