SAISON 2018-19 - anthea-antibes
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SAISON 2018-19 GÉRARD DEPARDIEU • RICHARD BERRY VÉRONIQUE SANSON • GÉRARD JUGNOT JEAN-PIERRE DARROUSSIN • IBEYI JULIE GAYET • STOMP • HOLLYSIZ JUDITH MAGRE • FRANÇOIS BERLÉAND ARTURO BRACHETTI • JULIE FERRIER BLANCA LI • ROBERT CHARLEBOIS BERNARD PIVOT • CHARLES BERLING CHRISTOPHE MALAVOY • ALEX LUTZ FRANÇOIS MOREL • MICHEL BOUJENAH PIERRE PALMADE • MATHILDE SEIGNER ISABELLE MERGAULT • PINK MARTINI CATHERINE HIEGEL • ÉRIC ELMOSNINO MÉLANIE DOUTEY • PHILIPPE CAUBÈRE VINCENT DEDIENNE • MELVIL POUPAUD TOM NOVEMBRE • CAMILLE CHAMOUX MICHEL FAU • BENJAMIN BIOLAY YVAN ATTAL • LA COMÉDIE-FRANÇAISE GASPARD PROUST • CECILIA BARTOLI...
ÉDITO
Jean Leonetti
Maire d’Antibes Juan-les-Pins
Président de la Communauté
d’Agglomération Sophia Antipolis
Cinq ans après sa création, la fréquentation du théâtre d’Antibes a dépassé toutes nos prévisions.
Avec 120000 spectateurs et 12000 abonnés, anthéa est devenu le premier théâtre de la Région
PACA. Un tel succès nous conforte dans le choix initial d’un grand théâtre à l’architecture affirmée
et symboliquement posé face au Fort Carré d’Antibes. Ce projet conçu en pleine crise économique
a renforcé notre conviction que la culture constitue un antidote et un refuge pendant les périodes
difficiles. Je suis particulièrement reconnaissant aux élus de la Communauté d’Agglomération qui
ont accepté de relever ce défi culturel. Je remercie à nouveau le Conseil Départemental des Alpes-
Maritimes et la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, ainsi que l’ensemble de nos partenaires et
mécènes au premier rang desquels le Casino Joa la Siesta de nous accompagner dans cette belle
aventure.
Le choix de faire d'anthéa une scène du spectacle vivant est aussi un parti pris qui a contribué à
ouvrir le théâtre d'Antibes à un plus large public.
Une programmation diversifiée, la renommée de certains spectacles joués à Antibes avant Paris,
en particulier les mises en scène de Daniel Benoin comme Le souper, Ça va ? et bientôt Tu te
souviendras de moi et Misery... favorisent également ce succès exceptionnel.
Désormais, anthéa doit continuer d’appliquer cette recette de l’excellence, de la surprise et de la
création... Et continuer à nous offrir de très grands moments d’émotion à travers des pièces, des
concerts, de la danse, du spectacle, des coups de cœur et des rencontres extraordinaires avec des
Trintignant, Dussolier, Arditi, Luchini, Sylvie Testud, Jonasz…
En outre, la politique tarifaire accessible que nous avons instaurée a permis d’attirer au théâtre
des gens qui n’y allaient jamais. C’est d’ailleurs là peut-être l’une des plus belles réussites
d’anthéa. Ce théâtre à travers sa programmation et le savoir-faire de Daniel Benoin et de son
équipe nous offre d’inoubliables moments d’enthousiasme, de bonheur et d’émotion avec cette
idée que l’excellence populaire n’est pas une expression antinomique…
À vous désormais, cher public, de choisir dans cette nouvelle programmation exceptionnelle qui
nous réserve encore de belles surprises…
Bonne saison 2018/19 à anthéa.
Jean LeonettiAvril 2018. Cinq ans ont passé. Un
premier cycle s’achève, un autre
s’ouvre. J’ai souvent eu à cœur de
rappeler combien cette aventure
hors-norme a été rendue possible
grâce au soutien sans faille de
Jean Leonetti, au travail de
© Philip Ducap
l’équipe d’anthéa qui a assuré la
Daniel Benoin
Directeur d’anthéa
permanence artistique et évidem-
antipolis théâtre d’antibes ment à la fidélité du public, vous,
qui n’avez jamais délaissé notre
maison commune. Un anniversaire, ça se fête et nous tenons à marquer le coup. Pour autant, ce qui
m’intéresse, c’est de voir au-delà, d’aller de l’avant, de dessiner de nouvelles perspectives et de
susciter de nouvelles envies.
La priorité sera donnée à la création. Nous coproduirons Thyeste, tragédie de Sénèque mise en
scène par Thomas Jolly dans la Cour d’honneur du palais des papes. Pour ma part, je monterai pour
la première fois Don Giovanni, deuxième volet des opéras de Mozart et Da Ponte après Les Noces la
saison dernière. Le Collectif 8 adaptera avec beaucoup d’inventivité Le Château de Kafka tandis que
Felicien Chauveau et La Machine s’attaqueront à Gargantua de Rabelais. Je présenterai pour ma
part une pièce que j'ai déjà montée en Suède, en Flandres et en France, L'Avare de Molière.
Outre nos créations qui sont le socle de toute vie théâtrale, nous accueillerons davantage de
spectacles en exclusivité, des productions rares dont vous serez les spectateurs privilégiés. Cette
année, je me suis battu pour que nous ayons en ouverture de saison l’extraordinaire récital de
Depardieu chantant Barbara, un des moments scéniques parmi les plus émouvants qui soient. Et
aussi la grande mezzo Cecilia Bartoli – présente sur les scènes du monde entier mais pas assez en
France – qui viendra pour deux concerts exceptionnels avec l’ensemble baroque Les Musiciens du
Prince.
Oui, un nouveau cycle s’annonce plein d’audaces et de désirs. Faut-il que tout change pour que rien
ne change ? J’aurais tendance à le croire. Si je ne me vois pas dans la peau d’un vieux Guépard, je
reste attentif à la transmission et je suis heureux que nombre de mes élèves et d’anciens
compagnons de cordée soient aujourd’hui programmés dans le théâtre que je dirige. La question de
la mémoire qui habite mes spectacles depuis longtemps trouve dans ce passage de relais sa
pertinence. Je citerais Pierre Blain qui nous présentera Homninal, un spectacle de clown très
intense et personnel, les membres du Collectif 8 bien évidemment ou Jonathan Gensburger qui a
conçu un spectacle autour de la ville d’Antibes… Sans oublier Vincent Dedienne irrésistible Arlequin
dans Le Jeu de l’amour et du hasard de Catherine Hiegel.
