L'ABC de la santé connectée - INTRODUCTION À LA E-SANTÉ - France Silver Eco

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L'ABC de la santé connectée - INTRODUCTION À LA E-SANTÉ - France Silver Eco
L’ABC
     de la santé connectée
      Edition 2017

        INTRODUCTION
        À LA
        E-SANTÉ

www.gpm.fr           VillaMParis   @gpm_fr   #ABCsante
L'ABC de la santé connectée - INTRODUCTION À LA E-SANTÉ - France Silver Eco
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L'ABC de la santé connectée - INTRODUCTION À LA E-SANTÉ - France Silver Eco
La médecine du XXIe siècle est en marche.

Le développement de la e-santé avec son lot d’applications mobiles,
d’objets connectés et de solutions de télémédecine modifie chaque jour un
peu plus l’exercice de tous les professionnels de santé. Il modifie aussi les
comportements, les attentes et les exigences de beaucoup de leurs patients.

Afin d’éclairer nos adhérents face aux innovations numériques en santé,
Groupe Pasteur Mutualité s’est engagé depuis plusieurs années dans une
stratégie e-santé ambitieuse :

• accompagner les professionnels de santé dans leur appropriation concrète
   de la e-santé en mettant à leur disposition des outils d’information ou de
   prévention adaptés ;

• favoriser le développement de services e-santé bénéfiques à leurs
   pratiques professionnelles.

La Commission Innovation de Groupe Pasteur Mutualité travaille et se réunit
chaque mois en ce sens. Composée de professionnels de santé et d’experts
métiers, elle propose, initie et met en œuvre tout au long de l’année des
solutions innovantes au plus près des besoins de nos adhérents.

A travers ce guide de L’ABC des objets connectés, nous avons souhaité vous
donner des repères utiles sur l’environnement de la santé numérique qui vous
entoure. Ce panorama vous permettra également de mieux appréhender les
enjeux actuels et futurs de la médecine connectée.

Très bonne lecture,

La Commission Innovation
Groupe Pasteur Mutualité

                                                                                3
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L'ABC de la santé connectée - INTRODUCTION À LA E-SANTÉ - France Silver Eco
Sommaire
      Les mots clés de la e-santé .................................7
      Éclairages ........................................................................33
      Panorama des objets connectés ...................45

                                                                                              5
L'ABC de la santé connectée - INTRODUCTION À LA E-SANTÉ - France Silver Eco
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L'ABC de la santé connectée - INTRODUCTION À LA E-SANTÉ - France Silver Eco
Les mots clés
de la e-santé
            E-santé ..................................................................................8
            M-santé .............................................................................10
            Objets connectés ........................................................11
            Applications santé..................................................... 14
            Télémédecine............................................................... 18
            Big data .............................................................................20
            Acteurs de la e-santé ............................................ 21
            Villa M .................................................................................22
            Health hackathon ......................................................26
            E-formation.....................................................................27
            Maison de santé connectée ..............................28

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L'ABC de la santé connectée - INTRODUCTION À LA E-SANTÉ - France Silver Eco
01
    E-SANTÉ

    E-santé
    Selon la définition retenue par                         Depuis, avec l’explosion des initiatives
    la Commission européenne, la                           en e-santé et la multiplication des nou-
    e-santé est « l’application des                        velles technologies, le concept d’e-santé
    technologies de l’information                          n’a eu de cesse d’évoluer et d’intégrer de
    et de la communication (TIC) à                         nouvelles notions qui préfigureront sans
    l’ensemble des activités en rapport                    doute la médecine de demain, avec des
    avec la santé ».                                       enjeux à la fois juridiques, éthiques et
                                                           technologiques.
    Le dernier livre blanc du CNOM (Conseil
    National de l’Ordre des Médecins)                      Entre « applis » d’autosurveillance grand
    consacré à la santé connectée 1, resitue la            public, de suivi thérapeutique à distance
    naissance du concept d’e-santé (e-Health               des patients chroniques et de dossier
    en anglais) dès 1999, lors du 7 e congrès              médical informatisé, la e-santé est un
    de télémédecine.                                       champ d’investigation de plus en plus
                                                           étendu qui jouera un rôle sur les pratiques
    L’auteur d’une étude australienne, John                médicales et sur l’organisation du système
    Mitchell, y avait pour la première fois défi-           de soins, avec un continuum entre la santé
    ni le terme « e-health » comme « l’usage               préventive et curative.
    combiné d’internet et des nouvelles
    technologies de l’information à des fins
    cliniques, éducationnelles et administra-
    tives, à la fois localement et à distance ».

     1.   Livre Blanc du Conseil National de l’Ordre des Médecins. Santé connectée, de la E-santé à la santé
          connectée. Janvier 2015.

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L'ABC de la santé connectée - INTRODUCTION À LA E-SANTÉ - France Silver Eco
Le développement des champs multiples de la e-santé :

La e-santé apporte de nouveaux outils pour l’accès aux soins, la qualité de la prise en charge
et l’autonomie des patients, en particulier lorsqu’ils sont atteints de pathologies chroniques.

                                          E-Santé

                                         Télésanté

                           Télémédecine             m-santé

                                                                                                  9
L'ABC de la santé connectée - INTRODUCTION À LA E-SANTÉ - France Silver Eco
02
     M-SANTÉ

     M-santé
     La santé mobile ou « mobile health » en anglais est un des composants
     majeurs de la e-santé. Sa spécificité : l’usage de dispositifs mobiles pour
     enregistrer et transmettre des données de santé, comme aide au diagnostic
     ou encore gérer à distance un soin ou une consultation.

     Selon l’OMS 2 (Organisation Mondiale de                Son intégration dans les pratiques         médi-
     la Santé), la m-santé recouvre « les pra-              cales reste toutefois conditionnée         par la
     tiques médicales et de santé publique                  fiabilité des données médicales et          par la
     reposant sur des dispositifs mobiles tels              protection des données de santé            indivi-
     que les téléphones portables, tablettes,               duelles transmises.
     systèmes de surveillance des patients,
     assistants numériques personnels et                    Pour autant, le changement des pratiques
     autres appareils sans fil ». Ils permettent             est bien en marche ! Selon le baromètre
     par exemple le rappel de rendez-vous par               Vidal CNOM 2016, 65% des médecins uti-
     sms, la télémédecine mobile, l’envoi de                lisent leur smartphone pour prescrire. Une
     messages de prévention ou de suivi en-                 utilisation métier en forte augmentation,
     voyés sur smartphone.                                  puisque cet usage ne concernait que 35%
                                                            des médecins en 2012 et 2013 3.
     La santé mobile, à travers les applications,
     objets connectés ou services, connaît ac-
     tuellement une créativité et des dévelop-
     pements sans précédent.

