SAARLOUIS - Institut für aktuelle Kunst
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ROBERT SCHADS STAHLPLASTIKEN IN SAARLOUIS, ZWEI BEISPIELE: VALTZ UND TARRAG – WALZER UND TANGO VOR KRENELIERTEN MAUERN LES SCULPTURES D’ACIER DE ROBERT SCHAD À SARRELOUIS, DEUX EXEMPLES : VALTZ ET TARRAG – VALSE ET TANGO DEVANT DES MURAILLES À CRÉNEAUX Oranna Dimmig
Saarlouis: Oranna Dimmig
Im Rahmen seines internationalen Skulpturen Standorte in Saarlouis
projekts „Deux Villes – Zwei Städte. Metz und S aarlouis
im Dialog“ wählte Robert Schad 21 Stahlplastiken für In Saarlouis suchte und fand Robert Schad Plätze
Metz sowie 18 für Saarlouis aus und zeigt sie vom Som- für 18 Stahlarbeiten, von denen zuvor 15 in der Bretagne
mer 2018 bis zum Frühjahr 2019 im öffentlichen Raum und alle 18 in Portugal zu sehen gewesen waren. Ganz
der beiden Städte. 1 Mit diesem Projekt führt der inter- bewusst wählte er auch Punkte, die vom urbanen Trei-
national tätige Bildhauer eine Reihe von open-air-Aus- ben, vom Chaos bunter Reklamen, auch von städtebau-
stellungen fort, auf denen er großformatige, teils lichen Brüchen bestimmt sind. In solchen Kontexten ist
monumentale, aus stählernen Vierkantstahlstäben der Blick auf die Stahlskulpturen ein anderer als in einer
komponierte Skulpturen in verschiedene europäische naturgeprägten Umgebung. Aber auch der Blick auf
Kultur- und Naturräume setzt. Während die unmittel- das gewohnte, oftmals chaotische Umfeld wird durch
bar vorausgegangenen temporären Parcours in der die Stahlskulpturen verändert. TABAT stand im portu-
Bretagne 2 („Carré Dix / 29“, 2016) und in Portugal 3 giesischen Canidelo in einer ebenen, offenen Küsten-
( „Percurso Lusitano“, 2017/18) jeweils in einem an landschaft unter einem weiten, azurblauen Himmel. In
nähernd homogenen Kulturkreis eingerichtet waren, Saarlouis war TABAT vor einer Einkaufsgalerie platziert,
so teilte Robert Schad bei „Deux Villes – Zwei Städte“ deren Stahl-Glas-Konstruktion nun ebenso in Konkur-
39 Arbeiten zwischen zwei Städten in zwei Ländern auf. renz zu dem Kunstwerk trat wie alle anderen aus unter-
Nach den hoch ästhetischen Standorten an der Küste schiedlichen Stilepochen stammenden Gebäude des
und in gepflegten Gartenanlagen von Schlössern und Kleinen Marktes. Hier war übrigens der kommerzielle
Abteien des Departements Finistère sowie den über Druck gegenüber der kostenlos zu erlebenden monu-
wiegend malerischen Standorten an der portugiesi- mentalen Stahlplastik so groß, dass TABAT im Novem-
schen Atlantikküste und im hügeligen, trockenen Bin- ber 2018 zugunsten des Weihnachtsmarktes abgebaut
nenland des südwesteuropäischen Staates kamen die werden musste. Bei der Platzierung von FERRENTS im
tonnenschweren Kunstwerke nun in west-mitteleuropä- Hof der Kaserne VI ließ sich Robert Schad keineswegs
ische, städtisch geprägte Kontexte. von dem dahinter aufsteigenden Hochhaus abschre-
cken und vertraute auf die Wirkmächtigkeit des Kunst-
Bei der Entscheidung für Metz und Saarlouis war werks. Die Stahlplastik POKENT, die sich in V alença do
die militärische Vergangenheit der beiden Städte – wie Minho auf der gut erhaltenen Festung über der Stadt
nicht selten – mit ausschlaggebend. Robert Schad wird frei stehend und ganz in Ruhe zeigen konnte, ist in
nicht müde, den zivilen und friedlichen Charakter seiner Saarlouis auf dem Verkehrskreisel an der nach Metz
Kunstwerke aus Stahl zu betonen und auf den Gegen- führenden Ausfallstraße von viel Bewegung und Un-
satz zu der Verderben bringenden Verwendung des ruhe umgeben. Bei der Platzierung von SKOUARN auf
Materials für Waffen und Kriegstechnik hinzuweisen. einer kleinen Freifläche neben der Hofmauer, die sich
Das französische Metz, vormals eine deutsch-lothringi- zwischen Kaserne VI und dem vor kurzem umgestalte-
sche Stadt, und das deutsche Saarlouis, eine Gründung ten Theater am Ring spannt, mag sich Robert Schad an-
von Louis XIV. und bis 1815 zu Frankreich gehörend, gesichts der abgerundeten Fassade des Valentiny-Baus
sind beides Orte, die auf eine lange militärische Vergan- an das Castelo de Évora Monte erinnert haben, vor des-
genheit als Festungs- und Garnisonsstädte zurückbli- sen ebenfalls ungewöhnlicher Fassade mit Rundtürmen
cken. Überdies liegen beide in Regionen, die bis heute SKOUARN zuletzt ausgestellt gewesen war. Zwei Plasti-
von der Schwerindustrie geprägt sind. Lothringen und ken fanden abseits des städtischen Trubels ihre Aufstel-
das Saarland gehören als Teile der Montanunion, der lung. Man muss sie suchen: ELLERD belebt den Guten-
Europäischen Gemeinschaft für Kohle und Stahl, zu den bergplatz, eine versteckt liegende kleine Grünanlage im
Keimzellen der heutigen Europäischen Union. Zwickel Hohenzollernring / Prälat-Subtil-Ring, während
KNOX auf privatem Grundstück liegt und im Garten des
Hotels „La Maison“ die Gäste erfreut.