Le théâtre est une famille d’amis et une histoire de fidélité. Je suis heureux quand Michel Boujenah
(Ma vie encore plus rêvée) me fait découvrir La Loi des Prodiges de François de Brauer. Je suis
heureux d’avoir mis Pierre Cassignard à la chanson et de le voir aujourd’hui consacrer un spectacle
à Yves Montand. Je suis heureux de revoir Gérard Jugnot dans La raison d’Aymé ou François
Berléand dans Ramses II du toujours surprenant Sébastien Thiéry. Heureux que puissent revenir
François Morel et Bernard Pivot dans leurs hommages aux mots et à Raymond Devos. Heureux de
la fidélité de Philippe Caubère pour ses adieux à Ferdinand… Heureux de retrouver Gaspard Proust
et Alex Lutz, princes de l’humour. Heureux d’ouvrir les portes à Mathilde Seigner, elle sera La
Nouvelle pour l’ami Richard Berry. Et à Catherine Hiegel qui sera présente non seulement pour sa
mise en scène de Marivaux avec une distribution en or (Pralon, Hesme, Calamy, Dedienne…) mais
aussi aux côtés de Tania Torrens, son ancienne complice du Français, sous la houlette de Pierre
Notte, dans La Nostalgie des blattes. Avec le Scapin de Benjamin Lavernhe, dirigé par Denis
Podalydès, la Comédie-Française nous offrira ce qui se fait de mieux. La reprise d’Art de Yasmina
Reza avec Darroussin, Berling et Fromager sera un moment très attendu. Il faudra venir découvrir
Mélanie Doutey et Michel Fau, surprenants dans Douce-Amère, dans une pièce rare de Jean-Pierre
Poiret. On reprendra le classique Madame Marguerite, créé par Annie Girardot, et interprété par
Stéphanie Bataille, très solide comédienne qui accomplit un formidable travail à la direction du
Théâtre Antoine. Jean-Michel Ribes, vieux complice, sera au rendez-vous avec Sulki et Sulku…
Je ne pourrai pas citer tout le monde mais sachez qu’il y aura de la musique tous azimuts, avec
Benjamin Biolay, Véronique Sanson, Robert Charlebois, HollySiz (fabuleuse Cécile Cassel), Viktor
Lazlo, les jumelles cubaines Ibeyi…
Voilà, renouvellement dans la continuité, réalisation de nouveaux désirs, joie d’être ensemble, c’est
la feuille de route des cinq ans à venir.
Daniel Benoin
3SOMMAIRE
ENVELOPPE 1 : la vie très horrifique du grand gargantua 47
L'INCONTOURNABLE bigre 48
le château 49
l'avare 6-7
thyeste 50-51
antibes et cetera 52
ENVELOPPE 2 :
justice 53
PRIVILÈGE THÉÂTRE
12 hommes en colère 54
au secours ! les mots m’ont mangé 8
dialogue d’un chien avec son maître 55
j’ai des doutes 9
la nostalgie des blattes 56
les fourberies de scapin 10-11
t’es toi ! 57
rabbit hole 12
madame marguerite 58
ramsès II 13
la nouvelle 14
ENVELOPPE 5 :
fausse note 15
TOUT LE SPECTACLE VIVANT
le fils 16-17
un soir avec montand 59
le jeu de l’amour et du hasard 18
adrienne pauly - à vos amours 60
art 19
pierre palmade - aimez-moi 61
la raison d’aymé 20
par le boudu 62
douce amère 21
hollysiz 63
adieu ferdinand ! 22-23
homnimal 64
même 65
ENVELOPPE 3 :
ibeyi 66
PRIVILÈGE SPECTACLE VIVANT
à ma place vous ferrier quoi ? 67
depardieu chante barbara 24
le banquet 68
solstice 25
la mécanique des ombres 69
véronique sanson - dignes, dingues, donc… 26
teatro delusio 70
gaspard proust 27
poussière(s) 71
pink martini 28
viktor lazlo - trois femmes 72
arturo brachetti - solo 29
fractales 73
song book- benjamin biolay et melvil poupaud 30
sympho new 74
alex lutz 31
25 ans de hip-hop 75
don giovanni 32-33
la loi des prodiges 76
cecilia bartoli et les musiciens du prince 34-35
cold blood 77
stomp 36-37
ballet nice méditerannée 78
robert charlebois 38
réversible 79
ma vie encore plus rêvée 80
ENVELOPPE 4 : immersion 81
TOUT LE THÉÂTRE
en attendant bojangles 39
HORS SCÈNES 82
jean moulin, évangile 40
PARTENAIRES CULTURELS 83-84-85
l’entretien de m. descartes avec m. pascal le jeune 41
les vitalabri 42 SCOLAIRES ET ENSEIGNANTS 86
clouée au sol 43 PRATIQUE 87
sulki et sulku ont des conversations intelligentes 44 L’ÉQUIPE 88
quatorze 45 LE CARRÉ 89
l’amante anglaise 46 CALENDRIER 90-91
51
ENVELOPPE 1 L'INCONTOURNABLE
L’Avare est un personnage magnifique
dans une mise en scène plusieurs fois
primée de Daniel Benoin
61
l'avare
ENVELOPPE 1 L'INCONTOURNABLE
ction
à vous dégouter de l’avarice
odu
pr
AVRIL l'histoire Harpagon n’aime que son argent et soupçonne
mardi 23 | 20h00 tout le monde de vouloir le lui voler. Pour marier ses deux
mercredi 24 | 20h30 enfants, il a fait le choix d’une riche veuve pour son fils
jeudi 25 | 20h00 Cléante et pour sa fille, Élise, du seigneur Anselme, un
vendredi 26 | 20h30 homme mûr, noble et fort riche. Harpagon est pressé de
samedi 27 | 20h30 caser ses enfants pour épouser lui-même une jeune fille
mardi 30 | 20h00 pauvre, Marianne, dont la beauté l’a charmé…
MAI ce qu’ils en disent Une pièce d’une étonnante
modernité, psychologiquement fascinante. L’histoire de
jeudi 2 | 20h00
L’Avare, comme de toutes les autres grandes œuvres de
vendredi 3 | 20h30
Molière, est l’histoire d’une passion effrénée, sinon folle,
samedi 4 | 20h30
qui finit par troubler l’ordre social. A l’inverse de Dom
dimanche 5 | 15h30
Juan qui existe dans la dépense, il s’agit là d’une passion
mardi 7 | 20h00
de la restriction, du retour vers soi, de la retenue, du
jeudi 9 | 20h00
revenu. Harpagon, pour qui tous les moyens de lutter
vendredi 10 | 20h30
contre la mort sont bons, cherche avidement ce qui lui
samedi 11 | 20h30
semble éternel – l’argent – et ce qui peut lui insuffler une