      2.   M Health. New horizons for health through mobile technologies. OMS.2011.
      3.   4ème baromètre sur les médecins utilisateurs de smartphone en France. Observatoire Vidal des
           « Usages numériques en santé », réalisé en partenariat avec le Conseil National de l’Ordre des
           Médecins (CNOM) 2016. Échantillon de 1402 médecins utilisateurs de smartphone.
10
03
                                                                            OBJETS CONNECTÉS

                                                       Les objets connectés font leur entrée en

Objets                                                 santé. Qu’ils soient réservés aux profes-
                                                       sionnels de santé ou accessibles à tous,
                                                       ils trouvent leur place à chaque étape du

connectés                                              parcours de soin, de la prévention au suivi
                                                       par le patient en passant par le diagnostic
                                                       au cabinet. Tout comme celui des applis
                                                       de santé, le marché des objets connec-
Balance, montre, bracelet,                             tés santé/bien-être connaît une crois-
lecteur de glycémie, cardio-                           sance exponentielle : 15 milliards d’objets
fréquencemètre, tissu intelligent,                     connectés recensés actuellement et 80 à
pilulier...                                            100 milliards annoncés d’ici 2020 ! 1

                                                       Au service de la créativité des acteurs de
                                                       la m-santé, les technologies les plus inno-
                                                       vantes apportent un potentiel de transfor-
                                                       mation du diagnostic, de la prévention, de
                                                       l’adhésion du patient dans son suivi thé-
                                                       rapeutique, sous réserve de fiabilité des
                                                       données transmises et d’un cadre de bon
                                                       usage 1. Quel outil pour quel patient ? À quel
                                                       moment du parcours de soins ? Quelle
                                                       place en santé ou bien-être ? Pour quels
                                                       bénéfices ? Ces questions essentielles sont
                                                       au cœur des réflexions actuelles.

                                                       La labellisation des objets connectés
                                                       et leur évaluation scientifique pour un
                                                       usage en santé font partie des grands
                                                       enjeux qui permettront aux profession-
                                                       nels de santé de pleinement les adopter.

 1.   Livre Blanc du Conseil National de l’Ordre des Médecins. Santé connectée, de la E-santé à la santé
      connectée. Janvier 2015.
                                                                                                           11
Santé connectée
     Quelques dates clés en France et dans le monde, de la genèse à 2020 !

                                1959                                             2005
                                Consultation en psychiatrie                      Lancement mondial
                                via un réseau vidéo                              de Nabaztag, premier
                                spécialisé (180km) 1                             objet connecté à succès1

                                                                                          Création de
                                                                                          bePatient.com,
                                                                                          nouvelle plateforme
            Willem Einthoven                     Création de Doctissimo,                  web française
            transmet une électro-                site d’information pionnier              dédiée aux patients
            cardiographie via une                dans l’information                       atteints de maladies
            ligne téléphonique                   médicale grand public                    chroniques et aux
            (1,5km) 1                            en France                                acteurs de santé2

            1905                                 2000                                     2010

     *Alsace, Basse-Normandie, Bourgogne, Centre, Haute-Normandie, Languedoc-Roussillon, Martinique,
      Pays-de-Loire et Picardie
     **1) développer la médecine connectée, 2) encourager la co-innovation entre professionnels de santé,
       citoyens et acteurs économiques 3) simplifier les démarches administratives des patients et outiller la
       démocratie sanitaire 4) renforcer la sécurité des systèmes d’information en santé
     1.   D’un système de santé curatif à un modèle préventif grâce aux outils numériques. Renaissance
          numérique. Septembre 2014.
     2.   L’usine digitale. Bepatient. Présentation de l’entreprise. www.usine-digitale.fr/annuaire-start-up/
          be-patient,226601.
     3.   Ministère des affaires sociales et de la santé. Présentation du programme hôpital numérique.
          Communiqué de presse mis à jour 13 juin 2016. www.social-sante.gouv.fr.
     4.   Ministère des affaires sociales et de la santé. Présentation du programme « ETAPES ». Communiqué
          de presse publié le 9 mai 2016. www.social-sante.gouv.fr.

12
2011                                      2016                                       2020
         Lancement du programme                    Lancement de la stratégie                  80 milliards
         hôpital numérique3                        nationale e-santé 20205,                   d’objets
                                                   autour de quatre grandes                   connectés
                                                   priorités**                                attendus7

                        Démarrage du programme
                        expérimental « ETAPES »,
                        qui ouvre l’accès à la                           Une prévision de 3,4 milliards
                        télémédecine dans neuf                           de personnes dans le monde
                        territoires pilotes* en France                   munis d’un smartphone,
                        avec l’objectif de plus de                       dont la moitié utilisant
                        2,5 millions de patients ciblés4                 des applis de santé mobile6

                        2014                                             2017

5.   Ministère des affaires sociales et de la santé. Stratégie nationale e-santé 2020. 4 juillet 2016.
6.   Commission européenne. Livre vert sur la santé connectée. Avril 2014.
7.   CNOM. Livre Blanc du Conseil National de l’Ordre des médecins. Santé connectée, de la E-santé à
     la santé connectée. Janvier 2015.

                                                                                                             13
04
     APPLICATIONS SANTÉ

     Applications santé
     Les applis sont des logiciels spécifiquement conçus pour un usage mobile
     sur tablette ou smartphone. Téléchargeables à partir de plateformes dédiées
     comme App Store ou Play Store, elles sont devenues une composante
     majeure de la santé mobile.

                                             Destinée aussi bien au grand public
                                             qu’aux professionnels de santé, l’offre
                                             des applications mobiles santé/bien-être
                                             explose, avec un volume mondial estimé
                                             aujourd’hui à 97 000 4 !

                                             Aujourd’hui, 70 % des applis santé sont des-
                                             tinées au grand public, sur des théma-
                                             tiques très variées du bien être, comme
                                             par exemple la maitrise de son équilibre
                                             alimentaire 4.