124Sarrelouis: Oranna Dimmig
Dans le cadre de son projet international de Lieux d’exposition des sculptures à Sarrelouis
sculpture « Deux Villes – Zwei Städte. Metz und
Saarlouis im Dialog », Robert Schad expose dans À Sarrelouis, Robert Schad a cherché et trouvé
l’espace public vingt-et-une sculptures d’acier à Metz et des lieux où il pouvait installer dix-huit sculptures d’acier
dix-huit à Sarrelouis 1 de l’été 2018 au printemps 2019. qu’il avait déjà exposées au Portugal et dont quinze
Ce projet s’inscrit dans une série d’expositions « open- d’entre elles figuraient auparavant dans l’itinéraire tracé
air » offrant à cet artiste de renommée mondiale en Bretagne. L’artiste choisit sciemment des endroits
l’occasion de présenter, dans différents espaces naturels qui se caractérisent par leur vie trépidante, leur chaos de
et culturels européens, des sculptures aux dimensions panneaux publicitaires multicolores et leurs infractions
imposantes, voire même monumentales, composées urbanistiques. À l’opposé des paysages naturels,
de barres d’acier de section carrée. Alors que les l’environnement urbain permet au public de porter un
parcours temporaires qu’il avait organisés auparavant regard différent sur les sculptures. Mais inversement, les
en Bretagne 2 (« Carré Dix / 29 », 2016) et au Portugal 3 sculptures modifient la perception de l’environnement
(« Percurso Lusitano », 2017/18) se déroulaient dans urbain et souvent disparate auquel le public est habitué. Au
des contextes culturels pour ainsi dire homogènes, Portugal, l‘œuvre TABAT avait été exposée à Canidelo dans
son nouveau projet « Deux villes – Zwei Städte », un paysage côtier plat et ouvert, surhaussé d’un magnifique
rassemblant trente-neuf sculptures, se tient dans deux ciel bleu azur, alors qu’à Sarrelouis, elle se tient devant une
villes qui appartiennent à deux pays différents. Après galerie marchande. L’armature en acier et verre de cette
avoir été exposées dans le département du Finistère, dernière rivalise avec la sculpture au même titre que les
notamment dans ses esthétiques paysages côtiers et autres bâtiments de la Place du petit marché, construits à
les jardins peaufinés de ses châteaux et abbayes, puis des époques différentes et dans des styles différents. Face
s’être déplacées au sud-ouest de l’Europe, dans les à l’exposition non lucrative de l’œuvre, des intérêts plus
sites pittoresques de la côte atlantique portugaise et mercantiles ont vu le jour et exigé son retrait en novembre
de l’arrière-pays vallonné et aride, ces gigantesques 2018 en faveur du marché de Noël. En plaçant la sculpture
sculptures de plusieurs tonnes regagnent désormais FERRENTS dans la cour de la caserne VI, Robert Schad
la partie occidentale de l’Europe centrale où elles vont ne s’est pas laissé perturber par le grand immeuble situé
prendre place dans un environnement urbain. à l’arrière-plan et a fait pleinement confiance à l’impact
que sa sculpture pouvait avoir sur l’environnement. Quant
Le choix porté sur Metz et Sarrelouis est en à l’œuvre POKENT qui s’élevait à Valença do Minho sur les
grande partie dicté par le passé militaire des deux villes. fortifications de la ville, restées pour ainsi dire intactes,
Robert Schad insiste sur le caractère civique, voire elle est installée à Sarrelouis sur un rond-point, près de
même pacifiste, de ses œuvres exécutées en acier et la bretelle de sortie conduisant à Metz, donc à un endroit
dénonce l’utilisation opposée de ce matériau dans la particulièrement bruyant et mouvementé. L‘œuvre
production d’armement et d’équipement militaire. Metz, SKOUARN a trouvé place dans un petit espace à proximité
ville française de Lorraine ayant appartenu autrefois à du mur de la cour s’étendant de la caserne VI au Theater
l’Allemagne et Sarrelouis, ville allemande fondée par am Ring qui a récemment fait l’objet de transformations
Louis XIV et gouvernée par la France jusqu’en 1815, architecturales. Il est possible que la façade arrondie du
peuvent s’appuyer sur un long passé militaire, puisqu’il bâtiment rénové par Valentiny ait rappelé à Robert Schad
s’agissait de villes fortifiées et de garnisons. Par la splendide façade à encorbellements du Castelo de
ailleurs, elles sont situées dans des régions marquées Évora Monte devant laquelle il avait auparavant présenté
par l’industrie sidérurgique. En tant que membres de SKOUARN. Deux sculptures ont pris place à l’écart de la
l’ancienne Communauté européenne du charbon et vie urbaine animée, ce qui oblige le spectateur à faire un
de l’acier, la Lorraine et la Sarre sont à la source de la effort pour les découvrir. Il s’agit d’ELLERD qui s’élève sur la
création de l’actuelle Union européenne. Gutenbergplatz, un petit espace vert situé à l’encoignure du
Hohenzollernring et du Prälat-Subtil-Ring, et de KNOX qui
se tient sur un terrain privé, le parc de l’hôtel « La Maison »,
et a pour vocation d’enchanter les clients.
125Sarrelouis: Oranna Dimmig
Für die Mehrzahl der für Saarlouis ausgesuchten À Sarrelouis, Robert Schad a réparti la majorité de
Stahlplastiken fand Robert Schad Standorte in unmit- ses sculptures d’acier à proximité directe des vestiges
telbarer Nähe zu Überresten der Festungswerke. HAN des anciennes fortifications. L’œuvre HAN est abritée
ist geborgen in einem nischenähnlichen Rest der Stein dans une sorte de niche percée dans le parement de
verkleidung, die vom Ohr (Oreille) der Bastion I übrig- pierre encore disponible de l’orillon du bastion I, alors
blieb, während SMANYU frei und erhöht auf der Erd- que - se dresse sur le talus du bastion VI resté en bon
abdeckung der noch recht gut erhaltenen Bastion VI état. VALTZ exécute une rotation chorégraphiée sur
steht. VALTZ dreht sich heraus aus dem Kies des Vor- le parvis de gravier du « Laboratorium », un réduit de
platzes am Laboratoriumsgebäude, dem Reduit im l’ancien ravelin I. Quant à BORNI, elle se tient près du
ehemaligen Ravelin I. Beim jüngst freigelegten und Ravelin V, récemment dégagé et reconstruit, où elle
rekonstruierten Ravelin V lagert BORNI breit sich oben occupe le haut du nouvel escalier conduisant au fossé
auf der neuen Treppenanlage, die zum Hauptgraben principal. Au nord de Sarrelouis, le parc municipal qui
hinunterführt. Im Norden von Saarlouis bot der Stadt- renferme les vestiges de l’ancien ouvrage à cornes
park mit dem noch bestehenden Teil des Hornwerks constitue un lieu particulièrement propice à l’accueil
eine Fülle an geeigneten und besonders ansprechen- de ce genre d’œuvres. La sculpture TARRAG a rejoint
den Orten zur Aufnahme der schweren Stahlplastiken. l’ancienne place d’armes près du réduit VII, légèrement
TARRAG wurde etwas abseits vom Spazierweg auf den en retrait du chemin emprunté par les promeneurs,
(ehemaligen) Waffenplatz beim Reduit VII gesetzt, wäh- alors que dans la zone verte du glacis, SERRIS se replie
rend im Gras des Glacis’ – gut sichtbar für Spaziergän- sur elle-même et ENFIME s’élance dans les airs sous les
ger und Erholungssuchende – SERRIS sich v erknotet regards des promeneurs et des personnes en quête de
und ENFIME sich filigran r eckend in die Höhe entfal- détente. En descendant dans le large fossé principal
tet. Steigt man nahe bei diesen hinab in den breiten devançant le demi-bastion, on découvre tout d’abord
Wallgraben vor der Halbbastion, trifft man als erstes CABBUKE, une œuvre surdimensionnée, installée sur
das vielteilige, mehrzinkige Werk CABUKKE, das sperrig l’assise même du fossé, puis en suivant ce dernier et
auf der Grabensohle lagert. Folgt man dem Verlauf des en tournant à droite au sommet du demi-bastion, on
Wallgrabens und biegt bei der Spitze der Halbbastion rencontre le trio composé de GOBERD, PALUT et LATOU,
nach rechts, passiert man im Schatten der aufragenden qui se tient à l’ombre de l’imposante muraille et des
Bastionsmauer und der hohen Bäume des Stadtparks arbres majestueux du parc municipal, et en atteignant
das Skulpturen-Terzett aus GOBERD, PALUT und LATOU au final l’orillon du bastion, on peut admirer MONSE qui
bis schließlich an der Oreille MONSE den Parcours im boucle le parcours de sculptures tracé dans le fossé.