dimanche 12 | 15h30
nouvelle vie, la jeunesse de Marianne… L’or, à l’évidence,
représentation en temps scolaire : ne pouvait assouvir sa faim ; extérieur à lui, il ne pouvait
jeudi 2 mai | 14h00
que vouer Harpagon à l’échec et à l'angoisse. Et cet échec
mardi 7 mai | 14h00
a vraiment débuté lorsqu’Harpagon, fasciné par
théâtre Marianne, comme Arnolphe par Agnès ou Alceste par
de Molière
Célimène, a commencé à désirer passionnément celle qui
mise en scène Daniel Benoin pourrait être sa petite fille… Alors, tout va se dérégler, les
rôles vont s’inverser, les fils vont prendre le pouvoir, les
avec Thibault de Montalembert,
Frédéric de Golfiem, Paul Charieras,
valets trouveront l’or caché et l’avidité d’Harpagon
Paulo Correia… (distribution en cours) deviendra l’avarice. Daniel Benoin
décors Jean-Pierre Laporte ce qu’ils en pensent Tout le cheminement d’Harpagon
costumes Nathalie Bérard-Benoin le conduira vers une sorte d’innocence inversée,
vidéo Paulo Correia
symbolisée, en fin de spectacle par la blancheur d’habits
lumière Daniel Benoin
lunaires. Il n’est pas le plus mauvais de la bande, semble
production anthéa, théâtre d’antibes nous dire Daniel Benoin qui, à l’isolement d’Harpagon,
salle Jacques Audiberti trouve quelque chose d’émouvant et, à son goût de
l’argent, des ressorts enfantins. Gilles Costaz, Les Echos
rencontre avec l'équipe artistique
à l'issue de la représentation du On se dit que voilà une mise en scène intelligente, qui ne
mardi 30 avril
sollicite pas outre mesure les vains plaisirs de la «
relecture », sans toutefois se priver, ici ou là, de clins
d’yeux malins au goût du jour. Benoin suit la donne
classique, sans l’adorner d’un trop de petites trouvailles
énervantes. Son travail fait penser aux leçons de
Planchon, celui d’avant, qui rajeunit notre vision de
Molière sans encore l’égarer sur des chemins de traverse.
Jean-Pierre Léonardini, L’Humanité
Cette lecture au noir de l’une des pièces les plus
populaires du répertoire a reçu le prix suédois de la
meilleure mise en scène de l’année et a été saluée
unanimement par la critique. C’est la comédie la plus
dure, la plus méchante que Molière ait écrite. On ne rit
guère à L’Avare. La passion, le drame, familial, affleurent
sous la farce. Molière varie les couleurs de sa palette.
Daniel Benoin rend bien cela, ces ambiguïtés, ces
richesses. D’emblée il impose une vision, un climat.
Frédéric Fernet, Le Figaro
Comment être surpris par un Avare de plus ? Celui-là
émerveille. Il arrive parfois que le théâtre soit inspiré. Le
Canard Enchainé
72
au secours !
ENVELOPPE 2 PRIVILÈGE THÉÂTRE
les mots m’ont mangé
le nouveau spectacle de bernard pivot
OCTOBRE l’histoire Déclaration d’amour à la langue française, ce
vendredi 5 | 20h30 texte de Bernard Pivot raconte la vie d’un homme qui
samedi 6 | 20h30 malgré ses succès de romancier – lauréat du prix
Goncourt, passage chez Pivot… – a toujours eu
théâtre l’impression d’être « mangé par les mots ». La pièce met
de et avec Bernard Pivot en scène le destin périlleux, burlesque et navrant de cet
mise en scène et collaboration artistique écrivain avalé par sa passion des mots.
Jean-Paul Bazziconi
lumières Thomas Chelot ce qu’ils en disent Ce petit texte que l’on va voir qui
célèbre la puissance des hôtes du dictionnaire a été écrit
production Sea Art
pour être dit sur scène. Pour être joué. Jean-Michel Ribes
salle Jacques Audiberti m’avait demandé une contribution pour son théâtre du
durée 1h25
Rond-Point. Ce que je fis, y trouvant du plaisir. Et de
l’amusement. Avec cet écrivain qui raconte sa vie depuis
sa naissance jusqu’à sa comparution devant Dieu, je n’ai
d’autre lien que la proximité de l’âge, ainsi que l’amour et
la crainte des mots. Normalien, agrégé de lettres, prix
Goncourt, il a été mon invité à Apostrophes, je le confirme.
Ce n’est pas mon auteur préféré mais j’ai décidé de
squatter son bureau car j’apprécie sa manière de jouer
avec les mots et sa conscience d’en être le jouet. Il n’est
pas interdit d’être ému par son douloureux parcours
quoique chatoyant et cocasse. Bernard Pivot
ce qu’ils en pensent On ne dira jamais assez la
métamorphose tardive et spectaculaire de Bernard Pivot.
Car on peine à reconnaître dans les théâtres où, seul en
scène, il se produit depuis quatre ans, l’animateur
d’Apostrophes. Avec Au secours ! Les mots m’ont mangé,
Pivot exulte et s’exalte. À 81 ans il est enfin lui-même.
Toute sa vie il a posé des questions. Voici venu le temps
de donner ses réponses ! Endossant le personnage d’un
écrivain, il joue à réformer l’orthographe, à se glisser à
Apostrophes, à imiter un « collègue »… Pivot commence
une carrière façon Michel Leeb ou Raymond Devos. Quel
culot et quel régal ! Jérôme Garcin, L’Obs
Un seul en scène fin, intelligent, subtil, drôle et vrai où
tout en ne dévoilant rien de lui, Pivot, maître du jeu, reste
Pivot. Standing ovation ! Paule Constant, membre de
l’Académie Goncourt
Après Souvenir d’un gratteur de tête,
Bernard Pivot nous fait l’amitié de revenir
avec son nouveau et savoureux seul en scène.
© Philippe Yvonnet
82
ENVELOPPE 2 PRIVILÈGE THÉÂTRE
j’ai des doutes
hommage enchanté
à raymond devos
La magie du duo Morel-Sahler
avait déjà opéré pour La Vie (titre provisoire)
et Hyacinthe et Rose, les voici réunis
pour célébrer RAYMOND DEVOS avec des doutes
mais la certitude du charme et du talent.