                                             Associées à des objets connectés, elles
                                             peuvent enregistrer le rythme cardiaque,
                                             tension et encourager le patient à atteindre
                                             des objectifs précis en matière de forme.
                                             Les applis destinées aux profession-
                                             nels de santé apportent des informations
                                             médicales synthétiques (scores, imageries,
                                             données pharmaceutiques...) visant à faci-
                                             liter le diagnostic, la prescription et le suivi
                                             médical du patient 4.

14
Mais comment choisir ? Peut-on être sûr                 contenu, la protection des données et la
de la fiabilité des informations santé des               cybersécurité.
versions « pro » et « grand public » ?
Qu’en est-il de la sécurité des données                 En France, des lignes directrices sont
collectées ?                                            d’ores et déjà proposées aux fabricants
                                                        et éditeurs. Une proposition de label
En France, les données personnelles col-                collaboratif des applications de santé
lectées par les applis mobiles sont enca-               mobile (mHealth Quality) a été présentée
drées par la loi informatique et libertés. La           au 1er forum parlementaire de la santé
garantie -entre autres- d’un droit d’accès,             connectée en mars 20165. Et la HAS (Haute
de rectification et d’opposition pour l’usa-             Autorité de Santé) a publié le premier
ger4. Les données collectées à caractère                référentiel de bonnes pratiques sur les
médical doivent en outre être stockées par              applications et les objets connectés6.
un hébergeur agréé (voir aussi «Big Data»).             Ce document, fruit d’une réflexion
                                                        collaborative de nombreux experts dans le
Mais face au foisonnement de l’offre, une                domaine, vise à guider, promouvoir l’usage
réflexion plus approfondie est nécessaire                mais aussi à renforcer la confiance dans
pour encadrer davantage la fiabilité du                  l’utilisation de ces nouveaux outils.

 1.   Livre Blanc du Conseil National de l’Ordre des médecins. Santé connectée, de la E-santé à la santé
      connectée. Janvier 2015.
 4.   CNIL. Editeurs d’applications mobiles, quelles sont vos obligations au regard de la loi informatique
      et libertés ? www.cnil.fr
 5.   1er Forum parlementaire de la santé connectée, 29 mars 2016. MHealth Quality. 1er label collaboratif
      en santé connectée. Conception et développement d’applications mobile. Guide de bonnes
      pratiques. Dmd Santé.
 6.   HAS. Référentiel de bonnes pratiques sur les applications et les objets connectés en santé (mobile
      Health ou mHealth). Octobre 2016. Téléchargeable sur le site http://www.has-sante.fr/portail/
      jcms/c_2682685/fr/applis-sante-la-has-etablit-101-regles-de-bonne-pratique
                                                                                                             15
LES APPLICATIONS MOBILES SANTÉ1

          97 000                          Applis de santé mobile
                                          actuellement disponibles (volume estimé)

                       EN N°1
                       Les applis bien-être et forme pour surveiller soi-même sa santé

                             70%
                                       7/10
                                       Des applications santé sont
                                       destinées au grand public
                                       (santé bien-être et forme) 1

                             30%
                                       3/10
                                       Des applications santé sont
                                       destinées aux professionnels de santé
                                       (consultation, surveillance, imagerie diagnostique,
                                       informations pharmaceutiques, … ) 1

                          LES OBJETS CONNECTÉS2

                          15 milliards d’objets connectés recensés aujourd’hui
           2016 2020
                          80 à 100 milliards d’ici 2020

                           LA SANTÉ MOBILE : POUR UNE PRÉVENTION ACCRUE
                           ET UN SYSTÈME DE SANTÉ PLUS EFFICIENT3

           40          MILLIARDS
                       DE
                  PAR AN
                                             =
                                                     Economies estimées dans la gestion
                                                     et la prévention des complications
                                                     des pathologies chroniques en doublant
                                                     l’observance grâce aux TIC*.3
            AUX USA                                  *Technologies de l’Information et de la Communication

     1.   Commission européenne. Livre vert sur la santé connectée. Avril 2014.
     2.   CNOM. Livre Blanc du Conseil National de l’Ordre des médecins. Santé connectée, de la E-santé à
          la santé connectée. Janvier 2015.
     3.   Hillestad et al., « Can electronic medical record systems transform health care ? Potential health
          benefits, savings, and costs », Health Affairs, 1103-1117, sept./oct. 2005.
16
LES CHIFFRES CLÉS
DE LA SANTÉ MOBILE
  LE MARCHÉ DE LA SANTÉ MOBILE,
  UN MARCHÉ MONDIAL QUI EXPLOSE1

 23        MILLIARDS
           DE
 À L’HORIZON
       2017
            DONT

          MILLIARDS EN
 6,9      EUROPE
          MILLIARDS EN
 6,8      ASIE-PACIFIQUE
          MILLIARDS EN
 6,5      AMÉRIQUE DU NORD

                                   17
05
     TÉLÉMÉDECINE

     Télémédecine
     La télémédecine fait elle aussi partie de la e-santé. Elle correspond à
     l’ensemble des pratiques médicales réalisées à distance grâce à l’utilisation
     des télécommunications 7.

     5 actes de la télémédecine sont définis          •   La téléassistance médicale (assistan-
     et encadrés par la législation 7,8 :                ce à distance d’un professionnel de
                                                         santé par un autre professionnel de
     •   La téléconsultation (consultation à             santé au cours d’un acte).
         distance).
                                                     •   La réponse médicale (apportée dans
     •   La téléexpertise (demande à distance            le cadre de la régulation médicale du
         par un médecin ou une équipe médi-              centre 15).
         cale de l’avis d’un ou de plusieurs
         experts médicaux).                          Tout comme une consultation médicale
                                                     « classique », les actes de télémédecine
     •   La télésurveillance médicale (sur-          s’effectuent dans le strict respect des
         veillance d’un patient à distance suite     règles de déontologie, sous le contrôle et
         à l’enregistrement et la transmission       la responsabilité d’un médecin. Le décret
         des données de santé, de manière            n°2010-1229 du 19 octobre 2010 détermine
         automatisée, réalisés par le patient lui-   le cadre réglementaire de la télémédecine,
         même ou par un professionnel de santé       avec les conditions de mise en œuvre et
         auprès du patient).                         de prise en charge financière. En 2011, 256
                                                     activités de télémédecine étaient recen-
                                                     sées en France 8, comme le programme
                                                     de télésurveillance pour le suivi clinique
                                                     à domicile du patient insuffisant cardiaque
                                                     ou encore celui pour le suivi des patients
                                                     diabétiques.