Graben beschließt.
Les œuvres surdimensionnées en barres d’acier
Die großformatigen Werke aus Vierkantstahl wir- donnent l’impression d’être légères et graciles, de se
ken leicht und grazil, bewegen sich im Raum, scheinen mouvoir dans l’espace et de danser. Robert Schad a
zu tanzen. Schad gab ihnen Titel, deren lautmalerische doté ses sculptures de titres évocateurs qui suscitent
Erfindungen vielfältige Assoziationen eröffnen und im une pluralité d’associations d’idées et permettent au
Zusammenspiel von Form und Platzierung der Stahl- spectateur d’interpréter librement les interactions entre
plastiken im städtischen oder naturnahen Umfeld den les formes plastiques et leur environnement urbain ou
Betrachter zu einer Fülle von Gedankenverknüpfungen naturel. L’artiste lui-même confie: « Je me réserve le
anregen, ihm einen Spielraum für individuelle Wahrneh- droit d’exhorter les spectateurs de mes sculptures à
mungen und Bezugnahmen eröffnen können. Oder, wie explorer le champ des associations qui peuplent leur
Robert Schad es ausdrückt: „Ich habe den Anspruch, propre imaginaire ». 4
denjenigen, die der Skulptur begegnen, einen Impuls zu
geben, um sich auf die Reise in ihre ureigene Assoziati-
onswelt aufzumachen.“ 4
127SMANYU (2013)
129Saarlouis: Oranna Dimmig
VALTZ und TARRAG eingebunden, der Waffenplatz zur Wiese geworden. Für
TARRAG entschied sich Robert Schad zu einer Positi-
Bei der Positionierung im Umfeld der ehemali- onierung außerhalb des Reduits. Er setzte die Stahl-
gen Festung Saarlouis wählte Robert Schad für zwei plastik auf die Feldseite der krenelierten Mauer, die
seiner Stahlplastiken einen vergleichbaren Hinter- sich zwischen Wehrbau und Wallgraben erstreckt.
grund, bei gleichzeitig völlig verschiedener Wirkung: Dabei rückte der Stahlplastiker TARRAG näher an den
VALTZ und TARRAG stehen vor krenelierten Mauern – Wallgraben. Die Bezeichnung der Skulptur erinnert an
Mauerwerk, das durch eine horizontale Reihe von regel das schottisch-gälische Wort „tarrag“, das Nagel be-
mäßigen, quadratischen Öffnungen als Schießscharten deutet. Aber auch an den Titel eines deutschen Tangos
für Gewehre durchlässig ist. Bei den Standorten von aus den 1920er Jahren: „Zwei rote Lippen und ein roter
VALTZ und TARRAG gehören die Carnot-Mauern zu Tarragona“. TARRAG besteht aus zwei unterschied
Reduits. Diese kleinen, niedrigen Wehrgebäude sind im lichen, dabei gleichwertig bestimmenden Elementen:
frühen 19. Jahrhundert entstanden, nachdem P reußen einer überragenden, aufrecht stehenden Formung aus
Sarrelouis von Frankreich übernommen hatte und die eng verbundenen Gliedervierkantstäben, um die her-
alte Vauban-Festung nach dem seinerzeit aktuellen um sich eine bandartige, vielfach die Richtung wech-
Stand der preußischen Wehrtechnik ertüchtigte. Jedes selnde Formation bewegt. So lässt TARRAGs stehen-
Reduit bildete ein selbstständiges Verteidigungswerk, des Element zunächst an einen Nagel denken oder an
dessen von krenelierten Mauern umfasster Vorplatz im eine Flasche Rotwein inmitten des Weinanbaugebiets
Verteidigungsfall als Rückzugsraum dienen konnte. bei der katalanischen Stadt Tarragona. Doch wie bei
vielen Stahlplastiken von Robert Schad drängt sich
Unter der heutigen Adresse Choisyring 10 wur- alsbald auch hier die Assoziation an Tanz auf: ein eng
de das Reduit von Ravelin I auch als Laboratorium für umschlungenes, Tango tanzendes Paar, um das her-
die Artillerie genutzt, die hier Munition „laborierte“. um der Bildhauer die Bahn seiner rhythmischen Bewe-
Seit dem Einzug des Instituts für aktuelle Kunst 1993 gungen über die Tanzfläche sichtbar macht. Die sich in
ist an dieser Stelle ein Ort für Kunst, Kunstförderung Vierkantstahl materialisierte Spur der Tänzer greift in
und Kunstvermittlung entstanden. In mehrfacher Hin- den freien Raum aus, zeichnet Abwärts- und Aufwärts-
sicht also ein vorzüglicher Standort für Robert Schads bewegungen nach, fängt zugleich auch eine gewisse
Stahlplastik VALTZ. VALTZ assoziiert das Wort „walzen“, Beschwingtheit ein, die an die walzerähnliche Form des
(sich) drehen, oder Walzer, einen Paartanz im Dreivier- Tangos denken lässt, den „Tango Vals“. Vielleicht aber
tel-Takt, im Rhythmus mitgezählt: „EINS – zwei – drei, auch an etwas ganz anderes...
EINS – zwei – drei, EINS – zwei – drei.“ Drei aufrechte
Vierkant-Glieder sind in enger, dabei lockerer Rund
tanzhaltung mit unterschiedlich abgewinkelten „Armen“
einander zugetan. Eine gemeinsame Drehbewegung ist
ebenso angelegt wie die Möglichkeit, dass jede einzel- 1 3
ne der drei grazilen Stahlgestalten alleine sich wiegt, „Deux villes - Zwei Städte. Robert Schad – Percurso
Metz und Saarlouis im Dia- Lusitano. Ausstellungs
alleine tanzt. VALTZ walzt im Kiesbett, mit dem der
log. Skulpturen von Robert katalog Portugal vom
Platz zwischen Straße, Laboratorium und krenelierten Schad“, Ausstellung von Juni 2017 bis März 2018.