OCTOBRE l’histoire Le spectacle J’ai des doutes qui reprend le titre d’un célèbre
mardi 16 | 20h00 sketch du regretté Raymond Devos ne se veut pas seulement un hommage
mercredi 17 | 20h30 au génie des mots et du jeu entre eux mais aussi au grand artiste de
music-hall qu’il aura été. Devos a laissé dans nos mémoires des morceaux
humour de bravoure avec le langage et le souvenir d’une présence physique hors-
texte Raymond Devos norme : on le revoit s’accompagnant d’un minuscule bandonéon pour
mise en scène François Morel chanter. Pour les besoins du spectacle, Antoine Sahler et François Morel
avec François Morel,
ont tout lu, tout vu du poète Devos et ont adapté en chansons certains de
Antoine Sahler, en alternance avec ses textes pour rendre un hommage aérien au plus léger des humoristes.
Romain Lemire
musique Antoine Sahler ce qu’ils en disent Raymond Devos, Mesdames et Messieurs, est un miracle
direction technique qui est apparu, singulier, sur la scène du music-hall français. Il ne ressemblait à
Denis Melchers personne. Personne, plus jamais, ne lui ressemblera. C’est comme ça. Il faut se
lumières Alain Paradis
faire une raison. Même si on n’est pas obligé… de se faire une raison. Il est plus
son Camille Urvoy
costumes Elisa Ingrassia
opportun en évoquant Devos de se faire une folie. Un grain de folie capable
conception marionnette Johanna d’enrayer la mécanique bien huilée de la logique, de la réalité, du quotidien. Ceux
Ehlert qui l’ont vu s’en souviennent : Raymond Devos fut un phénomène rare. Comme
construction marionnette les arcs-en-ciel de feu circulaire, comme les colonnes de lumière, comme les
Blick Fabrique
vents d’incendie, comme les nuages lenticulaires, il a surgi, miraculeux et
productions de l’Explorateur, mystérieux, derrière un rideau rouge qui s’ouvrait sur l’imaginaire. On n’avait
Châteauvallon - Scène nationale, jamais vu ça ! Et, devant cet homme en apesanteur, on avait le souffle coupé.
La Coursive - Scène Nationale
François Morel
de la Rochelle
© Pascal Rabaté/Frédéric Méi
salle Jacques Audiberti ce qu’ils en pensent François Morel est un aristocrate de la scène. Un
durée 1h30 des artistes les plus doués de sa génération et le plus généreux sans
doute. Il joue, il écrit, il chante. Mais sa passion demeure le music-hall. Le
rencontre avec l'équipe artistique
grand music-hall d’art, tel que l’a incarné, des années durant, son cher
à l'issue de la représentation du
mardi 16 octobre
Raymond Devos. Une certaine culture à la Trenet coule dans ses veines et
l’on s’y reconnaît. Armelle Héliot, Le Figaro
92
ENVELOPPE 2 PRIVILÈGE THÉÂTRE
les fourberies de scapin
un spectacle devenu culte
Denis Podalydès met en scène l’immortel Scapin.
Ce spectacle est devenu, en moins d'un an,
une extraordinaire référence pour la maison de Molière.
© Christophe de Lage, collection Comédie Française
102
ENVELOPPE 2 PRIVILÈGE THÉÂTRE
NOVEMBRE l’histoire À Naples, Léandre et Octave
mardi 6 | 20h00 profitent de l’absence de leurs pères
mercredi 7 | 20h30 respectifs, Géronte et Argante, pour
jeudi 8 | 20h00 courtiser les femmes qu’ils aiment.
Léandre cherche à séduire Zerbinette et
théâtre Octave est allé jusqu’à épouser
à voir en famille partir de 8 ans secrètement Hyacinthe. Mais voici que les
de Molière deux barbons paternels annoncent leur
mise en scène Denis Podalydès retour et ont de tout autres projets
avec la troupe de la Comédie-Française
matrimoniaux pour leurs fils. Que faire ? Il
distribution à la création appartiendra à Scapin, valet de Léandre, de
Bakary Sangaré, Gilles David, Adeline tirer d’affaire les deux jeunes écervelés…
d'Hermy, Benjamin Lavernhe, Claire de la
Rue du Can, Didier Sandre, Pauline ce qu’ils en disent Intuition que Scapin
Clément, Julien Frison, Gaël Kamilindi, n’a pas un seul costume. Il échappe, nous
Maïka Louakairim, Aude Rouanet
échappe (scappare). C’est l’acteur à l’état
scénographie Éric Ruf
pur. Pourquoi Scapin fait-il tout ça, quand il
lumières Stéphanie Daniel sait qu’il n’en touchera presque rien ? Par
costumes Christian Lacroix désir pur de jouer peut-être, de risquer le
son Bernard Valléry jeu, d’engager la partie, de miser de plus en
maquillages Véronique Soulier-Nguyen
plus gros, de chercher les limites. Denis
collaboration artistique et chorégraphie
Leslie Menu Podalydès
assistanat à la mise en scène
Alison Hornus
ce qu’ils en pensent Les Fourberies de
assistanat à la scénographie Scapin, c’est une farce ! Et là c’est joué,
Dominique Schmitt effectivement, en farce. Ça marche très
production Comédie-Française
bien, la salle rit mais elle ne rit jamais
bêtement. Elle rit du texte de Molière parce
salle Jacques Audiberti qu’il est admirablement dit. Le meilleur
durée 1h45 Scapin que j’ai jamais vu ! Jacques Nerson,
Le Masque et la Plume, France-Inter
Qu’il est réjouissant de (re)découvrir Les
Fourberies de Scapin ! Dans la mise en
scène que signe Denis Podalydès c’est une
pièce d’une puissance comique
sensationnelle, certes, mais aussi une
œuvre où les liens entre la vie et le théâtre
s’expriment avec une profondeur et une
élégance inégalées. Fabienne Darge, Le
Monde
Pas une ombre à ce tableau où une dimension
supplémentaire est donnée par la
scénographie d’Éric Ruf et les costumes de
Christian Lacroix. Mais c’est d’abord le plaisir
du jeu et du texte qui l’emporte. Sophie
Jouve, France Info
112 rabbit hole
le retour de julie gayet sur scène
ENVELOPPE 2 PRIVILÈGE THÉÂTRE
NOVEMBRE l’histoire À la suite de la mort de leur enfant, renversé
samedi 24 | 20h30 par une voiture, Becky et Howard tentent de surmonter la
dimanche 25 | 15h30 douleur de la perte et de redonner du sens à leur vie. Face
à un deuil qui semble impossible, chacun réapprend les
théâtre gestes, les mots et, dans la nécessité qu’il y a à se
de David Lindsay-Abaire réinventer, se trouve confronté à de nouvelles situations
texte français Marc Lesage tour à tour étranges, surprenantes, cocasses. Becky ira
mise en scène Claudia Stavisky jusqu’à se rapprocher du jeune homme responsable de
avec Julie Gayet, Patrick Catalifo, l’accident… Peu à peu, de ce Big Bang de vies bouleversées
Lolita Chammah, Christiane Cohendy, naît un jour nouveau.