18
Depuis 2014, le lancement du programme                     On peut citer en exemple le développe-
« ETAPES » ouvre de manière expérimen-                     ment des premières cabines de téléméde-
tale l’accès à la télémédecine dans neuf                   cine connectées, dotées d’un écran et de
territoires pilotes* et vise à cibler plus                 capteurs pour mesurer soi-même sa ten-
de 2,5 millions de patients en affection                    sion ou faire un bilan auditif.
longue durée ou résidents de structures
médico-sociales 9.

Ce programme permettra, à terme, de
déterminer le modèle tarifaire adéquat et
d’analyser l’impact de la télémédecine sur
le système de soins 9.

La télémédecine fait également l’ob-
jet d’une attention croissante de la part
des industriels du secteur des TIC 7, en
recherche de solutions innovantes pour
faciliter l’accès aux soins et le suivi pour
tous.

 *Alsace, Basse-Normandie, Bourgogne, Centre, Haute-Normandie, Languedoc-Roussillon, Martinique,
 Pays-de-Loire et Picardie
 7.    Loi n°2009-879 du 21 juillet 2009 portant sur la réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la
       santé et aux territoires qui donne dans son article 78 une définition de la télémédecine.
 8.    HAS. Efficience de la télémédecine : état des lieux de la littérature internationale et cadre
       d’évaluation. Juillet 2013.
  9.   Ministère des affaires sociales et de la santé. Présentation du programme « ETAPES ». Communiqué
       de presse publié le 9 mai 2016. http://social-sante.gouv.fr.

                                                                                                              19
06
     BIG DATA

                                                                •   Dans la recherche pharmaceutique :

     Big data                                                       les gros volumes de données contri-
                                                                    bueront au raccourcissement des
                                                                    périodes d’essai pour tester de nou-
                                                                    veaux médicaments.
     Le Big Data est un nouveau
     domaine technologique visant à                             •   Dans l’aide au diagnostic : l’exploitation
     exploiter en temps réel des bases                              des Big Data 13 et des données collec-
     de données géantes.                                            tées pour chaque patient permettront
                                                                    de concevoir des algorithmes décision-
     Avec l’essor de la santé mobile, le Big Data                   nels plus puissants.
     devient un outil essentiel pour exploiter
     de manière pertinente la masse de don-                     La cybersécurité est un point clé du déve-
     nées de santé collectées (par exemple :                    loppement des Big Data. Les données de
     constantes biologiques, clichés médicaux,                  santé sont régies spécifiquement par le
     description de symptômes).                                 code de la santé publique14. Celui-ci définit
                                                                le cadre de leur protection juridique : confi-
     Ces gros volumes de données de santé                       dentialité, droit d’accès et de rectification
     ouvrent la voie à des progrès particulière-                pour le patient... Les données médicales
     ment innovants pour la santé de demain 13 :                doivent par ailleurs être stockées par un
                                                                hébergeur agréé HADS (Hégergeur Agréé
     •     En médecine personnalisée 12 : l’exploi-             de Données de Santé), pour garantir une
           tation des vastes banques de données                 sécurité renforcée de ces données « sen-
           mondiales permettra d’améliorer des                  sibles » (authentification forte, traçabilité
           traitements, de mieux prédire l’évolu-               des accès, chiffrement des données, etc)15.
           tion des maladies et l’impact des fac-
           teurs environnementaux 10.

         10.   Commission européenne. Livre vert sur la santé connectée. Avril 2014.
         13.   Adeline Raynal. E-santé : jusqu’où ira le big data pour nous soigner ? www.frenchweb.fr-23 mars
               2015.
         14.   Code de la santé publique. Article L 110-4.
         15.   Liste des hébergeurs agréés de données de santé à caractère personnel. Mis à jour le 25 novembre
               2016. http://esante.gouv.fr/services/referentiels/securite/hebergeurs-agrees.
20
ACTEURS DE LA E-SANTÉ
                                                                                           07

Acteurs de la e-santé
Professionnels de santé, patients, ingénieurs, développeurs, webdesigners,
ergonomes, statisticiens… Les acteurs de la e-santé viennent d’horizons très
variés avec une approche collaborative pour mettre l’innovation au service
des vrais besoins du terrain.

Parmi les acteurs privés, les projets d’inno-           À travers les incubateurs et les
vation en e-santé sont surtout portés par               réseaux de startup, les acteurs publics
des startups extrêmement dynamiques                     comme les hôpitaux et les universi-
dans le secteur des objets connectés et                 tés sont aussi des acteurs d’innovation
des applis santé bien-être10. Les startups              importants pour la santé de demain.
françaises sont fédérées au sein de l’asso-
ciation France eHealthTech.                             Parmi de multiples projets, on pourra
                                                        citer par exemple : les « concept room »
Dans ce domaine, l’innovation française                 (chambre d’hôpital du futur du CHRU de
est reconnue mondialement, comme l’at-                  Lille) ou la 1 ère transplantation rénale par
testent les produits français récompensés               chirurgie robotique sur donneur vivant au
régulièrement dans la catégorie santé au                CHU de Toulouse 12.
Consumer Electronic Show (CES) de Las
Vegas 11.

 10.   Commission européenne. Livre vert sur la santé connectée. Avril 2014
 11.   Innovation Awards CES 2015 et 2016

 12.   1 er Forum parlementaire de la santé connectée, 29 mars 2016. Intervention de Mounir Mahjoubi.
       Président du Conseil National du Numérique

                                                                                                        21
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     VILLA M

     Villa M
     Dès 2019, Villa M constituera, en plein cœur de Paris, un lieu inédit et
     innovant dédié à la santé de demain.