Mauern ausgefüllt ist, dreht sich in einem ehemals insgesamt 39 Stahlplasti- Freiburg i. Br. 2017
militärischen Rückzugsraum, tanzt und zeigt sich in ken, 10. Juni 2018 bis 31.
März 2019. Der vorliegen- 4
einem offenen Schutzraum für Kultur und Kunst.
de Text entstand während Robert Schad
der Ausstellung „Tanz“, Skulpturen-
Im Stadtgarten, dort wo der Wallgraben des Horn- park Heidelberg. Hg.
werks auf die Saar (heute Altarm) zurückführt, steht auf 2 vom Skulpturenpark
Schad. Carré Dix / 29. Heidelberg. Freiburg i. Br.
einem vormaligen Waffenplatz das Reduit VII. Schon
Parcours de sculptures 2012, S. 19
lange seiner ursprünglichen Funktion verlustig, ist es Bretagne. Ausstellungs
heute in die naturnahe Gestaltung des Stadtgartens katalog, Châteaulin 2016
130Sarrelouis: Oranna Dimmig
VALTZ et TARRAG Ayant depuis longtemps perdu sa fonction initiale, il
est aujourd’hui inclus dans le projet d’aménagement
Lors de la répartition de ses sculptures dans paysager du parc municipal, qui a métamorphosé la
l’ancienne ville fortifiée de Sarrelouis, Robert Schad a place d’armes en gazon. C’est à l’extérieur du réduit
placé deux d’entre elles devant une toile de fond à peu que Robert Schad positionne TARRAG. L’œuvre s’élève
près analogue, bien que leur impact sur l’environnement devant la muraille à créneaux, dans l’espace situé entre
soit très différent. VALTZ et TARRAG se tiennent devant l’ouvrage de défense et le fossé dont le sculpteur par
des murailles à créneaux, c’est-à-dire des murailles ce choix se rapproche sensiblement. Son titre renvoie
percées horizontalement et à intervalles réguliers d’une part à « tarrag », terme issu de l’écossais-gaélique,
d’ouvertures carrées permettant de tirer sur l’assaillant. signifiant clou et d’autre part à un tango allemand des
Les lieux d’exposition de VALTZ et de TARRAG sont années 1920 : « Deux lèvres rouges et un vin rouge de
donc définis par ce genre de murailles appartenant à Tarragone ». La sculpture TARRAG est composée de
des réduits. Ces petits ouvrages militaires avaient vu le deux éléments différents mais d’égale importance : une
jour au XIXe siècle, après l’annexion de Sarrelouis par première forme verticale élancée, constituée de barres
la Prusse qui souhaitait moderniser l’ancienne place d’acier de petite taille, étroitement liées entre elles
forte de Vauban en l’adaptant aux nouvelles techniques et une deuxième forme multidirectionnelle qui vient
militaires de l’époque. Chaque réduit constituait un s’enrouler comme une bande autour de la première.
ouvrage de défense autonome et était devancé par un L’élément ascendant de la sculpture fait immédiatement
espace entouré de murailles à créneaux, qui servait de penser à un clou ou bien à une bouteille de vin rouge
refuge à la garnison en cas d’attaque. au cœur des vignobles environnant la ville catalane de
Tarragone. Comme c’est très souvent le cas dans les
À l’adresse actuelle Choisyring 10, se tient le œuvres de Robert Schad, l’allusion à la chorégraphie
réduit du ravelin I, appelé « Laboratorium », car c’est semble s’imposer. À travers deux danseurs de Tango,
précisément dans ce bâtiment que l’artillerie fabriquait serrés l’un contre l’autre, l’artiste rend palpable le cours
autrefois ses munitions. Abritant depuis 1993 l’Institut de leurs mouvements cadencés sur la piste de danse.
d’art contemporain en Sarre, il est aujourd’hui réservé La trace laissée par les exécutants et solidifiée dans
aux arts plastiques, notamment à leur promotion et l’acier se déploie dans l’espace ambiant, dessine des
médiation. Pour diverses raisons, il constitue donc mouvements d’avant et d’arrière, et donne expression
le lieu idéal pour la présentation de la sculpture de à l’énergie requise par ce type de tango reprenant le
Robert Schad VALTZ. Le terme VALTZ renvoie au terme rythme de la valse et désigné de « valse tango », ou bien
allemand « walzen » qui signifie tourner sur soi-même éventuellement à beaucoup d’autres choses…
ou bien à celui de valse qui désigne une danse en
couple sur un rythme à trois temps : « Un, deux trois,
Un deux, trois, Un, deux, trois ». Épousant la forme de
lignes brisées, les trois barres d’acier sont savamment
orchestrées pour exécuter ces pas en tournant.
L’ensemble de la sculpture est en mesure de décrire un
mouvement chorégraphié au même titre que chacun
des trois éléments graciles. L’œuvre VALTZ danse une
valse sur le lit de gravier s’étendant du Laboratorium
aux murailles à créneaux. Elle évolue dans un espace
qui autrefois servait de refuge militaire et aujourd’hui
protège l’art et la culture.
Dans le parc municipal, le réduit VII se tient sur une
ancienne place d’armes, située à l’endroit où le fossé de
l’ouvrage à cornes va rejoindre le bras mort de la Sarre.
131TABAT (2017)
132134
SKOUARN (2016)
135SKOUARN (2016)
136137
FERRENTS (2016)
139BORNI (2016)
140142
143
TARRAG (2002), ENFIME (2016)
144145
146
ENFIME (2016), SERRIS (2016)
147CABUKKE (2016), GOBERD (2014)
150Roland Mönig
151Roland Mönig
152Roland Mönig
153PALUT (2014), GOBERD (2014), LATOU (2014)
154Roland Mönig
Roland Mönig
LATOU (2014), MONSE (2014)
157HAN (2013) 158
HAN (2013) 159
KNOX (2016) 160
ELLERD (2012)
161POKENT (2012)
162163
DEM STAHL LEBEN EINHAUCHEN INSUFFLER LA VIE À L’ACIER Robert Schad im Gespräch mit Martin Oswald Entretien entre le sculpteur Robert Schad et Martin Oswald
Martin Oswald: Je souhaiterais tout d’abord vous
interroger sur les motivations qui vous ont incité à
réaliser cet ambitieux projet. Quelles sont-elles ?
Robert Schad: Le projet de sculpture DEUX
ILLES – ZWEI STÄDTE s’inscrit dans le cadre d’une
V
imposante exposition itinérante qui a démarré en 2011
à Altshausen. De là, elle a rejoint tout d’abord le parc de
sculptures de Heidelberg, puis elle a pris la direction de
Linz en Autriche, de Landshut et de Pergine Valsugana
Robert Schad beim Aufbau in Saarlouis dans la province italienne de Trente. La station suivante
fut Francfort dans le cadre de la biennale de sculpture
« Bildachsen X ». Au début, le nombre des œuvres était
réduit à cinq, puis il s’est accru de station en station. Au
artin Oswald: Gerne würde ich mit Ihnen zunächst
M final, j’ai été invité à monter une exposition en Bretagne.