Renan Prévot
scénographie Alexandre de Dardel ce qu’ils en disent La pièce est pour moi le parcours
lumière Franck Thévenon ascensionnel d’une famille qui est en train de sortir d’un
costumes Lili Kendaka
« rabbit hole », c’est-à-dire d’un trou noir, littéralement.
son Jean-Louis Imbert
vidéo Asa Mader
Un trou dans le tissu de l’univers dont on sait peu de
assistante à la mise en scène Margot Thery choses, sauf que l’énergie y entre et ressort quelque part,
sans que l’on sache sous quelle forme et comment. Je
production Célestins—Théâtre de Lyon
avec le soutien du Grand Lyon, la métropole
trouve cette métaphore astrophysique très intéressante,
car c’est une manière simple et finalement humaine de
salle Jacques Audiberti
montrer que tout, dans les personnages de la pièce, est
durée 1h45
fait pour survivre et accepter le deuil. Claudia Stavisky
ce qu’ils en pensent Cela fait vingt ans qu’elle n’était
pas montée sur les planches. Pour son retour sur scène,
Julie Gayet lumineuse et toute en retenue, s’offre un
triomphe. Catherine Lagrange, Le Parisien
Claudia Stavisky signe une mise en scène étudiée,
soignée, raffinée de ce sujet difficile sans jamais sombrer
dans le pathos ni la complaisance. François Varlin,
Théâtral Magazine
Avec Julie Gayet, tout en intériorité lumineuse au cœur
d’une distribution exceptionnelle, Claudia Stavisky
s’empare de cette subtile cartographie souterraine des
passions humaines pour mettre en scène le cheminement
intime qui mène à la résilience. France Culture
Pour exprimer la renaissance après le chaos,
il fallait des comédiens d’une exceptionnelle vitalité.
Gayet, Catalifo, Chammah, tous confèrent à l’intimité
du drame une portée universelle.
© Simon Gosselin
122
anthéa a pris un abonnement à Sébastien Thiéry,
ENVELOPPE 2 PRIVILÈGE THÉÂTRE
orfèvre en théâtre déroutant,
entre fête de l’intelligence et rire salvateur.
ramsès II
le fidèle berléand de retour à anthéa
DÉCEMBRE l’histoire Jean et Élisabeth, dans leur belle maison de
jeudi 20 | 20h00 campagne, attendent pour le déjeuner leur fille et son mari
vendredi 21 | 20h30 de retour d’un voyage en Egypte… Mais le gendre débarque
seul et ses explications justifiant l’absence de sa femme ne
théâtre sont pas très claires. Assez vite on sent que quelque chose
à partir de 15 ans déraille et très vite c’est tout l’édifice qui vacille. Cette
de Sébastien Thiéry famille qui semblait solide comme le roc dont on fait les
mise en scène Stéphane Hillel pyramides abrite un mystère qui nous égare et nous
dépasse…
avec François Berléand,
Éric Elmosnino, Evelyne Buyle, ce qu’ils en disent Comme dans mes pièces
Élise Diamant
précédentes Momo, Deux hommes tout nus ou Comme
musiques François Peyrony
décors Jacques Gabel
s’il en pleuvait, on ne sait pas très bien où se situe la
costumes Anne Schotte vérité, comme s’il pouvait y avoir plusieurs points de vue
lumières Dominique Borrini sur la même situation. Ce qui importe dans Ramsès II, ce
vidéo Léonard n’est pas l’explication de la folie mais plutôt les situations
assistante mise en scène
qu’elle provoque, mon ambition première étant de faire
Marjolaine Aizpiri
rire. Rien ne m’amuse tant que de voir des bourgeois se
production Arts Live Entertainment débattre pour tenter de comprendre ce qu’il leur arrive.
Par moments, le spectateur, les personnages de ma pièce
salle Jacques Audiberti
durée 1h40
et même l’auteur se sentiront peut-être un peu perdus
dans cette histoire, mais si tout le monde rit du début à la
fin de la représentation, alors j’aurai atteint mon objectif.
Sébastien Thiéry
ce qu’ils en pensent C’est à la fois hilarant et
machiavélique et, lorsque le secret – glaçant – tombe à la
dernière seconde, la salle est debout. Une pièce à aller
voir avec ses beaux-parents, bien évidemment. Alix Girod
de l’Ain, Elle
Nouvelle pièce de Sébastien Thiéry, féroce comme
toujours et finement jouée par un François Berléand à la
mobilité contrariée, un Éric Elmosnino électrique et
provocateur, sous le regard des talentueuses Évelyne
Buyle et Élise Diamant. Mais chut ! Il faut le voir pour le
croire… Armelle Héliot, Le Figaro
Éric Elmosnino est dément, effroyablement
drôle face à François Berléand cloué
sur une chaise roulante. Entre les
deux, Évelyne Buyle conserve son
élégance excentrique. Comédie
noire, thriller, drame familial,
I’univers est singulier. On sort de
cet humour parfois très noir en se
demandant où I’on est. Sylvain
Merle, Le Parisien
© Céline Nieszawer
© Pascal Victor
132
la nouvelle
ENVELOPPE 2 PRIVILÈGE THÉÂTRE
mathilde seigner et richard berry
réunis pour la première fois
l’histoire Veuf d’une soixantaine d’années, Simon compte JANVIER
bientôt se remarier avec Mado de vingt ans sa cadette. vendredi 11 | 20h30
Passage obligé : il doit présenter sa prochaine épouse à ses samedi 12 | 20h30
deux fils déjà adultes. Mais quelque chose nous dit que la
mission se révèlera plus délicate que prévu. Obtenir théâtre
l’approbation des siens quand on refait sa vie peut être un d’Éric Assous
parcours du combattant. Mado dans son rôle de future mise en scène Richard Berry
belle-mère se montre d’une patience d’ange, elle saura
avec Richard Berry, Mathilde Seigner,
aussi ruer dans les brancards quand la situation l’imposera.