     Un futur lieu de référence pour la               et d’accompagner les professionnels de
     e-santé                                          santé face aux mutations en cours dans
                                                      leur environnement.
     Vitrine ouverte à la fois sur la ville et sur    Villa M a été imaginée pour la commu-
     la santé de demain, Villa M constituera un       nauté du monde de la santé et l’ensemble
     lieu véritablement multifonctionnel répon-       des acteurs engagés dans l’amélioration
     dant aux besoins des professions de santé.       de notre système de soins : praticiens,
     Elle offrira, aux soignants et aux patients,      chercheurs, étudiants et internes, start-
     un lieu unique, dans le 15e arrondissement       ups e-santé, sociétés savantes et organi-
     de Paris, pour tout savoir en temps réel de      sations professionnelles. Elle favorisera le
     la médecine des « 4 P » : prédictive, pré-       brassage, les échanges et l’entraide entre
     ventive, personnalisée et participative.         les différentes spécialités et les différentes
                                                      générations de professionnels de santé.
     Villa M placera l’homme au cœur des inno-
     vations médicales, lui permettra de les          Des espaces d’innovation, de travail et
     découvrir, de les tester et de les piloter, le   de soins
     rendant ainsi acteur de sa propre santé.
                                                      •   Un showroom innovation et un lab
     Un laboratoire d’innovation et d’idées               e-santé permettront à tous les visi-
                                                          teurs d’en être acteurs à travers une
     Ce lieu inédit, conçu par Groupe Pasteur             approche ouverte, responsable et
     Mutualité, aura pour vocation d’éclairer             maîtrisée.

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•   Une maison de santé connectée,              •   Des salles de conférence et de réu-
    ouverte aux patients du quartier, inté-         nion seront proposées aux acteurs du
    grera les dernières technologies                monde de la santé pour se réunir, se
    disponibles.                                    former, débattre et échanger.

•   Une Galerie art et santé rapprochera        Des espaces de repos, de restauration et
    le monde de la santé avec celui de l’art,   de services
    du design ou des créations numériques.
                                                •   Des espaces d’hébergement favo-
•   Des espaces de prévention et de                 risant la connectivité et l’interactivité
    fitness encourageront la pratique spor-          seront proposés sous forme d’hôtel 4*
    tive et la recherche du bien-être à tra-        ouvert à tous ou d’espaces jeunes.
    vers des thématiques liées à la nutrition
    et l’addictologie.                          •   Un restaurant santé-plaisir et des bars
                                                    allieront authenticité et naturalité.
•   Un centre de check-up médical, équi-
    pé des technologies les plus inno-          •   Un kiosque de services offrira toutes
    vantes, répondra aux préoccupations             les informations utiles pour s’installer
    de discrétion et de confidentialité des          ou encore monter une maison de santé.
    soignants.

•   Un centre d’affaires avec des espaces
    de co-working et de créativité encou-
    ragera la réflexion et le foisonnement
    d’idées.

                                                                                                23
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OUVERTURE
                                                        2019
                                                        28, bd Pasteur 75015 Paris

Villa M n’existait pas, alors on l’a inventé !

Villa M est un concept ouvert sur le monde de la santé. Elle a été pensée
pour toutes les femmes et tous les hommes qui nous délivrent des soins au
quotidien. Villa M sera leur future maison, un espace de vie sur Paris où ils
auront plaisir à vivre ensemble. Ce sera aussi et surtout un lieu d’innovation,
où chacun apportera, partagera, acquerra et transmettra. Un lieu où la
Prévention et le Mutualisme se conjugueront.

Le Mutualisme est un concept ancien, sobre et essentiel. Dans les faits, c’est
l’expression la plus moderne du partage. Villa M sera son vaisseau amiral.
Innovant, beau et durable !

Thierry Lorente

Directeur Général Groupe Pasteur Mutualité
Directeur de la SAS Villa M

  VillaMParis

                                                                                     25
09
     HEALTH HACKATHON

     Health Hackathon
     Issus de la contraction de « hack et marathon », les « hackathons » sont
     des rencontres de co-construction de programmation informatique.

                                                          Dédiés à la santé, les « health hackathons »
                                                          choisissent des problématiques médicales
                                                          susceptibles d’être résolues avec une
                                                          approche numérique. Professionnels de
                                                          santé, patients, développeurs, designers,
                                                          entrepreneurs se retrouvent sur un ou
                                                          plusieurs jours pour échanger et prototy-
                                                          per ensemble des solutions innovantes de
                                                          e-santé.

                                                          Aboutir à des solutions fonctionnelles en
                                                          phase avec le marché, c’est aussi l’objec-
                                                          tif du challenge e-pocrate. Pendant 3 mois,
                                                          cet «hackaton en ligne» permet à des étu-
                                                          diants d’horizons variés (études de méde-
                                                          cine, de commerce d’ingénieur...) de pitcher
                                                          sur de nouvelles solutions d’e-santé au
                                                          service de la relation médecin-patient 16.
                                                          Groupe Pasteur Mutualité est partenaire de
                                                          ce health hackathon avec un Prix Villa M
                                                          sur le parcours ambulatoire.

      16.   https://www.agorize.com/fr/challenges/epocrate2 Groupe Pasteur Mutualité est partenaire de ce
            health hackathon avec un Prix Villa M sur le parcours ambulatoire.
26
10
                                                                                   E-FORMATION

E-formation
Les nouveaux outils numériques de la e-santé ne se limitent pas aux
transferts et aux partages de données de santé. Ils révolutionnent aussi les
méthodes d’apprentissage pour l’ensemble des usagers : professionnel de
santé, patient ou grand public.

Déjà bien ancré dans les pratiques,                   session. On peut s’y inscrire par internet via
le e-learning (ou apprentissage par moyen             des plateformes de diffusion françaises ou
électronique) participe largement à la for-           internationales.
mation médicale continue et à l’éducation
thérapeutique du patient 13.                          Les serious games en santé sont une autre
                                                      innovation en plein essor. Véritables jeux
Ouvert à tous, le partage des savoirs via             vidéos de simulation, ils deviennent des
les MOOC (Massive Open Online Course)                 poids lourds de la e-santé avec un marché
permet un accès libre et gratuit à des cours          français de 47 millions d’euros17. Formation
issus des meilleures universités mondiales.           médicale, suivi et rééducation, sensibilisa-
De nombreuses sessions traitent de                    tion grand public, prévention, les serious
la médecine ou de sujets apparentés                   games s’adressent à tous et proposent de
(bioinformatique, Big Data santé, médico-             se plonger dans des mises en situation
économie…). Contrairement au e-learning,              réelle à partir de n’importe quel ordinateur.
les MOOC rendent possible le partage
entre internautes suivant le cours et les
enseignants, constituant une véritable
communauté collaborative pour chaque

 17.   Les serious game, le futur de la formation médicale ?
       Le Mag n°7. http://esante.gouv.fr/le-mag-numero-7/les-serious-games-le-futur-de-la-formation-
       medicale. Avril 2013                                                                            27
11
     MAISON DE SANTÉ CONNECTÉE

                                                             bientôt une réalité. En effet, les maisons de

     Maison                                                  santé apparaissent comme un formidable
                                                             « laboratoire » pour évaluer les potentiali-
                                                             tés des TIC (Technologies de l’Information

     de santé                                                et de la Communication) dans plusieurs
                                                             perspectives : optimiser la coordination
                                                             des professionnels de santé dans le par-

     connectée                                               cours de soins, individualiser le suivi des
                                                             patients à son maximum, rendre efficient le
                                                             partage d’informations médicales.