über die Motive für dieses großartige Projekt L’espace mis à ma disposition était d’une telle ampleur
sprechen. Was hat Sie veranlasst, das zu initiieren? que j’ai pu créer de nouvelles sculptures et en présenter
une cinquantaine. Après la Bretagne, les cinquante
Robert Schad: Das Skulpturenprojekt DEUX œuvres furent exposées au Portugal, avant d’être
ILLES – ZWEI STÄDTE ist das Ergebnis einer
V acheminées à Metz et à Sarrelouis.
groß a ngelegten Ausstellungsreihe, die eigentlich
2011 in Altshausen begonnen hat und dann in den ne exposition transfrontalière est manifestement
U
Skulpturenpark nach Heidelberg ging. Von dort aus nach un événement inédit.
Linz in Österreich, dann nach Landshut und Pergine
in Valsugana im italienischen Trentino. Die nächste J’ai toujours ambitionné de monter une exposition
Station war dann Frankfurt im Rahmen der Blickach- transfrontalière dans les deux pays, en Allemagne et
sen X, einer Biennale für Skulpturen. Das Ganze ging mit en France, car je suis allemand, mais vis en France.
fünf Skulpturen los und es wurden von Station zu Sta- Je porte un vif intérêt à la coopération entre la France
tion immer mehr. Schließlich erhielt ich die E inladung, et l’Allemagne. L’amitié franco-allemande continue de
in der Bretagne eine Ausstellung zu m
achen. Dort war faire beaucoup de bruit, mais à mon sens, elle est plutôt
der räumliche Anspruch so, dass ich ca. 50 Skulpturen en berne. Si l’on jette un regard sur l’histoire, sur les
zeigen konnte und sehr viel Neues produziert habe. Von rencontres qui se sont déroulées entre Konrad Adenauer
der Bretagne gingen diese 50 Skulpturen nach Portugal et Charles de Gaulle, entre Helmut Schmidt et
und schließlich eben nach Metz und Saarlouis. Giscard d’Estaing, et entre Helmut Kohl et François
Mitterrand, on peut constater qu’une amitié profonde
un ist eine länderübergreifende Ausstellung
N s’est soudée entre les deux pays et est portée en
sicherlich etwas Besonderes. triomphe à travers des gestes emblématiques. Par
mon exposition, je souhaite montrer qu’il est possible
Für mich war es schon immer ein Anliegen, eine d’établir une relation culturelle entre deux villes.
übergreifende Ausstellung in den beiden Ländern
Deutschland und Frankreich zu machen, weil ich als ourquoi avez-vous choisi les villes de Metz et
P
Deutscher selber in Frankreich lebe. Dabei ging es mir de Sarrelouis?
um die Partnerschaft der beiden Länder. Es wird ja viel
über die deutsch-französische Freundschaft gespro- La ville française de Metz a un passé allemand et
chen, doch aktuell sehe ich da eher Defizite. Aber wenn fut intégrée à l’empire allemand pendant une certaine
man in die Geschichte schaut, etwa auf die Begegnun- période. La ville de Sarrelouis a inversement un passé
gen zwischen Konrad Adenauer und Charles de Gaulle, français et fut fondée par Louis XIV.
165Gespräch
zwischen Helmut Schmidt und Giscard d’Estaing und ‚Constellations‘ passt. Da gibt es jeweils mehrere Skulp-
zwischen Helmut Kohl und François Mitterrand, da gab turen-Parcours durch die Stadt. Fast wäre es übrigens
es bisher immer eine große Freundschaft zwischen sogar eine Dreiländerausstellung mit Luxemburg gewor-
beiden Ländern, die dann in großen Gesten auch nach den, wenn von dort keine Absage gekommen wäre.
außen getragen wurde. Mit meiner Ausstellung wollte
ich zeigen, dass es möglich ist, auf kulturellem Gebiet o etwas ist natürlich ein Riesenaufwand.
S
zwei Städte miteinander in Verbindung zu bringen. Wer hat da bei der Finanzierung geholfen?
Warum gerade die zwei Städte Metz und Saarlouis? In Metz waren die Mittel über die ‚Constellations‘
da. Von daher war die Finanzierung dort gesichert. In
Das französische Metz hat eine deutsche Ge- Saarlouis war die Realisierung Dank des Engagements
schichte, es war zur Kaiserzeit einmal deutsch. Und das eines sehr guten Sponsors, und vor allem wegen der
deutsche Saarlouis hat eine französische Geschichte, es großartigen Unterstützung des Betriebshofs möglich.
ist eine Gründung von Ludwig XIV. So konnten wir das dann an beiden Orten durchführen.
Diese Überschneidung, diese Verklammerung einerseits, Kommen wir nun zu den Werken selbst. Welches
aber auch die große Unterschiedlichkeit andererseits hat künstlerische Konzept steht hinter Ihrer Arbeit?
mich sehr gereizt. Bei Metz finden sich viele Beispiele
für die sichtbare Geschichte in ihrer Architektur. Im Un- Meinen Skulpturen liegt eigentlich grundsätzlich
terschied zu Saarlouis, wo man eigentlich nur noch die die Linie zugrunde. Die Linie als Lebenslinie. Die Linie
Wallanlage von Vauban als geschichtlich ansehen kann, als linearer Ausdruck im Raum, als Raumzeichnung. Eine
aber die Stadt selber weitgehend im Krieg zerstört w urde. im Material konkretisierte Linie, die in dieser Ausstel-
Diese beiden Situationen zueinander zu bringen und in lungskonstellation zwischen Metz und Saarlouis eine
Dialog zu setzen, ist sehr spannend, weil es auch zu einer konstante Dimension hatte, nämlich 10 x 10 cm Vier-
Art Selbstreflexion der Städte führt. Etwa haben anläss- kantstahl. Massiv in der Regel, breitet sie sich im Raum
lich dieser Ausstellung, und das hat mich sehr gefreut, die aus. Diese Linie zieht sich wie ein roter Faden durch
beiden Bürgermeister, Herr Demmer auf der einen und beide Städte. Das führt dazu, dass diese beiden S tädte
Herr Gros auf der anderen Seite, einen interessanten Dia- mit einer konstanten Linie miteinander verwoben wer-
log begonnen. Und ich hoffe, dass dieser Dialog auf kultu- den. Es ist wie ein Vernähen, bildlich gesehen. Und
rellem Gebiet auch weitergeht. dadurch ist diese Kunst eben auch in der Lage, eine
Brücke zu schlagen zwischen der französischen Stadt
ie ging es eigentlich los?
W Metz und der deutschen Stadt Saarlouis.