Héloïse Martin, Rudy Milstein,
Félicien Juttner
ce qu’ils en disent Autrefois un mariage devait avoir
chorégraphie Marie-Claude Pietragalla
l’assentiment des parents. Aujourd’hui, un (second) et Julien Derouault
mariage doit avoir l’assentiment des enfants. En musique originale Michel Winogradoff
m’attaquant à ce sujet, je n’ai pas choisi mon camp. Pas décors Philippe Chiffre
de parti-pris. Je suis pour et contre à la fois. Quand je costumes Laurence Struz
lumières Dominique Bruguière
peins des personnages qui s’opposent, je me mets
son Michel Winogradoff
successivement à leur place (ce qui fait d’un auteur un création vidéo Olivier Roset
schizophrène assumé). Il appartient au spectateur de se assistante mise en scène
faire une opinion. Ce que je souhaite avant tout, c’est Brigitte Villanueva
restituer des situations de la façon la plus vivante, la plus production Arts Live Entertainment
drôle, la plus contemporaine et intemporelle, sans aucun
salle Jacques Audiberti
esprit de caricature. J’attends qu’on dise de mes
durée 1h50
personnages : je ne les connais pas mais je les reconnais.
Éric Assous tarif opéra-événements
ce qu’ils en pensent Assous
sait appuyer là où il faut
pour faire rire, et
maîtrise parfaitement
le comique de
situation. Berry, qui
signe également la
mise en scène, mène la
danse. Jérôme Béglé, Le
Point
La production est très soignée, c’est efficace. Dans un
décor spectaculaire, Richard Berry imprime un
mouvement tonique à la représentation d’une beauté
superbe, avec son sens profond du plateau, sa voix
harmonieuse, sa présence, son autorité, son esprit,
Mathilde Seigner ravit chacun. C’est très bien joué.
Armelle Héliot, Figaroscope
On s’amuse un maximum autant sur scène que dans la
salle. Éric Assous a encore visé juste, la pièce fonctionne
à plein régime ! Jean-Philippe Viaud, France 2
Après le succès de Nos femmes,
Richard Berry nous présente La Nouvelle.
La force de caractère et le talent de Mathilde Seigner
© Céline Nieszawer
nous ont convaincu que cette fois c’était la bonne.
142
fausse note
ENVELOPPE 2 PRIVILÈGE THÉÂTRE
combat de chefs
entre christophe malavoy
et tom novembre
JANVIER l’histoire Après un concert, le chef Hans Peter Miller, à la
mardi 15 | 20h00 tête du Philharmonique de Genève, reçoit dans sa loge un
spectateur insistant qui se présente sous le nom de Léon
théâtre Dinkel et prétend être venu de Belgique pour l’applaudir. Au
de Didier Caron, lieu d’éconduire poliment cet admirateur, Miller se laisse
mise en scène Didier Caron, envahir par cet inconnu, l’entrevue se prolonge, le trouble
Christophe Luthringer s’installe, l’ombre du passé s’invite, l’angoisse monte. Qui
avec Christophe Malavoy, est Léon Dinkel ? Que veut-il ?
Tom Novembre
assistante mis en scène ce qu’ils en disent Avons-nous le libre arbitre d’agir et
Isabelle Brannens pouvons-nous nous libérer des chaînes laissées par nos
scénographie Marius Strasser pères ? Je pense personnellement que nous sommes
lumières Florent Barnaud
maîtres de nos choix. Alors si un père s’est mal comporté
costumes Christine Chauvey
son Franck Gervais
de son vivant, pouvons-nous réparer en son nom ou
régie de tournée Frédéric Bremond, devons-nous porter sa faute et culpabiliser toute notre
Florent Barnaud vie ? Fausse note aborde les thèmes de la transmission,
production ID Production
de la réparation mais aussi de la vengeance, cette
coproduction Didier Caron vengeance qui semble apaiser mais qui finalement ne
avec le soutien de la SPEDIDAM, répare rien. Didier Caron
de l’Espace 93 de Clichy sous Bois,
de l’Espace Carpeaux de Courbevoie ce qu’ils en pensent Chacun, de l’auteur et des
metteurs en scène aux comédiens, a le sens de la tension
salle Jacques Audiberti
durée 1h20 irrespirable des grands combats, dans ce qui mériterait
d’être l’un des succès de la rentrée. Gilles Costaz,
Webthéâtre
Didier Caron réussit le pari de faire reposer par le seul
dialogue d’un duo, autant inattendu qu’efficace, un
argumentaire puissant qui tient en haleine de bout en
bout. Le binôme fonctionne à merveille, Christophe
Malavoy et Tom Novembre ont toute la fibre nécessaire
pour transmettre cette dramaturgie où s’immisce une
diversité de thème. Prenant. Jacky Bornet, France Info
Vous avez deux acteurs d’une folle séduction qui vous
réservent de mâles surprises... Bouleversant et jouissif.
Catherine Schwaab, Paris Match
Pour rendre tous les accents de ce drame
© Franck Harscouët
qui se joue en sourdine, il fallait les nuances,
la musicalité et l’intériorité de jeu de Tom Novembre
et Christophe Malavoy, de retour au théâtre.
152
ENVELOPPE 2 PRIVILÈGE THÉÂTRE
le fils
six nominations
aux molières 2018
Après La Mère et Le Père acclamés partout,
c’est au tour du Fils, joué par Yvan Attal et Rod Paradot,
tous deux césarisés, de refermer la percutante trilogie
de Florian Zeller.
© Lisa Lesourd
162
ENVELOPPE 2 PRIVILÈGE THÉÂTRE
l’histoire On est trop sérieux quand on a 17
ans. Nicolas, en tout cas, semble avoir du mal
à vivre son jeune âge. Il n'est plus cet enfant
lumineux qui souriait tout le temps. Que lui est-il
arrivé ? Pourquoi sèche-t-il les cours ? Panique à
bord : sa mère, dépassée par les événements, ne
sait plus quoi faire. Et quand Nicolas demande à
vivre chez son père, ce dernier tente tout pour le
sauver de son mal-être et lui redonner le goût de
vivre. Mais peut-on vraiment sauver quelqu'un
contre soi-même et autre que soi-même ?
ce qu’ils en disent Pourquoi ce garçon de 17 ans
a-t-il tant de mal à vivre ? D’où lui vient cette
détresse soudaine ? Ceux qui l’entourent tentent de
l’aider, mais ne parviennent pas à
comprendre ce qui lui arrive.