     Les innovations de la santé                             D’ores et déjà, l’ASIP Santé* propose aux édi-
     connectée au service d’une                              teurs de logiciels d’obtenir le label e-santé
     structure pluriprofesionnelle ?                         « logiciel Maisons et Centres de santé » 19.

     Une maison de santé est définie dans le                  Dans cette perspective, la Villa M, imagi-
     code de santé publique (article L6323-3)                née par Groupe Pasteur Mutualité pour les
     comme une personne morale constituée                    professionnels de santé, constituera un
     entre professionnels médicaux, auxiliaires              lieu de référence dédié à la e-santé. Elle
     médicaux ou pharmaciens pour un pro-                    intégrera d’ici 2019 une maison de santé
     jet de santé et l’exercice de soins de pre-             nouvelle génération, et placera la relation
     mier recours18. Selon l’inventaire dressé               patients-soignants au cœur de la santé
     par la direction générale de l’offre de soins            connectée.
     (DGOS) du ministère de la Santé, près de
     800 maisons de santé pluridisciplinaires                Un showroom innovation et
     étaient en fonctionnement en 2016 avec                  un lab e-santé favoriseront la découverte,
     une perspective à court terme de plus de                les tests et les expérimentations « gran-
     mille structures actives cette année. Les               deur nature » des dernières innovations en
     maisons de santé au service de la e-santé ?             santé.
     C’est aujourd’hui une réflexion et peut-être

       18.   Fédération française des maisons et pôle de santé. www.ffmps.fr
       19.   Agence Française de la Santé Numérique (ASIP). http://esante.gouv.fr/services/labellisation

28
OUVERTURE
                                                                     2019

UN LIEU INÉDIT DÉDIÉ À LA SANTÉ DE DEMAIN CENTRÉE SUR L’HUMAIN,
CONÇU PAR ET POUR LES PROFESSIONNELS DE SANTÉ

À travers ce lieu unique et innovant de plus de 6 000 m2, en plein cœur de Paris, Groupe
Pasteur Mutualité se donne pour objectif d’éclairer et d’accompagner les professionnels de
santé face aux mutations en cours dans leur environnement.

Un espace imaginé par et pour les               aussi les synergies entre les startups, les
professionnels de santé                         sociétés savantes et tous les acteurs du
                                                monde de la santé.
Toute la communauté des professionnels
de santé pourra, dès 2019, se rendre à la       Sa maison de santé connectée sera
Villa M pour s’informer, échanger, décou-       ouverte aux habitants du quartier.
vrir, piloter et tester les dernières innova-
tions et avancées en e-santé.                   Un projet architectural unique

Villa M placera les patients et les soignants   Philippe Starck a accepté d’assurer la
au cœur des innovations en santé. Par l’in-     conception et la direction artistique de la
terconnexion et la mixité de ses espaces,       Villa M. Triptyque est l’agence d’architec-
elle favorisera le brassage, les échanges et    ture en charge du projet.
l’entraide entre les différentes générations
de professionnels de santé. Elle favorisera     en savoir plus sur   VillaMParis
                                                                                              29
LES USAGERS
     DE LA SANTÉ CONNECTÉE

             LES FRANÇAIS, « CONNECTÉS »
             POUR LEUR SANTÉ

     52       %
     Des Français utilisent ou ont déjà utilisé un outil numérique
     dans le cadre de la prévention des risques pour leur santé1

     62%
     Se disent prêts à utiliser des capteurs personnels ou objets
     connectés en prévention santé1

     38%
     N’utilisant pas internet comme source d’information santé
     sont prêts à se connecter sur le site ou le blog de leur médecin2

30
LE MÉDECIN DEVIENT 2.0

                                                                              les bases de données
                                                                              médicamenteuses3

58%                                  71%                                      N°1
                                                                              Des sites professionnels
Des médecins téléchargent            Utilisent leur smartphone
des applications médicales           pour établir leur prescription3          consultés par les médecins
sur leur smartphone3                                                          sur leur smartphone

                               …ET CONSEILLE DE PLUS EN PLUS

                                    D’APPLICATIONS MOBILES À SES PATIENTS18
                                    8% en 2013 => (env. 2X +) 18% en 2015
                                    Top des applis recommandées :
                                    Suivi glycémique, nutritionnel et suivi tensionnel.

              OBJETS CONNECTÉS SANTÉ/BIEN-ÊTRE18
              Top des objets recommandés :
              glucomètre, tensiomètre, podomètre

 1.   Les Français, la prévention et les outils numériques. Sondage opinion Way pour Microsoft, mai 2014.
      Echantillon de 1008 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
 2.   CNOM. Déontologie médicale sur le web, décembre 2011.
 3.   4ème baromètre sur les médecins utilisateurs de smartphone en France. Observatoire Vidal des
      « Usages numériques en santé », réalisé en partenariat avec le Conseil National de l’Ordre des
      Médecins (CNOM) 2016. Échantillon de 1402 médecins utilisateurs de smartphone.
                                                                                                            31
32
ÉCLAIRAGE

Éclairage,
le point de vue des
acteurs de la e-santé
            Pr Olivier Guérin ..........................................................34
            Dr Jacques Lucas.......................................................38
            Dr Cécile Monteil ........................................................40

                                                                                             33
POINT DE VUE
     DU PR OLIVIER GUÉRIN

     E-santé : quel impact
     pour la médecine de
     demain ?
                                             Au-delà de la révolution technologique,
                                             la e-santé peut-elle être porteuse de
                                             changements plus profonds pour notre
                                             santé de demain ?