Wen haben Sie zunächst kontaktiert?
nd die Skulpturen sind an beiden Orten räumlich,
U
Am Anfang bin ich in Saarbrücken vorstellig gewor- geradezu körperlich präsent.
den. Ich habe die dortige Kulturreferentin gefragt, ob sie
Interesse hätte an solch einem Projekt. Und sie war Feuer Richtig. Die Skulpturen als solche haben auch sehr
und Flamme. Sie verwies auf die Tatsache, dass Vauban viel mit Körper, mit Körperlichkeit zu tun. Denn Stahl ist
in beiden Städten tätig war, was dann letztendlich auch ein Material, das die menschliche Kraft und Phantasie
zu diesem Dialog zwischen Metz und Saarlouis geführt herausfordert, das Widerstand entgegen setzt. Diesen
hat. Dann gab es noch einen engen Kontakt zu Widerstand zu überwinden ist eigentlich mein Ziel. Und
Jo Enzweiler, dem Direktor des Instituts für aktuelle ich versuche, mit meinen Skulpturen etwas zu machen,
Kunst im Saarland. Er hat mich zum Gespräch eingeladen was man mit Stahl normalerweise nicht macht: Stahl ist
und wir haben dann angefangen, die Ideen zu entwickeln ja das Material der Waffen und der Maschinen. Ich ver-
und auch die Plätze in der Stadt zu definieren. Metz habe suche, dem Stahl Leben einzuhauchen. Durch mensch-
ich dann später angesprochen. Und von dort bekam ich liche Kraft und Intelligenz wird es gewonnen. Es ist das
die Rückmeldung, dass das Projekt gut in das Konzept im Material, das der Mensch der Erde entnimmt. Eisen wird
Rahmen des dort jährlich stattfindenden Kulturfestivals abgebaut im Boden. Als Eisenerz.
166Entretien
Et ce sont précisément les liens étroits, les recoupement ous en venons maintenant aux œuvres.
N
historiques, mais aussi les différences irréfutables qui Quel principe sous-tend votre création artistique ?
ont retenu mon attention. À Metz, l’architecture livre de
nombreux exemples visualisant l’historique de la ville. La ligne joue un rôle fondamental dans la création
À Sarrelouis, au contraire, les seuls vestiges du passé de mes sculptures. Elle a une connotation vitaliste.
sont les fortifications érigées par Vauban, car la ville a Elle devient un mode d’expression s’emparant de
été amplement détruite pendant la guerre. Faire le lien l’espace, autrement dit, un dessin dans l’espace.
entre ces deux contextes afin d’établir un dialogue est à Comme le montre l’exposition présentée en tandem
mes yeux une entreprise fascinante, car elle permet aux à Metz et à Sarrelouis, la ligne est incarnée dans un
villes de revisiter leur passé. Le fait que cette exposition matériau constitué de barres d’acier de section carrée
ait fourni l’occasion aux maires des deux villes, Monsieur de 10 x 10 cm. Massive de nature, elle se déploie
Demmer et Monsieur Gros, de se lancer dans un dans l’espace. Elle relie les deux villes de manière
dialogue, m’a personnellement ravi. Et j’espère que ce ininterrompue et joue le rôle de fil conducteur du projet
dialogue pourra se perpétrer sur le plan culturel. – une pratique qui évoque la couture. Et de cette façon,
ces formes artistiques sont en mesure de constituer un
omment ce projet s’est-il mis en place?
C pont entre la ville française de Metz et la ville allemande
Quels contacts avez-vous tout d’abord noués ? de Sarrelouis.
Je me suis tout d’abord rendu à la municipalité t dans ces deux villes, les sculptures ont une
E
de Sarrebruck et j’ai demandé à la conseillère culturelle présence quasi corporelle.
si elle était intéressée par le projet. Elle a été a ussitôt
enchantée, et m’a même fait remarquer que Vauban C‘est vrai. Les sculptures ont beaucoup de points
avait œuvré dans les deux villes, ce qui a conduit au communs avec le corps, et dénotent une certaine
final à ce dialogue entre Metz et Sarrelouis. Puis j’ai coporéité. L’acier est un matériau qui incite d’emblée
pris contact avec Jo Enzweiler, Directeur de l’Institut l’homme à lui résister soit par sa force, soit par sa
d’art contemporain en Sarre. Il m’a invité à un entretien, fantaisie. Mon objectif est en fait de vaincre cette
et nous avons commencé à mettre sur pied le projet résistance. Et en créant des sculptures, je travaille l’acier
et à sélectionner divers emplacements capables de manière inhabituelle. L’acier est un matériau
d’accueillir les sculptures. Plus tard, je me suis adressé à entrant dans la fabrication d’armes ou de machines.
la municipalité de Metz qui ne tarda pas à me c onfirmer Je m’efforce d’insuffler la vie à l’acier. Il est produit
que ce projet pouvait parfaitement prendre place au sein grâce à la force et à l’intelligence humaines. Il s’agit d’un
du festival c
ulturel « Constellations » se déroulant tous les matériau que l’on puise dans le sol. On extrait le fer sous
ans à Metz. À chaque édition, des parcours de s culptures forme de minerai, puis on le cuit ensuite avec d’autres
se déploient à travers la ville. Par ailleurs, ce projet aurait métaux pour obtenir l’acier. Au XIXe siècle, l’acier a
même pu inclure trois pays, si le Luxembourg n’avait pas contribué à l’essor économique. Dans ce contexte, on
mis son veto. peut évoquer le chemin de fer, la Tour Eiffel et d’autres
symboles de la modernité. Depuis, l’acier est utilisé dans
n tel projet implique de gros investissements.
U la construction.
Comment l’avez-vous financé ?
Comment pouvez-vous caractériser votre
À Metz, le financement n’a posé aucun problème, traitement de l’acier?
car il a été couvert par le budget alloué au festival
« Constellations ». À Sarrelouis, il a été pris en charge J’essaie de donner quelque chose de plus à l’acier,
par un sponsor très généreux et avant tout par de lui raconter ce qui se passe dans la vie, de lui parler
l’exceptionnel soutien apporté par le service technique de la danse et du chemin linéaire que parcourt l’homme
municipal de Sarrelouis. De cette manière, le projet a pu de la naissance à la mort. La danse joue un rôle essentiel
être réalisé aux deux endroits. dans ma création artistique.
167Gespräch
Und dieses Eisen wird gekocht, mit anderen Metallen Die gotische Architektur ist somit eigentlich die
gemischt, um Stahl herzustellen. Stahl ist das Material, Vorläuferarchitektur der Stahlbauwerke von
das im 19. Jahrhundert zu unserem Fortschritt geführt Gustav Eiffel. Die Entwicklung ging ja von Saint Denis
hat. Man denkt an die Eisenbahn, an den Eiffelturm als über Notre-Dame in Paris bis hin zu Beauvais, wo
wichtiges Zeichen der neuen Zeit. Seither hatte der die Kathedrale im Jahr 1284 aus statischen Gründen
Stahl immer konstruktive Aufgaben. eingestürzt ist. 1248 Jahr wurde der Grundstein
des Kölner Doms gelegt. Er ist eigentlich die größte
as kennzeichnet speziell Ihre Art des Umgangs
W französische Kathedrale, aber nicht auf französischem,
mit Stahl? sondern auf deutschem Boden.