Traverse-t-il un épisode
dépressif ? Lui est-il arrivé
quelque chose au lycée ? Est-
ce seulement l’adolescence ?
L’épreuve des parents tient précisément au fait que ces
questions ne trouvent pas de réponses. Or il n’y a rien de
FÉVRIER plus douloureux que de voir souffrir une personne aimée
mardi 26 | 20h00 sans pouvoir l’aider... Je voulais, à travers cette pièce, me
mercredi 27 | 20h30 rapprocher de ce moment où quelque chose se déchire :
théâtre l’enfant que nous avons élevé cesse d’être celui que nous
connaissions, pour devenir un être autonome, inquiétant
de Florian Zeller
et qui nous échappe. Cette pièce raconte l’histoire d’un
mise en scène Ladislas Chollat
père qui tente de sauver son fils, mais qui n’y parvient
avec Yvan Attal, Anne Consigny, pas. Florian Zeller
Élodie Navarre, Rod Paradot,
Jean-Philippe Puymartin, ce qu’ils en pensent Florian Zeller réussit avec ce Fils-
Raphaël Magnabosco là, interprété avec une rare vérité, un de ses drames les
décor Édouard Laug plus bouleversants... Yvan Attal, Rod Paradot, Élodie
lumières Alban Sauve
Navarre et Anne Consigny sont juste formidables.
costumes Jean-Daniel Vuillermoz
assistants mise en scène
Fabienne Pascaud, Télérama
Gregory Vouland, Lou Monnet
La pièce de Florian Zeller montre un adolescent aux
son Mathieu Boutel
prises avec la dépression et le désarroi impuissant de ses
production Arts Live Entertainment parents. Un chef-d’œuvre. Jérôme Béglé, Le Point
salle Jacques Audiberti À tous les pères d’un enfant de plus de quinze ans,
durée 1h50 Florian Zeller plante un miroir dans le cœur. Christophe
Barbier, L’Express
tarif opéra-événements
Le Fils est sans conteste la meilleure des douze pièces
écrites par Florian Zeller. Sobre et dense du point de vue
des dialogues comme de l’architecture. On a affaire à un
grand auteur de théâtre. Jacques Nerson, L’Obs
172
ENVELOPPE 2 PRIVILÈGE THÉÂTRE
le jeu de l’amour
et du hasard
marivaux s’invite aux molières avec quatre nominations
l’histoire M. Orgon décide de marier sa fille Silvia à
Dorante, le fils d’un vieil ami. Comme il est libéral, il veut
son consentement. Silvia décide d’un stratagème avant
la venue de son promis : elle échange son rôle avec sa
femme de chambre, Lisette. Sous ce masque, elle a ainsi
Avec ce Marivaux
tout le loisir d’observer sans être vue l’homme qu’elle intelligent et drôle,
doit épouser. Il se trouve que Dorante a eu la même idée Catherine Hiegel
de son côté. Il endosse le costume de son valet Arlequin
s’impose comme une
qui pour sa part est ravi de son bel habit de marquis...
des plus grandes
ce qu’ils en disent Les valets ont tout à conquérir, même
lectrices du répertoire
l’amour et la vérité qu’ils éprouvent pourtant si
naturellement. Le « hasard » qui préside à l’action de la tandis que la
pièce, ne leur a pas accordé de « naissance ». Pour devenir comédienne excelle
ce qu’ils sont, ils ont besoin de l’assentiment de leurs à tirer le meilleur
maîtres. La réalisation de leur amour passe par celle de
l’amour des maîtres. Le théâtre de Marivaux reflète l’image
de ses acteurs, et de
d’une société immobile, suspendue entre le passé et l’avenir, Vincent Dedienne
d’une société qui refuse le changement, mais qui veut jouir, en particulier.
une dernière fois peut-être, de tous ses possibles multiples
et contradictoires. « Le mérite vaut bien la naissance. »
Cette proclamation de Dorante ne continue-t-elle pas MARS
d’interroger nos sociétés d’aujourd’hui ? Catherine Hiegel samedi 23 | 20h30
ce qu’ils en pensent Le public s’impatiente de voir dimanche 24 | 15h30
Vincent Dedienne dans la peau d’Arlequin. Il n’est pas théâtre
déçu. Le jeune comique virtuose charme dès son à voir en famille avec les ados
apparition : ludion joyeux et gracieux, clair dans son
de Marivaux
phrasé, élégant dans ses gestes, il illumine la scène de
mise en scène Catherine Hiegel
son sourire ravageur. Avec Laure Calamy (Lisette),
irrésistible de drôlerie, il forme un duo tout feu tout avec Laure Calamy, Vincent Dedienne,
Clotilde Hesme, Emmanuel Noblet,
flamme. Philippe Chevilley, Les Échos
Alain Pralon, Cyrille Thouvenin
Cette comédie est sacrément amère et Catherine Hiegel assistante à la mise en scène
Marie-Édith Roussillon
ne s’y est pas trompée. Ce réglage, complexe à atteindre,
décors Goury
est à la hauteur de son ambition qui fait la différence costumes Renato Blanchi
entre la facilité et l’exigence. Voilà qui, loin d’avachir le lumières Dominique Borrini
public dans son siège, l’élève et le stimule. Joëlle Gayot,
production Théâtre de la Porte
Télérama Saint-Martin
en coproduction avec
Élégance du décor de Goury, somptuosité des costumes Atelier Théâtre Actuel et Canal 33
de Renato Bianchi, intelligence et sensibilité de la mise en
salle Jacques Audiberti
scène, distribution judicieuse. Grâce aux comédiens, quoi
durée 1h45
© Pascal Viktor
qu’en disent les catastrophistes, Marivaux fait encore rire
aux éclats. Les jeunes comme les moins jeunes. Jacques spectacle organisé dans le cadre
Nerson, L’Obs du Festival les Nuits d'Antibes
182
Jouée, primée et traduite
art
ENVELOPPE 2 PRIVILÈGE THÉÂTRE
dans le monde entier
depuis sa création en 1994, le classique de notre temps
la pièce de Yasmina Reza
revient avec un trio de tête
(Jean-Pierre Darroussin nommé
aux Molières 2018).
l’histoire Marc, Serge et Yvan sont amis depuis trente ans
jusqu’au jour où Serge achète un tableau entièrement blanc.