     Le Pr Olivier Guérin est gériatre,      Oui, d’ailleurs la révolution est déjà en
     Professeur des Universités-             marche ! Avec comme acteurs, aussi
     Praticien Hospitalier et chef du pôle   bien les patients que les profession-
     de gérontologie au CHU de Nice. Il      nels de santé. Nous ne sommes plus
     s’implique dans les innovations de      dans une relation de sachant actif - le
     la e-santé au titre de vice-président   médecin - face à un patient passif.
     de France Silver Eco*. Olivier Guérin   Le cadre de la consultation évolue consi-
     occupe par ailleurs la fonction         dérablement. L’information circule en
     d’adjoint au Maire de la ville,         dehors du cabinet et le patient citoyen
     d’administrateur de Groupe Pasteur      devient acteur, prenant plus que jamais
     Mutualité de Nice et se mobilise sur    sa santé en main, cela avant même d’être
     les problématiques de santé, de         malade. Mais pour accompagner ce virage,
     prévention et d’accompagnement          il faut aujourd’hui que les institutions
     à la perte d’autonomie.                 évoluent.

34
C’est la prochaine étape pour accompa-
gner cette révolution ?

Aujourd’hui, nous sommes dans une phase                         Parmi les éléments très concrets qu’il fau-
de déploiement expérimental de solutions                        dra faire évoluer, il faut citer la tarification à
multiples de e-santé. Mais pour les intégrer                    l’acte, qui n’encourage pas aujourd’hui les
pleinement, il nous reste un grand pas à                        médecins à l’usage des outils numériques
franchir qui est au cœur de tous les enjeux                     et aux consultations de suivi qui prennent
nationaux : celui de la qualification de ces                     du temps. Un nouveau modèle de rému-
nouveaux usages, avec une évaluation                            nération mixte serait donc à réfléchir, pour
précise aussi bien d’un point de vue éco-                       intégrer la e-santé dans nos pratiques.
nomique (quelle tarification ?) que médi-
cale (quelle utilisation dans le parcours
de soins ?). Ce n’est pas simple, car cela
requiert finalement une réforme en pro-
fondeur de l’ensemble de notre système
de santé. Un modèle qui s’est construit sur
le curatif et le soin aigu alors que la e-santé
soutient la tendance actuelle d’agir davan-
tage dans le préventif et dans le suivi au
long cours en particulier des maladies
chroniques. L’enjeu est énorme car ces
pathologies représentent aujourd’hui
pas moins de 75 % des dépenses de l’as-
surance maladie.

*FRANCE
     *FRANCE SILVER
                 SILVER
                      ÉCOÉCOest une
                                 est une
                                     association
                                          association
                                                  créée
                                                      créée
                                                         en 2009,
                                                             en 2009,
                                                                  soussous
                                                                         l’impulsion
                                                                              l’impulsion
                                                                                      du ministère
                                                                                          du ministère
                                                                                                     de l’Économie,
                                                                                                          de l’Économie,
                                                                                                                    des
Finances
     des Finances
             et de l’Emploi
                      et de l’Emploi
                              et du ministère
                                       et du ministère
                                              de la Santé
                                                       de la
                                                           etSanté
                                                              des Affetaires
                                                                       des sociales.
                                                                             Affaires sociales.
                                                                                      Son rôleSonest de
                                                                                                     rôledévelopper
                                                                                                           est de   la
filière
     développer
       silver économie
                    la filière
                           et silver
                               de promouvoir
                                     économieles
                                               et de
                                                   solutions
                                                      promouvoir
                                                             innovantes
                                                                  les solutions
                                                                           en faveur
                                                                                  innovantes
                                                                                     d’un vieillissement
                                                                                               en faveur d’un
                                                                                                            actif.
     vieillissement actif.
                                                                                                                           35
Qu’apporte la e-santé à la gériatrie, votre   De nombreuses initiatives existent, qui
     spécialité ? Et comment sont testées les      peuvent aujourd’hui être évaluées et label-
     nouvelles solutions de santé numériques       lisées à l’aide de centres experts d’évalua-
     dédiées aux seniors ?                         tion comme le CHU de Nice par exemple.
                                                   France Silver Eco a permis de structurer la
     Pour les personnes vieillissantes, la santé   filière de la e-santé dédiée aux seniors, en
     numérique peut apporter beaucoup et           créant des plateformes où tous les acteurs
     nous en voyons déjà les impacts : le suivi    sont en lien, du médecin à l’industriel.
     à distance avec la télémédecine, l’accom-     Car n’oublions pas que la e-santé repré-
     pagnement du patient en perte d’autono-       sente à la fois un enjeu de qualité de ser-
     mie, le suivi des pathologies chroniques...   vice mais aussi de développement éco-
                                                   nomique. Dans la même démarche, des
                                                   unités de lieux comme les living labs per-
                                                   mettent de tester et de déployer de nou-
                                                   velles solutions de e-santé à l’échelle de
                                                   tout un territoire. À Nice, « le 27 Delvalle »
                                                   est l’un des living labs les plus structurés en
                                                   France sur la santé connectée dédiée aux
                                                   seniors. Professionnels de santé, indus-
                                                   triels, académiques ou associations d’usa-
                                                   gers peuvent ainsi apporter leur point de
                                                   vue pour participer à la santé de demain.

36
37
POINT DE VUE
     DU DR JACQUES LUCAS

     La e-santé,
     enjeux éthiques
     et technologiques
                                          Comment veiller à un usage éthique des
                                          technologies de santé ?

                                          C’est un très vaste sujet aux perspec-
                                          tives importantes. Dans le domaine de la
     Le Dr Jacques Lucas est              santé bien-être, où l’usager est une per-
     cardiologue et vice-président du     sonne en bonne santé, c’est finalement
     Conseil National de l’Ordre des      le citoyen lui-même - qui est aussi un
     Médecins (CNOM).                     consommateur - qui peut décider d’utiliser
                                          ou non ces nouveaux dispositifs de santé
     Organisme de droit privé chargé      connectée. Pour en garantir un usage
     d’une mission de service public,     éthique, les politiques publiques doivent
     l’Ordre participe activement aux     faire preuve de pédagogie pour éveiller
     réflexions actuelles autour de la     les consciences des consommateurs.
     e-santé. Il a notamment publié en    On clique encore trop souvent sur une
     janvier 2015 un livre blanc sur le   appli téléchargée sans lire les conditions
     sujet : « De la e-santé à la santé   générales d’utilisation. Où sont enregis-
     connectée ».                         trées mes données de santé ? Comment
                                          sont-elles exploitées ? Et à quelles fins ?
                                          Ces questions sont autant de réflexes à
                                          adopter pour être un consommateur averti
                                          et faire des choix éclairés. Sans devenir un