Ich versuche, dem Stahl etwas zu geben, was vom Da haben wir dann wieder so eine Verknüpfung
Leben erzählt, vom Tanz und dem linearen Zeitablauf von zwischen Deutschland und Frankreich. Zu erwähnen
der Geburt bis zum Tod. Der Tanz ist für mich ein ganz wäre die Partnerschaft zu dieser Kathedrale durch
wichtiges Element in meiner Arbeit. Diese Gestaltung, meine Skulptur ZMORG. Und ZMORG stand in
mit dem Stahl etwas zu machen, das man von ihm nicht Portugal zum Beispiel in der Stadtmitte von Maia,
erwartet, das ist das, was mich reizt. Und es ist heutzu- einer modernen Stadt, neben einem Hochhaus mit
tage tatsächlich relativ schwierig, im Stahl noch neue einer durchgängigen Glasfassade. Und da hat die
Formulierungen zu finden nach den großartigen Stahl- Skulptur eine ganz andere Bedeutung gehabt als in
künstlern wie Julio González, Anthony Caro, Eduardo der Bretagne. Dort stand sie vor dem Schloss von
Chillida und Bernar Venet zum Beispiel. Ich sehe meine Trévarez, einem historischen Schloss, das kurioserweise
Aufgabe eher darin, den Stahl wieder dem Körper nahe ebenfalls mit Stahlbau zu tun hat, weil der Erbauer im
zu bringen, das Körperliche durch den Stahl zu betonen. 19. Jahrhundert die Grundstruktur d ieses Schlosses
Übrigens verbiege ich den Stahl normalerweise nicht. aus Stahl errichtet hat. Aus dieser Mischung von alt und
Ich schweiße und setze gerade Stahlstücke aneinander, modern entsteht im Kontext zu meiner Skulptur wieder
was mit dem Aufbau des menschlichen Körpers zu tun ein völlig neuer Bezug. Oder denken wir an einen ganz
hat, der ja in den Extremitäten auch eine Addition gera- anderen Standort, an Frankfurt, wo die Skulptur vor
der Elemente, der Knochen, zu tun hat und über deren dem Verwaltungsgebäude der ehemaligen IG Farben,
Kontaktstellen, den Gelenken, Bewegung ermöglicht. also vor dem P oelzig-Bau stand, dort also, wo das zur
Judenvernichtung eingesetzte Zyklon B entwickelt
onzipieren Sie die Plastiken für einen bestimmten
K wurde, ein ganz heikler Ort also. Durch die wechselnden
Ort oder ist es umgekehrt und Sie suchen den rich- Ort erhält die Skulptur eine Art inneres Gedächtnis. Und
tigen Ort für eine existierende Plastik? ich habe dabei entdeckt, dass die Skulptur selber die
Orte reflektiert. Wenn ich heute die Skulptur anschaue,
(Lacht). Nun, wenn ich einen festen Auftrag habe, reflektiere ich wie von selbst die vorigen Orte mit. Und
dann gehe ich vom Ort aus und versuche, mit m einer es ist irgendwie erstaunlich, wie sich meine Skulpturen
Skulptur Brücken zu schlagen zu diesem Ort. Sei es dann immer wieder ins neue Ambiente einfügen und
visuell oder von der Deutung her. Bei Ausstellungen mit immer wieder einen neuen Bezug zu ihrer Umgebung
Skulpturen, die von Ort zu Ort wandern, ist es so, dass entwickeln.
sich das vorhandene Werk an den Ort anpassen sollte.
Es gibt freilich Relevanzen, es gibt Blickpunkte und as heißt, Sie spielen auch mit der veränderten
D
Sichtweisen, die für mich dabei eine große Rolle spielen. Wirkung der Skulpturen an unterschiedlichen
Standorten?
Können Sie ein Beispiel aus dem Projekt nennen?
Ja, unbedingt. Das ist wie bei uns Menschen.
In diesem Fall war es etwa die Kathedrale von Wenn wir beispielsweise auf irgendeinem Marktplatz
Metz. In der Gotik hat man versucht, möglichst s
chmal stehen, ist es etwas komplett anderes, als wie wenn wir
und möglichst hoch zu bauen. in einer Kirche sind.
168Entretien
Cette mise en forme de l’acier, cette manière tout à fait Au Portugal, par exemple, je l’avais installée au centre
insolite de le traiter, constitue pour moi un défi majeur. d’une ville moderne, à Maia, près d’un immeuble pourvu
Et aujourd’hui, il n’est pas facile de se forger un propre d’une façade de verre. Et là, elle a produit un effet
langage sculptural après les prouesses d’artistes tels totalement différent qu’en Bretagne, où elle se tenait
que Julio González, Antony Caro, Eduardo Chillida devant le château de Trévarez, une bâtisse historique qui
et Bernar Venet. Mon objectif est plutôt d’assimiler entretient assez curieusement une étroite relation avec
l’acier à un corps, d’utiliser l’acier pour mettre en valeur l’acier, puisqu’au XIXe siècle, l’architecte l’avait dotée
l’aspect corporel. Normalement je n’incurve pas les d’une armature d’acier. Cet amalgame entre ancien et
barres d’acier, mais je les soude les unes aux autres, une moderne a eu un tout autre impact sur la sculpture. Mais
pratique qui évoque la construction du corps humain on peut aussi évoquer un autre emplacement hautement
dont les extrémités sont constituées par addition sensible, comme Francfort où elle se tenait devant le
d’éléments rectilignes, d’os, mis en mouvement par les bâtiment administratif de l’ancien complexe industriel
articulations situées à leur jonction. IG Farben, autrement dit devant le bâtiment Poelzig,
lieu de fabrication du Zyklon B utilisé par les nazis pour
oncevez-vous les sculptures en fonction du lieu
C exterminer les Juifs. Le changement d’emplacement
qui les accueille, ou bien recherchez-vous le lieu dote la sculpture d’un genre de mémoire intérieure. Et
approprié à une sculpture déjà existante ? je me suis rendu compte que l’œuvre pouvait mémoriser
les différents sites qui l’ont accueillie. Si aujourd’hui
(il rit). Alors, si je reçois une commande, je me j’observe une sculpture, ses emplacements préalables
rends évidemment sur le lieu et j’essaie de tisser des me viennent automatiquement à l’esprit. La facilité
liens entre l’œuvre et son site d’exposition, qu’il avec laquelle mes sculptures s’intègrent dans leur
s’agisse de liens visuels ou symboliques. Dans nouveau contexte et n’ont de cesse d’interagir avec leur
le cas d’expositions itinérantes, composées de environnement, est surprenante.
sculptures, ce sont aux œuvres déjà existantes
à s’adapter aux divers lieux. Il y a certains paramètres ela signifie que vous jouez sur les changements
C
à prendre en considération. Et parmi les facteurs d’effets des sculptures en fonction des différents
jouant un rôle capital pour moi, figurent notamment lieux de leur exposition?