Serge présente à Marc son acquisition. Marc s’enquiert du prix
de l’œuvre. Il est atterré que son ami ait pu dépenser une
somme pareille pour un tableau blanc ! Yvan est pris à témoin ;
il a d’autres soucis en tête et n’a pas d’avis sur le tableau. C’est
le point de départ d’un « cataclysme » entre les trois amis qui
ira bien au-delà de la question de l’art.
ce qu’ils en disent L’amitié n’est pas éternelle et peut se
MARS trahir. C’est fragile. J’ai une réplique qui dit : « Tu perds des
vendredi 29 | 20h30 amis que tu pensais éternels ». L’amitié, comme l’amour, est
samedi 30 | 20h30 une valeur qui se remet en jeu. Sinon, c’est une amitié
conventionnelle. La pièce est une épreuve particulièrement
théâtre forte pour les trois personnages. Est-ce que cette déflagration
de Yasmina Reza sera fatale à leur amitié ? Est-ce que ce sera un renouveau ? On
mise en scène Patrice Kerbrat ne sait pas. La question est ouverte. Charles Berling
avec Charles Berling, Jean-Pierre ce qu’ils en pensent Yasmina Reza a donné son feu vert et
Darroussin, Alain Fromager accepté l’idée d’une renaissance d’Art. Il fallait trouver trois
décors Edouar Laug comédiens qui acceptent de partager trois premiers rôles.
lumières Laurent Béal
C’était un miracle à la création. Le trio 2018 est tout aussi
assistante mise en scène
Pauline Devinat miraculeux. Armelle Héliot, Le Figaro
costumes Caroline Martel
Décidément Yasmina Reza semble vouée au succès. Est-ce à
production Jean-Marc Dumontet dire que ces lauriers sont immérités ? Il faudrait être aveugle
et Thaleia Productions pour ne pas voir à quel point sa prose est travaillée. Mais c’est
une artiste qui met un point d’honneur à ne jamais faire sentir
salle Jacques Audiberti
l’effort et à cacher son angoisse sous des dehors frivoles. On
durée 1h30
jouera longtemps son théâtre. Jacques Nerson, L’Obs
spectacle organisé dans le cadre
du Festival les Nuits d'Antibes
Trois acteurs dont un Darroussin exceptionnel dans ce rôle un
peu victimaire et veule. La « tirade du faire-part » n’a jamais
été aussi réussie que par lui. C’est poignant. Jérôme Garcin,
Le Masque et la Plume
© Zven Andersen
192
la raison d’aymé
ENVELOPPE 2 PRIVILÈGE THÉÂTRE
mergault-jugnot se font une folie
Complices jusqu’au bout des mots,
Mergault et Jugnot se dépensent sans compter,
dans la plus pure tradition des spectacles
qu’on aime sans chipoter.
l’histoire Aymé, un riche industriel, nage dans le
bonheur : il vient d’épouser une jeune femme, Chloé, de
trente ans sa cadette mais si vénale qu’elle se
débarrasserait bien de lui... Aveuglé par son amour, Aymé
ne voit pas le danger, n’entend plus sa raison… Et MAI
l’incroyable se produit : la Raison d’Aymé prend corps ! mercredi 15 | 20h30
Elle surgit devant lui, en chair et en os et de très mauvaise jeudi 16 | 20h00
humeur, furieuse de ne plus être entendue ! Entre Aymé
théâtre
et cette Raison qui tente par tous les moyens de le sauver,
la cohabitation n’est pas de tout repos... d'Isabelle Mergault
mise en scène Gérard Jugnot
ce qu’ils en disent Moi je me régale tous les soirs, avec Gérard Jugnot, Isabelle Mergault,
parce qu’il y a tout. On est dans le boulevard, on est dans Anne-Sophie Germanaz, Philippe Beglia
le vaudeville, on est dans la clownerie parfois. Il y a aussi décors Jean Haas
un peu plus de choses qui ont du sens vers la fin, donc lumières Jean-Pascal Pracht
costumes Cécile Magnan
vraiment c’est une large palette. Gérard Jugnot
vidéo Olivier Louis Camille
Jugnot et Mergault, les gens savent bien que ça ne va pas musique Khalil Chahine
son Stéphanie
être intello (rires). Isabelle Mergault
Gibert
assistante
ce qu’ils en pensent Efficace, bien interprété, juste ce
mise en
qu’il faut pour emporter la scène Tadrina
salle, La Raison d’Aymé a Hocking
déjà largement rencontré
productions
son public. France Info Théâtre des Nouveautés,
Pascal Legros Productions
Isabelle Mergault
sait tout faire. salle Jacques Audiberti
Écrire des livres, durée 1h30
des films, des tarif opéra-événements
pièces, jouer
la comédie.
Théâtral
Magazine
© Bernard Richebé
202
ENVELOPPE 2 PRIVILÈGE THÉÂTRE
douce-amère
première pièce de jean poiret, juste avant la cage aux folles
Après l’immense succès de Fleur de Cactus
Michel Fau met en scène et joue
Douce-Amère aux côtés de Mélanie Doutey.
l’histoire Années 1970. Élisabeth et Philippe se sont aimés
intensément mais le temps a fini par user leur couple.
Elisabeth rêve de liberté. Philippe, trop fin pour ne pas s’en
apercevoir, s’engage dans un jeu dangereux : il place sur la
route de sa femme d’éventuels amants. Étourdie par ce
manège sentimental, Élisabeth parviendra-t-elle à assumer
véritablement cette liberté choisie et à résister à l’angoisse MAI
envahissante d’une inéluctable solitude ? samedi 18 | 20h30
ce qu’ils en disent Poiret avait une passion pour l’opéra dimanche 19 | 15h30
et son texte est une véritable partition musicale... Avec une théâtre
écriture raffinée, il dépeint une société bourgeoise enlisée
de Jean Poiret
dans ses contradictions et ses pulsions... Vous allez
mise en scène Michel Fau
découvrir ou redécouvrir un auteur à la drôlerie vénéneuse :
Monsieur Poiret. Michel Fau avec Michel Fau, Mélanie Doutey,
Christophe Paou, Remy Laquittant
ce qu’ils en pensent Étrange espace années 1970 qui assistant mise en scène Quentin Amiot
décors Bernard Fau, Natacha Markoff
donne d’emblée à Douce-Amère quelque chose d’insolite,
lumières Joël Fabing
d’irréel, de légèrement décalé. On rit beaucoup, humour costumes David Belugou
féroce, irrésistible, profondément cocasse. Armelle Héliot,
production Arts Live Entertainment
Le Figaro
salle Jacques Audiberti
Atrocement drôle ! Les bons mots fusent. Le Canard
© Marcel Hartmann
durée 1h40
enchaîné
spectacle organisé dans le cadre
Drôle et pourtant si noir. Fau, toujours vrai. Marianne du Festival les Nuits d'Antibes
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