38
technophobe grincheux, il ne faut pas non              Ce marché peut révolutionner la santé de
plus agir comme un technophile béa !                   demain mais ne pourra se développer sans
                                                       des bases éthiques et technologiques
L’éthique, n’est-ce pas aussi pouvoir dis-             consolidées.
poser d’outils de e-santé qui soient sûrs ?
                                                       Comment se positionnent les profession-
C’est même primordial. L’exigence                      nels de santé sur ces sujets ?
éthique est indissociable de l’exigence
sur la fiabilité technologique de ces nou-              Les médecins français s’engagent de
veaux outils. C’est même la préoccupation              plus en plus. Selon une enquête du
première des médecins. Pour les objets                 CNOM menée conjointement avec le
connectés les plus médicaux - comme                    VIDAL, entre 2013 et 2014, près de deux
un défibrillateur cardiaque connecté par                fois plus de médecins ont recommandé
exemple - le statut de dispositif médical              un objet connecté ou une appli santé à
permet un développement et une certifi-                 leurs patients*. Dans ce domaine, il faut
cation rigoureuse qui assure au médecin                savoir identifier à la fois les promesses
une sécurité dans sa prescription médi-                et les risques, sans s’enferrer dans des
cale. Mais à l’autre extrême, les objets               peurs parfois irrationnelles. C’est en
connectés utilisables en santé bien-être               prenant part aux changements et aux
et qui sont utiles dans une démarche de                réflexions, par un travail de co-construc-
prévention primaire doivent aussi garantir             tion entre le monde médical, indus-
à chaque usager une fiabilité technolo-                 triel et des usagers, que nous pourrons
gique constante. Pour guider les déve-                 innover de manière pertinente pour la
loppeurs dans cette voie, la Haute Autorité            santé de demain. Et si les technologies
de Santé (HAS) a édité un référentiel de               avancent, l’humanisme médical ne pourra
bonnes pratiques*. Ce document propose                 jamais se résumer à un algorithme !
une réflexion très étayée sur les critères              On parle d’ailleurs de « prescription » car
à prendre en compte dans la conception                 l’usage de la e-santé doit rester personna-
d’un outil (objet ou appli) de e-santé.                lisée et adaptée aux besoins de chacun,
Pour aller plus loin, on pourrait proposer             dans le cadre d’un dialogue constant entre
une certification par un organisme tiers,               un patient et son médecin.
voire d’une accréditation qui labelliserait
la qualité des nouveaux outils de e-santé.

 * Sur la base d’un échantillon de 2000 médecins, 8 % ont recommandé un outil de e-santé en 2013 et 15 %
 en 2014.
 **Pour en savoir plus : Référentiel de bonnes pratiques sur les applications et les objets connectés en
 santé. Octobre 2016. Téléchargeable sur le site : www.has-sante.fr
                                                                                                           39
POINT DE VUE
     DU DR CÉCILE MONTEIL

     L’évaluation des
     objets connectés :
     pourquoi ? Comment ?
                                           Si un professionnel de santé souhaite
                                           utiliser ou recommander une appli santé
                                           ou un objet connecté, comment peut-il
                                           évaluer aujourd’hui sa valeur médicale ?

     Le Dr Cécile Monteil est urgentiste   Il existe aujourd’hui des moyens plus
     pédiatre à l’hôpital Robert Debré     ou moins compliqués et plus ou moins
     et Directrice Médicale chez           lourds.
     iLumens. Elle a également fondé
     l’association Eppocrate, qui          •   La première option serait de regarder si
     éveille la communauté médicale            cette appli ou cet objet est homologué
     aux nouvelles technologies                ou non comme un dispositif médi-
     et s’implique par ailleurs                cal et de regarder, dans un deuxième
     dans la nouvelle technologie              temps, à quelle classe de dispositif
     « blockchain » en tant que                médical il se réfère. Les exigences régle-
     consultante pour la start-up              mentaires ne sont pas du tout équiva-
     Stratumn.                                 lentes entre une classe I (comme par
                                               exemple du fil dentaire) et une classe
                                               III (comme une prothèse de hanche)*.
                                               Pour trouver ces informations, il est
                                               possible de consulter des sites qui
                                               référencent l’ensemble des disposi-
                                               tifs médicaux.
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•   La deuxième approche est d’évaluer si                       •    Enfin, une troisième approche peut
    l’objet ou l’appli en question a donné                           être de se référer à des évaluations
    lieu à un essai clinique, qui montre                             indépendantes faites par des sociétés,
    son bénéfice médical par rapport à                                telles que le label « m-health Quality ».
    un gold standard de prise en charge.
    C’est le « must » du point de vue de                        La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié
    l’évaluation médicale. Cette approche                       un cahier de recommandations de bonnes
    d’« evidence based medecine »                               pratiques pour les fabricants d’objets
    est indispensable pour les objets                           connectés et d’applications santé mobile.
    connectés qui aident au diagnos-                            J’ai participé au groupe des relecteurs et
    tic et au traitement. Ces démarches                         ce référentiel est d’une très grande qualité.
    étant longues et coûteuses, elles                           Pour les praticiens, ce type de document
    ne sont pas toujours indispen-                              peut les éclairer sur les points de contrôle
    sables selon l’intention de l’usage.                        auxquels ils doivent être vigilants.
    Par exemple, on ne s’attendra pas au
    même besoin de validation scientifique                       Quels sont les enjeux de cette évaluation
    pour un tracker d’activité utilisé dans                     pour l’essor de la e-santé ?
    un but de suivi d’une activité physique
    régulière ou pour un trackeur utilisé                       Elle est nécessaire pour que les médecins
    pour quantifier la reprise du mouve-                         puissent faire confiance ! Beaucoup de
    ment chez des patients atteints d’une                       patients comptent sur leur médecin pour
    maladie musculaire. Dans un cas, c’est                      une recommandation d’objets connectés.
    du bien-être, dans l’autre, de la santé.                    Mais ces derniers ne sont pas suffisamment
                                                                informés sur les évolutions de la e-santé.

* Il existe 4 classes de dispositifs médicaux par ordre de criticité : I, IIa, IIb, III. La criticité est fonction
du risque potentiel pour le patient, le personnel soignant ou toute autre personne intervenant lors de
l’utilisation du dispositif.

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