les différents angles de vision et les différents modes
de perception. Oui, absolument. La situation des sculptures
est comparable à celle de l’homme. Par exemple :
Pourriez-vous donner un exemple issu de ce projet ? si nous nous tenons sur une place de marché, ce n’est
pas la même chose que si nous sommes dans une
Dans ce cas précis, je pourrais choisir la cathédrale église. Mon opinion est la suivante : les hommes ne
de Metz. Á l’époque gothique, on a opté pour un mode changent pas, mais par notre présence à des endroits
de construction si possible étroit et en hauteur. Et de ce toujours différents, nous sommes en mesure d’interagir
point de vue, l’architecture gothique sert de préliminaire avec notre environnement. Et je pense que par mes
à celle de Gustave Eiffel. Cette évolution prend son sculptures je réitère la situation de l’homme.
point de départ à Saint Denis, passe par Notre-Dame
et aboutit à Beauvais, où la cathédrale s’effondre en ous développez à plusieurs niveaux le dialogue
V
1284 en raison d’une défaillance en matière de statique. entre la sculpture et son environnement et entre
En 1248, est posée la première pierre de la cathédrale la sculpture et le spectateur
de Cologne. En l’occurrence, il s’agit de la plus grande
cathédrale française qui a vu le jour non pas sur le sol Oui, bien évidemment. Placée dans un
français mais sur le sol allemand. Et dans ce cas, environnement urbain marqué par l’architecture,
on peut de nouveau relever une connexion entre la sculpture entretient d’autres relations avec le site
l’Allemagne et la France. Ma sculpture SMORG que si elle est installée, par exemple, à proximité
entretient des liens étroits avec la cathédrale. d’arbres. Je suis toujours surpris de la manière dont
169Gespräch
Ich meine, wir Menschen, wir bleiben zwar immer die- ie Aufstellung von Skulpturen im Kontext von
D
selben. Wir nehmen aber durch unsere Präsenz an im- Architektur oder Landschaft, über die wir schon kurz
mer wieder anderen Orten immer wieder Bezüge zu un- gesprochen haben, ist jeweils eine völlig andere.
serer Umgebung auf. Ich meine, da komme ich mit der Was speziell müssen Sie als Künstler hierbei
Skulptur sehr nahe an die menschliche Befindlichkeit. beachten?
ie stoßen somit vielfach überlagerte Dialoge
S Es ist für mich einerseits natürlich die Relation
zwischen der Skulptur und dem Ort, zwischen zum Bauwerk als solches. Denn das Bauwerk selbst
Skulptur und Betrachter an. ist schon von sich aus ein plastisches Erlebnis.
Und meine Skulptur als gebautes stählernes Element
Ja, natürlich. Ich meine, in einem urbanen Umfeld, nimmt natürlich zur Architektur ein komplett anderes
in dem Architektur die Umgebung prägt, entwickelt Verhältnis ein als zur Natur. Die Skulptur zeichnet sich
die Skulptur natürlich ganz andere Bezüge, wie in der in den Raum hinein. Und das Bauwerk hat in der Regel
Nähe zu Bäumen beispielsweise. Ich bin immer wie- Volumen, was zu dieser Linie natürlich komplett andere
der erstaunt, was meine Skulpturen mit der Präsenz der Bezüge aufnimmt als ein Baum, der sich ähnlich wie
Bäume machen und umgekehrt. Weil das lineare Entwi- die Skulptur in den Raum hineinschreibt.
ckeln im Raum genau das ist, was ein Baum auch tut. Er
entwickelt seine Äste in den Raum hinein und hat eine ie bedeutsam ist neben der räumlichen die soziale
W
expansive Energie von innen raus. Und das ist eben das, Dimension Ihrer Skulpturen?
was mich interessiert. Eine Skulptur nicht nur als Bild
oder Abbild einer realen Tatsache zu sehen, sondern Ich denke, ich arbeite ja nicht fürs Museum,
der Skulptur etwas zu geben, bei dem man das Gefühl wenn ich solch ein öffentliches Skulpturenprojekt zeige,
hat, da ist eine innere Energie am Werk, die der Skulptur sondern für den profanen Freiraum, wo sich Menschen
ihre Form gegeben hat. Es gibt ja die Theorie, dass der in ihrer Diversität begegnen. Und besonders im urbanen
embryonale Fötus sein eigenes Wachstum durch seinen Kontext provoziert die Skulptur auch sehr viel mehr,
eigenen Willen steuert. Wenn diese innere Energie ge- weil sie oft auch Stellvertreter ist für den Frust, der in
stört ist, kommt es zu Missbildungen. Dieser Gedanke der Gesellschaft, nicht nur heute, spürbar ist.
ist übertragbar auf die Skulptur: Auch sie hat einen in- Beispielsweise bei meiner Arbeit in Ravensburg, der
neren Wachstumstrieb, hat einen inneren Bewegungs- Brunnenanlage CAIDE, hat man gemerkt, wie Skulptur
trieb und trägt Zeit in sich. auch provozieren kann und wie sich die Leute dann eben
an dieser Provokation auch hochschaukeln können.
Welche Rolle spielt die Dimension der Zeit? Weil im urbanen Kontext eine Skulptur eine Sprache
entwickeln sollte, die zwar eine Fragestellung hat,
Es ist die Zeit, ohne die Bewegung nicht möglich aber andererseits auch die Möglichkeit geben sollte,
ist. Und die Skulptur scheint in Bewegung zu sein, im zu L ösungen zu finden. Und zwar zu individuellen
Moment des Betrachtens inne zu halten. Das bedeutet, Lösungen. Ich möchte nicht, dass meine Skulptur
es ist ein gefrorener, also zeitlich angehaltener Moment, eine zu nahe Assoziationsmöglichkeit zulässt.
der sich mir vermittelt, wenn ich meine Skulptur be- Ich möchte vielmehr, dass es unzählige Möglichkeiten
trachte. Ich habe das Gefühl, es gab in dieser Bewegung gibt, etwas zur Skulptur zu assoziieren. Ich finde
ein zeitliches Vorher und es wird ein Nachher geben, es hingegen viel interessanter, wenn durch die
wenn diese Zeitstarre im Moment der Betrachtung die Fragestellung der Skulptur auch ein dynamischer
Skulptur wieder loslässt. Ich habe also manchmal den gesellschaftlicher Prozess in Gang kommt, der
Eindruck, dass die Skulptur eine andere Form angenom- der Skulptur vom inneren Sinn her auch ein langes
men hat, nachdem ich meinen Kopf abgewendet habe Überleben ermöglicht.
und nach einiger Zeit wieder hinschaue. Die Bewegung In der Natur ist dies anders. Da geht es mehr um
der Skulptur scheint im Moment des Betrachtens an den Landschaftsbezug und die grundsätzliche Frage:
gehalten zu sein und inne zu halten. Was ist Skulptur? Wie steht sie zur Natur?
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